Voci Aiaccini "U Bloggu di U ROSSU" Fédération de la Corse du Sud du PCF Supplément officiel à "la Voix d'Ajaccio"

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Ghjilormu Padovani (Corse Matin) - Entretien avec Paul Antoine Luciani

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1. Vous n'êtes plus premier adjoint au maire depuis plus d'un an. Votre regard sur votre rôle dans l'opposition ?

Avant de devenir premier adjoint au maire en 2001 (et de le rester durant 13 ans), j'ai été 17 ans opposant, de 1983 à 2000. J'ai eu le temps de prendre toute la mesure de ces rôles symétriques. La particularité, peu commune, de ma situation d'opposant aujourd'hui, c'est justement cette double expérience. Elle me donne un atout et m'affecte d'un handicap. L'atout, c'est ma mémoire des deux périodes précédentes ; le handicap, c'est le regard soupçonneux de la nouvelle direction municipale. Elle rêve de rupture avec la gestion antérieure, mais elle redoute (sans l'avouer) sa propre inexpérience. Elle a, par conséquent, beaucoup de mal à reconnaître clairement la nécessité de continuer les grands projets que nous avons lancés : lors de la dernière séance du conseil municipal, notre politique d'investissement public qui reste, à l'évidence, d'intérêt général, a été définie par l'actuel premier adjoint comme un simple "affichage" c'est à dire, en clair, comme une tromperie !

2. Simon Renucci a recueilli plus de 12 000 voix en 2014 avant de perdre de plus de 4 000 voix un an plus tard. Selon vous, qu'ont sanctionné les Ajacciens ?

Le bilan ou la bataille de Simon Renucci pour faire reconnaître la fraude ? La cause principale de nos échecs en 2014 et en 2015, ne réside ni dans l'insuffisance de notre bilan ni dans la bataille contre la fraude. Ces deux aspects ont reçu une validation, soit par le suffrage universel, soit par la justice administrative. La cause structurelle de nos échecs est à rechercher dans la division de nos forces et dans l'ambiguïté de nos alliances de second tour.

3. L'ancien maire n'a pas ménagé ses efforts sur le plan juridique, parvenant même à faire annuler la première élection. Une enquête au pénal est d'ailleurs toujours en cours. Pourquoi n'en a-t-il pas profité pour être réélu ? N'avez-vous pas le sentiment de vous être trompé de combat ?

Comment une enquête inaboutie peut-elle avoir une influence quelconque sur le comportement de l'électorat ? Et même si la procédure pénale avait conduit à mettre en cause nos adversaires, rien ne dit que leurs électeurs se seraient détournés d'eux et qu'ils auraient voté pour nous ! Pour ce qui me concerne, je n'ai jamais compté que sur nos capacités à convaincre les Ajacciens de choisir par eux-mêmes notre projet urbain

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Journée d’étude "Ecologie" du Samedi 25 avril 2015 à la CCAS Porticcio

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Une assemblée, d une soixantaine de participants, motivée et studieuse, attendait les interventions de Charles Mariani , animateur de la journée, et Luc Foulquier chargé par le PCF des questions Ecologie et Environnement depuis 1964.

Nous notions la présence d'amis invités du PG et de EELV avec qui des désaccords peuvent exister sur ces questions, mais prêts à en discuter avec nous, ainsi que nos élus Dominique Bucchini, Etienne Bastelica et Paul Antoine Luciani.

La journée c'est divisée en 2 parties la matinée consacrée à l histoire commune PCF et écologie, en rappelant que ces questions sont prises en compte par les communistes depuis les années 60, et l après midi sur la Climatologie et le réchauffement climatique, responsabilité et enjeux..

Beaucoup d échanges avec la salle, avec entre autres, la production d 'énergie électrique, Tchernobyl et la Corse et Fukushima

Maitrise totale du sujet par l intervenant, pédagogie, anecdotes ont marqué la journée...Et même si des interrogations persistent, journée très positive...Maxime Nordée intervenait sur la poursuite de telles journées d info/formation et sur la transformation des acquis en action sur le "terrain".

Charles Mariani reviendra plus complètement sur la journée prochainement sur Voci Aiaccini-U Bloggu .

 

HOMMAGE A SEBASTIEN PIERA

Nous savions que ce moment devait arriver,nous l’avons redouté.Je voudrai,au nom de ses amis,dire à sa grande et belle famille qu’elle a mille raisons d’ètre fière d’avoir un père,un grand père,un arrière grand père d’une telle dimension et d’ une telle stature morale .Nous partageons la peine des siens,nous mesurons le vide qu il laisse parmi nous.Mais l ‘admiration l’emportera sur le chagrin .

Les noms de Sebastien Piera et ses compagnons assignés en Corse dans les années 50,sont emblématiques d’une histoire qui a été un des grands moments de la conscience humaine.Nous n’oublierons pas,que ces combattants républicains,traversant les pyrénées,furent,malheureusement,,loin de recevoir l’acceuil qu’ils méritaient.

Nous n’oublieront pas,non plus,les sacrifices consentis pendant la lutte contre le franquisme,la barbarie nazie et fasciste,y compris la honteuse politique dite de « non intervention ».

Sebastien,faisait partie de cette génération,dont le trait de caractère principal était la modestie,l’altruisme,l’oublie de soi. Il faisait prévaloir l’engagement collectif sur les trajectoires individuelles. Le combat des Républicains Espagnols a été magnifique,mais aussi riche d’enseignements.

Nous sommes fiers,à la CCAS,d’ avoir contribué à la traduction du livre de Ricard Vinyes « LE SOLDAT DE PANDORE » qui retrace la vie de SEBASTIEN et TRINI . il s’agit d’un véritable devoir de mémoire qui mérite d’ètre encore plus connu.

La vie de Sebastien Piera continuera d’eclairer le chemin de tous ceux qui luttent pour le progrès social,la démocratie et la liberté.Ce chemin est interminable,mais bien tracé,à nous de le poursuivre.

J ‘ai encore en mémoire ses paroles : »nous n’étions pas des ètres exceptionnels,c’est la situation qui était exceptionnelle " Tu avais raison Sébastien,on ne se console jamais de l’oppression et de la tyrannie,

On les combat…jusqu’au bout.

Nous retiendrons ton témoignage et ta leçon.

SEBASTIA ,RIPOSA IN PACE UN’ CI SCURDEREMU MAI DI TE

Fabiani2.jpg Ghjuvan Petru Fabiani

11/03/14

 

70° Anniversaire de la Libération de la Corse - Merci Léo !

Micheli_leo.jpg Le soixante-dixième anniversaire de sa libération a été, pour la Corse, un événement considérable : grâce au nombre et à la diversité des initiatives mémorielles, grâce à l’implication active des jeunes générations et à la pluralité des territoires concernés, grâce à la présence du président de la République en différents lieux de mémoire, cette commémoration aura eu l’éclat que méritaient ces combats libérateurs et les sacrifices de ceux qui s’y étaient engagés. Temps fort de ces cérémonies, les grands discours prononcés, à Bastia, sur la place Saint Nicolas, par le Président de la République, François Hollande, et par Leo Micheli, le dernier dirigeant politique vivant de cette période décisive de notre histoire contemporaine.

Son hommage à tous les combattants de la liberté, la qualité de son témoignage, la puissance politique de son propos ont fait forte impression. Et ils ont suscité une grande fierté chez les communistes et leurs amis.

Comme avec Arthur Giovoni à Ajaccio il y a vingt ans devant François Mitterrand, l’engagement absolu des communistes dans la résistance et la libération, leur capacité à rassembler les forces vives du peuple ont été rappelés et expliqués par l’un des leurs, devant les plus hautes autorités de l’Etat. A Bastia, le 4 octobre 2013, devant François Hollande, la « leçon de Leo » a fait passer sur la Corse le souffle irrésistible de l’Histoire. Ce n’est pas un hasard si la mission de parler au nom de toute la Résistance lui a été confiée : son engagement, les responsabilités éminentes qui ont été les siennes, son expérience et sa culture, sa stature politique, tout exigeait « naturellement » que cette mission lui revienne.

Mais ce choix renvoie aussi, plus profondément encore, à ce qui a été au cœur de la construction politique singulière qui a donné sens, consistance et efficacité à la Résistance intérieure corse. «Notre Leo» l’a expliqué avec la pédagogie et la subtilité politiques qui ont toujours été les siennes. Sa « leçon » tient, selon moi, en quelques axiomes simples : les communistes n’étaient pas seuls dans la résistance, mais ils avaient compris avant d’autres que la libération nationale et la libération sociale étaient inséparables, que c’était dans le peuple lui-même, dans son union sur une ligne clairement patriotique et démocratique, que l’on pourrait ouvrir en grand le chemin de la liberté. Sans eux, sans leur volonté de rassemblement, le Front National n’aurait peut-être pas existé, et la libération aurait été, avant tout, le fait de forces extérieures. Le peuple corse aurait été, sans aucun doute, plus spectateur qu’acteur de sa propre libération, c’est le sens même du discours du Général De Gaulle à Ajaccio, en octobre 1943.

Il ne peut être question, chacun le comprend, de faire un tri indigne entre des patriotes qui ont tout sacrifié pour libérer leur pays. On peut relever, néanmoins, que les seuls tués en combat sous l’occupation (indépendamment des martyrs de la répression et des combattants de la libération) auront été cinq patriotes, André Giusti, Jules Mondoloni, Dominique Bighelli, Jean-Baptiste Giacomini et Dominique Vincetti, cinq militants communistes actifs dans la préparation de la lutte armée intérieure : leurs destins illustrent une stratégie. Résister, pour tous, c’était exposer sa vie. Mais il y avait débat sur les conditions de la libération. Les dirigeants de Londres et d’Alger auraient préféré que la résistance patiente en attendant le débarquement des armées alliées ; les communistes avaient choisi, avec leurs organisations, de ne pas cantonner leur action au seul renseignement militaire, au demeurant capital en pareilles circonstances.

On peut même soutenir que, sans la ligne politique développée, dans la clandestinité, par le Front national et le Parti communiste, la détermination sans faille des patriotes, leur dévouement absolu n’auraient sans doute pas suffi à la réussite du soulèvement populaire. Il fallait aussi, à la résistance, l’intelligence politique des situations, une ligne politique découlant d’une analyse juste du contexte, et les cadres dirigeants capables de prendre, collectivement, les bonnes décisions au bon moment. Et cela, en pleine conscience de ce qui se jouait à l’échelle planétaire. Ceux qui ont pris la décision d’ouvrir le feu savaient ce qu’ils faisaient au moment où ils ont pris une décision dont ils avaient certainement envisagé la possibilité, la nécessité, et… les conséquences. Rendre hommage à tous ceux, connus et moins connus, à qui nous devons nos libertés d’aujourd’hui ne nous dispense pas d’un examen serein des conditions historiques et du contexte politique de l’époque pour mieux la comprendre et, peut-être, d’en tirer des enseignements.

N’ayons pas peur des mots, Leo Micheli avec la légitimité indiscutable qui est la sienne, a rappelé à tous que l’action des communistes, et leur aptitude à rassembler sur des bases offensives et lucides, ont fait participer la Corse, à partir de sa situation et son identité propres, à un moment crucial de la grande Histoire, celle de la nation, celle de l’humanité. Il y a peu de formations politiques à pouvoir s’enorgueillir d’un tel patrimoine. Et d’un tel message historique. Le 4 octobre, grâce à lui, la Corse a respiré, à pleins poumons et au moins un jour, soixante-dix ans plus tard, l’air pur de l’engagement sans calculs au service des « spoliés de la terre », au service simplement de la libération humaine.

Merci Leo !

Ajaccio le 10 novembre 2013 - Paul Antoine Luciani
 

De quoi les « Ghjurnate » sont-elles le nom ?

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Elles sont une tribune politique…

A l’évidence ; mais pour qui ? D’abord, naturellement pour ceux qui les organisent : les nationalistes. Et pour ceux qui en sont les premiers bénéficiaires : les clandestins du FLNC. Ces derniers utilisent ces rencontres internationales, selon les circonstances, comme une tribune pour revendiquer telle ou telle action violente (l’assassinat de Robert Sozzi, il y a juste vingt ans, par exemple) ; pour faire passer un message relatif à la ligne du moment ; ou bien en laissant les porte parole de Corsica Libera « faire le job » à leur place… Affirmer cela, ce n’est pas verser dans un antinationalisme primaire ; c’est rappeler, simplement et clairement, la solidarité sans faille de Corsica Libera (ou de A Cuncolta autrefois) à l’égard d’une organisation clandestine qui détruit des maisons et des bâtiments publics, décide de la vie ou de la mort de tel ou tel, prétend dicter ses choix au peuple corse sans avoir de comptes à rendre à personne…. Toute l’ambiguïté du nationalisme est là, et il en va de même pour ces « Ghjunate».

Mais ces rencontres internationales n’ont-elles pas un intérêt par elles-mêmes ?

Certainement ! S’il s’agit de dialoguer avec des mouvements de différents pays (pour peu qu’ils soient porteurs d’aspirations démocratiques) et de confronter les points de vue, nul ne pourra nier l’intérêt de tels échanges ! Mais s’agit-il vraiment de cela ? On a l’impression – et c’est une impression durable – que les invités ne communiquent qu’avec quelques responsables nationalistes et avec la presse ; ils semblent avoir été invités autant pour faire connaître leurs propres causes que pour soutenir le discours nationaliste corse…

                               Quant au « dialogue » et à la recherche de « la paix », l’impression est tout aussi forte. Il y a longtemps - en réalité, dès sa naissance, en 1982 - que l’Assemblée de Corse remplit cette fonction de « matrice » du débat et de la construction politiques. C’est en son sein, où toutes les tendances sont représentées, et où la seule puissance invitante est le suffrage universel, que se déroulent les grandes confrontations, voire les grandes controverses autour des enjeux et des défis de l’avenir. Nul ne peut s’y sentir « faire valoir » de personne, et chacun compte pour ce qu’il est, un élu du peuple. Il peut certes se créer d’autres lieux pour débattre, mais le seul qui ne sera pas suspecté d’être une instance de récupération, c’est bien l’institution territoriale.

Faut-il se montrer aux « Ghjurnate » ?

On comprend bien que ceux qui ont accepté de se montrer à cette tribune aient un point de vue différent, et n’acceptent pas le statut de « faire valoir » du nationalisme, voire de caution indirecte du FLNC. On se souvient des explications embarrassées du député UMP présent aux Ghjurnate 2012….On le sait bien, ce qui reste d’un passage à cette tribune, ce n’est pas ce qu’on a pu y déclarer, mais uniquement le fait de s’y être trouvé ! La puissance invitante est très heureuse d’y accueillir certains membres de l’Exécutif; elle est prête à tout entendre de leur part, pourvu que cela soit dit chez elle, et à son initiative ; pourvu qu’elle puisse entretenir ainsi le mythe qu’elle est toujours au centre de la vie politique corse… La presse locale ne s’est pas vraiment trompée en titrant « Les Ghjurnate mettent l’Exécutif au pied du mur ». Plus encore qu’en 2012, le discours « officiel » de Corsica Libera a tenu compte de la présence de plusieurs conseillers exécutifs à Corte : utilisée comme une concession sans contrepartie, cette présence était précieuse pour la propagande et… inutile pour le débat.

De quoi ces journées sont-elles donc le nom ?

Il paraît impossible de répondre en un seul mot ; comme leur nom officiel l’indique, les Ghjurnate di Corti sont d’abord un lieu et un moment de visibilité pour le nationalisme corse, qu’il soit légal ou clandestin ; et c’est une ouverture internationale au service de cette visibilité. Les chefs nationalistes renvoient systématiquement vers « l’Etat français » la responsabilité des dérives de la clandestinité ; ils l’ont redit à Corte. Ils recherchent tout ce qui peut donner une image positive de leur cause, car ils veulent se défaire de cette tunique de radicalité dont les ont affublés leurs propres pratiques, et la propagande du nationalisme dit modéré. Les invitations qu’ils adressent pour leurs Ghjurnate visent cet objectif, un objectif qui tient compte également (il faut le souligner) du climat moins tendu qui règne à l’Assemblée de Corse. Dans les circonstances présentes, ces journées servent donc aussi à redorer un blason terni par des années de violence et de tragédies. Y parviendront-elles ? On peut en douter pour le moment. Car l’apaisement recherché passe par une épreuve de vérité. Toute société est conflictuelle et toute société a besoin de résoudre ses conflits. Mais on n’a jamais rien construit de durable sur l’injustice et la dissimulation. La société corse et le nationalisme, qui en est partie intégrante, devront, tôt ou tard, affronter leurs propres démons, les démasquer, et construire sur de nouvelles bases de nouveaux rapports sociaux. Les autres forces politiques ont, elles aussi, une part du chemin à faire ; elles y sont disposées et elles l’ont prouvé. Mais il faut bien le constater et en tirer des enseignements : tous les efforts consentis (y compris les demandes d’amnistie) ont été interprétés comme des faiblesses que l’on s’est empressé d’exploiter ! Le dialogue, s’il est vraiment recherché, exige de la réciprocité et non de l’unilatéral. Il n’a rien à voir avec une entreprise de séduction électoraliste. Il exige un cadre et des conditions concrètes qui ne donnent à personne le sentiment d’être otage d’une logique qu’il n’a pas choisie… Chaque partie doit en sortir sans perdre la face. Référons-nous, pour avancer dans la réflexion, à tous les processus de réconciliation que les peuples tentent de mettre en place un peu partout dans le monde, malgré des rapports de force autrement plus durs et plus sanglants. Quand on veut vraiment parvenir à un accord de paix, on discute même de la forme de la table des négociations – autour d’une table ronde, il n’y a pas de président ! Créons donc les conditions de ce dialogue sans double-fond. Et Les Ghjurnate, celles que nous ferons ensemble, ne seront plus celles de l’ambiguïté mais celles de la fraternité véritable.

Etienne Bastelica, Paul Antoine Luciani. Ajaccio le 7 août 2013 logo_hebdo.jpg

 

Comité Départemental PCF

PCF_CD.jpgCher(e) camarade,

Le comité départemental a été élu le 26 janvier dernier lors de notre conférence départementale qui a regroupé les délégués élus des sections. Une délégation a également été élue et mandatée pour représenter notre fédération au congrès national qui se poursuit du 7 au 10 février à Aubervillers. A l’issue du congrès, le comité départemental dont tu es membre, est convoqué pour le

Samedi 23 FEVRIER à 14h dans les locaux de la fédération à Ajaccio

L’ordre du jour est le suivant :

- Compte rendu de la délégation au congrès

- Organisation du comité départemental ( secrétariat-bureau-responsabilités des militants-finances)

- Elaboration d’un plan de travail

- Campagne contre l’austérité avec le Front de gauche

Comptant sur ta présence pour dynamiser l’activité communiste, je t’adresse mes fraternelles salutations. Le secrétaire départemental Maxime NORDEE

 

VŒUX 2013 Allocution de M. Paul Antoine Luciani, premier adjoint au maire d’Ajaccio

P-ALUCIANI_-Jean-Pierre_Belzit2.jpegMonsieur le Maire, cher Simon, Mesdames, Messieurs, chers amis.

Vous avez vu 2012 ? La fin du monde n’a pas eu lieu !

La vieille prophétie ne s’est pas accomplie le 21 décembre ! Elle avait été reprise régulièrement près de deux cents fois au cours des siècles ; et, à la veille de l’échéance, elle avait été diffusée dans le monde entier avec des moyens considérables. Heureusement, elle a fait pschitt !… Nous voilà soulagés ! Nous pouvons ainsi nous retrouver pour saluer l’année qui vient ! Nous pouvons nous concentrer, non sur le désastre planétaire qui nous était promis, mais sur ce qui a bougé, chez nous et ailleurs. Et il y en a eu des changements. Des changements importants : nous avons changé de président de la République et, avec lui, nous espérons que la politique gouvernementale va pouvoir changer vraiment ; nous avons changé de député et, avec lui, nous avons immédiatement compris que notre représentation nationale avait vraiment changé ! Nous en avons eu la triste confirmation, à la fin de l’année, par la décision du Conseil Constitutionnel sur la loi de finances…

Un monde est-il en train de disparaître ? Ces évolutions, quelle qu’en soit l’importance, ne sont pas, cependant, les prémices de la fin des temps ! Peut-être sont-elles, si l’on suit Jérôme Ferrari, les signes annonciateurs de la disparition d’un monde, je le cite : « Nous ne savons pas, en vérité, ce que sont les mondes. Mais nous pouvons guetter les signes de leur fin.» (1).. . A l’instar de ce qui s’était produit en 2001 quand s’est effacée une certaine gouvernance communale dont la disparition avait été longuement préparée, un autre monde serait-il en train de naître ? Devrions-nous, comme le dit encore notre prix Goncourt, « reconnaître les signes presque imperceptibles qui annoncent qu’un monde vient de disparaître ? » (2). Je ne le crois pas et je vais essayer de vous faire partager ma conviction, en me référant encore à Jérôme Ferrari qui, tout en s’interrogeant sur « la fin des mondes », évoque aussi leur existence : « Nous ne savons pas, en vérité, ce que sont les mondes ni de quoi dépend leur existence. Quelque part dans l’univers est peut-être inscrite la loi mystérieuse qui préside à leur genèse, à leur croissance et à leur fin. Mais nous savons ceci : pour qu’un monde nouveau surgisse, il faut d’abord que meure un monde ancien »(3). Or, rien n’indique, objectivement, que notre monde communal est ancien, ou qu’il soit en train de mourir ou qu’un autre monde serait en gestation pour le remplacer. Et cette appréciation n’est pas le fruit d’une intuition ; elle se fonde sur des réalités concrètes et sur un trépied peu contestable : la comparaison avec la période précédente, la valeur du travail accompli, et les perspectives ouvertes par le projet urbain que nous sommes en train de construire. Vingt ans après : le changement d’époque a eu lieu Nous avons, avec Antoine Parodin et François Pieri, une particularité : en mars de cette année, nous allons fêter (si l’on peut dire) nos trente ans de mandat municipal ! De 1983 à 2013 (avec, pour ce qui me concerne, une parenthèse de six mois), il y aura trente ans que nous sommes élus d’Ajaccio ! Trente ans, c’est l’espace-temps d’une génération ; c’est une tranche de vie publique qui permet d’évaluer l’expérience acquise et autorise des comparaisons pertinentes. Je vous propose une comparaison, non pas trente mais vingt ans après, entre deux discours ; celui des opposants que nous étions en 1993 et celui d’aujourd’hui, en 2013, à la tête de la municipalité. Comparer ces discours, sans prétendre épuiser le sujet, c’est confronter deux contextes, deux politiques d’investissement, deux systèmes de priorité, deux approches de l’intérêt public. Je vous offre, Monsieur le Maire, chers amis, le texte intégral de l’intervention que j’ai prononcée sur le budget de la ville, le 31 mars 1993. Mon allocution a été publiée, en mars 1994, par une revue indépendante, CUNTRASTI, aujourd’hui disparue ; cette RIVISTA CORSICA MEDITERRANEU était dirigée par Jean Marie Arrighi, Victoire Canale et Marie Jeanne Nicoli ; son directeur de publication était Jean Jacques Colonna d’Istria. Cette rediffusion répond à une exigence de vérité et de transparence. Elle laisse les Ajacciens juger, sur pièces, notre état d’esprit et notre rôle à l’époque, avec nos forces et nos faiblesses ; elle permet d’apprécier notre action d’aujourd’hui à la lumière d’un document incontestable ; et de considérer sans doute d’un œil neuf le comportement de certains de nos opposant actuels. On y trouvera des indices révélateurs de ce qui travaillait alors la communauté ajaccienne et de la façon dont nous en percevions les attentes et les besoins. Mutatis mutandis, on pourra peut-être appréhender plus justement les messages que nous adressent aujourd’hui nos concitoyens. Et surtout constater que les raisons de fond qui poussaient alors au changement de gouvernance étaient, en réalité, des raisons identiques à celles qui poussent aujourd’hui à poursuivre, et à déployer en grand, l’action transformatrice qui est la nôtre depuis douze ans.

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Patrice ANTONA vers d'autres activités......

PA LUCIANI nous fait parvenir ce petit message-temoignage. U ROSSU s'y asocie bien volontiers
Le texte que je me suis empressé de relayer auprés d'U ROSSU (dont Patrice, je le sais, est un lecteur assidu) m' a été transmis par Gérard Gagliardi, avec prière de le faire circuler.

Cette précision me paraît utile pour deux raisons: l'honnêteté intellectuelle, en premier lieu; la nécessité, aussi, de faire savoir que les nombreux amis (et admirateurs) de Patrice se sont sentis concernés par son départ à la retraite: il va nous manquer une voix dans le poste ! Et quelle voix !!

Patrice Antona animera le vendredi 28 décembre sa dernière émission sur RCFM avant son départ à la retraite.

Il est pour certains la voix cuivrée et chaude qui a relayé les événements culturels de l'île. Pour d'autres il est le regard ironique et tendre des radiotages.

Pour d'autres enfin, l'amateur passionné de jazz. Pour tous, Patrice Antona, interlocuteur privilégié des artistes , a mis sa curiosité, son talent et son enthousiasme au service de la culture sans jamais négliger les événements sociaux et quotidiens de la Corse.

Mais ce sont avant tout ses qualités humaines qui ont rendu son professionnalisme aussi rayonnant. Pour tout cela nous lui sommes de beaucoup redevables. A notre tour de faire un geste, de lui dire notre émotion et notre amitié.

Vous pouvez lui envoyer un mail à l' adresse professionnelle ci-contre : [patrice.antona@radiofrance.com]

 

PA LUCIANI: UNE ABSTENTION "DE GAUCHE"...

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Législatives 2012 – Première circonscription de Corse du sud

Interview réalisé par Jacques RENUCCI paru dans l'Hebdo du 13 Juillet, de PA LUCIANI Premier adjoint au maire d’Ajaccio,Candidat Front de gauche

Dans la première circonscription de la Corse du Sud, Simon RENUCCI a été défait. De multiples commentaires et analyses ont été réalisées à ce sujet. Il est intéressant d'avoir votre opinion en tant que représentant du Front de Gauche et surtout 1° Adjoint d’Ajaccio

Avec Jack Lang et Ségolène Royal à gauche, avec Claude Guéant et Nadine Morano à droite, Simon Renucci fait partie des victimes inattendues du suffrage universel. Mais le maire d’Ajaccio présente une particularité : à la différence de la grande majorité des députés socialistes sortants, il ne paraît pas avoir été porté par la vague rose qui a déferlé sur l’Assemblée Nationale dans le sillage de l’élection présidentielle. Ce déficit est une surprise d’autant plus paradoxale et cruelle que le maire d’Ajaccio n’avait pas été affecté par les vagues bleues qui avaient suivi en 2002 l’élection de Jacques Chirac et, en 2007, celle de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Il faut examiner cette singularité que certains attribuent un peu trop vite, sans doute, au particularisme corse, voire à une certaine spécificité ajaccienne ; ou encore, plus imprudemment, à une forme de «désamour » de la capitale régionale à l’égard de son maire…

Il faudrait peut être commencer par étudier les résultats

Revenons d’abord sur les résultats. Les responsables politiques ne se risquent guère, en général, à une analyse publique (même sommaire) des résultats chiffrés ; ils préfèrent laisser ce soin aux experts pour s’en tenir, comme l’a fait à sa manière le président du conseil général de la Corse du sud, au rappel des thèmes généraux de leur campagne tout en célébrant les mérites personnels de leurs amis, manière de pointer, sans les nommer, les défauts de leurs adversaires… La première caractéristique de ces élections législatives, c’est l’abstention. Elle s’est installée, dans ces élections, comme un phénomène récurrent lié à l’instauration du quinquennat et à la « séquence électorale » (présidentielle-législatives) qui l’accompagne. Car la règle du jeu, imposée par la constitution de la cinquième république, c’est qu’il n’y ait que deux candidats présents au second tour de la présidentielle. Ce dispositif entraîne ipso-facto une bipolarisation de la vie politico-institutionnelle ; un mécanisme bien connu, dont le quinquennat et sa séquence électorale ont augmenté la force. Tout se passe désormais comme si une seule échéance comptait vraiment : le second tour de l’élection présidentielle, c’est-à-dire le moment où l’on choisit le Président (qui peut même devenir l’hyperprésident !).

Quelle en est la conséquence

Dans la foulée, les électeurs sont incités, presque naturellement, à confirmer aux législatives le choix majoritaire qui a été le leur, un mois auparavant ! On leur explique, avec insistance, que les législatives ne servent qu’à une chose simple : « donner-au-président-la-majorité-parlementaire-dont-il-a-besoin-pour-mettre-en-œuvre-la-politique-que-vous-avez-choisie-en-votant-pour-lui »… Et ça marche ! 2002, 2007, 2012 l’attestent.

Des exemples?

Un exemple particulièrement éclairant, le cas du sixième canton d’Ajaccio (10 211 inscrits) : 70,24 % de votants au second tour de la présidentielle ; 47,65 % au premier tour des législatives. En cinq semaines, le taux d’abstention est passé, dans le plus gros canton d’Ajaccio, de 29,76 % à 52,35% ! Le phénomène est un peu moins spectaculaire dans la première circonscription, mais il est significatif (l’abstention sur l’ensemble des 7 cantons d’Ajaccio au second tour de la présidentielle est de 25,88 % ; elle est, dans la première circonscription, de 41,37 % au premier tour des législatives, et de 37,27 % au second). L’abstention aux législatives est donc une réalité indiscutable, mais elle ne s’exprime pas avec la même force selon les quartiers ou les cantons. Elle concerne, à l’évidence, une partie de l’électorat qui s’est exprimée à l’occasion de la présidentielle et qui n’est plus motivée par l’enjeu des législatives. A l’inverse, si l’enjeu des législatives est décentré par rapport à la « séquence électorale », il peut motiver une partie de l’électorat qui n’hésite pas alors à mélanger les genres, à confondre les enjeux , voire à anticiper les échéances : c’est le cas du premier canton où l’abstention est nettement plus faible aux législatives (34,85 % au premier tour ; 33,07 % au second) que la moyenne municipale (41,37 % au premier tour ; 37,27 au second). On constate également que, dans le premier canton, l’écart au second tour, entre les résultats de Simon Renucci et ceux de Laurent Marcangeli, est de 724 voix ; alors que l’écart global sur la ville est de 880 voix ! On mesure, à la fois, les dégâts de l’abstention et sa spécialisation territoriale, car l’écart cumulé dans les cinq autres cantons, entre les deux candidats, n’est que de 156 voix… La mobilisation à droite n’est réellement efficace que dans le premier canton, l’abstention à gauche est certainement plus uniforme sur le territoire communal ; Simon Renucci reste en tête dans les troisième et septième cantons (tenus par la gauche), mais l’abstention l’empêche de compenser l’écart trop grand du premier canton. Au second tour, les mouvements électoraux sont plus complexes qu’il n’y paraît : des électeurs nouveaux apparaissent qui n’ont pas voté au premier tour ; d’autres disparaissent qui ne votent plus au second tour… On peut estimer que le 17 juin, à Ajaccio ville, il y a eu entre 20 et 25 % d’électeurs nouveaux, selon les bureaux de vote. Vu le résultat final, la proportion d’électeurs nouveaux de droite a été, à la différence de 2007, un peu plus importante que celle de gauche qui visiblement se sont moins mobilisés.

On peut donc parler d'une abstention de gauche...?

Pourquoi une abstention de gauche en pleine « vague rose » ? D’abord parce qu’une « vague législative » n’exclut nullement une certaine abstention, y compris parmi les électeurs qui pourraient participer à cette vague (si les jeux sont faits, il n’est pas indispensable d’aller voter, se disent parfois certains électeurs peu civiques). Ensuite, et plus fondamentalement, beaucoup dépend de « l’offre politique » des différents candidats. Les électeurs du Président attendent de leur candidat aux législatives le prolongement direct du message politique présidentiel, et non la promotion d’une offre différente, voire dissemblable. Dans la « séquence » évoquée plus haut, une cohérence nationale stricte est impérative ; une cohérence qui doit se construire largement en amont des législatives, dès le début de la campagne présidentielle.

Le Front de Gauche a-t-il été dans cette ligne

Le Front de gauche, pour ce qui le concerne, n’a jamais dissocié le programme « L’ Humain d’abord » défendu par Jean Luc Mélenchon et les propositions de ses candidats aux législatives. Il s’est efforcé, au contraire, de démontrer que les secondes trouvaient sens et efficacité dans le premier, et que cette cohérence nationale-territoriale était la preuve d’un engagement commun au service de la même cause. Il gagne trois cents voix et plus de deux points à Ajaccio. Les décalages, pour ne pas dire plus, entre les positions d’Eva Joly à l’élection présidentielle et les propositions corses de ses soutiens locaux aux élections législatives n’ont pas illustré l’identité de leurs engagements respectifs au service de la même cause. D’ailleurs, les nationalistes de toutes tendances ont défendu l’idée que la seule échéance qui comptait pour la Corse était celle de 2014 ; leurs campagnes législatives se sont voulues principalement comme des répétitions générales avant les élections municipales et territoriales à venir, contribuant ainsi à brouiller les enjeux nationaux de ces consultations éminemment nationales !

Il y aurait donc eu un détournement des enjeux

C’est sans aucun doute autour de cette question de l’enjeu national, brouillé par les campagnes nationalistes et insuffisamment éclairé par sa propre campagne, qu’il faut chercher la cause première de l’échec (sur le fil) du maire d’Ajaccio. Si les électeurs ajacciens avaient été sollicités, non sur les enjeux municipaux ou insulaires (qui n’étaient pas à l’ordre du jour), mais sur la réussite du changement grâce à une majorité parlementaire de gauche (qui était la seule finalité de cette élection), il est certain que l’abstention de gauche aurait été moins forte. Et les « petits » reproches relatifs aux horodateurs, à la circulation, à la propreté de la ville (qui ont leur importance mais ne relèvent en aucune façon de l’Assemblée nationale) auraient été relativisés au regard des grandes questions du pouvoir d’achat, du logement, de l’emploi, de la crise financière qui étaient, elles, au cœur de ces élections…et sur lesquelles l’UMP avait des comptes à rendre. S’ils ont le sentiment que leur bulletin de vote est utile, les électeurs peuvent se mobiliser, et l’abstention recule. D’une façon générale, le dispositif institutionnel pousse à l’abstention ; si l’on y ajoute de la confusion dans les enjeux, on augmente la démobilisation. Un seul exemple : « Le changement continue » est-il compatible avec « Le changement c’est maintenant » ? A-t-on craint de voir détourner le mot d’ordre national au point de rendre inintelligible le mot d’ordre local ?

N'est-il pas trop terd, ne peut on pas faire l'économie de telles interrogations?

Ce type de questionnement sur le contenu d’une campagne, surtout quand elle échoue de si peu, est absolument nécessaire… Il concerne toute la gauche, Front de gauche compris. Car une situation nouvelle s’est créée qui appelle réflexion collective et initiatives diverses. Voici quelques pistes : Tout est fait localement pour propager l’idée que la transformation sociale de la Corse dépend uniquement des changements institutionnels que notre île peut obtenir pour elle-même ; c’est une illusion dangereuse. La Corse est insérée et contrainte dans un système, le système capitaliste, qui se perpétue dans la crise financière et la crise économique, pour lesquelles il n’est pas de solutions corses. Chacun le sait, mais beaucoup voudraient nous le faire oublier. L’action collective pour arracher la moindre part de pouvoir d’achat, d’équipements publics, de droits nouveaux, de logements, de créations d’emploi…cette action reste indispensable, en Corse comme ailleurs. Et tout ce qui sera acquis devra être salué comme une conquête. Mais c’est le système capitaliste lui-même qu’il faut changer et, en attendant d’y parvenir, il faut lui imposer toutes les régulations publiques possibles ; et non laisser la logique implacable du marché dicter sa loi à tous les peuples.

Comment dés-lors dessiner l'avenir

Le recadrage de l’action publique autour de l’intérêt général, de la réforme fiscale, du partage des richesses, du passage à la sixième République, est devenu une nécessité absolue. Le spectacle des conséquences de la crise en Europe devrait nous inciter à nous rassembler autour de ces grandes questions en resituant nos intérêts insulaires dans leur contexte national et européen et en recherchant toutes les alliances utiles avec les forces sociales et politiques capables de prendre en charge avec nous les intérêts populaires. Ces objectifs généraux paraissent bien éloignés de nos analyses électorales, et pourtant, c’est bien grâce à la vision qu’elle se donnera de l’avenir que la gauche trouvera les voies du changement social que la Corse attend. Les échéances municipales et territoriales ne peuvent être des objectifs en soi. Les élections, c’est vrai, permettent de désigner les représentants du peuple. Elles sont aussi «le baromètre de la lutte des classes »…

 

Réunion des animatrices et animateurs du Front de gauche-Corté 28 avril 2012

Michel Stefani

M_Stefani__15_.jpg Notre réunion se tient à un moment charnière de l’élection présidentielle dont l'issue sera capitale pour l'avenir de la France et de l'Europe. Nous avons beaucoup à discuter et peu de temps pour le faire. Je n’entrerai pas dans le détail des résultats pour en souligner les enseignements majeurs et anticiper la période à venir, qui nous mène jusqu'à la fin juin législatives inclues. Dans un scrutin finalement à haute participation, avec une abstention de 20,53 %, le désaveu de Nicolas Sarkozy est le trait majeur du vote du 22 avril. Nicolas Sarkozy perd 4% sur le premier tour de 2007, et 7,38 % sur le total additionné Sarkozy, Villiers et Nihous, aujourd'hui ralliés, soit près de trois millions de voix perdues. C'est ce rejet que Nicolas Sarkozy tente de combler, en essayant une fois encore de déplacer le terrain du débat d'idées, loin de ses responsabilités dans la crise, sur les terres de l'extrême droite. Anticipant ce désaveu, la droite au pouvoir visait par sa stratégie à se garantir de la marge pour le second tour, en mettant en scène un quatuor de favoris, comprenant trois candidats de droite et d'extrême droite, constituant le réservoir nécessaire à sa victoire. Elle a échoué. Non seulement NS n'est pas en tête, mais les totaux à droite comme son résultat sont en net recul. François Bayrou chute de moitié, mettant le total Sarkozy-Bayrou à 36,20 %, quand en 2007 il passait la barre des 50%.

Il lui reste le FN qu'il essaye de rallier par tous les moyens dangereux et nauséabond, ouvrant des passerelles par la banalisation des idées du FN à grande échelle. Une partie du recul de l'UMP est en effet récupérée par le FN, puisqu'il gagne 7,86%. Cette récupération du vote de droite est confirmée par une étude IFOP, qui indique que Marine Le Pen a retrouvé 70% des électeurs de son père en 2007, et gagné 11% des électeurs de Sarkozy, 10% des électeurs de Bayrou, 7% des électeurs de Royal, et 6% des électeurs d'extrême gauche.

Alimenté par un report massif des déçus du sarkozysme, le vote Le Pen n'en est pas moins de plus en plus idéologiquement structuré. C'est de plus en plus un vote d'adhésion aux solutions proposées par le FN articulant la préférence nationale au rejet des immigrés. Les angoisses sociales, la critique de l'Europe sont très présentes, mais il ne s'agit pas seulement de protestation.

Le vote FN progresse dans les zones péri-urbaines et chez les « rurbains ». Des gens modestes, ouvriers, employés, jeunes non diplômés, venus chercher un logement moins cher, une vie moins dure, et qui se retrouvent isolés, loin des services publics, avec un sentiment d'abandon accru. Pas question donc de tirer un trait sur ces victimes de la crise, mais ayons conscience que c'est bien de reconquête idéologique qu'il s'agit en faisant regagnant les forces sociales et populaires au combat anticapitaliste et à la solidarité.

Les enjeux du second tour demeurent ainsi à un haut niveau d’exigence sociale et politique. C’est la raison pour laquelle il faut réussir un grand Premier Mai avant de battre, le 6 mai, Nicolas Sarkozy le candidat de la droite et du MEDEF, devenu otage de l’extrême droite, de la démagogie antirépublicaine, populiste et xénophobe, véhiculée par la famille Le Pen.

Face à ce danger, d’une société d’intolérance, on ne peut, comme le font les dirigeants nationalistes, s’en tenir au constat, d’un fait alarmant et rester dans la neutralité en attendant les législatives au risque d’oublier la RGPP, le bouclier fiscal, la mise en concurrence des services publics, la casse de l’Education nationale, du système de protection sociale, l’abondance d’argent public accordée aux banquiers en déroute pour les laisser spéculer contre la dette publique de la France. Notre score, à deux chiffres, inédit depuis 30 ans, obtenu à l'issue d'une campagne exaltante, est un événement de l'élection qui permet à la gauche avec ses cinq candidats, Hollande, Mélenchon, Joly, Poutou et Arthaud, de totaliser 43,43 %, contre 36,44 % pour sept candidats en 2007.

Le Front de gauche progresse ainsi de manière continue à chaque élection, depuis sa création lors des élections européennes. Nous rassemblions 1,1 million de voix à ce scrutin de 2009. Nous en avons rassemblés près de 4 millions, soit quasiment trois fois plus, dans une élection a priori redoutable. Ce résultat ne peut être comparé au seul résultat des candidats communistes aux précédentes élections présidentielles, car il est le résultat d'une dynamique plus large avec le Front de gauche. Il n'en reste pas moins que le poids de ces 4 millions de voix, rassemblées grâce à notre travail, à nos choix stratégiques, et à celui de nos partenaires du Front de gauche, nous redonne une place inédite en reconstituant un nouveau paysage à gauche.

Il faut donc avoir en tête, pour prendre la mesure de notre résultat, que nous avions réuni 691 000 voix en 2007, 955 000 en 2002 et 2,6 millions en 1995, quand nous avions réalisé un très beau score de 8,73 %. Nous venons de changer d'échelle en dépassant les 11 %.

Nos résultats en Corse confirment cette analyse avec une progression de 10 679 voix sur 2007 et de 2 842 voix sur les régionales de 2010 avec un niveau de participation identique. Les résultats par circonscription donnent des indications qui encouragent à poursuivre avec confiance notre campagne pour renforcer le groupe de députés.

• Première de Corse du Sud 3306 voix 9.09 % Deuxième 3885 voix 10.23 %

• Première de Haute Corse 4663 voix 11.24 % Deuxième 3989 voix 8.83 %

Ces résultats ont fait l'objet d'interprétations. Utilisant la déception, voire les larmes, de jeunes militants qui aspiraient à plus et à mieux, et qui ont reçu, choqués, l'annonce du score du FN, voilà que les commentateurs ont parlé d'un demi échec alors qu’il est extrêmement prometteur. C'est un vote national homogène. Aucun des départements n'est en-dessous de 5%, les plus bas, les deux départements d'Alsace, sont à 7,3%. Seuls 26 départements sont en-dessous du score national de 11%, 10 départements sont au-dessus de 14%, le plus haut score est réalisé en Seine-Saint-Denis, avec 17%. Le vote est élevé dans nos zones de force et nous fait décoller dans beaucoup d'autres, généralisant nos ambitions sur tout le territoire. C'est un vote ancré dans le monde du travail et dans le monde syndical qui s'est cette fois massivement mobilisé à gauche. 39% des proches de la CGT déclarent voter Mélenchon et 44% Hollande. A la CFDT, c'est respectivement 12% et 56%. A Solidaires, 39% pour Mélenchon et 35% pour Hollande. A la FSU, 31% et 61%. A l'UNSA, 14% et 49%. Au-delà de ces caractéristiques, je veux également retenir la dynamique de campagne qui a rendu possible un tel résultat. Nous avons remis en mouvement, remis en marche, réconcilié avec la politique des forces sociales et populaires, des jeunes, en nombre considérable. Comme notre meeting régional, l’un des premiers d’autres très impressionnants l’ont montré. Un important travail de prises de contacts, de mises en réseaux a été reconstruit avec des syndicalistes, avec des militants associatifs. C'est décisif pour l'avenir.

Les assemblées citoyennes, la diffusion militante des matériels de campagne, les initiatives de proximité ont permis de populariser notre démarche et d’élargir l’adhésion à nos propositions. Les communistes sont pour beaucoup dans ce travail de maillage et d'animation. Ils jouent un rôle important depuis le premier jour et sont aujourd'hui massivement acquis et investis dans cette démarche. Au total, le Front de gauche a réellement commencé à devenir la force populaire que nous cherchons à mettre en mouvement depuis longtemps. Son développement sera au cœur de nos efforts à venir. En pleine crise capitaliste et européenne, l'enjeu de l'élection présidentielle française n'est pas qu’un simple changement de président de la République. Ce qui se joue, pour les forces populaires, c’est la capacité de résister à l'offensive capitaliste visant à faire payer aux peuples cette crise historique du système mondialisé. Nous n'affrontons pas simplement Sarkozy, mais Sarkozy-Merkel, et à travers eux les forces de la réaction et des milieux financiers associés. Nous sommes engagés dans un bras de fer dont l'alternative est simple : soit ils parviennent à imposer dans toute l'Europe une régression sociale et démocratique généralisée, soit nous ouvrons des brèches pour renverser la tendance et libérer les forces pour un nouveau type de développement, social, écologique et solidaire. La France est au premier rang de ce front.

Dans ces conditions, d'un affrontement destructeur des conquêtes sociales et démocratiques en Europe, réussir à faire 11% sur une alternative ; créer les conditions de battre Sarkozy l'une des têtes de pont de cette offensive capitaliste ; laisser ouverte, en cas de victoire de François Hollande, la porte à un débat sur l'alternative, voilà des atouts nouveaux et importants. Ils nous valent d'ailleurs l'attention et le soutien de très nombreux Européens. Notre combat contre le traité Sarkozy-Merkel prend ainsi une place de premier plan, a fortiori si Sarkozy est battu. Nous pouvons adosser ce combat national au combat européen que nous sommes en train d'impulser. Le PGE lancera en septembre, en utilisant la nouvelle procédure d'initiative citoyenne européenne, la collecte d'un million de signatures en Europe, en bas d'une proposition visant à réorienter fondamentalement le rôle du crédit et de la BCE et à créer une banque publique européenne qui dégagerait les finances publiques du chantage des marchés.

J'en viens aux semaines à venir et la bataille du second tour. Notre appel est clair, c'est celui de tout le Front de gauche. Le 6 mai, Sarkozy doit être battu, battu à plates coutures. Plus la victoire sera large, plus les conditions de nos batailles futures seront meilleures. C'est donc sans hésitation aucune, que nous appelons à battre Sarkozy en votant François Hollande. C'est, dans les conditions concrètes issues des résultats du premier tour, un appel de conviction profonde : la réélection « d'un » Nicolas Sarkozy dont le programme est pire que le bilan, flanqué d'une extrême droite à 18% serait un cauchemar pour le pays, ses travailleurs, ses forces démocratiques et sociales. Nous voulons battre la droite et l'extrême droite, parce que le pays en a absolument besoin. C'est le sens de l'appel que nous lançons avec toutes les forces du Front de gauche pour le 1er mai. Cinq syndicats appellent unitairement à un 1er mai de mobilisation sociale contre l'austérité. Après Marine Le Pen, et dans la plus pure tradition pétainiste, Nicolas Sarkozy s’est lancé dans une véritable provocation en appelant ses partisans à détourner et à récupérer cette journée pour en faire la fête du « vrai travail ». La CGT, en renouvelant son appel à battre Sarkozy pour créer un contexte plus favorable aux revendications et aux luttes nécessaires au progrès social, a décidé de relever le défi, en invitant à participer massivement aux manifestations syndicales, unitaires, le 1er mai. Organisons notre présence massive et visible aux côtés des syndicats, dans le respect de leur appel.

J'en viens enfin aux élections législatives des 10 et 17 juin. L'élection d'un président de la République ne sera rien sans l'élection d'une majorité de gauche décidée à défaire les lois Sarkozy et à en voter de nouvelles, pour répondre à l'intérêt des travailleurs. Nos propositions, et donc nos députés, seront indispensables pour réussir le changement. Déjà, la haute finance s'organise, s'arcboute pour faire barrage au changement, les autorités européennes s'affolent, les marchés financiers se préparent au chantage. Avec le vote Front de gauche, avec nos candidats, nos députés, nous aurons plus de force pour vaincre ces résistances. Salaires, retraites, interdiction des licenciements boursiers, sécurité d'emploi et de formation, promotion du renouveau industriel et planification écologique, refus du Traité Sarkozy-Merkel et refonte d'un nouveau traité, relance des services publics, rétablissement d'un haut niveau de protection sociale... Qui osera les changements nécessaires si les députés du Front de gauche ne sont pas assez nombreux ?

Tels sont les enjeux des législatives dans le prolongement de l’élection présidentielle qui structure la vie politique française. Les Corses en y participant massivement témoignent de l’attention qu’ils portent au devenir d’un pays dont ils n’imaginent pas qu’il s’écrive sans eux. Les dirigeants nationalistes sont déstabilisés par cette participation et la porosité, qu’ils reconnaissent eux-mêmes, d’une partie de leur électorat avec celui de la droite et de l’extrême droite. C’est bien là, non pas un amalgame, mais la confirmation d’une confusion qui ne peut que se nourrir de l’absence de position politique distinguant la droite de la gauche. Pour privilégier la revendication autonomiste ou indépendantiste et la réforme constitutionnelle qu’elle suppose, certains aspirent à siéger au Parlement mais se refusent à dire sur quel banc. Or c’est bien de ça qu’il s’agit et plus encore dès lors qu’il faut faire barrage à l’idéologie intolérable de l’extrême droite comme ils l’affirment.

Pour ce qui nous concerne, il n’y a pas de problème de ce côté-là. J'ajoute qu'une des garanties que nous donnons, et non des moindres, c'est que nous travaillerons à l'élaboration des lois nouvelles avec et sous le contrôle des citoyens, des salariés, des agriculteurs, des premiers intéressés. Comme nous l’avons dit et fait à l’Assemblée de Corse en proposant de soumettre par référendum toute évolution institutionnelle. Bine que notre amendement ait été repoussé par tous les autres groupes, nous nous engageons en faveur d’une élaboration démocratique et partagée de la loi. Rien ne se fera dans le dos du peuple. Les députés du Front de gauche seront les garants de la transparence. C'est un engagement auquel nous veillerons. Avec ce message, nous devons nous adresser très largement à toutes les électrices et à tous les électeurs de gauche, quel qu'ait été leur vote le 22 avril, pour leur dire : « Donnez de la force à vos attentes, donnez de la force à la gauche avec le maximum de députés du Front de gauche ». Ce message peut être entendu si nous le portons sans attendre, avec conviction. Nos candidates et candidats doivent prendre la tête de la mobilisation pour battre Sarkozy et appeler à la prolonger dans les urnes le 10 juin.

Le Front national espère évidemment jouer les trouble-fêtes et Marine Le Pen caresse l'ambition d'une entrée du FN au Parlement. Les législatives doivent marquer un coup d'arrêt à ces néfastes ambitions. Évidemment, dans ces batailles, 1er mai, 6 mai, 10 et 17 juin, tout concourir au renforcement de la dynamique populaire que nous avons créée.

Le Front de gauche a été le levier de cette dynamique. Il faut maintenant lui donner de nouvelles perspectives, de nouvelles ambitions. Après les législatives, il nous faudra tirer les leçons de toute cette séquence électorale. Nous aurons aussi à prendre en quelques jours des décisions politiques importantes, notamment sur la question du gouvernement, de notre attitude dans la nouvelle majorité.

Cela fera l’objet de consultations au sein de chaque formation qui constituent le Front de gauche. Les principes qui nous guident sont clairs. Nous prendrons ces décisions en tenant compte de ce qu’il en ressort dans le prolongement de ce que nous avons dit au soir du 22 avril sans compromission.

 

« Quelle décentralisation pour une République solidaire et citoyenne ? »

U Rossu s'est procuré une importante intervention de notre camarade D BUCCHINI, Président de l’Assemblée de Corse, versée au débat de la DECENTRALISATION dans le cadre des Journées d’étude du CIDEFE à Porticcio ce Mardi 14 février 2012...vous la trouverez ci joint in extenso...

dominique_bucchini.jpg Chers amis et camarades,



En préalable, je tiens à vous remercier pour avoir choisi d’organiser cette journée de formation en Corse, consacrée à la Décentralisation comme moyen de rénover une République solidaire et citoyenne.



Comme vous le savez, notre île bénéficie d’un statut particulier et elle se prête donc volontiers à l’exercice qui consisterait à effectuer un bilan d’étape de ce processus, après trente ans d’application. Pour autant, la réflexion sur notre statut, ne peut être déconnectée du grand débat engagé au niveau national sur la relance de la décentralisation et qui concerne l’adaptation de nos institutions locales aux évolutions de la société.

Les forces de gauche ont combattu cette réforme qui, présentée comme une modernisation de l'organisation territoriale de la France, tourne, en fait, le dos à ses objectifs avoués –clarifier, simplifier, économiser – et, comme cela a été dit « complexifie tout et n’économisera rien ». Notre contestation ne signifie pas, cependant, le statu quo, comme le montrent l’organisation des « États généraux de la décentralisation » organisés par la nouvelle majorité sénatoriale ; et tout porte à penser que le changement espéré lors des élections présidentielle puis législatives sera l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’organisation institutionnelle de notre pays.

Une telle perspective ne peut que nous agréer, nous, militants, élus ou sympathisants des formations composant du Front de Gauche, dont le programme prévoit, outre l’abrogation de la réforme de 2010, une nouvelle organisation du territoire dans laquelle l’État, garant de l’égalité des citoyens, nouerait de nouvelles relations avec des collectivités dont l’autonomie serait assurée.



De même qu’en 1981 le changement politique avait permis la rupture avec un centralisme devenu archaïque, 2012 pourrait être l’occasion de remettre nos institutions en phase avec l’intérêt général ; et, de même qu’en 1982, un statut particulier pour la Corse avait accompagné les lois nationales de décentralisation, l’Assemblée de Corse ne doit pas s’interdire de formuler, d’ici à 2014, des propositions pour rénover celui-ci.

On peut donc dire que nous nous trouvons, en quelque sorte, en interaction pour préparer cet « acte III de la décentralisation ».

Il est utile de partager nos expériences puis de confronter nos analyses, pour rechercher des voies d’amélioration que ce soit pour le droit commun ou pour les « statuts particuliers ».



Je vais donc dans un premier temps rappeler les motivations du statut particulier, conçu comme une réponse originale à des problèmes spécifiques (I). Ensuite, je s brosserai en quelques traits l’économie de ce statut, tel qu’il résulte de trois réformes successives (II). Enfin, je tenterai de repérer quelques axes sur lesquels pourraient s’appuyer la relance du processus de décentralisation(III).

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La République menacée par les langues de France ?

L'Humanité des débats Table ronde

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Avec OLIVIER AMIEL, docteur en droit, délégué du Mouvement républicain et citoyen (MRC) chargé de la culture.!!! DOMINIQUE BUCCHINI, président de l’Assemblée de Corse (PCF et Front de gauche). !!!RENé MERLE, historien, auteur.

Rappel des faits Le corse, l’occitan, le basque, le breton, le catalan, l’alsacien et autres langues régionales ou minoritaires parlées sur le territoire national sont aujourd’hui reconnues comme appartenant au patrimoine culturel de la France.

Faut-il encore que les conditions soient réunies et les moyens accordés pour assurer leur apprentissage et leur promotion. La pluralité culturelle et le plurilinguisme sont des enjeux qui prennent pleinement place dans le débat de la présidentielle. Rejetant tout repli identitaire, la valorisation des autres langues de France s’inscrit dans une ouverture aux autres et au monde. Elles ne menacent pas, comme certains s’en inquiètent, l’unité de la République ou le devenir de la langue française. «?Les cultures et les langues sont égales entre elles, comme les citoyens d’une même République?», écrivait Félix Castan. Écrivain occitan et théoricien de la décentralisation culturelle, il n’a eu de cesse de militer pour une «?nation une politiquement et culturellement plurielle».

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Journée d'études à PORTICCIO

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JOURNEE D’ETUDE ET DE DEBATS DU 10 DECEMBRE 2011

Organisé par la SECTION D’AJACCIO

  • Les thèmes retenus ont été :
  • La crise financière et dette en reprenant le pouvoir aux banques,
  • les salaires et l’emploi,
  • les services publics,
  • la santé,
  • la constitution d’une 6ème république,
  • l’émancipation humaine.

''Ces différents thèmes ont été introduits par J.P. Maginot, Jacques Perona, Danielle Jumeau, Charles Mariani, Gilles Larnaud, Maxime Nordée, Antonin Bretel. Jacques Chaballier, responsable de la vie du parti au niveau national a participé à nos travaux.''

Plus de 50 Camarades et amis ont pris part à cette journée et + de 30 intervenants ont débattu sur le contenu du programme du Front de gauche.

1)-Quelques repères sur la crise financière :

Recours aux marchés financiers qui spéculent sur la dette publique avec l’aide de la banque centrale européenne, crise de l’Euro, domination du dollar comme monnaie d’échange, cadeaux aux riches etc Le débat dans les médias tourne autour de l’Eure et produire en France. Il faut se battre contre les thèses du FN et être plus clair dans notre approche du débat.. Il est rappeler que le gouvernement Sarkozy culpabilise les populations et que les intérêts de la dette sur les marchés financiers enrichissent les spéculateurs, conséquence, pas de solidarité financière pour les pays endettés. Il faut politiser nos débats auprès des gens avec des arguments compréhensibles, par exemple en relançant l’économie qui va à l’encontre de la politique actuelle de compression des salaires, de la réduction du pouvoir d’achat, des besoins nécessaires pour vivre normalement dans une société moderne (viennent en premier, l’emploi, les salaires, le logement parmi les demandes auprès de nos élus).

2) – La jeunesse et l’emploi. –

Il est rappelé que c’est le travail des hommes qui crée des richesses mais pas l’argent. Besoin de formation pour combler les emplois locaux et de sécurisation des parcours professionnels (même avec diplôme la jeunesse d’aujourd’hui à des problèmes d’emploi). Il faut que le travail soit porteur de sens. : proposition de relever le smic et minima sociaux, ainsi que la grille des salaires. Il est rappeler que l’immigration est source de développement de la société et non l’inverse comme le dit le FN. (Souvenons-nous que dans les années 80 le FN avait 35 élus à l’Assemblée nationale et n’a fait que voter pour une politique de droite et antisociale). Battons-nous pour des salaires dignes d’une société moderne. Nous sommes les seuls à mener un véritable débat public sur les salaires et les pensions et aussi proposer la modulation des charges sociales dans les entreprises. Le Smic à 1700 eus peut paraître irréaliste dans les milieux populaires, (mais indispensable pour vivre) pour cela il faut une politique anticapitaliste et le front de gauche n’ira pas au pouvoir si la gauche PS-VERT etc…ne propose pas de politique anticapitaliste.



3) – Les services publics :

Abroger la RGPP(révision générale des politiques publiques) qui dégrade le service rendu aux usagers et au personnel. Il faut donc titulariser les emplois précaires, créer un pôle public. Il faut partir des besoins des gens en modernisant nos services et ils doivent satisfaire les besoins des populations et l’intérêt général.. Le service public ne joue plus son rôle car il s’agit que de management de marchandisation. Il est rappelé que le service de l’eau doit être géré dans le cadre du service public, aussi pour les transports, de même le nucléaire ne doit pas être traité à la légère et ouvrir le débat sur les énergies. A l’EDF, réintégré le personnel d’entretien : pour 1000 agents EDF, 2000 agents sont hors statut EDF. Les services postaux ne répondent plus au besoin de la population, notamment en milieu rural. Le service public doit sortir de la notion de profit.

3)- La Santé – C’est un principe contenu dans un article de la chartre des droits de l’homme. Les besoins en santé sont devenus plus importants et les logiques comptables qu’imposent les libéraux écartent de plus en plus de monde du droit à la santé. Il y a urgence à reconstruire le service public de santé notamment à travers l’hôpital. Il faut créer un pôle public du médicament qui s’écarte du systhème marchand qui dégage des profits financiers exorbitants. Nous demandons un contrôle citoyen des services de santé. Le déficit vient de la diminution des recettes et non de l’augmentation des dépenses, il faut donc mettre fin à la gestion comptable de l’hôpital, exemple, à l’hôpital d’Ajaccio, suppression de postes, gestion privée, moins de moyens, locaux etc… Les financiers se sont accaparés la manne financière que représente la santé (les assurances, etc..) et cela est préjudiciable pour le droit pour tous à la santé. Le coût des cotisations sociales pour les salariés est devenu exorbitant. Localement, même si le service social de la Mairie est plus compétent depuis la gauche, nombreux sont les gens qui restent en grande difficulté. Il y a des populations qui ne se soignent plus par manque de moyens (mauvaise prise en charge par la Sécu et les mutuelles). Les maisons de retraite ne sont pas faites pour tout le monde. (voir page 23 de notre programme sur nos propositions : arrêt des fermetures et démantèlement des hôpitaux, des maternités, non à la tarification à l’activité, remboursement intégral des dépenses de santé par la sécu, qualité des soins, son financement, etc…)

4)- Convoquer l’Assemblée constituante de la 6ème république –

Les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple provoquant une grave crise démocratique. Nous étions le seul parti politique en 1958 à appeler à voter contre le principe de la 5ème république que nous qualifions à l’époque comme l’avènement du pouvoir personnel pour le chef de l’Etat. Avec le référendum sur la constitution européenne le peuple avait retrouvé son champ d’expression. Il y a des attentes et des besoins pour que la politique redevienne un véritable débat public. Il faut des droits nouveaux au peuple dans les entreprises et services publics. Droit de vote pour les étrangers. La démocratie participative devra être inscrite dans la constitution. Le droit des usagers, le droit de grève et de se syndiquer, la liberté d’expression seront confortés. Nous voulons rétablir la primauté de l’Assemblée nationale sur l’exécutif, garantir l’indépendance de la justice à l’égard du pouvoir exécutif et l’indépendance des médias, créer un statut de l’Elu et un statut du bénévole, permettre de nouvelles interventions populaires ( référendum, pétitions etc…) et abroger la réforme de 2010 des collectivités territoriales. Nous sommes au bout de la 5ème république. Les peuples et leurs représentants au niveau européen avec la règle d’or sont dépossédés de leur pouvoir de décision. La cohérence de notre programme offre une perspective qui doit nous permettre d’avancer, c’est un levier pour le mouvement populaire, il faut défendre notre programme du Front de gauche jusqu’au bout et le faire vivre après le résultat des élections.

5)- L’émancipation humaine en tête –

La finalité de notre projet est l’émancipation, en créant les conditions pour que chacune et chacun puisse construire sa vie libérée de toute domination et développer ses potentialités par des politiques publiques qui placent en leur cœur les enjeux de culture, d’art, de savoir, de création, de maîtrise et de développement de son corps. Il faut se réapproprier le système scolaire car c’est l’échec scolaire qui coûte cher, donc nécessité d’une politique nationale de l’éducation dans une logique de service public avec une école émancipatrice de la maternelle à l’Université, cela suppose le développement de la formation initiale et continue avec un temps d’échanges pédagogiques dans les établissements. Prévoir un plan de recrutement. Il faut décrocher le sport de la finance et donner des moyens dans les écoles pour les activités sportives. Renforcer l’éducation artistique à l’école, l’éducation populaire, dans la cité et l’entreprise et donner au mouvement sportif les moyens d’accomplir ses missions de service public. Créer un observatoire des inégalités. Validation des années d’études dans les conventions collectives. Mener une bataille pour l’égalité des chances, faire de la ville un espace commun du bien vivre ensemble avec de vrais quartiers de vie. Ne pas perdre de vue que la laïcité permet l’égalité des citoyens en tout domaine. L’émancipation humaine passe aussi par toutes « non violence » dont celles faites aux femmes

Jacques Chaballier, responsable national : Nous avons des retours positifs de notre campagne, retour d’anciens communistes, sympathisants et syndicalistes. Nous pouvons parler au nom d’une majorité de gens, il y a des possibilités de faire bouger les lignes politiques. Notre volonté c’est de rassembler avec le Front de Gauche pour sortir de l’échec des politiques de gauche. Notre candidat s’adresse à tous les gens de gauche. Ce n’est pas la situation de 2007, il y a plus de possible en 2012 . Les assemblées citoyennes, c’est construire avec les gens. Jean Luc Mélenchon viendra en Corse en février.

Après un riche débat, les participants sont tous convaincus de la nécessité d’organiser des assemblées citoyennes, petites ou grandes, partout où cela sera possible, mais aussi convaincus que les assemblées citoyennes auront du sens que si elles se poursuivent au-delà de la période électorale. Notre journée d’étude se termine par l’adhésion d’un jeune participant.

 

Sur le blog de Michel STEFANI

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La seule action qui permettra de construire une Corse meilleure.

Ici, une femme décrit l’atroce moment où aux côtés de son mari et de sa fille elle a vu les tueurs s’acharner à l’arme de guerre sur leur famille ; là c’est un homme qui est achevé devant ses proches, à l’intérieur même de sa maison ; entre temps le FLNC abat un homme en représailles à l’assassinat d’un de ses membres. Les repères s’effacent ainsi au rythme des homicides dont la barbarie accentue le sentiment pesant d’une société déliquescente où les règles élémentaires de la vie en communauté sont foulées aux pieds.

La Corse a un besoin urgent de démocratie, de transparence et de progrès social pour contrecarrer les dérives affairiste et mafieuse aggravées désormais par le danger d’une soi-disant « justice » expéditive et opaque. Aucune société ne peut s’épanouir dans de telles conditions où la loi du plus fort remplace la force de la loi. Voila pourquoi, l’activisme des groupes armés quels qu’ils soient empêche de dégager l’horizon d’un avenir solidaire et humain.

La Commission « violences » de l’Assemblée de Corse, présidée par Dominique BUCCHINI, entend poursuivre sa réflexion de fond sur l’ensemble des phénomènes de violence et contribuer à la mise en œuvre de solutions car, si les élus n’ont pas vocation à se substituer à la justice et à la police, ils ont effectivement la possibilité d’engager des actions de prévention et d’éducation en direction de la jeunesse ; de définir des politiques économiques et sociales ; de faire des choix propres à réduire la pression spéculative foncière et immobilière.

Cette affirmation a traversé les Assises du foncier et du logement, elle se retrouve dans les assises du littoral et marquera l’élaboration du prochain PADDUC pour lequel la CTC exercera ses compétences en termes d’aménagement et de développement du territoire.

La méthode de co-élaboration et la démarche de concertation impulsées par Maria Guidicelli, ont été unanimement appréciées. Mais au delà du succès c’est l’émergence d’une pratique politique nouvelle qu’il faut saluer et dans celle-ci une réponse démocratique concrète à ceux qui dénoncent indistinctement « l’impuissance des politiques ». Souvent, ce sont les mêmes qui vantent complaisamment les mérites des clandestins grâce auxquels la beauté exceptionnelle de la Corse aurait été préservée alors que nous savons bien le rôle primordial de la loi littoral, l’implication de plusieurs élus, l’action du conservatoire du littoral ainsi que des associations.

Pour ce qui nous concerne, nous n’avons jamais cultivé l’ambiguïté et toujours condamné la violence clandestine dont des dirigeants nationalistes eux-mêmes ont révélé les dérives. Nous avons également réclamé pendant longtemps et seuls une Commission d’enquête parlementaire pour faire la transparence sur l’économie locale et l’utilisation de l’argent public, notamment pour repérer et assécher les sources de financement du banditisme. Enfin, nous avons toujours dit qu’il fallait réorienter la politique de la CTC et faire des choix écoresponsables, respectueux des hommes et de l’environnement, en faveur de l’activité industrielle, de l’emploi stable, des salaires et du pouvoir d’achat.

C’est d’autant plus nécessaire que le modèle économique de ces 30 dernières années, fondé de manière quasi exclusive sur le tourisme puis le tourisme de luxe et l’ « économie résidentielle », n’a fait qu’aggraver la fracture sociale entre une minorité enrichie et l’immense majorité écrasée par la cherté de la vie, les bas salaires, l’emploi précaire et la pauvreté. L’augmentation du chômage de 10 points en an souligne l’impact de la crise financière mondiale en Corse et un effet de garrot quand s’y ajoutent le recul de la commande publique et une saison touristique incapable de la freiner.

Dans un tel contexte, lourd d’inquiétudes, c’est à la fois sur les champs politique et social que le sursaut citoyen doit se déployer à travers l’action populaire et démocratique, la seule action qui permettra de construire une Corse meilleure

 

Journée d’échanges et d’étude

logo_PCF_FDG.bmp Chacun d’entre nous a pu mesurer la gravité de la crise, nos analyses sont confirmer au fil de ses développements de plus en plus spectaculaires. Les dirigeants européens en sont à une quinzaine de réunions n’ayant comme objectifs : plan d’austérité après plan d’austérité, renflouer financièrement les banques qui continuent à réaliser des bonus financiers pour leurs actionnaires. La dette publique est un outil de peur utilisé par le pouvoir, des mesures de recul social sont dans les cartons d’après G20.Le programme populaire partagé est en notre possession, le comité de section vous propose de nous inscrire dans les objectifs du conseil national pour rentrer dès à présent dans la bataille politique sur le terrain, avec les collectifs citoyens, dans les quartiers, dans les entreprises. Il nous faut créer une dynamique politique, pas seulement pour battre SARKOZY, mais pour faire grandir le front de gauche avec son programme populaire partagé et gagner de nouveaux députés PCF et Front de gauche pour ouvrir une alternative nouvelle durable répondant à la satisfaction des besoins. Nous te proposons de t’inscrire dans la journée d’échanges et d’étude Le 10 décembre 2011 qui se tiendra à la CCAS de Porticcio De 9 heures à 17heures Le repas sera pris sur place participation 10 euros.



Merci de bien vouloir remplir et nous retourner rapidement avant le 25 novembre 2012 la fiche d’inscription ci-dessous avec le paiement de participation au repas.

NOM

Prénom

Adresse

Adresse E-mail

Téléphone :

P/° le bureau de section Jean-Pierre Maginot

 

" CCI régionale: Paul Antoine Luciani répond à François Tatti"

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Ajaccio le 9 octobre 2011

A lire le communiqué de victoire de François Tatti à propos du vote intervenu vendredi 7 octobre à l’Assemblée de Corse, on pourrait croire que le « vote géographique » (qui n’est que la transcription électorale de la concurrence entre les territoires) doit être désormais considéré comme le moyen de sortir de nos difficultés structurelles…puisqu’il aurait entraîné une décision extrêmement « positive pour Bastia et la Haute-Corse » et marquerait, ipso facto, « une volonté de rééquilibrer le territoire ».

Tel n’est pourtant pas le sentiment majoritairement exprimé vendredi par l’Assemblée de Corse, puisque la décision qui réjouit si fort l’adjoint au maire de Bastia n’a, en aucune façon, obtenu une majorité absolue de suffrages : 21, 22 ou 23 voix sur 51 conseillers ne constitueront jamais qu’une majorité relative, certainement pas une volonté générale forte et claire ! D’autant que la division géographique a fait quelques dégâts politiciens dans certains groupes…



Quant au rééquilibrage, l’avenir proche nous dira ce que l’on peut en penser. Pour le moment, si l’on veut bien comparer les grands chantiers routiers prévus dans le Grand Ajaccio avec ceux réalisés dans le Grand Bastia depuis dix ans, on aura une idée plus précise de la volonté « rééquilibratrice » qui a, jusqu’ici ; animé la Collectivité Territoriale…



On remarquera que, malgré ses cris de joie, François Tatti est loin d’être rassasié. N’a-t-il pas déclaré que le choix de Bastia était « la première implantation significative dans la capitale du nord depuis la décentralisation » ? Ce qui est une façon d’annoncer qu’il en faudra bien d’autres pour calmer ses revendications anti - ajacciennes…



Les Ajacciens ont donc quelques raisons de s’interroger, et même de s’inquiéter, quand ils entendent proclamer, ici ou là, que « Bastia - Bonifacio constitue l’axe principal de la Corse ». Que devient, dans cet esprit, l’axe historique Ajaccio -Corte - Bastia ? A quelle politique « rééquilibrée » de l’aménagement du territoire les Ajacciens doivent-ils se préparer ?

La concurrence entre territoires que l’on persiste à activer et à relancer sans cesse ne pourra jamais tenir lieu de politique régionale. Quel avenir pourrions nous préparer aux générations nouvelles si le campanilisme continue de dicter sa loi à la Corse ? Il est grand temps de s’en défaire et de s’engager résolument dans une politique d’équipements qui tiennent compte à la fois des réalités démographiques, des besoins sociaux, des retards accumulés, de la croissance urbaine comme des besoins de l’agriculture et de la ruralité. C’est à cette tâche d’intérêt public que la gauche doit désormais s’atteler.



Paul Antoine Luciani Premier adjoint au maire d’ Ajaccio - Ancien président du groupe communiste à l’Assemblée de Corse.

 

Michel STEFANI - Pour un bilinguisme assumé

On ne peut prétendre qu’il soit urgent de s’attaquer à la fracture sociale, pour la réduire, et ignorer la réalité économique, la diversité sociale et culturelle, l’histoire du territoire sur lequel elle se développe. La place accordée aux langues dans la société est un enjeu essentiel de cette réflexion et de l’action qui en découle. Une double dimension apparaît, touchant à la sphère publique et à l'individu, lui-même au cœur de celle-ci, en tant que citoyen. La langue, instrument de communication avec les autres est en même temps, dans une certaine mesure, le révélateur de son identité souvent complexe. Ce paradoxe souligne le caractère aberrant de la logique marchande qui pousse à la standardisation linguistique et culturelle quand la prise en compte de la diversité est constitutive de richesse intellectuelle, collective et personnelle. D’où l'affirmation : "langues communes oui langue unique non", tant le plurilinguisme est un avantage pour l'épanouissement de l'individu. Par contre, le sentiment de perte d'appartenance sociale et la frustration de ceux qui n'ont pas accès à la formation, à l'information et aux échanges, se conjuguent et trouvent dans la politique gouvernementale actuelle, politique de division et de stigmatisation de communautés entières, un exutoire dangereux proche des thématiques Vichyssoises. La précarité, l’isolement individuel conduisent au rejet et au repli face à un système qui broie les hommes, leur statut social, leurs origines. Le passé et les valeurs "ancestrales" deviennent, parfois à tort, de nouvelles références pour des rapports sociaux, dans certains cas non laïcs, fondés sur une conception ethnique voire communautariste. Aujourd'hui le bilinguisme doit s'inscrire dans un projet sociétal dont la caractéristique essentielle serait l'ouverture face à ces risques terribles. Par cette affirmation, d’un bilinguisme assumé et respectueux de notre diversité comme de notre histoire, il s’agit de poser dans la sérénité les conditions d’un débat fécond pour préserver et promouvoir la langue corse sans pour autant diviser celles et ceux qui ont choisi de vivre en Corse quelle que soit leur origine.

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Nous pensons particulièrement aux travailleurs et au respect des règles qui, pour limiter les risques de discrimination dans l’emploi et le déroulement de carrière, sont établies avec le code du travail, le statut de la fonction publique, les statuts des agents des entreprises nationales, les conventions collectives. En conséquence, nous rejetons l'idée de la sélection à l'embauche par la maîtrise de la langue pour "corsiser" l'emploi. Dans le prolongement de la proposition de loi 2321 des députés communistes déposée en 1984, nous nous sommes appuyés sur les travaux de notre compatriote, sociolinguiste mondialement reconnu, Jean Baptiste Marcellesi, pour proposer en 1985, la co-officialité et sauver le corse en préservant le bilinguisme franco corse. La brochure, publiée à l'appui de cette proposition, était intitulée "Pour une politique démocratique de la langue" précisément parce que depuis l'édit de Viller Cotterets les langues de France ont peu à peu été occultées par une politique d'uniformisation au bénéfice du français. Ainsi valorisé, l’identique est devenu facteur de dépossessions à plus forte raison quand la volonté politique signifie : "même langue et mêmes façons de penser" sur fonds de rentabilité et de productivité capitalistes. De fait la langue minorée est aussi celle du peuple. La République une et indivisible, l'unité de la Nation ont souvent été les arguments développés pour justifier une politique fondée avant tout sur des enjeux économiques et des données démographiques. Or, dans les deux cas, nous voyons que les exigences capitalistes d'un monde sans entrave pour la spéculation financière menacent des Etats entier non la diversité linguistique. La société française est transformée pour l'adapter à ces règles de la mondialisation capitaliste imposées à l'homme, au mépris de son propre avenir et de son environnement, en vantant les mérites d'un individualisme forcené pour mieux détruire les principes de solidarité donc du vivre mieux ensemble. Il est significatif d'entendre à l'Assemblée Nationale le ministre Besson clore la discussion ouverte en 2008 avec la réforme de la constitution, sur la question de langues régionales par un refus de mettre à l'ordre du jour l'adoption d'une loi offrant un cadre juridique plus complet et fiable que la loi Deixonne de 1951. On se souvient également du refus de Jacques Chirac de ratifier la Charte des langues régionales, pourtant signée par la France en 1999, au motif que le Conseil constitutionnel jugeait plusieurs clauses contraires à la Constitution. Sur le plan des principes, le Conseil a estimé que la Charte conférait des droits spécifiques et "imprescriptibles" à des "groupes" de locuteurs, à l’intérieur de "territoires", ce qui portait atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. Dire qu'un peuple existe parce que sa langue existe est aussi faux que d'affirmer le contraire. Devant l'Assemblée de Corse Paul Bungelmi insistait en 1983 sur la nécessité de "prendre en compte le fonds commun à l'identité corse et la diversité et surtout admettre le caractère évolutif de l'homme en qui le nouveau et la tradition se mélangent dans un mouvement qui fait que l'identité culturelle se crée toujours au présent." La France, précisément parce qu'elle est celle des Lumières, se doit à la fois de préserver son exception culturelle et en ce sens de consacrer les moyens, humains techniques et financiers, nécessaires à une réelle promotion des langues et cultures régionales. Pour cela il faut stopper la politique de suppression massive de postes dans l'Education Nationale. Il faut également, engager la modification de la Constitution et l'adoption d'une loi indispensable pour donner aux langues de France un statut et aux cultures régionales un cadre permettant à long terme une véritable promotion et un plein épanouissement. Enfin, il faut évaluer ce que leur revitalisation peut apporter aux rapports sociaux et à l'essor culturel du pays et définir au mieux l'engagement de l'Etat. À défaut, leur avenir resterait incertain et à terme la part du patrimoine national qu'elles constituent serait définitivement perdue. Définie dans un cadre national de responsabilité publique, cette politique serait d'autant plus efficace qu'elle afficherait une ambition décentralisatrice forte donnant aux régions la capacité d'adapter les objectifs communs aux particularités de chacune d'elle. L'enjeu, c'est effectivement, à nos yeux, de fonder, dans la reconnaissance et la connaissance de l’autre, une société généreuse, solidaire conjuguant la citoyenneté, l'épanouissement de la personne et la dignité humaine. Force est de reconnaître que nous en sommes pas là. La politique gouvernementale y est pour beaucoup. Michel Stefani

 

Conférence : « approche par la psychanalyse du discours du capitaliste »

TERRE-CORSE-copie-1.jpg En présence de

Monsieur Jean Pierre RUMEN Psychanalyste

Membre de l’Association Corse de psychanalyse



Monsieur Gilbert POLETTIPsychanalyste Membre de l’Association Analyse Freudienne

Président de l’Association Corse de psychanalyse

Monsieur Michel STEFANI Secrétaire départemental du PCF

Conseiller à l’Assemblée de Corse

Madame Carol WATTERS Psychiatre Psychanalyste

Membre de l’Association Analyse Freudienne

Salle de conférence du Musée de Bastia le Samedi 9 juillet à 15 heures sur le thème : « L'approche par la psychanalyse du discours du capitaliste »

Sous le patronage du mensuel TERRE CORSE

Bastia 9 juillet 2011

Conférence : « approche par la psychanalyse du discours du capitaliste »


CAPITALISME ET SYMPTÔMES

Le capitalisme, est un système économique politique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d'échange. Il se caractérise par la recherche du profit, l'initiative individuelle, la concurrence entre les entreprises. Pour Adam Smith, «  le père de l’économie politique », le capital provient de l’épargne et donc du revenu des particuliers, selon lui la recherche pour les hommes de leur intérêt personnel mène à la réalisation de l’intérêt général, il prône la liberté dans son livre de référence La Richesse des nations en 1767. Avec sa théorie de « la main invisible » du marché, il a fait valoir que la stimulation des égoïsmes sert le progrès et l’intérêt général. Cette théorie se heurte à un défaut déjà pointé par David Hume en 1741 « ... cette avidité, d’acquérir des biens et des possessions pour nous-mêmes et pour nos amis les plus intimes est insatiable, perpétuelle, universelle et directement destructrice de la société1. » Selon la théorie marxiste, le capitalisme est régi par la recherche de la plus-value grâce à l'exploitation des travailleurs par ceux qui possèdent les moyens de production et d'échange. De nos jours le grand capital est plus financier qu’industriel, notre époque est celle de l’ultracapitalisme.

« Comment ne pas comprendre, après plus de deux siècles, que la simplification industrielle est aussi une violence non sanctionnée, la grande illusion contemporaine, c'est finalement cette industrialisation de l'oubli de l’altérité2. » répond le philosophe urbaniste Paul Virilio, à l'occasion d'une interview. Pour se rendre compte de ce qu’il advient en l’absence de confiance, il suffit de se pencher sur l’histoire contemporaine du monde en développement. S’il n’existe pas un capital civique, la « privatisation » tourne à l’abus de confiance.

.../...

La totalité du document en ANNEXE

 

Dominique BUCCHINI recoit les Elus de l'ANECR à laCTC

Lundi 16 mai 18h-CTC

Mr le Sénateur, Mme la députée européenne, Mesdames , Messieurs les Elus, Chers amis, Chers Camarades,

J’ai le plaisir de vous accueillir dans ces salons de la Collectivité territoriale de Corse. C’est un honneur que de vous recevoir pour ma seconde année de Présidence de l’Assemblée. Nous devons à l’ANECR (l’Association des élus communistes et républicains) et au CIDEFE qui est en quelque sorte son émanation, son centre de formation, de nous retrouver aujourd’hui ici. Le CIDEFE a donc décidé de se décentraliser cette année en Corse pour une journée de formation consacrée, demain, aux conséquences des politiques européennes sur les territoires.

C’est une première en Corse et je suis heureux que vous ayez choisi justement notre île pour parler de ce sujet. Soyez donc les bienvenus. Je vous suggère même de renouveler cette initiative le plus souvent possible. photos__formation_cidef_002DIM.jpg La Corse est bien entendu accueillante à tous ceux qui ne la jugent pas de façon péremptoire ; ou à ceux qui ne la condamnent pas dans l’arbitraire ou au détour d’une phrase aussi inutile et intempestive que violente; ou au moins à tous ceux qui essaient d’en comprendre la situation économique et sociale.

Je ne voudrais pas faire un tableau trop sombre de la Corse, mais je crois devoir vous dire un certain nombre de vérités concernant notre région. Vérités économiques en grande partie qui peuvent, par bien des aspects, expliquer la situation de notre île:

Pour beaucoup d’indicateurs économiques nationaux, la Corse se situe en dernière position :

  • D’après les statistiques de l’INSEE, en un an, le chômage a progressé plus vite en Corse que dans le reste du pays (6,5% en Corse contre 3,8% au niveau national).
  • Pour les salaires du privé, la Corse arrive en avant dernière position, derrière la région Poitou-Charentes. Les écarts de salaires annuels moyens dans le secteur privé sont importants : en Corse, ce salaire moyen est de 20370 Euros alors qu’il est de 23950 sur le territoire national.
  • Le niveau de vie en Corse est plus faible qu’ailleurs : notre région a le plus faible niveau de vie médian : 17400 Euros par an contre 18 990 Euros en France métropolitaine.
  • Pour le taux de pauvreté, les disparités régionales sont encore plus marquées. Nous sommes en dernière position avec 20% de la population, pour une moyenne de 14%.
  • Dans le domaine de la précarité, la Corse est en tête des régions. Pour l’aide sociale aux personnes agées, notre région est en tête des bénéficiaires.

Je pourrais aussi vous dire que la spéculation foncière nous menace. Ce mal endémique des régions semblables à la nôtre, pourrait, si nous n’y prenons pas garde, aboutir, pour nos compatriotes qui vivent et travaillent en Corse, à une véritable dépossession de leur terre. Ce risque ne pourra se résoudre que par la volonté des élus de mettre en place des mécanismes justes et efficaces de régulation permettant aux habitants de l’île de se loger à des conditions supportables. C’est l’objet même des Assises du foncier et du logement qui sont en train de terminer leurs conclusions, grâce à notre amie, Maria Guidicelli.

Je veux enfin, dire quelques mots, sur les attaques ou intimidations dont certains élus font l’objet. Inutile de revenir sur des évènements tragiques qui ont endeuillé la Corse ces dernières semaines, mais les élus, dans leur très grande majorité, sont des élus au service de leurs compatriotes et dont le désintéressement et l’abnégation sont remarquables. Ils ne doivent pas être, eux ou leurs familles en permanence la cible de ceux qui veulent défendre des intérêts privés au détriment de la collectivité. Ce n’est plus supportable.

Je vous ai donné, rapidement, un aperçu de la situation économique, sociale et politique corse, et c’est pour cela que je tiens à dire que nous n’avons pas les moyens de vivre en autarcie.

Nous avons donc besoin de débats comme ceux de demain, qui nourriront bien entendu notre réflexion sur le développement et le devenir de la Corse. Sans ces nécessaires échanges, nous n’arriverons pas à reconstruire cette société corse apaisée et surtout plus juste que j’appelle de mes voeux. Ainsi, il y a beaucoup de sujets sur lesquels nous pourrions échanger.

Vous avez eu l’idée de consacrer la formation qui se déroulera de demain, à la politique européenne et à ses effets sur les régions. Nous avons beaucoup de choses à entendre sur cette question et pas mal de choses à dire sur ces questions qui nous touchent directement. - Mais nous pourrions un autre jour aussi parler de la crise démocratique qui touche notre pays ;

-nous pourrions aussi parler de la réforme des collectivités territoriales qui refuse délibérément de leur donner des moyens décents pour mener leurs missions et qui accentue l’inégalité entre les territoires ;

-nous pourrions aborder la question fondamentale des services publics qui se délitent, des emplois publics qui sont supprimés sans soucis des besoins et de la fonction publique qui se dévalorise ;

Vous le voyez, les sujets d’intérêt ne manquent pas. Et en cette année pré-électorale, nous avons beaucoup de raisons de dialoguer et de mener des débats en ayant comme perspective permanente de défendre nos concitoyens contre l’injustice ou l’arbitraire de politiques libérales qui étouffent la liberté citoyenne ou annihilent la démocratie locale. Nous sommes ici pour développer nos arguments, nos idées et nos politiques que je n’hésite pas à qualifier de progressistes et d’émancipatrices.

Je vous remercie.

 

LOGEMENT: Les Ateliers de la Fédération Corse du Sud

DOIT_FAIRE.bmp La fédération de Corse du sud du parti communiste français a travaillé sur les dossiers du logement et de la précarité. Des groupes de travail ont été constitués au sein de la section d'Ajaccio; ils ont produit les documents en pièces jointes qui seront des contributions à l'élaboration du programme populaire et partagé comme aux assises du foncier et du logement. Il est utile me semble-t-il d'en débattre, de les enrichir et de les faire partager.



Maxime Nordee



LE LOGEMENT :UN DROIT FONDAMENTAL

L’ONU considère le logement comme un des droits fondamentaux, mais ce droit de la République pour tous est traité par les politiques libérales comme une vulgaire marchandise, livrée au privé, soumis à la loi du marché

  • En Europe, la France avec 72 logements sociaux pour mille habitants arrive dernière le Royaume-Uni (86), le Danemark (102), la Suède (111) et les Pays-Bas (148).
  • La crise économique frappe les couches populaires et les familles les plus pauvres, le budget logement engouffre de 25 % à 50 % des ressources familiales. Le chômage en hausse, l’augmentation brutale du prix de l’électricité et du gaz accroissent les difficultés pour payer le loyer.

UNE CRISE PROFONDE DU LOGEMENT :

Notre pays connaît une crise profonde du logement : 1,4 millions de demandeurs de logements. La Fondation Abbé-Pierre rapporte que pas moins de 3,5 millions de personnes sont actuellement mal logées en France, dont près de 600 000 enfants qualifiés de victimes collatérales par l’association. A ces chiffres, il convient d’ajouter 1,5 millions de personnes en situation d’impayés et 6,7 millions en situation de réelle fragilité.

Le gouvernement, au lieu de répondre à cette situation, a décidé d’une forte baisse des aides de l’Etat pour la construction de logements sociaux. La loi de finances pour 2011 marque un recul de 2,6 % pour l’enveloppe ville logement. Pourtant jamais les familles n’ont consacré d’efforts financiers aussi importants pour se loger et, à l’opposé, l’effort financier de l’Etat n’a jamais été aussi réduit. La politique gouvernementale favorise la spéculation immobilière. Les logements du parc HLM sont ainsi vendus, au nom de l’opération médiatique du tous propriétaires. A un pouvoir d’achat déjà fortement amputé par l’inflation et l’augmentation des denrées alimentaires, se greffent des hausses de loyers sociaux bien au-dessus de l’inflation. S’y ajoutent, en plus de l’envol des tarifs de l’énergie (gaz, électricité, fioul) la participation mensuelle des locataires aux travaux d’économie d’énergie, l’augmentation des impôts locaux et les charges de gardiennage. La droite parlementaire veut faire payer aux organismes d’HLM - et donc à leurs locataires - les 340 Millions d’euros par an nécessaires pour pallier le désengagement de l’Etat en matière de rénovation urbaine. Ce serait un véritable hold-up qui augmenterait de 70 millions la cotisation des organismes HLM à la caisse de garantie du logement locatif social. Moins de moyens cela signifie moins de travaux, moins d’entretien dans les immeubles, et, dès lors, une dégradation de la qualité de vie des habitants des cités et du pouvoir d’achat des couches populaires qui voient leur loyer grimper sans que les travaux suivent alors que les bailleurs invoquent ce prétexte pour justifier les hausses.

Le gouvernement, tout en ponctionnant donc le logement social de 340 millions d’euros de recette dans le budget 2011, soit environ le prix de 20 000 logements, tente une opération poudre aux yeux à travers quelques décisions démagogiques. Le plafonnement de l’augmentation des loyers ne sert de fait qu’à limiter la progression des hausses, non à l’endiguer. Et la forte baisse des moyens financiers des offices HLM ne leur permettra pas de construire des immeubles et de réhabiliter leur parc de logements. Ces mesures touchent une fois encore, les foyers les plus modestes.

Nicolas Sarkozy a servi aux Français le slogan d’une France de propriétaires mais comment favoriser l’accès à la propriété des couches moyennes et populaires quand la masse des aides est dirigée ver le secteur privé et que rien n’est fait pour juguler la flambée de l’immobilier. Les choses ne semblent pas devoir s’améliorer au regard des décisions prises par le gouvernement dans le cadre du pacte de stabilité européen renforcé, visant à ramener le déficit des comptes publics de 7,7 % du PIB à 3% en 2013 et traduit par la Révision Générale des Politiques Publiques. Les dotations au logement se verront ainsi amputées de 1,45 %..



En CORSE

La gauche vainqueur des élections régionales en 2010 s’est engagée à organiser des assises sur le logement et le foncier. L’Assemblée régionale avait d’ailleurs voté à l’unanimité une motion en ce sens en mai dernier. Il faut en effet savoir que 80 % de la population en Corse est en droit de demander un logement social au vu de ses revenus. Avec une offre très insuffisante de seulement 22 000 logements sociaux sur notre île, le logement et la précarité ont été le thème central des élections territoriales. Ces assises sur le logement et le foncier ont donc été lancés en septembre dernier à Ajaccio, prélude à un vaste chantier de l’Assemblée de Corse et de l’exécutif régional pour lutter contre la spéculation, mais aussi définir une stratégie politique dans ce secteur en crise aiguë.



La Corse vit une situation décidément particulière où le nombre de résidences secondaires représentent 35 % de l’habitat global contre seulement 10 % en moyenne dans le reste de la France. Dans certaines zones côtières la proportion des résidences secondaires est même souvent supérieure à 60 %. Le logement social devient donc plus que jamais une urgence. En effet, seulement 10 % du parc du logement le représente (alors que les besoins en logements sociaux s’élèvent à 8000) contre 17% au plan national. Il est aussi utile de préciser qu’il n’y a aucun logement social dans 85% des communes de l’île.



Si en 2008, la Collectivité territoriale a participé au financement de 672 logements sociaux dont 355 constructions neuves et 377 réhabilitations, depuis, le désengagement de l’Etat n’a pas permis de réaliser les objectifs (320 logements sociaux au lieu des 600 prévues par le ministère). S’il est demandé à l’Etat d’engager une véritable politique nationale du logement et de la cohésion sociale pour résorber la précarité, il est inacceptable de constater que pour l’année 2008 2,5 millions d’euros sur les 7,5 alloués par l’Etat à la région corse n’ont pas été utilisés et de ce fait lui ont été restitués.

Les politiques nationales influent évidemment sur la politique régionale du logement ; la bataille contre les choix gouvernementaux est donc nécessaire. Notre littoral attire aussi les convoitises et la spéculation, au mépris de l’intérêt général et du respect de notre environnement ; maîtriser le foncier et développer le logement social sont des enjeux importants. Les communistes réclament une régulation par des politiques publiques pour faire baisser le coût du foncier et de la construction.




La réponse aux besoins sociaux est le moteur d’une société juste et moderne. Les communistes initient et soutiennent les initiatives qui luttent contre l’ultralibéralisme et résistent au capitalisme.

LES COMMUNISTES PROPOSENT :

Les communistes exigent le retrait du projet gouvernemental privant les organismes HLM de 340 millions d’Euros et le gel des loyers. Ils soutiennent les associations qui revendiquent une revalorisation des APL, de l’ordre de 20%, alors que la diminution prévisible de 10% des APL pendant 3 ans va aggraver considérablement les conditions de vie des locataires les plus modestes et plonger un nombre important d’entre eux dans les plus grandes difficultés.

Les communistes demandent avec l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains

  • Un gel des loyers et des charges dans les secteurs privés et publics.

  • Une revalorisation de 25% des APL, et son versement intégral à tous les assujettis y compris pour un montant inférieur à 15 euros.

  • L’abrogation des expulsions locatives.

  • L’abrogation de la loi Boutin.

  • La création d’un service public national du logement de l’habitat et de la ville avec un pôle public bancaire et financier, appuyé sur la Caisse des dépôts et consignation pour financer le logement social et l’affectation aux politiques du logement d’un budget égal à 2% du PIB.

Les contributions de chacun peuvent parvenir à "U Rossu" qui les transmettra à la direction fédérale ou directement à Fédération Corse du Sud PCF 2A Impasse Bertin 20000 AJACCIO

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