Adoubé par Copé, célébré par son clan, 1

Le voici, c'est Laurent, le jeune prétendant !

Il vient de terrasser un tonton vieillissant,

Et rêve tout éveillé au destin qui l’attend :

Bras largement ouverts, comme pour embrasser

La foule qui l’acclame et qui le fait vibrer,

Il s'avance à grands pas, tel Sarko triomphant,

Conseiller, Député, et Maire maintenant !

Trois succès d’affilée… un vertige le prend :

« Si Paris l’a choisi, c’était pour son talent ! 10



Ajaccio l’espérait depuis plus de dix ans !

C’est lui qui reprendra la tête du vieux clan … »

L’UMP, toute fière, en a fait son champion ;

Il fera oublier l’affaire Bygmalion.

Et qui sait, pour demain ? On peut viser plus haut,

Avec les revenants José Rossi et Sarko !



Car il est convaincu, le chouchou de Copé,

Qu’il est, depuis toujours, au Pouvoir destiné !

Son parcours, il est vrai, pourrait le confirmer.

Mais ses premiers ukases l’ont déjà condamné : 20

Car prendre le pouvoir, ce n'est pas l'exercer;

Celui qui veut durer doit savoir écouter,

Fuir les choix partisans, garder l'esprit critique,

Et n'avoir d'horizon que l'intérêt public.



Mais Laurent n’entend pas tous ces sages conseils,

Il se croit assez fort pour faire des merveilles

Et, par des coups d’éclat, imposer la rupture,

En tranchant dans le vif sans vaines fioritures.

Il voulait imposer à l’école primaire

Sa propre volonté et ses choix arbitraires ; 30

Les parents, selon lui, devraient donc s'acquitter

D'une contribution pour des activités

Gratuites autrefois ; le maire ayant jugé

Que le périscolaire devait être payé !

Il devra reculer, comme il a reculé

Après, contre l’Etat, avoir manifesté.



Il va le regretter ce début de mandat,

Et le choix désastreux de rompre Le contrat.

Adieu le beau parking, adieu le Diamant,

Laurent a compromis tout le stationnement ! 40

Son unique pensée n’était pas Ajaccio,

Mais de nous démontrer qu’il avait du culot.

Il a, sur ce point-là, pleinement réussi !

Mais tous les Ajacciens, qui ont le sens rassis,

Pourraient lui faire savoir ce que c’est qu’innover,

En lui administrant une déculottée !

Il verrait que dix mois suffisent à défaire

Et l'orgueil de l'élu, et la gloire du Maire.



D’un Laurent de Florence on connait l’aventure :

Le gentil Lorenzino avait double figure, 50

Une face avenante, une autre criminelle,

Et du noir Lorenzaccio avait l’âme cruelle.

Pour faire partager tous ses nobles projets,

Le maire d’Ajaccio devrait relire Musset,

Retenir la leçon, changer de politique,

Ne plus s’imaginer Laurent le Magnifique

Pour ne pas devenir Laurent le Maléfique…

Mais n’avoir d’horizon que l’intérêt public.

                                             
Paulantone di a Tambusgella
Sittembri di u 2014