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Un geste nécessaire : Marie –Jeanne Nicoli retrouve son poste

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« Errare humanum est, perseverare diabolicum »

Après plus d’un mois d’échanges et de pétitions dans la presse et dans les réseaux sociaux, d’explications embarrassées et d’alibis administratifs et financiers… le bon sens l’a enfin emporté : Marie-Jeanne Nicoli est rétablie dans ses fonctions de Directrice de la Culture et du patrimoine de la Ville d’Ajaccio ! Cette décision, intervenant après la mobilisation, publique ou discrète, de beaucoup d’acteurs culturels, de syndicats, d’élus, de responsables de l’Etat ou de simples citoyens, répondait à une attente collective.

On pouvait deviner, après la réponse de Laurent Marcangeli à Paul Antoine Luciani à la fin de la séance du conseil municipal du lundi 6 juillet, que la décision finale serait favorable, même si le Maire en réservait l’annonce à l’intéressée elle-même qui devait être reçue le mercredi 8 juillet par son Directeur de cabinet. Cette décision, très attendue, apparaît comme la réparation d’une humiliation totalement injustifiable et comme un retour à la normale dans les services culturels de la cité impériale. Laurent Marcangeli n’aura pas écouté, en définitive, les sirènes qui prêchaient l’entêtement dans l’erreur, et sa décision sera ressentie comme un geste d’apaisement. Un geste nécessaire.



Ajaccio le 8 juillet 2015



Jean Marc Ciabrini, Paul Antoine Luciani, Santa Simonpietri,



conseillers municipaux

Voir la Chronologie de "l'affaire" en ANNEXE

 

Ghjilormu Padovani (Corse Matin) - Entretien avec Paul Antoine Luciani

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1. Vous n'êtes plus premier adjoint au maire depuis plus d'un an. Votre regard sur votre rôle dans l'opposition ?

Avant de devenir premier adjoint au maire en 2001 (et de le rester durant 13 ans), j'ai été 17 ans opposant, de 1983 à 2000. J'ai eu le temps de prendre toute la mesure de ces rôles symétriques. La particularité, peu commune, de ma situation d'opposant aujourd'hui, c'est justement cette double expérience. Elle me donne un atout et m'affecte d'un handicap. L'atout, c'est ma mémoire des deux périodes précédentes ; le handicap, c'est le regard soupçonneux de la nouvelle direction municipale. Elle rêve de rupture avec la gestion antérieure, mais elle redoute (sans l'avouer) sa propre inexpérience. Elle a, par conséquent, beaucoup de mal à reconnaître clairement la nécessité de continuer les grands projets que nous avons lancés : lors de la dernière séance du conseil municipal, notre politique d'investissement public qui reste, à l'évidence, d'intérêt général, a été définie par l'actuel premier adjoint comme un simple "affichage" c'est à dire, en clair, comme une tromperie !

2. Simon Renucci a recueilli plus de 12 000 voix en 2014 avant de perdre de plus de 4 000 voix un an plus tard. Selon vous, qu'ont sanctionné les Ajacciens ?

Le bilan ou la bataille de Simon Renucci pour faire reconnaître la fraude ? La cause principale de nos échecs en 2014 et en 2015, ne réside ni dans l'insuffisance de notre bilan ni dans la bataille contre la fraude. Ces deux aspects ont reçu une validation, soit par le suffrage universel, soit par la justice administrative. La cause structurelle de nos échecs est à rechercher dans la division de nos forces et dans l'ambiguïté de nos alliances de second tour.

3. L'ancien maire n'a pas ménagé ses efforts sur le plan juridique, parvenant même à faire annuler la première élection. Une enquête au pénal est d'ailleurs toujours en cours. Pourquoi n'en a-t-il pas profité pour être réélu ? N'avez-vous pas le sentiment de vous être trompé de combat ?

Comment une enquête inaboutie peut-elle avoir une influence quelconque sur le comportement de l'électorat ? Et même si la procédure pénale avait conduit à mettre en cause nos adversaires, rien ne dit que leurs électeurs se seraient détournés d'eux et qu'ils auraient voté pour nous ! Pour ce qui me concerne, je n'ai jamais compté que sur nos capacités à convaincre les Ajacciens de choisir par eux-mêmes notre projet urbain

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Les petits calculs de François Hollande

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Bien sûr, il n’y aura pas d’excuses publiques ! Car, si la stigmatisation et l’amalgame sont bien réels, il n’y a pas eu de dérapage ! Le président de la République savait parfaitement ce qu’il faisait quand il évoquait « les tracts du parti communiste des années soixante-dix » dont s’inspirerait la propagande actuelle de Marine Le Pen. Il a même pris soin de préciser que le parti communiste ne proposait pas, à l’époque, les mêmes solutions que le Front National aujourd’hui. Mais c’était justement une façon de pointer, par différence, ce qui, selon lui, rapprocherait les positions anciennes des communistes et la thématique FN d’aujourd’hui.

Pourquoi un tel rapprochement entre les défenseurs de Pétain et un parti auquel ses sacrifices dans la lutte contre le nazisme et le fascisme avaient valu le titre glorieux de « parti des fusillés » ? Pourquoi cette comparaison insultante présentée comme une analyse « objective » ?

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Le socialiste François Hollande sait parfaitement que la période qu’il évoque est celle de l’union de la gauche, celle du programme commun (été 1972), celle des grandes avancées démocratiques qui ont conduit, malgré de profondes contradictions, à de grands succès électoraux (municipales de 1977, notamment...).

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Ville d’Ajaccio : Débat d’orientations budgétaires (DOB 2015)

"Conseil Municipal d'Ajaccio : L'austérité imposée aux collectivités locales devient un moyen d'accuser la gestion précédente ! Paul Antoine Luciani, désormais seul élu communiste au conseil municipal, défend le bilan positif des deux mandats de la gauche"

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Vous l’avez dit à diverses reprises, le budget 2015 sera VOTRE BUDGET ; puisqu’il aura été élaboré sous votre seule responsabilité. Ces orientations sont donc celles qui vont inspirer, soutenir, justifier le premier budget de votre mandature, un budget dont vous devrez assumer, seuls, les choix et les effets. Cet axiome posé, il faut immédiatement préciser deux principes qui lui sont étroitement liés, voire consubstantiels :

1) Les budgets des collectivités locales ne peuvent s’analyser valablement sur un seul exercice ; ils doivent s’évaluer sur une période pluriannuelle. Les photos ponctuelles, les instantanés, ne rendent pas compte des réalisations d’un exercice financier, lesquelles exigent la plupart du temps deux ou trois ans (voire beaucoup plus) pour aboutir. Un examen annuel est indispensable, mais il ne suffit pas. Ce principe vaut pour votre mandature, comme pour la nôtre.

2) L’approche strictement comptable de la gestion municipale, si elle est nécessaire, ne rend pas toujours compte de la réalité du service rendu aux administrés. Si le débat budgétaire devait se cantonner à une analyse financière déconnectée des projets concrets que la commune a mis en œuvre ou envisage de réaliser, ce débat resterait théorique et finalement éloigné de la vie et des attentes de la population. Autrement dit, le Document d’Orientations Budgétaires doit non seulement présenter les options politiques de la Direction municipale pour l’exercice à venir, mais aussi les éléments constitutifs des projets déjà engagés et dont la poursuite est nécessaire, la priorité accordée à des projets nouveaux et l’ensemble des moyens financiers à réunir pour les rendre possibles. Nous allons donc examiner, à partir de l’analyse que l’on peut en faire, si le DOB 2015 correspond bien à son objet et si les pistes d’action qu’il propose sont susceptibles de répondre, dans les conditions d’aujourd’hui, aux attentes et aux besoins des Ajacciens. Une brève remarque liminaire à propos de la discussion de ce matin, en commission des finances : le document, que vous soumettez à l’examen de l’assemblée délibérante (sans vote, comme il est normal), n’est pas un simple document « informationnel » pour reprendre l’expression du premier adjoint. C’est un document d’orientation où vous ne vous contentez pas d’exposer des considérations comptables dépouillées de tout jugement de valeur. C’est même tout le contraire. Vous prenez position, vous donnez le ton du débat et c’est d’ailleurs la règle du jeu : il serait donc parfaitement vain (comme cela a été tenté ce matin en commission) de présenter un dossier instruit à charge pour servir de socle à une accusation frontale contre vos prédécesseurs, comme une sorte de constat objectif, une image neutre en quelque sorte… -Tout le document repose, en effet, sur une seule idée : la situation financière de la ville est critique, deux audits le démontrent (l’un d’eux a été commandé mais non respecté par les prédécesseurs). Heureusement, une nouvelle majorité est arrivée qui va pouvoir « redresser » la situation et redonner à la capitale régionale le lustre et le rayonnement qu’elle avait perdus depuis plus d’une décennie. Des mesures énergiques et douloureuses s’imposent. Car les causes de l’impasse financière sont connues : elles sont d’ordre externe (l’austérité et la cure d’amaigrissement imposée aux dotations d’Etat, la crise financière et la pression bancaire) et, surtout, d’ordre interne : la gestion irresponsable des prédécesseurs. Cette posture et ce vocabulaire « déclinistes » oublient délibérément une part essentielle de la réalité. D’abord, nul n’a ignoré les difficultés structurelles du budget municipal : je les déplorais quand j’étais opposant, je n’ai cessé de les rappeler quand j’étais premier adjoint (je l’ai même écrit et publié en 2013, quand j’ai exposé l’ampleur des investissements réalisés en douze ans, bien que, je me cite, « la structure du budget communal n’ait pas fondamentalement changé en 20 ans », p. 69 de mon petit livre). Les recettes fiscales provenant du tissu économique (c’est-à-dire plus de 40 % des recettes fiscales des collectivités) resteront longtemps ce qu’elles sont tant que nous ne serons pas capables d’attirer sur le territoire urbain et communautaire un contingent significatif d’entreprises moyennes (au chiffre d’affaires dépassant 5 millions d’euros), dont la contribution fiscale donnera plus d’oxygène à nos finances. -Mais, tout en ayant pleinement conscience de ces réalités durables, nous avons pris le parti d’investir pour l’avenir. Et nous avons équipé la capitale régionale. Pourquoi ne pas rappeler, dans un document d’orientations budgétaires, qu’Ajaccio dispose d’équipements scolaires, sportifs et culturels de qualité, qu’elle a fait un bond qualitatif exceptionnel dans l’accueil de la petite enfance et la politique scolaire, qu’elle a ouvert de grands chantiers d’équipements structurants, que l’ensemble a représenté, de 2006 à 2012, une moyenne annuelle de 20 millions 911 000 euros, et 209 millions 231 218 d’euros de 2001 à 2012 ! Durant cette période, la ville, loin de s’appauvrir a, au contraire, enrichi comme jamais son patrimoine ! Et elle a engagé une grande politique de rattrapage en matière d’infrastructures hydrauliques, nous en avons un exemple parlant avec le chantier en cours. Je souhaiterais être bien compris : nul ne demandera à une équipe nouvelle, élue contre la précédente, de se mettre spontanément à saluer les mérites de ses prédécesseurs ! Mais on peut attendre d’elle, s’agissant d’investissements, d’intégrer, clairement et précisément, dans les orientations budgétaires de l’exercice à venir, non seulement les chantiers en cours avec le détail de leur coût et de leur montage financier, mais aussi les motivations de leur poursuite comme répondant à l’intérêt général et non comme obéissant uniquement à des contraintes…car, et c’est là un point qui a été évoqué en commission, il serait plus convaincant de faire état d’orientations positives pour faire avancer Ajaccio que de n’avoir à la bouche, ou sous la plume, que les contraintes, les impasses, les catastrophes ! On peut et on doit, naturellement, détailler les difficultés à surmonter. On doit aussi donner de l’espoir en proposant des pistes d’avenir. Faire sa fortune politique sur un discours annonçant le déclin général n’a jamais rien produit de bon, j’espère que vous partagerez ce point de vue raisonnable. Et pas simplement en proclamant, comme vous le faites dans ce document, que vous ne vous résignez pas ! Je constate que vous n’évoquez pas, ne serait-ce qu’à titre indicatif sommaire, le montant des indemnités à verser à la société G-Park pour la dénonciation unilatérale de la convention de DSP. Je sais bien que des négociations sont en cours ; mais il ne serait inutile de prévoir une montée en charge importante des dépenses de fonctionnement ; c’est un poste à surveiller particulièrement. Quant aux pistes que vous tracez sommairement pour sortir de l’impasse, pour reprendre votre expression (qui est aussi, il est vrai, celle du cabinet Klopfer), elles sont plutôt modestes. La mesure fiscale (page 23, qui paraît nouvelle mais qui ne l’est pas vraiment, c’est celle de l’augmentation du taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties : vous vous proposez de la faire progresser de 17,02 % à 18,4%, en compensant cette hausse par une baisse identique de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Je vous informe que cette mesure « indolore » pour les contribuables avait été proposée, naguère, par Charly Cervetti ; mais la CAPA l’avait refusée, car elle entraînait une perte de recettes pour elle. J’imagine que Jean Jacques Ferrara sera plus convaincant. Je propose, quant à moi, de faire passer cette augmentation de 18, 4 % à 19 % ; au lieu du million attendu, la ville pourrait en recevoir 3 ou 400 000 € de plus. Et comme c’est une recette dynamique, elle aura des effets positifs renouvelés. Je tiens à rappeler, également, s’agissant cette fois de crédits d’investissement, l’engagement du Conseil général, annoncé ici, le 5 septembre dernier, par le maire lui-même. L’assemblée départementale s’était engagée (sous une forme qui n’a pas été précisée) à signer une charte quinquennale accordant à la ville une dotation annuelle de 5 millions d’euros, pour des travaux d’investissement, de voirie notamment. Ce qui représenterait un apport de 25 millions d’euros sur la période ! Un tel engagement, très intéressant naturellement, peut-il être confirmé ? Vous n’en dites rien… Enfin s’agissant de la question cruciale de la trésorerie, c’est-à-dire de la capacité à régler dans les délais les fournisseurs de la commune, il paraît indispensable de prendre langue avec les financeurs de la commune pour accélérer les procédures de versement des subventions votées. Vous évoquez indirectement ce problème, page 18, du document d’orientations budgétaires. Il reste encore des restes à réaliser en matière de recettes d’investissement. Sur un plan général, et sans oublier que le débat budgétaire va se poursuivre et s’approfondir, je voudrais affirmer, à l’inverse de la tonalité sombre, voire sinistre, que vous avez donné aux perspectives d’avenir de la capitale régionale, je voudrais affirmer que la voie du progrès est dans l’action citoyenne pour faire reculer l’austérité et non l’accompagner ; l’avenir d’Ajaccio est dans l’action collective pour développer la Corse. Cette action continuera.

 

Elections municipales Ajaccio, 25 janvier et 1er février 2015

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Paul Antoine Luciani, au nom du PCF-FdG sur la liste « Unis pour Ajaccio, Uniti pà l’avvene »

Mesdames Messieurs, Chers amis, Chers camarades,

Bona sera a tutti !

Semu à a strinta di u saccu !

Cette expression familière, puisée dans notre vieux fonds culturel prend tout son sens aujourd’hui. Nous sommes en effet parvenus au moment qui précède l’accomplissement de la tâche : u saccu hè pienu, il n’est plus temps d’ergoter sur sa taille ou de tergiverser sur le prix, il faut conclure, c’est le moment !

Eh bien ! Dimanche prochain, nous allons conclure un parcours semé d’embuches et de malentendus, mais un parcours nécessaire. Car c’est de l’avenir d’Ajaccio qu’il s’agit ! Un avenir qui dépasse nos ambitions personnelles, mais qui dépend de nos engagements respectifs.

L’avenir d’Ajaccio, s’il devait être incarné par l’équipe qui a dirigé la cité durant sept mois, cet avenir serait bien sombre…

L’UMP et ses comparses demandent à être jugés sur six ans et non sur les 209 jours de leur mandat, interrompu (rappelons-le) par une décision de justice. Ils soutiennent qu’ils n’ont pas eu le temps de faire leurs preuves. Ils prétendent qu’ils seraient les seuls à pouvoir remettre en marche une ville désormais immobile. C’est vrai, il est difficile de juger sur 7 mois une municipalité élue pour six ans. Mais on peut et on doit évaluer les décisions prises durant cette période et il faut en rendre compte !

On constate que ces sept petits mois ont eu de grands effets, et ont même entraîné une grande catastrophe financière et urbaine. Et je n’évoquerai pas ici l’explosion des frais de personnel qui vont aggraver et compromettre pour longtemps les dépenses de fonctionnement de la commune.

Je veux évoquer un point particulier, un peu technique certes, mais un point capital qui n’a pas été suffisamment mis en lumière dans les débats autour du parking : je veux parler des conséquences prévisibles de la rupture du contrat de délégation de service public. Ce document de 55 pages, signé le 6 décembre 2011, a tout prévu, y compris le cas (que nul n’envisageait, naturellement) où « la cessation anticipée du contrat qui ne serait du fait du délégataire », c’est-à-dire le cas où la décision de résiliation serait le fait unilatéral de la seule autorité municipale, et où elle aurait logiquement à supporter les conséquences de son choix. Si une négociation amiable s’avérait impossible, un contentieux judiciaire s’ensuivrait qui imposerait très certainement les clauses prévues à l’article 56 de la convention, un article qui n’a jamais été évoqué ni par le gestionnaire Sbraggia ni par l’avocat Marcangeli. Cet article 56 impose à la commune :

1-« de verser au délégataire une somme correspondant à la valeur non encore amortie, à la date de la cessation, des équipements et installations de la concession »

2-« d’indemniser le Délégataire du manque à gagner résultant de la cessation anticipée du contrat, calculé sur la base des comptes annexés actualisés… »

3-« de prendre également en charge les indemnités que le Délégataire pourrait être amené à verser, du fait de la cessation anticipée, aux établissements financiers (ndlr,pour les emprunts souscrits…) et aux fournisseurs titulaires de contrats de longue durée… »

Ces conditions, classiques dans ce genre de contrats, mettent à la charge de l’autorité qui dénonce unilatéralement une convention, fût-ce « pour motif d’intérêt général » qu’il faut d’ailleurs justifier, la totalité des conséquences financières de la rupture. Mais ces trois points étaient parfaitement connus du gestionnaire et de l’avocat qui ont fait avaliser leur décision par le conseil municipal du 5 septembre dernier. Ils ont donc mis délibérément en grande difficulté la capitale de la Corse pour des motifs qui, à l’évidence n’étaient pas d’intérêt général. Si nous sommes élus dimanche prochain, nous aurons, nous aussi, de grandes difficultés pour rattraper une situation aussi compromise. Mais à l’évidence, si l’on négocie pour rouvrir le chantier, nous serons en meilleure position que ceux qui l’ont fermé ! S’il n’y avait qu’une seule raison à invoquer pour voter dimanche prochain en faveur de notre liste, ce serait celle-ci : sanctionner la fine équipe qui a infligé une triple peine aux Ajacciens et au centre historique d’Ajaccio ! Pas de parking, plus de dettes, et moins d’activités commerciales !

Le plus triste dans cette affaire, c’est que l’inspirateur de cette décision lamentable est le même qui couvrait naguère les parebrise des voitures du centre ancien avec des papillons de propagande en faveur de ce parking, proclamant « no parking, no business » ! Il se flatte aujourd’hui d’avoir empêché la construction du même parking qu’il demandait à grands cris…

Nous avons, tous ensemble, une grande responsabilité : arrêter le bras des naufrageurs ! Il faut se rassembler largement et proposer une autre politique pour Ajaccio, un autre pacte municipal qui permettra de réparer les dégâts, et de poursuivre et développer l’œuvre entreprise avant leur arrivée aux commandes ! Il suffit de regarder le grand chantier des exutoires qui vont protéger les quartiers des Cannes et des Salines pour mesurer l’écart, l’abîme qui sépare les deux approches des grands équipements qu’il faut à la ville, et les deux visions de l’intérêt général. C’est la conception de l’intérêt général qui anime notre équipe qui nous a conduits à élargir notre rassemblement et à proposer à toutes les listes opposées à l’UMP et à ses comparses, de nous rejoindre autour d’un pacte municipal novateur.

Nous constatons pour le regretter que ce large rassemblement ne s’est réalisé ni avec l’autre liste de gauche ni avec l’autre liste nationaliste… Dans un document communiqué à Simon Renucci qui s’était chargé, avec son binôme Maria, des contacts avec les autres listes, les communistes et le Front de gauche avaient proposé les éléments d’un pacte municipal permettant à tous ceux qui, d’abord à gauche, mais aussi aux nationalistes de se retrouver et se rassembler, sans gommer leurs différences et leurs divergences, face à l’UMP et à ses comparses. Seule la liste Aiacciu Cità corsa a accepté ces propositions. Et la fusion des deux listes s’est réalisée sur la base d’un compromis municipal qui n’a conduit aucun des partenaires à renoncer, par ailleurs, à ses options propres. Et, surtout, nous n’avons pas renoncé à convaincre les électeurs de gauche et les autres à nous rejoindre, eux qui veulent pour leur ville un autre avenir que celui dont ils ont eu un avant-goût durant sept mois !

Car l’objectif est bien là : une autre politique pour Ajaccio, et non l’abandon des principes et des valeurs dont se réclament les différentes composantes de notre coalition. Précisons encore un peu plus les choses pour nos amis et nos camarades, et pour les Ajacciens en général : Corsica libera n’a jamais dit qu’elle renonçait à la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse ou au statut de résident. Les communistes, et le Front de gauche, se revendiqueront toujours de leur place dans l’histoire glorieuse de la Corse, et de ses luttes sociales au sein de la Nation française. Ils revendiqueront toujours une sixième République où tous les territoires auront une place correspondant à leurs aspirations, à leurs besoins et à leur culture. Réaffirmer ces évidences me paraît utile pour la clarté des choix et, surtout pour mobiliser largement autour de notre liste. Nous avons réalisé une alliance municipale inédite en Corse. Elle n’annonce rien d’autre qu’une volonté de dresser un barrage citoyen face à la mainmise de l’UMP sur les affaires communales. Elle n’anticipe en rien sur d’autres échéances ; et elle n’a rien à voir avec la martingale bastiaise ! Nous proposons une autre vision de l’intérêt général, une vision que nous voulons illustrer par de grandes orientations centrées sur les compétences communales : gestion démocratique et sociale des affaires de la cité ; transparence dans les débats et les décisions ; poursuite d’une politique d’investissement ambitieuse et raisonnée ; priorité à une politique volontariste en matière de logement en partenariat avec la CAPA et la CTC ; priorité à la petite enfance, à l’école, au sport, à la jeunesse, à la lutte contre la précarité : politique culturelle diversifiée associant la diffusion, la médiation et la création, valorisant le patrimoine ajaccien, la langue et l’identité corses ; politique d’aménagement de l’espace respectueuse de l’environnement, favorisant la densification et évitant l’émiett(ement urbain… Il est regrettable que sur cette base, une seule liste ait accepté de nous rejoindre. Quels que soient les motifs ou les prétextes. On retiendra, néanmoins, même si c’est d’abord une affaire qui les concerne, que tout le mouvement autonomiste s’est déplacé en masse à Ajaccio pour donner, sous la statue de l’empereur une consigne de division à ses représentants ajacciens…

Je voulais pour conclure, en appeler à tous les Ajacciens, sans distinction, aux électeurs de gauche naturellement, mais aussi à tous les autres, y compris à ceux qui se sont laissés séduire par la fausse Tata Angèle. Je voudrais les inciter à bien réfléchir avant de glisser leur bulletin dans l’urne. U saccu hè piènu. L’avenir d’Ajaccio est une affaire sérieuse. Il faut choisir ! Soit la régression assurée avec l’UMP et ses comparses ; soit la renaissance et le progrès avec notre équipe, une équipe ouverte et rassemblée autour d’un projet municipal novateur et conquérant. Forti saremu si saremu uniti ! Tutti insemi incu Simone ! Tutti insemi par Aiacciu !



Paul Antoine Luciani Meeting du second tour mercredi 28 janvier 2015 Palais des congrès
 

Jardins de l’Empereur : Une grossière provocation

AJA__2_.jpg Les communistes condamnent sans réserve la destruction par le feu d’un drapeau français apposé sur le fronton de l’école des Jardins de l’Empereur, et son remplacement par un drapeau marocain. Il s’agit là d’une grossière provocation contre l’école laïque et républicaine, contre les valeurs de la République et contre la Nation elle-même.

Par le passé, hélas, le drapeau français a déjà été brûlé en Corse par d’autres provocateurs ; et, en d’autres circonstances, un acte pareil n’aurait pas eu le retentissement qu’il a aujourd’hui. Mais dans le contexte national et international actuel, ce geste peut prendre une tout autre signification.

Le carnage perpétré dans les locaux de Charlie Hebdo et ses suites, ont suscité une immense émotion collective et un sursaut moral et républicain inédit. Le terrorisme a aussi mis à l’ordre du jour la nécessité impérieuse de défendre, plus et mieux que l’on ne l’a fait ces dernières années, la laïcité comme une valeur essentielle, co-fondatrice de notre pacte républicain.

La provocation des Jardins de l’Empereur déshonore ses auteurs, quels qu’ils soient ; elle peut revêtir le caractère d’une agression contre tout ce qu’il y a de plus précieux dans notre République. Mais elle doit rester ce qu’elle est : un piège grossier où les Ajacciens épris de paix ne tomberont pas. Car elle ne peut avoir qu’un objectif : dresser l’opinion contre la communauté musulmane et aggraver les tensions pour faire grandir l’aspiration à un régime autoritaire.

Les Corses, qui se sont levés en masse, comme tous les démocrates en France et ailleurs, « resteront Charlie » ! Ils déjoueront les provocations des apprentis sorciers, quels qu’ils soient, maintiendront et renforceront les liens entre toutes les communautés, notamment la communauté marocaine, participeront toujours plus nombreux au combat, toujours nécessaire, pour la liberté de la presse, la justice sociale, et les piliers du pacte républicain :

  • Liberté,
  • Egalité,
  • Fraternité,
  • Laïcité.


La section d’Ajaccio du Parti communiste français



Ajaccio le 19 janvier 2015

 

L’absurdité et la malveillance (suite)

Conseil municipal a Ajaccio Paul-Antoine LUCIANI 1er Adjoint

Le 18 décembre, dans un entretien avec Sébastien Pisani, j’ai indiqué les conditions de l’annulation totale du PLU, son origine, ses motivations, ses conséquences. Le 19 décembre, l’ex maire démissionnaire et son ex premier adjoint (« en mode contre-attaque » titre le journal) m’attribuent des propos que je n’ai jamais tenus. Je n’ai jamais écrit que « l’absurdité et la malveillance avaient conduit à ce désastre » ! D’abord, contrairement à beaucoup, je ne parle ni de « désastre » ni de « cataclysme ». J’ai dit que cette annulation totale avait été réclamée par deux propriétaires fonciers qui ne pouvaient rien obtenir de leur recours, que le Tribunal avait pris sa décision en se fondant sur deux motifs de procédure très discutables, et que les conséquences de cette annulation totale étaient disproportionnés eu égard aux raisons qui l’avaient entraînée. Résultat : une situation absurde où personne ne trouvera son compte, ni les propriétaires concernés, ni la Ville, ni les acteurs économiques, ni la Justice elle-même, prisonnière d’un formalisme contreproductif.



J’ai ajouté que cette situation avait entraîné des commentaires malveillants, tels ceux de l’ex maire démissionnaire, qui avait délibérément assimilé un désaccord sur deux points de procédure à une grave infraction aux principes de « concertation citoyenne et de démocratie locale » ! L’absurdité et la malveillance sont donc les conséquences et non la cause de l’annulation. Travestir ainsi les propos d’autrui en inversant les termes de son argumentation relève de la fraude intellectuelle et non du débat démocratique ! Ensuite, nous sommes accusés d’incompétence pour n’avoir pas anticipé sur les deux moyens utilisés par les avocats des deux propriétaires. Mais nous avons contesté la réalité de ces manquements aux règles de procédure. Et nous continuons d’estimer que nos arguments sont bons et qu’ils devraient prospérer en appel. Car la concertation a été réelle et continue, même si la forme administrative de son organisation a été jugée irrégulière, à tort selon nous. Il y a eu suffisamment de publications, de débats publics, de délibérations et de réunions de travail, y compris avec le mouvement associatif, pour affirmer sereinement que l’élaboration du PLU a été concertée et transparente. Quant à l’information des élus, elle a été effective tout au long de l’élaboration du PLU. Même si certains donneurs de leçons se sont employés à boycotter systématiquement les très nombreuses réunions de travail où ils étaient invités… S’agissant des convocations pour le conseil municipal d’approbation, les avocats de la ville ont produit 16 attestations de conseillers municipaux (dont 2 de l’opposition) déclarant, par écrit et sur l’honneur, qu’ils ont bien reçu, avec leur convocation, et en temps utile, le rapport d’information et le projet de délibération qui étaient à l’ordre du jour. Mais ces documents, même s’il y en avait eu autant que de membres du conseil (ce qui était impossible, puisque l’ex maire intérimaire l’avait discrètement interdit à certains élus qui voulaient signer) n’ont pas été considérés comme des preuves ! On se demande, dans ces conditions, comment prouver sa bonne foi…



Exprimer un désaccord est un droit, non une preuve d’incompétence. D’autant que le désaccord porte sur une procédure administrative, alors que le fond est jugé bon par tous ceux qui se sont exprimés. Comme interpréter autrement le nombre et le contenu des interpellations et mises en garde souhaitant la validation juridique du PLU d’Ajaccio ? S’il s’était agi d’un mauvais document d’urbanisme, il n’aurait pas suscité un soutien collectif aussi massif. On remarquera, enfin, que l’ex maire démissionnaire qui avait fini par rejoindre le concert de ceux qui voulaient la validation du PLU, annonce à présent qu’il ne faut pas faire appel de cette décision d’annulation ! Que cherche-t-il ? Il faut se rendre à l’évidence, sa protestation véhémente n’était qu’un trompe l’œil destiné à camoufler l’objectif (bien réel, lui) de discréditer l’œuvre de ses prédécesseurs… Serait-ce trop demander à ceux qui aspirent à assumer des charges publiques de se souvenir que cette mission exclut les règlements de compte, mais qu’elle exige la défense sourcilleuse de l’intérêt général ?



Paul Antoine Luciani Le 19 décembre 2014

 

Un homme d’honneur

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Un nouveau tract, signé François FILONI, a recouvert les pare-brise des voitures en stationnement les 17 et 18 décembre 2014.

Filoni est surtout connu à Ajaccio par les tracts, devenus polychromes au fil du temps, qu’il diffuse avec délectation depuis deux décennies sans pour autant convaincre les Ajacciens. Il n’a qu’une idée en tête : devenir populaire, tantôt en cognant sans états d’âme sur Simon Renucci dont il a été adjoint durant un an et demi (avril-2001-septembre 2002), tantôt en se présentant lui – même comme un expert passionné du patrimoine ajaccien.

Filoni a une popularité telle qu’il n’a jamais réussi, après deux décennies d’agitation et de visites guidées dans différents mouvements, partis et syndicats, à se faire élire sur son seul nom. Mais Filoni se console vite : il se fait de lui-même une opinion si flatteuse que ces 20 ans d’échecs personnels glissent sur lui comme l’eau sur les plumes du canard. Encore que, dans ce cas particulier, la comparaison animale avec le comportement du paon serait sans doute serait plus adaptée à ce cas particulier parlante avec le paon…ici l’image du paon conviendrait sans doute mieux…). de la place qui, depuis vingt ans, ne lui pas encore permis de se faire élire sur son seul nom. Mais il n’en a cure, car il traverse les partis et les syndicats , ne lui a pas permis de se faire élire sur son nomDans un tract dont il recouvre, comme à son habitude, les pare- brise des véhicules en stationnement, un homme d’honneur, au parcours politique et syndical exceptionnels, s’en prend violemment, comme à son habitude, à Simon Renucci, maire d’Ajaccio de 2001 à 2014, dont il avait été, d’avril 2001 à juillet 2002, l’adjoint délégué à la voirie et à l’éclairage public et qu’il a choisi en février 2003 de combattre, sans états d’âme, et dans tous les domaines.

Filoni, homme d’honneur et expert en procédures judiciaires, dénonce à nouveau Simon Renucci dans le tract malodorant qu’il vient de diffuser. Il prétend que l’ancien maire aurait «tenté une nouvelle fois de travestir la vérité en citant partiellement une partie (!) du jugement du Tribunal Administratif». Il affirme que le même TA aurait invalidé deux décisions de l’ancien maire (à quelles dates ? avec quelles conséquences ?…), mais, surtout, il évoque une affaire judiciaire en cours en laissant entendre qu’un ancien adjoint au maire serait impliqué dans une affaire douteuse de marchés publics.



Filoni, incapable de défendre la cause indéfendable de la fraude électorale, mais soucieux de plaire à son nouveau chef, n’hésite pas à tenter de salir l’honneur d’un homme intègre. Le procédé est répugnant.

Filoni feint d’oublier qu’il a été condamné lui-même pour diffamation, le 7 septembre 2007, par le Tribunal correctionnel qui lui a infligé une amende. Deux jugements conformes ont été prononcés : le 22 décembre 2006, en première instance, le 5 septembre 2007 en appel. Filoni devrait s’administrer à lui-même les leçons de morale qu’il adresse à autrui.



Paul Antoine Luciani 19 décembre 2014

 

La clarté des engagements est une condition de la victoire

pcf_fdg.jpg La section d’Ajaccio du Parti communiste français communique :

L’assemblée des militants communistes et Front de gauche d’Ajaccio, réunie le lundi 24 novembre, a fait le point sur la préparation des élections municipales qui seront organisées les 25 janvier et 1er février 2015, après l’annulation des élections de mars 2014 pour « manœuvre systématiquement organisée dans l’établissement des procurations ».

Deux options s’offraient à eux : soit une liste autonome et ouverte du Front de gauche, soit la reconduction des alliances de mars, dans les conditions d’une sorte de troisième tour judiciaire.

Plusieurs séances de travail, deux assemblées générales de militants, une participation active au débat public par des interventions médiatiques et la diffusion d’un document de cadrage sur « les leçons d’un jugement » et les enjeux locaux de ce scrutin exceptionnel, des échanges écrits avec l’équipe de Simon Renucci autour des « accords de mars », ces débats et ces initiatives ont permis aux militants de se déterminer majoritairement en faveur d’un rassemblement des forces de gauche dès le premier tour.

L’objectif, pour les communistes, c’est de proposer aux Ajacciens une véritable alternative de progrès, après les sept mois de régression du service public communal qu’ils ont vécus sous la main de fer de l’UMP. Face à une droite unie et plus agressive que jamais, il faut rassembler toutes les forces de gauche dès le premier tour, en évitant la dispersion de ses électeurs ; et réunir, au second tour, tous ceux qui veulent s’opposer clairement à la droite.

D’autres listes, nationalistes notamment, seront présentes dont les préoccupations sont visiblement, assez éloignées de l’enjeu du scrutin à venir. Ce nouveau contexte politique, et les ambitions plus ou moins claires des différents protagonistes, ne sauraient occulter ni l’enjeu principal de cette élection, la gestion de la capitale régio nale, ni la nature et la composition des équipes qui devront l’assurer.

C’est pourquoi la question des alliances a été largement débattue et une position de principe a été retenue : rassemblement de toutes les forces de gauche au premier tour, ouverture, au second, aux forces de progrès désireuses de rompre avec la gestion de l’UMP.

Les enseignements des négociations de mars où, chacun l’a bien compris, les surenchères, idéologiques ou autres, n’ont abouti qu’à faire élire la droite, doivent être tirés par tous et par chacun : la clarté des engagements est une condition de la victoire. Ce principe vaut en particulier pour les relations entre la gauche et le nationalisme.

La liste nationaliste de mars a éclaté en deux, et c’est la quasi-totalité des élus et responsables territoriaux de l’un des mouvements nationalistes qui est venue annoncer la rupture sous la statue de Napoléon ! Ainsi, quelques semaines à peine après un vote à l’assemblée de Corse, célébré par le nationalisme comme sa victoire et celle de son unité de pensée, pour des raisons mal définies mais qui n’ont probablement rien à voir avec les élections municipales d’Ajaccio, l’unité d’action et de programme réalisée en mars, et l’unité de vote réalisée en octobre à l’assemblée de Corse, n’ont pas résisté à certaines considérations partisanes extra-municipales…

La liste de rassemblement à gauche, conduite par Simon Renucci et où les militants communistes et Front de gauche seront présents et actifs, devra tenir compte des changements intervenus depuis mars. Mais la gauche se tromperait de chemin si elle devait s’écarter de la voie du rassemblement de tous ses électeurs, dès le premier tour. C’est là son premier objectif ; et elle n’a rien à gagner dans un éventuel arbitrage politique entre les mouvements nationalistes. Les électeurs, quelles que soient leurs sensibilités, les nationalistes comme les autres, n’apprécient pas, en général, de se retrouver prisonniers de marchandages électoralistes très éloignés de leurs besoins sociaux et de leurs propres options politiques.

Une autre liste issue d’une double dissidence à gauche sera présente le 25 janvier et elle est entrée très rapidement en campagne ; elle voudra probablement peser sur le second tour. Voilà une raison supplémentaires pour la gauche de s’adresser très largement aux milliers d’électeurs qui ont cru en elle au second tour de mars. C’est cette force qu’il faut convaincre de se mobiliser dès le premier tour, pour pouvoir aborder le second en position de rassemblement plus large encore.

La section d’Ajaccio estime être parvenue avec ses partenaires à un accord équilibré, dont le fondement sera un engagement collectif en faveur d’une gestion sociale, démocratique et rigoureuse des affaires de la cité ; une gestion locale refusant l’austérité imposée aux collectivités, organisant mieux la solidarité, et fondée sur un service public communal rénové. Les militants et candidats communistes et front de gauche ne négligeront aucun effort pour y parvenir.



La section d’Ajaccio du PCF Ajaccio le 26 novembre 2014

 

Conseil municipal d’Ajaccio – Lundi 28 avril 2014

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Monsieur le Maire, chers collègues,

La semaine dernière, le 22 avril, à l’occasion du débat d’orientations budgétaires, nous avions indiqué que personne ne pouvait vous reprocher, quelques jours après votre installation, de présenter devant l’assemblée délibérante un document budgétaire innovant. Nous avions également suggéré de maintenir l’essentiel des projets d’investissement déjà arrêtés par l’ancien conseil municipal ; tout particulièrement la poursuite des grands projets financés dans un cadre pluriannuel qui vont garantir la sécurité des Ajacciens, créer des équipements qui vont améliorer le cadre de vie de la population et conforter le service public communal. Nous avons pu constater, à la lecture du projet de budget, que c’est bien cette orientation qui a été retenue. De fait, le budget que vous présentez correspond à l’hypothèse basse d’investissement que nous avions nous-mêmes prévue, en concurrence avec d’autres hypothèses plus ambitieuses, mais toujours en fonction des priorités que nous avons signalées mardi dernier. Monsieur le premier adjoint a même indiqué, je le cite, que « ce budget, nous l’avons en quelque sorte fait un peu ensemble ». Nous aurions, dans ces conditions, mauvaise grâce à nous y opposer. Nous nous contenterons de nous abstenir pour des raisons que tout le monde comprend.

Je souhaiterais revenir néanmoins sur quelques aspects que nous jugeons importants et sur lesquels nous voudrions attirer l’attention du conseil. A la page 27 du rapport, on peut lire, je cite, « Comme indiqué lors de notre Débat d’Orientations Budgétaires, nous allons procéder à un examen plus approfondi des investissements en AP/CP afin de retrouver plus de lisibilité et permettre de dégager les priorités de notre action. Des opérations dont les débuts d’exécution étaient prévues sur 2014 sont suspendues » (fin de citation). Qu’une Direction municipale veuille savoir où elle va en matière de programmation de travaux, c’est bien la moindre des choses.



Mais, dans le cadre des prévisions budgétaires, il est impératif de prendre en compte les priorités fixées antérieurement et déjà financées par les partenaires de la commune ; d’autant que ces partenaires sont vigilants quant au respect des engagements pris par la collectivité. Vous avez, en juin, un rendez-vous avec tous les financeurs de l’ANRU, pour une revue de projet où le point sera fait très précisément sur l’état d’avancement du dossier, et sur les prévisions de dépenses pour la période à venir. Une parfaite continuité s’impose donc dans la mise en œuvre de la convention signée en mars 2009 et pour laquelle nous avions signé un avenant autorisant un délai reportant de deux ans l’achèvement des travaux. Cette remarque vaut pour toutes les opérations dont le calendrier de réalisation est pluriannuel. Vous me permettrez également d’évoquer un élément du débat budgétaire qui prend souvent un caractère polémique et qui doit être replacé dans son cadre et son contexte réels. Je veux parler de la masse salariale qui pèse lourd dans les dépenses de fonctionnement de la ville. Quand on aborde ce sujet, on le présente souvent sur le seul registre comptable. Sur ce plan, il est vrai que le pourcentage des frais de personnels excède largement la moyenne nationale des villes de même importance. Et il est indiscutable que plus lourd est le poids des dépenses de personnels, moins la commune pourra prélever d’excédents dans la section de fonctionnement pour cofinancer ses dépenses d’investissement. Cette situation risque d’aggraver les difficultés de la commune pour s’équiper. Tout cela est vrai. Mais c’est une situation qui existait en 2001, et à un niveau nettement supérieur ! Car la structure du budget communal n’a guère évolué depuis vingt ans ; et elle ne pourra pas changer en profondeur si l’économie du pays ajaccien reste ce qu’elle est, c’est-à-dire peu productive en recettes fiscales. Et c’est la raison de fond qui a conduit l’Etat, à la demande des élus de Corse de décider, dans le cadre des discussions de Matignon, un Programme Exceptionnel d’Investissement en faveur de la Corse et de ses collectivités

Il faut donc se garder de noircir le tableau. Considérons plutôt la réalité des chiffres et les projets concrets auxquels ils renvoient. Référons-nous, par exemple, à la page 37 de votre rapport de présentation et examinons les onze ratios communaux obligatoires que les dispositions législatives et règlementaires imposent de mentionner chaque année dans les documents budgétaires : Charly Cervetti se chargera de les commenter tout à l'heure ; ils prouvent que, malgré toutes les spécificités et handicaps structurels de son budget, la ville d'Ajaccio n'a pas à rougir de la comparaison avec les communes de même importance, Nous pouvons également démontrer, avec deux exemples concrets (deux, mais on peut en fournir bien d'autres) que l'on peut faire évoluer la commune dans le bon sens, malgré ses handicaps. On peut – et nous l’avons fait - moderniser l’appareil municipal et renforcer l’attractivité de la capitale régionale tout en développant, les services publics et les équipements communaux. Ces deux exemples illustrent à eux seuls les progrès réalisés. Il sera utile et nécessaire de les rappeler dans toutes les études – diagnostics que vous envisagez de conduire.

La masse salariale de la ville d’Ajaccio a augmenté fortement entre 2001 et 2014, c’est vrai ; mais allons un peu plus loin que l’image comptable de cette particularité et recherchons les causes de cette augmentation. Comparons, par exemple la structure des emplois et des compétences, dans certains domaines, en 2001, au moment du changement, avec celle d’aujourd’hui, à l’heure d’un nouveau changement. Il s’agit d’une question centrale que l’on a souvent tendance à oublier. En 2001, l’administration communale, tous services confondus, était équipée de 40 ordinateurs gérés par trois techniciens ; seuls deux sites, l’hôtel de ville et la DGST, étaient interconnectés. Il y a aujourd’hui 600 ordinateurs et 40 sites interconnectés dont certains desservis par fibre optique ; ce parc est géré par un service de 14 personnes, dont 4 ingénieurs, qui gère également les 100 ordinateurs de la CAPA et les 250 ordinateurs qui équipent toutes les écoles d’Ajaccio, chacune d’entre elles disposant, d’ailleurs, d’un accès internet. Ce service a bénéficié, jusqu’ici, d’un budget d’investissement de 600 000 € annuels. Les services techniques disposaient, en 2002, de quatre ingénieurs. Il y a, aujourd’hui, tous services confondus (administration, informatique, DGST) un effectif de 23 ingénieurs qui travaillent à la ville d’Ajaccio dont 12 femmes ! Comment la commune aurait-elle pu assurer la maîtrise d’ouvrage de tous les grands travaux réalisés, ou en cours de réalisation, sans ces nouvelles compétences réunies désormais au sein de nos services ?

Et je ne parle même pas des efforts considérables de formation, de préparation aux concours, de promotion interne et de rattrapage social qui ont été réalisés en treize ans. Car il y a eu une élévation générale, absolument sans précédent, des compétences, des équipements, et des performances parmi l’ensemble des personnels. N’évoquons que pour mémoire la création d’un Centre Technique Municipal, un bâtiment industriel moderne qui a donné du sens au service public communal, insufflé une fierté légitime aux personnels qui le servent, et inspiré confiance aux partenaires de la commune quant à la qualité des ouvrages et des travaux réalisés en régie. -Le deuxième exemple concerne l’attractivité d’Ajaccio, « la Corse toute l’année », pour reprendre la devise de l’Office de tourisme. Nous avons accueilli, selon l’INSEE, près de 14 000 habitants supplémentaires en moins de deux décennies. La capitale régionale compte aujourd’hui près de 68 000 habitants permanents. Le mal logement existe encore, comme l’insuffisance dramatique de logements sociaux, mais nous avons autorisé la construction de 4814 logements en 13 ans. Deux hôtels et deux résidences de tourisme ont été construits ; d’autres équipements hôteliers ont été rénovés. Beaucoup d’entreprises ont investi pour moderniser leurs outils de travail, voyez le développement de l’est d’Ajaccio.

Nous avons développé en grand et modernisé les équipements collectifs et les services à la population : une nouvelle crèche est en cours de construction à Mezzavia, et la réputation du Palatinu a franchi la mer, ajoutant encore à l’image positive de notre ville. Voilà quelques éléments quantitatifs et qualitatifs qui sont autant d’indicateurs qui confirment que la capitale de la Corse a encore gagné en attractivité.

Nul n’aurait pu développer les services communaux, améliorer le service à la population grâce à la modernisation de l’appareil municipal, sans entraîner une montée en puissance de la masse salariale. Dénoncer unilatéralement l’augmentation de la masse salariale en l’attribuant à du clientélisme alors qu’elle n’est le plus souvent que la contrepartie inévitable de la croissance urbaine et du développement des services publics communaux serait un mauvais coup porté à la vérité et à l’intérêt général.

Engager une réflexion en profondeur pour améliorer encore la gestion communale pour qu’elle continue à rendre un service encore plus efficace aux Ajacciens, en prenant pour point de départ les acquis enregistrés, voilà une démarche qui me paraît plus productive et plus conforme au mandat reçu du suffrage universel. Affirmant ce principe, je ne fais de procès d’intention à personne, mais je veux répondre à certains propos, tenus ici ou là, qui me semblent avoir pris beaucoup de libertés avec la vérité.

Je me permettrai, en conclusion, d’attirer votre attention, Monsieur le Maire, puisque vous avez annoncé votre intention de lancer une série d’audits (nous en avions fait autant en 2001), sur un élément auquel on ne pense pas toujours, s’agissant de ce type d’études : vous disposez de trois rapports de la Chambre régionale des comptes (2000, 2007, 2013) couvrant une période significative de trois mandatures. Inscrivons dans le cahier des charges de ces études-diagnostics la référence obligatoire à ces trois rapports. Ils permettront à notre assemblée délibérante, non seulement de dresser un état des lieux à un moment donné, mais aussi de prendre la mesure des évolutions intervenues et des contextes dans lesquels elles se sont inscrites. La connaissance de chacun sera complétée, et le jugement de tous n’en sera que plus pertinent.

Je vous remercie de votre attention.

Paul Antoine Luciani

 

Municipales 2014 – Premières analyses

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Dix questions à Paul Antoine LUCIANI par Jacques RENUCCI de la CORSE votre Hebdo - vendredi 18 avril 2014

1-Quel est votre état d’esprit après votre défaite ?

Une défaite ne laisse jamais indifférent ! Mais, après plus de trente ans de vie municipale, d’abord comme élu d’opposition (1983-2000), puis premier adjoint au maire (2001-2014), je ne vais pas me laisser gagner par le désespoir ! C’est un revers sérieux, ce n’est pas une déroute ; d’autant qu’il y a suspicion de fraude, et que cette défaite est aussi la manifestation locale de la vague bleue qui a déferlé sur tout le pays. La météo politique prévoit, depuis quelques mois, un tsunami bleu marine pour le 25 mai prochain : s’il se produit, la Corse n’y échappera pas… Mais le pire n’est jamais sûr, et mes convictions m’ont toujours porté vers la résistance et la contre-offensive. Un électeur sur deux s’est prononcé en notre faveur : cette force est intacte. L’histoire continue, le combat aussi ! En Corse comme ailleurs.

2-On vous crédite d’un bon bilan municipal ; les électeurs ne semblent pas l’avoir apprécié. Que répondez-vous ?

Que les ressorts de ce vote sont plus complexes que la simple approbation d’un bilan éloquent. Il faut plutôt les analyser comme un ensemble composite d’éléments très différents. La division au sein de la gauche, les attaques permanentes contre la personnalité du maire (le « Simon bashing » a commencé bien avant la campagne électorale), la résurgence du vieil anticommunisme rappelant la période de la guerre froide, les critiques injustes et malhonnêtes de l’UMP contre les réalisations municipales (« bilan catastrophique », « le mal fait à Ajaccio » , le Palatinu inutile parce que non réalisé par la CAPA…), autant de moyens utilisés pour discréditer notre action, faire disparaître notre projet, et justifier l’objectif de Jean-François Copé : « reprendre Ajaccio » quelle que soit la méthode, et sans avoir à présenter un projet crédible. Notre liste portait, elle, un projet urbain de qualité ; elle n’a pas pu, ou pas su, le valoriser suffisamment dans l’atmosphère démagogique de cette campagne ; et dans le contexte de sanction nationale contre la politique gouvernementale ; une politique imputée indistinctement aux représentants locaux de la gauche…

3-Comment analysez-vous vos résultats ?

Avec 36,53 % au premier tour, et bien que nous soyons en tête avec 337 voix d’avance, notre liste perd plus de six points par rapport à 2008. (42,93 %), mais la droite avait alors présenté trois listes ! Au second tour de 2008, nous gagnons plus de treize points (66, 37 %) et trente-huit sièges sur 45. En 2014, nous gagnons près de dix points au second tour (46,03) ; mais la droite unie (35,11 % au premier tour) en gagne 12 (47,11 %) et 37 sièges sur 49. L’écart est faible (281 voix et 1,08 %!). Mais, malgré l’élargissement de notre liste, ces chiffres montrent que nous avons perdu de la force et de l’influence… dans notre propre camp .L’analyse du second tour révèle, en outre, qu’il y a 3513 électeurs qui n’ont voté qu’au second tour, alors que 1083 personnes n’ont voté qu’au premier tour. Compte tenu des positions exprimées par différents têtes de liste, on peut dire que notre progression au second tour est due principalement à la mobilisation des abstentionnistes ; tandis que la progression de la droite est principalement due à des reports de voix. Première conclusion (provisoire) : la gauche doit savoir s’adresser mieux à son électorat, c’est lui qui reste à la maison quand il n’est pas content…

4-Et ceux des autres listes ?

Ils sont, en gros, conformes aux prévisions (mais non conformes aux sondages !). Ceux de la liste Filippi sont exactement identiques à ceux de la liste Quastana de 2001 ! La bipolarisation droite-gauche, souvent très forte aux municipales dans les villes, a rarement permis aux listes nationalistes de retrouver les niveaux atteints aux territoriales. L’UMP, unie, progresse grâce à une mobilisation plus forte de son électorat ; et, surtout, à cause d’un affaiblissement de la « gauche de gouvernement », cette gauche incertaine, sensible aux pressions du patronat, et incapable, austérité oblige, d’apporter des solutions aux grands problèmes sociaux (emploi, pouvoir d’achat, logement…). La liste conduite par Anne-Marie Luciani, autoproclamée « seule liste de gauche » a réuni près d’un millier de voix au premier tour. Mais, au second tour, son refus d’appeler à barrer la route à la droite aura contribué à lui ouvrir le chemin de la mairie…

5-Quelle était la position de votre parti au moment de la constitution des listes ?

La majorité sortante disposait d’un bon bilan et d’un projet urbain de qualité. L’enjeu étant essentiellement local, les militants ont choisi, par un vote largement majoritaire, une liste de rassemblement dès le premier tour. Et nous avons obtenu une représentation plus équitable pour le parti communiste et le front de gauche. Autant d’éléments rendus publics en novembre dernier. Cette position a donné lieu à une critique publique contre notre parti de la part de quelques anciens militants socialistes et communistes qui ont refusé d’appeler à voter au premier tour pour la liste d’union au motif qu’il fallait sanctionner François Hollande ! A la différence de la «seule liste de gauche », ils se sont ravisés au second tour ; mais la modeste représentativité des premiers ne leur permettait pas de compenser la défection de la seconde. Le choix initial de notre parti était le bon, mais les dégâts politiques causés par d’autres, à gauche, dès le premier tour sont devenus des obstacles au second ! Et l’UMP a gagné avec 281 voix d’avance…



6-Pourquoi la fusion avec la liste nationaliste n’a-t-elle pas été possible ?

Parce que la majorité de ses représentants n’en voulait pas ! Trois moyens ont été utilisés pour faire porter à Simon Renucci la responsabilité d’un échec que, visiblement, certains dirigeants souhaitaient sans l’avouer. D’abord, l’argument politique (en substance, « notre programme et nos options ne sont pas compatibles ») ; la perspective d’une triangulaire avait été d’ailleurs largement évoquée. Ensuite la question des « places » : refus de la première proposition de quatre places éligibles ; et surenchère face à la deuxième proposition (sept places éligibles, deux adjoints et un vice-président de la CAPA) : on demande alors à Simon Renucci dix places, quatre adjoints, et un vice-président ! Impossibilité, mardi à 14 h, de conclure sur une telle base. Troisième étape, et troisième moyen, on joue la montre : à 17h 10, quand il est devenu impossible de constituer une liste crédible avant 18 h, on ne demande plus « que » huit conseillers, dont trois adjoints et un vice-président ! On dira plus tard qu’on a manqué de temps. C’est surtout la volonté d’aboutir qui a manqué. Et la sanction est tombée : un seul élu pour une liste qui en voulait dix…

7-La situation ajaccienne est-elle comparable à celle des deux autres villes corses où les nationalistes avaient des chances de victoire ?

Il y a un point commun : la victoire de l’UMP partout ! Mais il y a aussi des différences : sans le concours de l’appareil UMP, y compris à l’échelle nationale, Gilles Simeoni aurait eu plus de mal à s’emparer de Bastia. Il gagne grâce à la convergence improbable entre une fraction de la gauche, une fraction de la droite qui avait déjà délégué quelques éclaireurs sur la liste nationaliste, et son propre mouvement. Cette configuration, nouvelle dans une ville corse, a été présentée comme une victoire nationaliste. Elle devrait plutôt s’analyser comme l’émergence d’un centrisme « spécifique », associant a testa mora et l’écharpe tricolore, dans le contexte particulier de Bastia où la droite avait besoin d’alliés. A Ajaccio et Porto Vecchio, elle était unie et pouvait s’en tirer toute seule.

8-La « vague bleue » corse vous paraît-elle spécifique ?

Pas vraiment. Elle revêt des formes particulières selon les contextes locaux, mais elle ne prend sa signification et sa portée en Corse que par les mouvements électoraux constatés à l’échelle nationale. Y compris à Bastia : la personnalité de Gilles Simeoni , sa capacité à nouer des alliances inattendues, et même à se séparer d’une partie du mouvement nationaliste, ont frappé l’opinion ; mais son dispositif électoral avait été validé par Jean-François Copé.

9-Le parti communiste perd le premier adjoint d’Ajaccio et celui de Bastia ; il échoue à reprendre Sartène. Assiste-t-on à la disparition du parti communiste en Corse ?

Certainement pas. Nous avons subi, avec toute la gauche, un revers important, il serait ridicule de le nier. Je ferai deux observations : 1) Nous ne sommes pas seuls à céder du terrain ; toutes les forces de gauche reculent, toute la Corse est devenue bleue. Nos résultats s’inscrivent dans ce contexte. On remarquera cependant que, nationalement, le Parti communiste et le Front de gauche résistent un peu mieux que d’autres à la vague réactionnaire. 2) Dans les trois cas que vous évoquez, même si nous ne sommes plus en situation de responsabilité, nous sommes toujours là, élus et disponibles, au service des plus faibles. Nous n’avons jamais eu de souci de carrière, mais la volonté de servir le peuple et de défendre la Corse. La libération humaine restera notre horizon, quels que soient les aléas de la vie politique. Prochain objectif : la refondation de l’Europe, telle que la proposent notre parti et les différentes composantes du front de gauche dans un texte important qui va servir de référence pour les élections européennes.

10-Quid des prochaines échéances ?

Commençons par tirer toutes les leçons de ces municipales ; et préparons les européennes avec une conscience vive de leurs enjeux. Les sénatoriales et les territoriales viendront plus tard. Nous sommes entrés dans une période nouvelle : les rapports de force se sont durcis et les options très libérales du gouvernement socialiste désespèrent le peuple de gauche. Dans cette situation, le Parti communiste et le Front de gauche ont une grande responsabilité : rassembler toutes les victimes de la politique d’austérité, organiser leurs combats pour arracher une rupture avec cette politique, et pour créer les onze millions d’emplois exigés par les syndicats européens : la mobilisation autour de ces options alternatives est la seule politique susceptible de faire barrage aux dérives nationalistes qui menacent l’Europe d’aujourd’hui.



logo_hebdo.jpgEntretien avec Paul Antoine Luciani, réalisé par Jacques Renucci

 

Meeting de clôture du premier tour - 20 mars 2014

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« AIACCIU INSEME, AJACCIO ENSEMBLE »

Allocution de Paul Antoine LUCIANI

Populu d’Aiacciu, ti salutu !

Mesdames, messieurs, chers amis, chers camarades, Bona sera a tutti !

Je vais vous faire une confidence : je suis vraiment très heureux d’être là, présent, ce soir, avec vous ! Et, vous vous en doutez, il ne s’agit pas là d’une formule convenue.

Je suis très heureux de partager, avec le cœur battant de la gauche, et avec tous les amis qui nous accompagnent, ce moment de ferveur civique au service d’Ajaccio ; Ajaccio qui a besoin de justice sociale, d’équipements, de développement, de culture ; mais Ajaccio qui s’est engagée il y a treize ans sur une voie nouvelle ; Ajaccio qui bouge et qui avance ; Ajaccio qui nous rassemble, Aiacciu inseme !

-Je voudrais saisir l’occasion de ce dernier coup de collier, à trois jours de l’heure de vérité, pour donner mon sentiment sur la campagne d’en face ; et, surtout rappeler notre vision de l’avenir d’Ajaccio. Un avenir auquel nous travaillons d’arrachepied ; un avenir qui est déjà en chantiers

-En premier lieu donc, quelques mots sur les pauvres arguments que l’on tente de nous opposer et, en contrepoint, les actions de notre majorité. On a remarqué, il y a quelques jours, la fureur et l’amertume du champion de Monsieur Copé : dans une conférence de presse qu’il croyait retentissante, il nous a reproché de présenter notre bilan de façon avantageuse ; alors que, selon lui, c’est une « catastrophe » pour Ajaccio ; il nous a également reproché d’ignorer le programme préparé par l’UMP et qui compterait pas moins de douze pages !

Pauvre champion, pauvre misère (comme dit la chanson) ; mais on les a lues, tes douze pages ! Tu les as même résumées en 48 lignes dans ta profession de foi ! En les lisant, on hésite entre la consternation et l’ironie ! Il est indigent, ton programme quand il n’est pas démagogique ! Ajaccio mérite autre chose, tout de même ! Je vais prendre quelques (petits) exemples ; il faut dire « petit », car le programme de l’UMP n’est pas autre chose qu’une petite collection de décisions municipales déjà existantes, de propositions relevant de la compétence intercommunale et déjà mises en œuvre, ou alors de généralités démagogiques et rigoureusement inapplicables !

On nous parle du label « ville fleurie » et du concours qu’il faut organiser pour l’obtenir ; mais ce concours est de la seule compétence du conseil général. Lequel a été saisi, le 6 mai 2010 (!), par le maire d’AJACCIO pour lui demander de l’organiser. Pas de réponse. Quatre ans de silence plus tard, voilà le conseiller général qui se réveille, en pleine campagne électorale, pour interpeller le maire sur ce sujet ! On ne se contente plus d’imputer aux autres ses propres turpitudes, on les brandit comme un programme innovant !

Lire la suite...

 

Décés de notre Camarade et ami Sébastien PIERA

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Illustation issue de l'ouvrage "Hommage à la Catalogne" de G. Owell

Notre ami et camarade Sébastian PIERA est décédé la nuit derniére, l'avis de décés paraitra aujourd'hui et la cérémonie des obsèques aura lieu Mardi 11 Mars à 14H00 au funenarium Picchetti...
Les 2 fédérations du PCF de Corse reviendront sur l'hommage du à notre camarade;
Dans cette attente U Rossu republie l'hommage de la municipalité d'Ajaccio en 2004,

Allocution prononcée par Paul Antoine LUCIANI, Premier adjoint au maire, à l’occasion de la remise de la médaille de la ville d’Ajaccio à monsieur , Sébastien PIERA par monsieur Simon RENUCCI, Député-maire

Hommage à Sébastien PIERA

Cher Sébastien, Mesdames, Messieurs,Chers amis, chers camarades,

La manifestation qui nous réunit aujourd’hui est, pour une municipalité comme la nôtre - et aussi pour moi personnellement- l’une de celles dont la charge symbolique, politique, civique et morale est la plus forte, la plus lourde de sens.

L’occasion nous en est donnée par la traduction française du « Soldat de Pandore », la biographie que l’historien catalan Ricard VINYES a consacrée à Sébastien PIERA.

Un livre qu’il faut lire et faire lire, car il dit, mieux que je ne saurais le faire, ce que furent l’engagement et le parcours de ce Catalan républicain et révolutionnaire, patriote et internationaliste, chassé de son pays par le fascisme et devenu aujourd’hui le chef d’une belle et grande famille ajaccienne respectée pour son travail et pour son dévouement.

En distinguant Sébastien PIERA, l’objectif de notre municipalité c’est d’abord de rappeler que la Ville doit savoir reconnaître comme les siens tous ceux qui y vivent, même s’ils ne sont pas tous nés ici.

La Ville est un creuset qui s’enrichit de talents divers et d’identités plurielles, un creuset social qui produit des citoyens actifs et soucieux du bien commun, pour peu qu’ils conservent le souvenir des sacrifices de leurs aînés et continuent de se nourrir de leur exemple.

Honorer Sébastien et Trini aujourd’hui c’est donc reconnaître la valeur de leur apport à notre communauté, c’est aussi transmettre un message aux générations nouvelles : sachons accueillir l’étranger, le réprouvé, le plus malheureux que nous. Loin d’être une menace, il apporte du sang neuf, il est une chance pour l’avenir.

pandore.jpg De ce point de vue, l’exemple de Sébastien et de sa famille est tout à fait éloquent. Ils faisaient partie de ces petits groupes d’Espagnols contraints à l’exil par le fascisme qui, écrasé en Allemagne, en Italie et au Japon, s’était maintenu en Espagne après la deuxième guerre mondiale.

Assignés à résidence en Corse, ils rêvaient de rentrer chez eux pour y retrouver leurs racines et y reconstruire la démocratie. Mais ils durent s’adapter à cette condition d’exilés, interdits de patrie. Grâce à leur travail, à leur sens de la solidarité, et au soutien des démocrates ajacciens, ils ont tissé de nouveaux liens humains et engendré une nouvelle génération de familles corses.amarade et Ami

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Présentation des 10 candidats communistes et Front de gauche présents sur la liste "Ajaccio ensemble - Aiacciu inseme" conduite par Simon Renucci.

Dimanche 23 février, sous le kiosque à musique de la Place du Diamant, présentation des 10 candidats communistes et Front de gauche présents sur la liste "Ajaccio ensemble - Aiacciu inseme" conduite par Simon Renucci.

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Participaient à cette initiative un groupe de jeunes communistes ajacciens (nouveaux adhérents, voir photo). C'est un signe très positif qui indique que l'aggravation des inégalités et des injustices, comme la montée de la droite extrême un peu partout en Europe font aussi se dresser une partie de la jeunesse corse.

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Après le titre erroné de Corse Matin (ce n'est pas le fait de la journaliste, mais une erreur de notre part) il nous est apparu nécessaire d'apporter des précisions (texte ci-dessous).

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Le positionnement du Front de gauche

La présentation des dix candidats communistes et Front de gauche sur la liste « Ajaccio ensemble -Aiacciu Inseme » conduite par Simon Renucci a été l’occasion de rappeler que les jeunes communistes ajacciens se sont engagés dans la campagne, avec un candidat étudiant, Kilian Cervetti. En Corse, le Front de gauche n’est pas constitué d’un cartel d’organisations ; il a été créé, après les élections européennes de 2009, à partir d’un élargissement antérieur du parti communiste : c’est dans ce cadre que Maria Guidicelli et Josette Risterucci, qui ne sont communistes, sont été élues depuis 2004 à l’Assemblée de Corse. Et c’est encore le cas aujourd’hui, à la mairie d’Ajaccio : Maria Guidicelli, Etienne Bastelica et Marie Padovani ne sont pas membres du parti, mais cela ne les empêche nullement de travailler avec nous en toute liberté et pleine solidarité. Cette singularité du Front de gauche corse est un atout pour la liste conduite par Simon Renucci : elle est déjà partie prenante du bilan de la majorité sortante ; elle participe aussi à la construction d’un projet utile pour Ajaccio. Et même si, ici ou là, on semble le contester, la présence dynamique des communistes et du Front de gauche sur la liste d’union lui apporte une composante originale, indiscutablement située à gauche… La ligne nationale de notre groupe est clairement anti-austérité ; elle entend, contre les sirènes dangereuses qui plaident le contraire, faire prévaloir la continuité d’une politique d’investissement communal, indispensable pour deux raisons étroitement liées : répondre aux besoins sociaux, soutenir l’activité économique et donc l’emploi.

Ajaccio le 24 février 2014 Paul Antoine Luciani

 

Vœux adressés au Maire et aux personnels communaux.

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Allocution prononcée par Paul Antoine Luciani, premier adjoint au maire,

Ajaccio, Salon Napoléonien, mercredi 8 janvier 2014

La cérémonie des vœux revêtira, cette année, chacun le ressent, un caractère un peu particulier, entre point d’aboutissement et ligne de départ. Dans ce moment particulier, le discours du premier adjoint avait à relever, peut-être un peu plus que les années précédentes, le défi du renouvellement L’allocution de janvier 2013 ayant connu la fortune que l’on sait, j’ai pensé que, pour conclure un cycle et préparer le suivant, il fallait changer la forme des vœux que nous nous adressons tous les ans depuis 2002. Et je me suis livré à un exercice périlleux : résumer, en dix minutes et en quelques dizaines de vers alexandrins, les résultats de notre équipe et nos engagements pour demain. Je n’ai pas l’ambition déraisonnable de vous présenter ici une œuvre d’art. Je voudrais simplement rappeler, par un raccourci rythmé, notre action et notre projet. Cette forme nouvelle, inhabituelle en pareille circonstance, peut exprimer, à sa manière, la capacité de renouvellement de notre engagement pour Ajaccio. J’offre cette « nouveauté » à tous les membres de notre assemblée délibérante, à commencer par le maire d’Ajaccio, Simon Renucci. Mais aussi, et surtout, à tous les personnels communaux : ils sont le fer de lance, la force collective qui a permis les résultats évoqués ici. Les élus passent, la fonction publique territoriale demeure. De son engagement dépend la qualité du service public communal. Service public qui doit assurer des missions d’intérêt général dont toute la société a besoin, tout particulièrement dans cette période de crise et de difficultés sociales aggravées.

J’ai intitulé ce texte « Au bras de l’avenir », vous allez comprendre pourquoi.

« Au bras de l’avenir »

Deux mille un, dix-huit mars, une date à garder

Dans l’esprit de tous ceux qui ont tant espéré

Qu’un beau jour ils vivraient, sans le clan impérial,

Dans un autre Ajaccio, une autre vie sociale.

Deux mille quatorze est là, avons-nous réussi

A faire de nos mandats des œuvres abouties ?

Avons-nous répondu aux attentes plurielles

De ceux qui, par deux fois, à nous ont fait appel ?

Nous ne confondrons pas les politiques publiques,

Celles des petites retraites ou du niveau du smic,

Avec celles pour lesquelles nous devons rendre compte

Sans fierté excessive ni crainte de la honte…

Comment donc aujourd’hui nommer nos résultats ?

Un travail de Titan ? Ou la grande cata ?



La question est posée, il faut bien y répondre ;

Nous allons donc le faire, et sans jouer la montre.

Mais, avant, il nous faut revenir en arrière

Et rappeler la vie des Ajacciens d’hier :

Ajaccio mon village, jadis ce bel ouvrage

Nous parlait d’Ajaccio où, sans être à l’étroit,

Il faisait si bon vivre, du Casone à l’Octroi.

Mais la vie était dure dans notre beau village :

Peu de voitures en ville, on marchait sur le cours,

Et de l’espace urbain on faisait vite le tour.

Les pots sur les balcons n’étaient pas pour les fleurs,

On les vidait d’en haut, malgré leur triste odeur !

Dans la cité génoise, peu de commodités ;

L’habitat insalubre, danger pour la santé,

Poussait les résidents vers de nouveaux quartiers.

L’eau n’était pas potable, on se chauffait au bois ;

On chantait malgré tout que nous étions des rois !

              ***

Le temps jadis n’est plus ; Le Mémorial l’a dit :

C’est la fin du village et de l’ancienne vie !

C’en est fini aussi du mode d’habiter :

Tout le périurbain est désormais mité !

Chacun veut sa maison, son château en Espagne

Qui en a les moyens s’enfuit à la campagne

Ils travaillent en ville mais vivent alentour :

Ils font le va et vient, la nuit comme le jour.

Leurs trajets quotidiens «domicile-travail»

Se font plus par l’auto que par l’emploi du rail.

Et les voies saturées à de certaines heures

Entraînent chez certains de la mauvaise humeur…

               ***

Pour que la vie urbaine retrouve sa qualité,

L’occupation du sol doit être corrigée ;

Il faudra maîtriser l’usage de la voiture ;

Pour la circulation, trouver bonne mesure ;

Par le débat public, récuser les injures,

Travailler, inventer, partager la cité

Pour que chacun y trouve sa part de liberté

Car la ville d’avant, et son cœur historique,

Etaient organisés autour d’un centre unique ;

Elle accueillait alors vingt-cinq mille résidents,

Et, bientôt, trois fois plus d’habitants permanents.

Elle doit s’organiser sur un autre modèle,

Pour répondre aujourd’hui à ses besoins réels

Plus près du citoyen, bien moins centralisée

Et plus dense à la fois, enfin équilibrée,

La capitale de Corse, en son cadre physique,

Pour devenir durable, sera polycentrique.

Il est révolu le temps du beau village,

On pourra en trouver dans nos quartiers l’image :

Finis le centre riche et les pauvres faubourgs !

Nouveaux centres de vie, comme autant de gros bourgs,

Nos quartiers équipés, bien reliés entre eux

Offriront à chacun de quoi circuler mieux,

De quoi se reposer, se distraire, vivre heureux,

Une qualité de vie meilleure qu’en l’ancien temps !

Tel est notre projet, tel notre engagement :

Une ville nouvelle, c’est l’enjeu de demain,

Et tout chacun d’entre nous doit y prêter la main !

                                                 
              ***

Nous nous y employons sans esprit de chapelle ;

En treize ans, Ajaccio a déployé ses ailes :

Chacun l’a reconnu, notre approche globale

A toujours respecté l’intérêt général :

Pour les équipements, nous pouvons l’affirmer,

Le succès est patent, il nous est crédité.

Rattraper les retards était indispensable ;

Et, nous l’avons prouvé, nous en étions capables.

Deux cent neuf millions en douze ans investis

Témoignent clairement des efforts consentis :

Crèches, petite enfance ont eu priorité

Sur les fastes d’antan pour une minorité !

Des écoles nouvelles, par l’Etat financées

Chacun en conviendra, c’est une nouveauté !

Les cinq médiathèques, travaillant en réseau,

De la lecture publique relèvent le niveau !

Gymnases rénovés, Caserne des pompiers

Offrent à nos quartiers sport et sécurité.

Piscine des Salines et complexe nouveau

Pour l’athlétisme, enfin présent dans Ajaccio !

La Corse les voulait : ce n’est pas un hasard

Si l’illustre Palais, ce musée des Beaux-Arts,

Si le grand Palatinu, ce beau Palais des sports,

Attirent le public qui le dit haut et fort !

L’Espace Diamant, théâtre et cinéma,

Fait briller Ajaccio, ce n’était plus le cas,

Et l’a placée au rang qui doit être le sien

Diamant culturel, tel est son vrai destin !

Des bassins complantés et des lieux d’agrément,

Pour notre sureté et notre environnement,

C’est notre Madunnuccia qui nous sauve des eaux,

Et nous offre un jardin, deux merveilleux cadeaux !

Parata – Sanguinaires, un bel aménagement

Valorise le site, accroît son rayonnement :

Nous y avons offert à nos concitoyens

Une étape du Tour dans un très bel écrin

Dans le quartier des Cannes, nous avons retrouvé

Et les gestes d’antan et la fraternité.

Ajacciens, Maghrébins, Portugais, tous unis,

Travaillent des parcelles, préparent des semis …

Cultiver son jardin et faire société,

N’est-ce pas une image de la ville à créer ?

                                            
                ***

Ces objectifs atteints, il faut continuer.

Vers de nouveaux succès, ensemble progresser.

Et nous aurons besoin, pour la nouvelle étape,

D’une force nouvelle visant ce nouveau cap…

Conduire à bonne fin des dossiers essentiels

Exigera de tous, élus et personnels,

Une grande rigueur, un suivi permanent,

Et la capacité de trouver de l’argent !

L’enthousiasme initial gardera-t-il l’élan ?

Cherchons dans le passé cet élan pour demain ;

Cela ne peut pas être improductif ou vain ;

Notre bilan est bon, c’est une base sûre,

Les Ajacciens ont su en prendre la mesure !

Nous saurons avec eux, pour eux, faire surgir

Des combats du passé les chantiers d’avenir

Regardons vers l’avant, la route à parcourir,

Si nous sommes unis, nous pourrons le construire.

               ***

Que dire en conclusion ? Regardant en arrière

De ces tâches accomplies peut-on se satisfaire ?

Devrait-on jubiler en dressant ce bilan ?

Qu’avons-nous ressenti en nous y consacrant ?

Pour les élus en charge de ces mandats échus,

Ce ne fut pas toujours un délice absolu !

Nous le confesserons sans chercher de finesses :

Ni treize ans de malheur, ni treize ans d’allégresse !

Mais plutôt l’impression d’en être revenus

Au mythe de Sisyphe visité par Camus ;

Comme le fils d’Eole remontant son rocher

Nous avons sans relâche pour autrui travaillé !

Nous pouvons donc le dire, et ce fut un honneur,

Servir le Bien commun, voilà LE vrai bonheur !




              ***

Mais l’avenir enfin? Comment le voyez-vous ?

Comparable au passé ? Ou bien beaucoup plus doux ?

Il sera plus souvent et chantier et cambouis,

Pour que le rêve, enfin, puisse entrer dans la vie !

Nous savons qu’un effort doit être soutenu



S’il se veut efficace et par tous reconnu.

Si Ajaccio qui a, souvent, l’esprit potache,

Décide, de nouveau, d’en nous confier la tâche,

Nous sommes disposés à nous y atteler,

Avec même conscience et opiniâtreté ;

Nous nous rappellerons les vers d’Anna Marly

Qui résonnent encore dans nos cœurs d’aujourd’hui

Ensemble il faut lutter, ensemble il faut bâtir,

Et ensemble marcher au bras de l’avenir…

Paci e Saluta, ô sgiò merri ! E Paci e Saluta a tutti !

 

Le JEUDI 19 DECEMBRE 2013 À 18H30, au PALAIS DES CONGRES à AJACCIO

Aura lieu la Déclaration de Candidature pour les Municipales de Mars 2014 de Monsieur Simon RENUCCI.

Il sera entouré des responsables politiques des partis de gauche ainsi que des responsables des mouvements qui le soutiennent.

Nous vous demandons de faire circuler cette information et d’être nombreux pour accompagner notre démarche.

Nous comptons sur votre présence.

E. BASTELICA,M. GUIDICELLI,P A. LUCIANI,N. PIMENOFF,M. POLI, frise_TERed_Slogan.jpg

 

L’opposition doit poursuivre son stage… dans l’opposition

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Après les déclarations de Stéphane Sbraggia (Corse Matin du 26 novembre 2013)

L’UMP l’a dit, redit et publié : son objectif « national » est bien la reconquête de la mairie d’Ajaccio. C’est Jean-François Copé, lui-même, qui l’a déclaré et qui a présenté le député de la Corse du sud comme son « champion » dans cette compétition, une compétition au demeurant qu’il conçoit plutôt comme un combat sans règles que comme un vrai débat citoyen (« Faites comme vous voulez, mais prenez-moi cette ville… »).

La confirmation de cette approche vient de tomber, avec les propos du candidat de l’UMP au poste de premier adjoint. Parlant sans doute pour lui, ce dernier affirme que « les élus sont déconnectés des réalités », et il le prouve, avec une rigueur intellectuelle impressionnante, en se déconnectant lui-même des réalités concrètes, bien visibles, qui figurent au bilan de la municipalité ! Des réalisations que la grande majorité des Ajacciens, toutes opinions confondues, jugent sans précédent.

Son jugement tient en une phrase lapidaire : « La majorité gère la ville comme un village ». Passons sur la référence implicite aux Paisani, ces immigrés de l’intérieur qui auraient supplanté les Aiaccini, ces purs autochtones, seuls légitimes pour gérer la ville… Et retenons l’opposition factice entre communes rurales et communes urbaines. Notre contradicteur estime-t-il que les règles d’annualité, d’équilibre et de sincérité des budgets locaux ne s’appliquent pas de la même manière selon la taille des collectivités ? Ignore-t-il qu’il existe un contrôle de légalité ? Connait-il la structure des budgets de la quasi-totalité des communes de Corse ? Le « libéral » qu’il est connait-il la faiblesse du tissu économique insulaire et les maigres ressources fiscales qu’il peut apporter ? Sait-il que, pour l’essentiel, c’est la commande publique qui, en Corse, peut garantir un certain niveau d’activité au BTP ? Comment explique-t-il que, dans un tel contexte, la majorité actuelle ait réussi à tripler, en douze ans, le volume annuel des investissements par rapport à ce que réalisaient ses amis quand ils étaient aux commandes ? Pourrait-il préciser quels sont les projets à sacrifier si la municipalité devait renoncer, comme il le souhaite, aux investissements prévus ?

Il s’enthousiasme, par ailleurs, pour la gestion locale, il trouve passionnant de « rentrer dans les affaires de la ville » et qu’il y trouve un « enrichissement permanent ». C’est reconnaître, sans l’avouer, qu’il s’y intéressait peu avant son entrée au conseil municipal ; et que par conséquent, il apprend beaucoup dans l’opposition.

Les Ajacciens lui permettront sans doute de poursuivre son apprentissage en prolongeant son stage sur les bancs de l’opposition. Renvoyant ainsi l’UMP à ses chères études…



Paul Antoine Luciani le 26 11 2013

 

Paul-Antoine Luciani , interview à Corse Matin - 20 novembre 2013

P-ALUCIANI_-Jean-Pierre_Belzit2.jpeg 1. La campagne débute, elle s'annonce comme l'une des municipales ajacciennes les plus serrées. Votre sentiment ?

Sans doute plus serrée qu’en 2008, compte tenu de l’aggravation des difficultés sociales et du mécontentement général qu’elle entraîne. En Corse aussi. Mais les municipalités ne peuvent être tenues pour responsables des destructions d’emplois, du chômage ou des petites retraites. S’agissant de ce dont la majorité municipale est comptable et qu’elle doit assumer, on peut dire, sans flatter outre mesure la municipalité sortante, qu’elle a bien travaillé pour Ajaccio. C’est d’ailleurs pour cela que nos adversaires veulent à tout prix nationaliser cette campagne. Les Ajacciens ne se laisseront pas abuser.++

2. Après avoir été tenté de présenter une liste, le Parti communiste a annoncé qu'il s'alliait avec Simon Renucci dès le premier tour. Les raisons de ce choix ?

Le parti communiste, fondateur du Front de gauche en Corse, avait le choix entre trois options : le rassemblement dès le premier tour pour rester cohérent avec deux mandatures positives pour Ajaccio ; présenter une liste autonome « Front de gauche » avec l’objectif unique de sanctionner la politique gouvernementale ; présenter, pour les mêmes raisons, une liste communiste ouverte à des personnalités de progrès. Les militants ajacciens ont choisi, par un vote à bulletins secrets et à une très large majorité, la continuité sur des options claires de gestion, pour l’autonomie sur la politique nationale, et pour le renforcement de leur représentation au sein du futur conseil municipal et du futur exécutif. Il n’y rien, dans ce choix assumé, qui ressemble à un ralliement sans principes ; c’est au contraire faire respecter notre bilan local sans cautionner une politique d’austérité que nous combattons sur le vrai terrain où il faut la combattre. Et avec tous les points d’appui, si modestes soient-ils, qui peuvent être utiles à ce combat ; les municipalités en font partie et nos concitoyens le savent bien.



3. Votre « cavalier seul » lors des dernières législatives perdues par Simon Renucci vous a été reproché par ce dernier. Cela vous a-t-il influencé dans votre choix cette fois ?

La déception, c’est humain, peut être mauvaise conseillère. Je vous rappelle que j’ai été trois fois candidat aux législatives « à côté » de Simon Renucci (2002, 2007 et 2012), précisément pour les raisons évoquées plus haut ; et j’ai toujours appelé à voter pour le candidat de gauche arrivé en tête au premier tour… L’enjeu des législatives, c’est la politique gouvernementale. Qui plus est, ces élections suivent désormais les présidentielles, et elles forment, ensemble, une séquence électorale unique dont les enjeux (nationaux voire internationaux) sont indissociables. Les législatives sont donc le niveau pertinent pour une expression propre des formations de gauche et, plus généralement, de toutes celles qui composent l’arc républicain. L’enjeu municipal est différent : centré sur les affaires de la cité, il ne doit pas ignorer le contexte politique national; mais il relève surtout d’une logique locale. . Nous avons toujours pris en compte ces réalités peu discutables et nos choix ne sont dictés que par cette analyse.

4. L'union avec le maire sortant pour cette campagne était une évidence. Pourquoi avoir pris autant de temps pour la réflexion ? Les négociations pour la constitution de la liste sont-elles difficiles ?

Décidément, vous tenez absolument à m’extorquer des confidences prématurées ! Aucune négociation n’est facile, vous pouvez vous en douter. Ce que l’on croit évident a priori peut, à l’expérience, se révéler complexe…D’une manière générale, il vaut mieux prendre du temps (surtout à quatre mois du scrutin) pour obtenir un bon accord, plutôt que de bricoler dans l’urgence, une combinaison qui s’écroulera à la première turbulence !

5. Sur la nouvelle liste, vous souhaitiez obtenir plus que les sept sièges de 2008 et trois postes d'adjoint. Le principal allié de Simon Renucci a-t-il eu gain de cause ?

Ce que je puis dire, et qui sera certainement confirmé par Simon Renucci, c’est que nous travaillons pour parvenir à un bon accord. Et nous allons y parvenir !

6. Nous avons annoncé que vous serez de nouveau premier adjoint en cas de victoire. Confirmez-vous ? Seriez-vous toujours à l'urbanisme ?

L’accord que j’ai évoqué plus haut comportera effectivement cette condition : le poste de premier adjoint sera dans la continuité des mandats précédents, et notre représentation devrait être plus équilibrée et plus visible. Quant à l’urbanisme, j’y ai pris goût ! Mais il est trop tôt pour en parler sérieusement. Il faut d’abord gagner les élections.

7. Quel regard portez-vous sur cette mandature ?

La mandature en train de s’achever aura été celle de certains accomplissements majeurs, pour la ville comme pour la CAPA. Nous allons revenir en détail sur notre bilan. Disons simplement que tous ceux qui s’y sont investis (et ils sont nombreux) doivent ressentir une certaine fierté de n’avoir eu comme boussole que l’intérêt général, et de pouvoir répondre de leur action, la tête haute. Mais ils ressentent aussi, j’en suis sûr, une certaine insatisfaction face à la lenteur des accomplissements : le temps de la décision et celui de la réalisation ne sont pas les mêmes…

8. La réalisation dont vous êtes le plus fier ? Celle qui suscite le plus de regrets ?

Je ne veux ni préciser ni personnaliser ma réponse : il y a, pour toute la majorité, beaucoup de réalisations dont ils pourraient être fiers, et aussi quelques regrets. L’essentiel n’est cependant pas là : quand on se met au service de ses concitoyens, il faut les laisser juger, par eux-mêmes, les résultats obtenus ; ils se feront une opinion en confrontant la situation actuelle de la ville et de ses équipements avec celle qui était la sienne quand nous avons été élus.

9. Que comptez-vous proposer aux Ajacciens pour ce troisième mandat ?

Il y a deux priorités que chacun, en principe, devrait retenir : un nouvel élan de la solidarité, la poursuite de l’investissement. Il n’est pas possible de développer ici ces deux axes interdépendants de l’action publique communale, nous allons y revenir en détail, mais on peut regrouper sous ces deux grandes orientations la quasi-totalité des domaines où la commune dispose de compétences propres.

10. Vos opposants critiquent votre vision de l'aménagement d'Ajaccio qui ne serait pas assez « méditerranéene », ne respectant pas l'identité de la ville comme votre projet « tout minéral » pour la future place Campinchi. Que répondez-vous ?

Ces critiques sont sans objet. Le projet de grande place au-dessus du parking Campinchi fait l’objet d’un concours d’architecture. Il sera largement concerté et la « minéralisation » dont vous parlez ne figure pas dans le cahier des charges du concours ! Nous avons pris l’engagement devant le Conseil des sites de respecter la composition générale de l’ancien square, avec la mise en valeur du monument aux morts. Cet engagement sera tenu.

11. Vous irez à la bataille avec des nationalistes dont vous ne partagez pas les idées. Jean-Paul Carrolaggi sera adjoint en cas de victoire. Au sein de la majorité, certains regrettent la politique « attrape tout » du maire sortant pour constituer sa liste. Qu'en pensez-vous ?

Je siège à la CAPA avec des maires nationalistes, nous votons souvent dans le même sens, et nous ne nous sommes jamais étripés ! S’il y avait des divergences de caractère politique, elles seraient tranchées par un vote (mais le cas ne s’est produit qu’à de rares occasions). Quant aux problèmes de gestion, exposés dans la transparence, ils ne posent pas de gros problèmes idéologiques… La liste qui se prépare pour les municipales est, d’abord, une liste d’union démocratique regroupant l’ensemble des formations de gauche. Mais il n’a jamais été interdit à personne de rechercher quelques candidats « différents » pour élargir le rassemblement citoyen. Cette démarche classique suppose simplement quelques précautions : ces candidats doivent être considérés comme des ouvertures individuelles représentatives d’une sensibilité particulière de la société civile, et non instrumentalisés comme des variables d’ajustement politique de la future majorité ; ils doivent respecter les valeurs et les principes qui sont ceux de toute gestion publique démocratique et leur représentation doit être, autant qu’on puisse la mesurer, proportionnelle à leur influence réelle dans la société…Simon Renucci sait ce qu’il fait, et je ne doute pas qu’il exposera lui-même, à ses alliés de la majorité sortante, et à la presse, les termes de l’accord que ses nouveaux partenaires affirment avoir conclu avec lui, à quatre mois du scrutin.

12. Que vous évoque le cas de François Gabrielli ?



Je n’apprécierai pas que d’autres que les communistes se mêlent de choisir nos candidats. Je m’interdis, par conséquent, de commenter, en quoi que ce soit, la vie interne du parti socialiste.

13. On évoque déjà l'impossibilité pour Simon Renucci de gagner au second tour sans les voix nationalistes. Cet électorat sera particulièrement courtisé...

Contrairement à une certaine idée reçue, la gauche dispose d’importantes réserves dans l’électorat ajaccien. Il s’agira donc, en priorité absolue, de s’adresser à lui et de le rassembler sur de grandes options liant le bilan, le projet, et la résistance locale à la crise. Le second tour aura la configuration que le premier tour aura dessinée. N’oubliez pas que le clivage droite-gauche qui va structurer l’élection, du fait de la campagne « nationale » de nos adversaires, traverse aussi la famille nationaliste et qu’elle ne sera monolithique ni au premier tour ni au second. Rappelons aussi, l’expérience de ces quelques décennies l’a démontré, que les avancées démocratiques que la Corse a connues ont été, exclusivement, le fait des gouvernements de gauche. Donc, oui, l’électorat nationaliste va peser dans le scrutin, mais sans doute pas dans le sens que certains l’imaginent…

14. Nous ne sommes plus en 2008, Laurent Marcangeli a réussi à rassembler la famille libéral. Cela vous fait-il peur ?

Pas vraiment ! Nous prenons au sérieux le rassemblement des courants de l’UMP, ce qui n’était pas le cas en 2008. Mais, comme il leur est très difficile de critiquer notre bilan et qu’ils sont contraints de copier notre projet urbain, ils croient pouvoir s’en tirer en nationalisant le débat municipal. Les Ajacciens ne sont pas dupes, ils voient dans leur jeu !

15. On vous dit en froid avec Maria Giudicelli, notamment depuis sa participation aux dernières Ghjurnate de Corte. Qu'en est-il ?

Qui vous a raconté cette fable ? Le débat démocratique n’est pas la guerre froide ! Maria était ma suppléante aux élections législatives de 2012 ; c’est à ma demande qu’elle nous a rejoints en 2004 à l’Assemblée de Corse, et en 2008 au conseil municipal d’Ajaccio. Son arrivée parmi nous, comme personnalité d’ouverture, préfigurait un peu le Front de gauche qui s’est constitué par la suite, à l’occasion des élections européennes. Maria n’est pas communiste, elle n’envisage pas de le devenir, je respecte ses convictions et nous travaillons ensemble, chacun où il se trouve, à la défense des plus démunis et de l’intérêt général. Nous travaillons l’un et l’autre au renforcement du Front de gauche en Corse. Nous concevons la diversité comme une richesse et non comme un élément de division…

16. En cas de victoire, ce mandat sera-t-il vos dernières responsabilités politiques ?

Le dernier mandat électoral, certainement ! Mais je ne compte pas me retirer du débat citoyen et de la vie culturelle…Je compte m’y consacrer aussi longtemps que j’en aurai la force. Je ne me suis jamais vécu comme un notable, je resterai un militant.

PAL avec Ghjilormu Padovani 20 novembre 2013 Corse_MATIN_Logo.jpg

 

70° Anniversaire de la Libération de la Corse - Merci Léo !

Micheli_leo.jpg Le soixante-dixième anniversaire de sa libération a été, pour la Corse, un événement considérable : grâce au nombre et à la diversité des initiatives mémorielles, grâce à l’implication active des jeunes générations et à la pluralité des territoires concernés, grâce à la présence du président de la République en différents lieux de mémoire, cette commémoration aura eu l’éclat que méritaient ces combats libérateurs et les sacrifices de ceux qui s’y étaient engagés. Temps fort de ces cérémonies, les grands discours prononcés, à Bastia, sur la place Saint Nicolas, par le Président de la République, François Hollande, et par Leo Micheli, le dernier dirigeant politique vivant de cette période décisive de notre histoire contemporaine.

Son hommage à tous les combattants de la liberté, la qualité de son témoignage, la puissance politique de son propos ont fait forte impression. Et ils ont suscité une grande fierté chez les communistes et leurs amis.

Comme avec Arthur Giovoni à Ajaccio il y a vingt ans devant François Mitterrand, l’engagement absolu des communistes dans la résistance et la libération, leur capacité à rassembler les forces vives du peuple ont été rappelés et expliqués par l’un des leurs, devant les plus hautes autorités de l’Etat. A Bastia, le 4 octobre 2013, devant François Hollande, la « leçon de Leo » a fait passer sur la Corse le souffle irrésistible de l’Histoire. Ce n’est pas un hasard si la mission de parler au nom de toute la Résistance lui a été confiée : son engagement, les responsabilités éminentes qui ont été les siennes, son expérience et sa culture, sa stature politique, tout exigeait « naturellement » que cette mission lui revienne.

Mais ce choix renvoie aussi, plus profondément encore, à ce qui a été au cœur de la construction politique singulière qui a donné sens, consistance et efficacité à la Résistance intérieure corse. «Notre Leo» l’a expliqué avec la pédagogie et la subtilité politiques qui ont toujours été les siennes. Sa « leçon » tient, selon moi, en quelques axiomes simples : les communistes n’étaient pas seuls dans la résistance, mais ils avaient compris avant d’autres que la libération nationale et la libération sociale étaient inséparables, que c’était dans le peuple lui-même, dans son union sur une ligne clairement patriotique et démocratique, que l’on pourrait ouvrir en grand le chemin de la liberté. Sans eux, sans leur volonté de rassemblement, le Front National n’aurait peut-être pas existé, et la libération aurait été, avant tout, le fait de forces extérieures. Le peuple corse aurait été, sans aucun doute, plus spectateur qu’acteur de sa propre libération, c’est le sens même du discours du Général De Gaulle à Ajaccio, en octobre 1943.

Il ne peut être question, chacun le comprend, de faire un tri indigne entre des patriotes qui ont tout sacrifié pour libérer leur pays. On peut relever, néanmoins, que les seuls tués en combat sous l’occupation (indépendamment des martyrs de la répression et des combattants de la libération) auront été cinq patriotes, André Giusti, Jules Mondoloni, Dominique Bighelli, Jean-Baptiste Giacomini et Dominique Vincetti, cinq militants communistes actifs dans la préparation de la lutte armée intérieure : leurs destins illustrent une stratégie. Résister, pour tous, c’était exposer sa vie. Mais il y avait débat sur les conditions de la libération. Les dirigeants de Londres et d’Alger auraient préféré que la résistance patiente en attendant le débarquement des armées alliées ; les communistes avaient choisi, avec leurs organisations, de ne pas cantonner leur action au seul renseignement militaire, au demeurant capital en pareilles circonstances.

On peut même soutenir que, sans la ligne politique développée, dans la clandestinité, par le Front national et le Parti communiste, la détermination sans faille des patriotes, leur dévouement absolu n’auraient sans doute pas suffi à la réussite du soulèvement populaire. Il fallait aussi, à la résistance, l’intelligence politique des situations, une ligne politique découlant d’une analyse juste du contexte, et les cadres dirigeants capables de prendre, collectivement, les bonnes décisions au bon moment. Et cela, en pleine conscience de ce qui se jouait à l’échelle planétaire. Ceux qui ont pris la décision d’ouvrir le feu savaient ce qu’ils faisaient au moment où ils ont pris une décision dont ils avaient certainement envisagé la possibilité, la nécessité, et… les conséquences. Rendre hommage à tous ceux, connus et moins connus, à qui nous devons nos libertés d’aujourd’hui ne nous dispense pas d’un examen serein des conditions historiques et du contexte politique de l’époque pour mieux la comprendre et, peut-être, d’en tirer des enseignements.

N’ayons pas peur des mots, Leo Micheli avec la légitimité indiscutable qui est la sienne, a rappelé à tous que l’action des communistes, et leur aptitude à rassembler sur des bases offensives et lucides, ont fait participer la Corse, à partir de sa situation et son identité propres, à un moment crucial de la grande Histoire, celle de la nation, celle de l’humanité. Il y a peu de formations politiques à pouvoir s’enorgueillir d’un tel patrimoine. Et d’un tel message historique. Le 4 octobre, grâce à lui, la Corse a respiré, à pleins poumons et au moins un jour, soixante-dix ans plus tard, l’air pur de l’engagement sans calculs au service des « spoliés de la terre », au service simplement de la libération humaine.

Merci Leo !

Ajaccio le 10 novembre 2013 - Paul Antoine Luciani
 

70ème anniversaire de la Libération de la Corse 1943 - 2013

L

Ce texte de notre camarade Paul Antoine LUCIANI paraîtra ce vendredi 6 Septembre dans les colonnes de logo_hebdo.jpg



HOMMAGE

La forme choisie pour cet hommage rendu à la Résistance corse a été inspirée par un célèbre poème d’Aragon : « Le conscrit des cent villages »*. Mais ce qui est à la base du poème, ce ne sont plus des noms de lieux chargés d’images, d’histoire et de musiques, ce sont des prénoms. Ces prénoms sont ceux d’authentiques héros et martyrs, fusillés, déportés, morts au combat (en Corse ou sur le continent), ou bien survivants et devenus grands témoins. Soldats de l’ombre ou de l’armée régulière, leur destin commun aura été de se dresser contre l’occupation fasciste de la Corse et de contribuer à débarrasser l’Europe du nazisme.

Cette approche « par les prénoms » s’est imposée naturellement : les prénoms instaurent une familiarité. Ils nous rapprochent de ces hommes et de ces femmes dont le souvenir s’efface peu à peu de nos mémoires. Alors que leur engagement, leurs parcours, leur exemple continuent d’inspirer nos combats d’aujourd’hui…

Certes, les commémorations officielles perpétuent le souvenir de certaines individualités prestigieuses et emblématiques qui illustrent et résument le sacrifice de tous les autres ; mais elles peuvent aussi faire oublier que la Libération a été un formidable mouvement de masse impliquant des milliers d’acteurs. Nous voulions rendre hommage à des femmes et des hommes qui nous ressemblent, et qui doivent rester proches de nous, réunis dans leur diversité : ils ont tous combattus pour nos libertés.

Nous avons conscience qu’une liste de cette nature risque d’apparaître comme une injustice à l’égard de ceux, nombreux, qui n’y figurent pas. Mais il nous était impossible de dresser une liste complète. D’abord, parce que nous ne connaissons pas tous ceux qui, à des titres divers, ont apporté une contribution à cette lutte immense.

Ensuite, parce qu’il existe (même si elle ne peut être sans lacunes) une liste de noms où nous avons puisé nos exemples ; c’est celle que Maurice Choury a établie et publiée dans « Tous bandits d’honneur »**. Elle est longue et difficile à exploiter dans le format choisi. Le recours aux prénoms permet de dépasser cette difficulté (sans la résoudre complètement) car le nombre des prénoms homonymes renvoie à un nombre bien plus grand de patronymes : comme il y a les prénoms connus et ceux qui le sont moins, il y a aussi ceux qui sont partagés ; et c’est ainsi que les soixante-seize prénoms cités dans ce texte sont, en réalité, ceux de deux cent douze patriotes identifiés ; ce sont ceux que l’on peut retrouver, pour partie, dans la liste publiée par Maurice Choury, ou bien dans d’autres publications. Une liste complète, s’il était possible de l’établir, serait encore plus longue… Le caractère collectif de l’hommage s’en trouve encore plus nécessaire et mieux souligné.

Enfin, il fallait respecter les exigences propres à l’écriture des alexandrins : associer des prénoms, simples ou composés, en les organisant par groupes de douze syllabes rimées, sans rechercher de correspondance étroite entre ces prénoms et les faits ou thématiques des différentes strophes où ces prénoms ont été placés.

Quant au titre, il faut ici entendre « Cent » comme « Beaucoup » : nous avons voulu évoquer ainsi une force collective, et tenté d’illustrer, à notre manière, « l’élan de tout un peuple contre la tyrannie », selon l’expression d’Arthur Giovoni.



Le lecteur jugera du résultat.

*La Diane française, (Œuvres poétiques complètes, éd. La Pléiade, page 1014).

** Tous bandits d’honneur, (Ed. Alain Piazzola 2012 , pages 185 à 199).

            °°°

CENT NOMS POUR LA LIBERTÉ

            °°°

Ceux qui ont dit Debout ! Nous entendons leurs voix

Arthur, Albert, André, Antoinette, François,

Eux qui ont refusé que l’on nous mette au pas,

Nonce, Noël, Pierrot, Jérôme, Nicolas,

Catherine, Tristan, Philippe, Jean-Donat

              *

Dans la nuit du fascisme, ils se sont tôt levés,

Hyacinthe, Madeleine, Ange Marie, Renée,

Pour s’unir et s’armer dans la Corse occupée,

Pierre, Marie, Martin, Charlot, Félicité.

              *

Malgré les noirs essaims qui nous cachaient le ciel,

Malgré le Maréchal, ses lois, ses sentinelles,

Dominique, Léo, Jéromine, Danielle,

Jean, Jules, Fred, Michel, Francette, Gabriel,

Ange, Emile, Pierre-Jean, Paul, Fabrice, Julien

Agissaient, rassemblaient pour un autre destin.

               *

Des femmes à Bastia, dans la rue, pour le pain,

Des jeunes gens au maquis, qui ouvraient le chemin

Un espoir renaissait de cette ardeur féconde :

C’étaient les forces neuves qui changeraient le monde !

Ils n’avaient dans le cœur que l’amour de leur terre,

Don Jacques, Jean-Toussaint, Paul-Marie, Félicien ;

Et la seule volonté d’en chasser la misère,

Simon-François, Sauveur, Marcel, Pascal, Lucien.

              *

Souvent même prénom, toujours même combat ;

Un idéal commun de tous réglait le pas,

Ceux qui n’y croyaient pas et ceux qui priaient Dieu,

Bébé, Barthélémy, César, Jeannot, Mathieu,

Raoul, Guy, Benoît, Rose…. Fusillés, survivants,

Envers tous et chacun, soyons reconnaissants !

              *

Ils portaient un flambeau sous le ciel incertain

Jean-Bati, Jean-François, Luc, Antoine, Toussaint.

Ils portaient le soleil, la liberté, la vie,

Simon-Jean, Jean-Mèmè, Maurice, Jacques, Henri.

Paul-André, Sébastienne, Roger, Ours-Marie,

Sacrifiés pour nous, au nom de la patrie,

Maria, Robert, Titus, Jean-Paul, Joseph, Louis.

              *

La liste est encore longue, en connait-on la fin ?

Isidore, Félix, Ange-Pierre, Gallien,

Laurent, Paulin, Françoise, Archange, Séraphin …

N’oublions pas non plus les tabors marocains,

Le bataillon de choc, les mutins italiens :

Contre l’armée nazie, ils se sont tous dressés,

Et pour nous délivrer, eux aussi sont tombés.

               *

Gardez, gardez au cœur les noms de nos héros

Ils n’ont pas reculé, même face au bourreau !

Du vrai progrès humain, ils furent les apôtres,

Dans leurs pas glorieux, mettons aussi les nôtres,

Et comme repère sûr, gardons leur goût des autres !

Répétez, répétez ces noms qu’il faut aimer ;

Pour nous ils resteront ceux de la Liberté !

               *

Paul Antoine Luciani Juillet 2013

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