Voci Aiaccini "U Bloggu di U ROSSU" Fédération de la Corse du Sud du PCF Supplément officiel à "la Voix d'Ajaccio"

Mot clé - FRONT DE GAUCHE

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"TERRITORIALES" Décembre 2015

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U Rossu vous présente la dernière version de notre texte régional, auquel une bonne cinquantaine de camarades des deux fédés ont, d'une façon ou d'une autre, été associés. Il se présente comme un texte d'orientations et de cadrage et non comme un programme qui viendra plus tard

Ouvrir le débat, faire renaitre l’espoir à gauche

Les animatrices et animateurs du Front de gauche se sont réunis le 18 juillet à l’Université de Corte. Ordre du jour : les élections territoriales des 6 et 13 décembre 2015.

A l’issue de leurs travaux, ils ont lancé le débat public sur les enjeux de ce scrutin qui va intervenir dans un contexte européen, national et territorial profondément bouleversé. Ils ont pris deux initiatives à mettre en discussion au sein de toutes les composantes du Front de gauche, notamment au sein des instances départementales du Parti communiste.

-La première, en continuité avec la réflexion engagée lors des réunions des 6 et 27 juin, c’est la constitution d’une liste autonome du Front de gauche conduite par le Président actuel de l’Assemblée de Corse, Dominique Bucchini. -La deuxième, c’est d’engager un grand débat citoyen avec la population corse dans sa diversité. Un débat centré, non sur de nouvelles promesses électorales, mais sur une analyse de la mandature écoulée, avec ses avancées et ses insuffisances, incluant notamment un bilan, aussi exhaustif que possible, de l’activité du groupe Front de gauche avec un Président de l’Assemblée issu de ses rangs.

Cette expérience, unique en son genre dans l’histoire contemporaine de la Corse, appelle en effet une évaluation conduite avec le souci de la vérité.

Cette évaluation fournira des matériaux pour la corédaction d’un programme territorial tenant compte de ce bilan et clairement centré sur les grandes questions qui sont au cœur des conditions de vie de la population, la lutte contre l’austérité et pour la démocratie politique. Un programme qui tiendra compte également de la durée très courte de la mandature à venir, avant la mise en place de la Collectivité unique.

Voici une première réflexion sur le contexte nouveau dans lequel vont intervenir ces élections, versée au débat par le PCF composante du Front de gauche.

Lire le Document en Annexe

 

COMITE DEPARTEMENTAL Ajaccio le 18 avril 2015

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RAPPORT D’INTRODUCTION Présenté par Maxime NORDEE, secrétaire départemental

La situation après départementales

Dans le cadre général, la politique du gouvernement VALLS continue ses orientations libérales. Le chômage augmente au fur et à mesure que les mesures économiques, sociales et fiscales au profit du patronat sont mises en œuvre. Après les élections départementales, la situation se présente avec une droite qui se renforce mais aussi davantage d’élus du Front national. C’est une lourde défaite pour le PS qui perd plus d’1/3 d’élus et 24 départements.

Contrairement aux affirmations du gouvernement, ce n’est pas « la désunion des forces de gauche » qui a entraîné cette perte mais bien la faiblesse de toute la gauche. Le PCF, le Front de gauche, ont résisté avec une progression dans 60 départements et 178 conseillers ( dont 166 communistes). Le Front de gauche, en terme d’élus, est la troisième force après l’UMP et le PS. Le parti communiste, avec le Front de gauche résiste à 9,40%. Mais attention de ne pas tomber dans le piège du tripartisme qui est utilisé par le pouvoir pour se dédouaner de sa responsabilité politique du renforcement de la droite et de l’extrême droite et ne laisser aucune place à une alternative de gauche.

L’abstention atteint des chiffres records et traduit une méfiance vis-à-vis du politique et des engagements non tenus – et c’est particulièrement vrai chez les jeunes et les électeurs de gauche…

Rappel des résultats en Corse du sud :

Présents dans 8 cantons sur 11 – Taux d’abstention à près de 50%

Ajaccio 1 21,63 % 791 voix

Ajaccio 2 15,90 % 518

Ajaccio3 16,73 % 610

Ajaccio 4 17,48 % 485

Ajaccio 5 33,25 % 2044

SEVI-SORRU-CINARCA 13,46 % 473

TARAVO-ORNANO 4,61 % 343

VALINCO 18,64 % 1000

Pas de candidat Gravona-Prunelli, Bavella et Grand sud

Il serait intéressant de faire, commune par commune, le point sur nos voix afin d’avoir une vision précise et localisée de l’état de nos forces.

Réussir le rassemblement contre l’austérité

En début de mois, la résistance s’est concrétisée contre la loi MACRON avec une journée intersyndicale le 9 avril, journée à laquelle nous avons apporté notre soutien et à laquelle nous avons participé ; car il est nécessaire de contrer cette politique qui s’attaque au code du travail, aux acquis sociaux, qui détricote les acquis du Conseil national de la Résistance. Pour renforcer le rassemblement des forces de gauche contre l’austérité, des propositions concrètes sont à avancer et à mettre en débat : - Comment sortir de la crise ? - Avec quelles mesures ? …

La question n’est pas tant d’être pour ou contre la politique du gouvernement mais plutôt de répondre aux attentes populaires. Des initiatives sont à développer comme la bataille « je rêve d’une banque » sur l’utilisation de l’argent public, ou sur les thèmes du logement, de la santé, de l’école, de la culture, de l’environnement, des budgets des collectivités locales. Les chantiers de l’espoir, associant des personnalités, des forces politiques, citoyennes diverses et les communistes sont lancés. Le PCF y apporte ses contributions. Un temps fort se tiendra le 20 mai prochain où le Parti lancera son projet en proposant un texte suggérant quels chemins prendre, quel rassemblement opérer, quelles grandes propositions mettre en avant, avec une trentaine de mesures immédiates, qui répondent aux urgences écologiques, sociales, économiques, démocratiques. Le Parti se préparera ainsi, de manière offensive et rassembleuse, pour les élections régionales de décembre.

En Corse du sud

En Corse du sud, « l’après départementales » se caractérise par 3 données importantes ( cf communiqué) : - la vague UMP - la confusion politique générale - la clarté de la position des communistes : . clairement contre l’austérité, . pour le maintien d’un échelon départemental de proximité face à la nouvelle centralisation territoriale, . pour une consultation populaire par referendum sur la Collectivité unique corse, . pour changer de politique.

Dans ce contexte, le Parti doit retrouver du souffle, se renforcer par des adhésions nouvelles – et nous en avons - , se positionner dans le jeu politique surtout là où nous n’avons pas présenté de candidats. Nous nous sommes déjà engagés dans des batailles : - contre la loi MACRON, au niveau parlementaire mais aussi dans la rue avec la manif intersyndicale - pour faire du 1er mai une journée de mobilisation - en s’inscrivant dans la journée nationale de la Résistance, le 27 mai prochain - en participant activement à la défense des services publics qui se dégradent si fortement en Corse

Pour amplifier la construction d’une alternative, des initiatives nationales sont lancées (convention sur le projet le 20 mai – rencontre des acteurs de l’école le 23 mai – tenue des chantiers de l’espoir et tournée nationale de Pierre LAURENT). Dans ce cadre, nous le recevrons en Corse les 21 et 22 mai prochain. Nous nous inscrivons aussi dans cette bataille pour l’alternative en Corse du sud en organisant une journée d’étude et de débat le 25 avril sur le thème de l’Environnement avec la participation de P. FOULQUIER, responsable national de cette question. Le Bureau Départemental invite dès maintenant les sections et l’ensemble des camarades à engager le débat, pour renforcer le Parti et pour préparer les élections régionales. Nous allons travailler nos objectifs politiques pour faire gagner une vraie politique de gauche contre l’austérité. La section d’Ajaccio, par exemple, a programmé une assemblée des adhérents le 23 avril. J’invite également les autres sections à la faire et propose la participation et l’aide du BF si elles s’avèrent nécessaires.

Initiatives régionales

Dans l’analyse et la réflexion pour préparer les élections régionales, un premier échange a eu lieu avec les camarades de Haute Corse lors d’un COMITE REGIONAL qui s’est tenu le 10 avril. Nous y avons fait le constat de la confusion politique qui règne après les élections départementales, confirmée avec les épisodes des élections des présidents des conseils départementaux puis les dissensions au sein de la Communauté d’Agglomération Bastaise… Les communistes sont restés clairs malgré tous ces remous qui s’annonçaient déjà lors des élections sénatoriales où l’on a vu des élus locaux de gauche – je dirai prétendument de gauche – voter pour le candidat UMP. Les communistes ont affiché leurs orientations contre l’austérité, contre les politiques clanistes, pour le maintien d’un échelon départemental de proximité face à la nouvelle centralisation territoriale que les mêmes veulent imposer à la Corse . Sur ce sujet, d’ailleurs, le Comité Régional a validé la position du groupe de ne pas se rendre à la rencontre parisienne où tout était joué d’avance. Des initiatives contre la Collectivité unique vont être lancées, notamment une pétition. Des actions doivent aussi être proposées sur la question des transports et de la sauvegarde du service public et de la SNCM. Nous sommes par exemple saisis de la question de la prime de transport pour les retraités, nous devons y répondre en faisant la clarté, la aussi, quant aux responsabilités.

La question des alliances

La question des alliances se pose donc avec force et il nous faut, dans la débat démocratique et dans la clarté, avancer notre réflexion sur la stratégie à suivre.

Dans le cadre du rassemblement de toutes les forces contre l’austérité, nous avons, dans un premier temps, rencontré nos partenaires en Corse du sud ( il serait d’ailleurs plus juste de dire d’Ajaccio) : le PG et Manca Alternative-Ensemble. L’objectif du BF était de montrer la cohérence de notre démarche de rassemblement contre l’austérité en montrant d’abord que, malgré nos différences, nous étions capables de nous entendre sur l’essentiel avec nos partenaires du Front de gauche. Dans la même démarche, la journée d’étude sur l’environnement du 25 avril sera largement ouverte aux écologistes, aux responsables syndicaux et culturels. Mais il revient d’abord aux communistes de débattre et de se positionner pour se mettre en ordre de marche et mobiliser pour cette future échéance électorale de décembre.

Il faut savoir que la situation de notre groupe communiste et du Front de gauche à l’Assemblée de Corse devient difficile car il se retrouve isolé sur certains dossiers. L’effort de diffusion des interventions de nos élus doit être relayé auprès de nos adhérents pour alimenter la réflexion et permettre une remontée des débats et des positions des uns et des autres. Des interpellations fussent de toutes parts et information et explications restent nécessaires comme par exemple sur la question de l’amnistie des prisonniers politiques.

A nous tous, donc, de nous mettre au travail et de prouver qu’une alternative de gauche est possible, que la lutte contre le libéralisme, le capitalisme est plus que jamais d’actualité, que le rassemblement contre l’austérité est à construire pour sortir des recettes libérales du gouvernement VALLS et pour empêcher l’UMP de cadenasser toutes les institutions en Corse.

 

Le Président du groupe CCFG, Etienne BASTELICA sera l’invité du club de la presse

                               Notre ami et camarade Etienne BASTELICA sera l’invité du club de la presse sur RCFM le MERCREDI 10 DECEMBRE de 12h00 à 13h00.

Il y abordera l ensemble des problèmes qui préoccupent fortement la population, et se fera porteur des idées soutenues par le Front de Gauche à l'Assemblée. Il sera intéressant d'être à l'écoute......

 

ELECTIONS EUROPEENNES

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LISTE DU FRONT DE GAUCHE

Les citoyens sont invités à choisir leurs députés européens le 25 mai prochain.

La liste du FRONT DE GAUCHE, avec Marie-Christine VERGIAT, députée européenne sortante en tête de liste, se prononce pour une autre Europe au contraire de l'Europe antisociale et ultralibérale soumise aux seules règles du business. Elle se prononce pour "L'HUMAIN D'ABORD". Vous êtes cordialement invité à la réunion publique avec les candidats du FRONT DE GAUCHE



Marie Christine VERGIAT députée européenne



et



Michel STEFANI conseiller à l'Assemblée de Corse président des chemins de fer de la Corse

MERCREDI 14 MAI à 18h30 palais des congrès

 

Samedi 26 avril de 14 heures à 18 heures à l’Université de Corte

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Nous vous invitons à une rencontre des animatrices et animateurs du Front de gauche le :

Les travaux seront consacrés, après une courte introduction à la discussion, aux thèmes suivants :

• Situation politique après les municipales

• Combattre l'austérité et changer de politique pour une véritable politique de gauche

• Campagne électorale pour les Élections Européennes du 25 mai

.

Comptant sur votre présence, je vous transmets, au nom du groupe, mes sincères salutations.

                               Etienne Bastelica

Nous vous invitons à partager très largement cette invitation

 

MC VERGIAT Députée Européenne FDG

A l'occasion de la journée internationale des droits et des luttes des femmes, après le débat organisé à l'espace diamant à Ajaccio sur la prévention des violences faites aux femmes, une rencontre s'est tenue avec Marie Christine VERGIAT, eurodéputée du Front de gauche et élue de la circonscription du sud est.

Durant près de deux heures les militants de la fédération ont échangé avec notre camarade députée européenne, sur les luttes des femmes, sur les prochaines élections européennes de mai prochain et sur l'importance d'avoir des élus communistes et du Front de gauche au Parlement européen.

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Accueil de M.C. VERGIAT et lancement du débat par Maxime NORDEE secrétaire départemental de la Fédé 2A du PCF .

 

Marie Christine VERGIAT, députée européenne du Front de gauche

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Les communistes de Corse du sud recoivent Marie Christine VERGIAT, députée européenne du Front de gauche, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, samedi 8 mars dans le local de la fédération, impasse Bertin à Ajaccio, à partir de 16h30.

Membre de la commission des droits de l'Homme au Parlement européen, elle participera à un échange sur le role d'une élue du Front de gauche au Parlement européen et sur la manière de prendre en compte les problématiques corses, dans le contexte de l'union européenne marqué par la domination, sur le plan économique et politique, des idées néolibérales mais aussi par l'existance de résistances et de construction d'alternatives.




le secrétaire départemental Maxime NORDEE maxim.jpg

 

De l'usage de l'étiquette "FRONT de GAUCHE"

pcf_fdg.jpg Sous la plume de Maria Maddalena Lanteri nous apprenons par internet que Manca alternativa « tient à se dissocier des mascarades politiciennes » des municipales, sous le mot d’ordre « Pas de compromissions avec les représentants locaux du Parti socialiste ou autres associés ».

Ce mouvement n’a constitué aucune liste pour vérifier son influence réelle et la validité de sa stratégie électorale mais par une curieuse conception du fonctionnement du Front de gauche ses dirigeants se reconnaissent le droit de parler en son nom tout en demandant aux autres composantes et en particuliers au Parti communiste, sans lequel le Front de gauche n’existerait pas en Corse, de ne pas le faire. C’est d’autant plus discutable de la part des dirigeants de Manca alternativa que leur participation, relativement récente à l’activité politique du Front de gauche, se voulait conforme à ses objectifs de rassemblement.

Voila à présent, contre toute attente, qu’ils jettent le discrédit sur les communistes qui ont choisi, eux, de différentes façons de mener le combat dans ces élections contre la droite et l’extrême droite sans affaiblir leur condamnation de la violence indépendantiste. Occupant la place de commentateurs ils expliquent que les communistes participent de « la pulitichella qui pollue l’atmosphère depuis des lustres ». Drapée de toutes les vertus, ils tirent ainsi de leur courte existence politique, la conclusion qu’ils incarnent l’air pur. Quelle modestie !

S’agissant de l’accord électoral de Bastia rien ne les autorise à mettre en garde les communistes, comme ils le font, s’agissant de l’utilisation de l’étiquette du Front de gauche. Nous assumons cet accord sous la seule étiquette du PCF.

Le Parti de gauche il est vrai est tellement pointilleux et clair que son souci, au moment de la création de cet espace politique, aura été de déposer, en secret, un nom de domaine pour s’en arroger la propriété. A propos des municipales, ses dirigeants, très provocateurs, reprochent aux communistes de se « compromettre avec les socialistes dans la gestion de nombreuses villes », mais s’autorisent eux à passer des accords avec EELV, pour ces élections voire pour les européennes. Or, ce Parti est dans la majorité gouvernementale contrairement au Parti communiste. Bien sur, cette contradiction est une poche d’air sain dans une atmosphère politique insalubre !

On fait la politique avec des principes en respectant ses partenaires. On peut être loyal et ferme sur le contenu politique. A Bastia cela nous conduit à aller devant les électeurs sous nos couleurs pour défendre un bilan dont les élus communistes partagent l’essentiel depuis 1968 dans le cadre de l’union de la gauche. En cela elle est ici le socle de la gauche sociale et républicaine.

Cette Ville est celle en Corse ou on compte le plus de logements sociaux, ou un tiers des usagers ont accès gratuitement aux transports publics, où la conception du service public se vérifie dans la gestion municipale des parkings, de la cuisine centrale, ou de l’eau et de l’assainissement confiée à l’OEHC. En général la vitalité culturelle de Bastia est reconnue et il est désormais admis qu’elle accueillera la scène nationale. Reste les aménagements structurants, les écoles modernisées, le boulevard urbain et le tunnel, la requalification du centre ancien et des quartiers sud, le musée de la citadelle, la bibliothèque, le centre culturel, le Stade Armand Cesari rendu à la gestion publique et homologué ligue 1, après le drame de la gestion privée…

Il faut également retenir que le centre culturel des quartiers sud sera achevé cette année et que la création d’une voie douce rendra possible la promenade en bord de mer de Toga jusqu’à l’Arinella. Cette promenade d’ailleurs anticipe sur la réalisation du nouveau port de commerce à la Carbonite et sa jonction intermodale avec le train, le tout favorisant une meilleure qualité de vie. Enfin il n’est pas inutile de préciser que la gestion « sociale et solidaire » de la municipalité de gauche a été conduite sans augmentation de la fiscalité, sans frein à l’investissement, sans endettement risqué.

Dans tout cela les élus communistes ont leur part et c’est aussi une façon de résister au quotidien à la politique d’austérité des gouvernements successifs. Les villes dans lesquelles les élus communistes sont nombreux constituent un avantage pour les ménages populaires les plus en difficulté et un point d’appui pour les travailleurs dans leurs luttes. Dernièrement encore ils étaient sur le port de Bastia aux côtés des marins, des sédentaires et des officiers de la CMN et de la SNCM pour défendre avec eux l’emploi et le service public.

Voila comment les communistes combattent la politique d’austérité gouvernementale mais ne se trompent pas d’élection. Le 23 mars il ne s’agit pas de choisir le député ou le président de la République mais le Conseil municipal et les conseillers communautaires. Alors que l’objet principal de l’élection est là, il serait pour le moins incongru, au prétexte de ne pouvoir avoir d’élu, de s’en tenir à l’interdiction, toute relative, de l’usage de l’étiquette du Front de gauche pour ceux qui peuvent l’être. Plutôt que de prôner l’abstention, les dirigeants de Manca alternativa devraient en tenir compte et soutenir l’élection ou la réélection d’élu(e)s communistes. Dans le cas contraire il n’y aurait aucune hésitation de la part des communistes.

Michel Stefani

 

Présentation des 10 candidats communistes et Front de gauche présents sur la liste "Ajaccio ensemble - Aiacciu inseme" conduite par Simon Renucci.

Dimanche 23 février, sous le kiosque à musique de la Place du Diamant, présentation des 10 candidats communistes et Front de gauche présents sur la liste "Ajaccio ensemble - Aiacciu inseme" conduite par Simon Renucci.

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Participaient à cette initiative un groupe de jeunes communistes ajacciens (nouveaux adhérents, voir photo). C'est un signe très positif qui indique que l'aggravation des inégalités et des injustices, comme la montée de la droite extrême un peu partout en Europe font aussi se dresser une partie de la jeunesse corse.

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Après le titre erroné de Corse Matin (ce n'est pas le fait de la journaliste, mais une erreur de notre part) il nous est apparu nécessaire d'apporter des précisions (texte ci-dessous).

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Le positionnement du Front de gauche

La présentation des dix candidats communistes et Front de gauche sur la liste « Ajaccio ensemble -Aiacciu Inseme » conduite par Simon Renucci a été l’occasion de rappeler que les jeunes communistes ajacciens se sont engagés dans la campagne, avec un candidat étudiant, Kilian Cervetti. En Corse, le Front de gauche n’est pas constitué d’un cartel d’organisations ; il a été créé, après les élections européennes de 2009, à partir d’un élargissement antérieur du parti communiste : c’est dans ce cadre que Maria Guidicelli et Josette Risterucci, qui ne sont communistes, sont été élues depuis 2004 à l’Assemblée de Corse. Et c’est encore le cas aujourd’hui, à la mairie d’Ajaccio : Maria Guidicelli, Etienne Bastelica et Marie Padovani ne sont pas membres du parti, mais cela ne les empêche nullement de travailler avec nous en toute liberté et pleine solidarité. Cette singularité du Front de gauche corse est un atout pour la liste conduite par Simon Renucci : elle est déjà partie prenante du bilan de la majorité sortante ; elle participe aussi à la construction d’un projet utile pour Ajaccio. Et même si, ici ou là, on semble le contester, la présence dynamique des communistes et du Front de gauche sur la liste d’union lui apporte une composante originale, indiscutablement située à gauche… La ligne nationale de notre groupe est clairement anti-austérité ; elle entend, contre les sirènes dangereuses qui plaident le contraire, faire prévaloir la continuité d’une politique d’investissement communal, indispensable pour deux raisons étroitement liées : répondre aux besoins sociaux, soutenir l’activité économique et donc l’emploi.

Ajaccio le 24 février 2014 Paul Antoine Luciani

 

Consultation des Corses par référendum : la lettre de Michel Stefani au Président de la République

M_Stefani__15_.jpgMonsieur le Président de la République,

Le 4 octobre 1943 la Corse se libérait des occupants fascistes, allemands et italiens. Aujourd’hui je me félicite de votre venue pour commémorer ce 70ème anniversaire de la Libération de la Corse.

Votre présence relève ainsi l’hommage rendu au peuple corse insurgé le 9 septembre 1943. Ce jour là, de sa seule volonté, il choisira librement d’associer son destin à celui de la France par le sang versé et le combat qu’il prolongera jusqu’à la Libération de l’ensemble du territoire national.

Aussi glorieuse que cette page d’histoire ait pu l’être, il se dit ici que vous vous exprimerez également à propos du vote de l’Assemblée de Corse demandant une inscription de la Corse à l’article 72 de la Constitution sous un cinquième alinéa.

Cela implique de modifier la Constitution soit après une consultation par référendum du peuple français, soit après un vote identique de l’Assemblée Nationale et du Sénat puis du Parlement réuni en Congrès où la majorité des 3/5ème est requise.

Les Corses entendent, regardent et se demandent, en conséquence, si effectivement la parole leur sera donnée pour confirmer ou infirmer le vote de l’Assemblée de Corse qui engage leur propre avenir.

En 2003, ils s’étaient prononcés contre la modification institutionnelle pourtant votée à une écrasante majorité par l’Assemblée de Corse. Cela interpelle d’autant plus le responsable politique que, récemment, en Alsace la volonté, quasi unanime, des élu(e)s a été battue en brèche sur une question similaire.

Voila pourquoi, il me semble indispensable que l’exigence démocratique de consultation populaire, absente de la délibération de l’Assemblée de Corse, adressée au gouvernement, soit prise en compte et affirmée conjointement par les plus hautes autorités de l’Etat.

Dans ces conditions, sans préjuger de la réponse du gouvernement, je me permets de m’adresser à vous afin que les Corses n’aient aucun doute sur la garantie d’être consultés par référendum avant que ne soit engagé, si tel devait être le cas, le processus de révision de la Constitution destiné à obtenir l’inscription spécifique de la Corse à son article 72.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Michel STEFANI

 

Assemblée de Corse: "La Corse d'en bas vise un seul statut celui d'élever son pouvoir d'achat"

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C’est ce qu’affirme Dominique Bucchini.

Du statut de résident aux divergences avec l’Exécutif territorial, le président de l’assemblée de Corse donne son avis sur les sujets qui ont fait polémique cet été Paul Giacobbi voudrait limiter l'accès à la propriété aux non-Corses. Que pensez-vous de cette proposition qui suscite la polémique jusqu'au niveau national ? La spéculation n'est en rien spécifique à la Corse. Elle est même internationale. Quand on évoque le cas de ce « prince oriental qui vient d'acquérir une des cinq versions des Joueurs de Cartes de Cézanne pour 250 millions de dollars, qui peut acheter, s'il le souhaite, la moitié de notre territoire », et qu'on en tire la conclusion « qu'il faut donc limiter l'accès à la propriété foncière en Corse pour les non-résidents », j'ai la conviction que l'on se trompe de débat.

Clarifiez le débat…

Personne n'achètera « la moitié de notre territoire » qui est aujourd'hui la propriété de centaines de particuliers ou de collectivités. Pour y parvenir, il faudrait au préalable convaincre tous ces propriétaires de vendre ! Ce qui paraît difficile à réaliser, sauf à considérer que les propriétaires corses sont tous corruptibles ; et alors, il n'y a plus rien à faire pour sauver le territoire de l'appétit de ceux qui l'habitent… L'excès dans la comparaison tue le raisonnement. Car la question posée par l'exemple cité est bien, d'abord, celle de l'argent et des règles nationales et internationales qu'il faut imposer à sa circulation et à ses détenteurs. Mais il est acquis que les choses ne pourront rester en l'état... Comment peut-on imaginer que la Corse pourrait, par dérogation au droit de propriété ou aux règles mondiales du commerce, empêcher la spéculation sur son seul territoire ? « Si on peut acheter un terrain en Corse aussi aisément qu'une tablette de chocolat sur le rayon d'un supermarché, on court à la catastrophe ». Là encore, la comparaison est trompeuse : tout le monde, ou presque, peut s'acheter une tablette de chocolat. Qui peut s'acheter mille mètres carrés sur la route des Sanguinaires ou à Palombaggia ? Certainement pas les 80 % de Corses que leurs revenus rendent éligibles au logement locatif social. Et qui sont, par définition, inéligibles à toute forme de propriété, quel que soit leur « statut de résident ».

Selon vous, le statut de résident est-il à rejeter ?

Le seul statut qui intéresse la Corse d'en bas, la « Corse maigre », celle qui représente une très large majorité des « résidents », est bien celui qui élèvera son pouvoir d'achat et sa capacité à se loger comme locataire ou comme propriétaire. Juguler la spéculation foncière et immobilière est une nécessité absolue. Mais si l'on aborde le problème en ignorant la force de l'argent, en Corse et ailleurs, on ne pourra satisfaire aucune des grandes aspirations populaires et on aboutira à renforcer le pouvoir des riches, résidents ou non…

Que proposez-vous ?

Il appartient à la puissance publique de prendre des mesures afin de réguler le marché du foncier et de l'immobilier et de contenir la spéculation à l'origine des dérives actuelles de type mafieux ou affairiste. Il s'agit donc de mettre en place, au niveau national et européen, des mécanismes législatifs et fiscaux qui soient réellement anti-spéculatifs et qui auront des effets. Ces mesures, si elles ne sont pas, aussi, de niveau européen, risquent fort de n'être que cosmétiques. En Corse comme ailleurs. Une plainte a été déposée pour racisme et discrimination. N'est-ce pas une pierre dans le jardin de l'assemblée de Corse ? C'est une initiative isolée qui ne peut avoir d'écho dans notre assemblée délibérante.

Paul Giacobbi marche sur les pas des nationalistes. Comme beaucoup d'élus qui prônent la République une et indivisible, êtes-vous gêné en tant qu'allié de la majorité régionale ?

Il ne sert à rien de tenter d'opposer le président de l'exécutif et le président de l'assemblée de Corse… Vous avez noté que Paul Giacobbi s'est prononcé contre la notion de citoyenneté corse. C'est là un point de divergence essentiel avec le nationalisme. Pour le reste, vous avez observé que nous pouvions débattre sérieusement, avec nos différences, et que les grands dossiers de la Corse étaient examinés et discutés avec une volonté collective d'aboutir. La République que je prône c'est celle qui permettra l'émergence d'une société nouvelle. Pour construire cette société démocratique sociale et solidaire le verrou à faire sauter c'est bien celui du libéralisme.

Êtes-vous d'accord politiquement avec votre ami Francis Riolacci qui considère que l'exécutif a trop d'accointances avec les indépendantistes ?

Il ne vous a pas échappé que Francis a souhaité que le débat ait lieu dans notre formation politique et dans le cadre de la rencontre trimestrielle des animatrices et animateurs du Front de gauche. C'est légitime. Celle-ci aura lieu en septembre, je m'y exprimerai sans détour.

Quelles sont les divergences entre les élus du Front de gauche et l'exécutif régional ?

Nous avons fait notre liste au 1er tour en 2010, précisément parce qu'il y en avait. Elles n'ont jamais été cachées, notre vote contre la délibération définissant la DSP maritime l'a montré. Mais, quand il s'agit de battre la droite et de travailler à faire réussir la gauche, nous ne sommes jamais en retrait. Il était impossible de définir autre chose que quelques lignes d'action entre les deux tours de l'élection. Nous avons donc à surmonter aujourd'hui les difficultés restées en suspens à ce moment-là. Nous le faisons avec la volonté, non d'aggraver la situation de la Corse, mais en travaillant très sérieusement pour avancer.

N'avez-vous pas été amer que Maria Guidicelli, élue du Front de gauche, participe aux journées nationalistes de Corte ?

Nous allons en débattre sereinement et surtout sans amertume.

Pourquoi le Front de gauche a accepté cette année l'invitation, alors qu'il avait décliné l'offre l'an dernier ?

Nous avons fait le choix de vivre sans crainte de la diversité. C'est certes plus exigeant dans le fonctionnement et l'expression publique mais c'est une richesse pour l'action politique dont l'efficacité dépend finalement de la cohésion et de son maintien. Maria, explique dans son courrier aux élus du groupe qu'elle a choisi d'y aller. Le courrier est public mais il n'engage pas le groupe dont la position n'a pas varié d'une année à l'autre.

Dans quelle mesure faut-il modifier la Constitution pour que le Padduc aboutisse ?

La réponse à cette interrogation ne peut intervenir qu'à la fin du travail d'élaboration et non en préalable. Nous avons délibéré ; chacun sait que nous sommes pour beaucoup dans l'adoption de ces délibérations, s'agissant du statut de la langue et du transfert de la fiscalité sur le patrimoine. Nous savions que sur ces deux points il fallait toucher la Constitution. Nous préférons cette manière précise de procéder et non la confusion d'un principe général de dérogation.

Le Président de l'Exécutif bouscule les Républicains. Vous sentez-vous à l'aise dans cette majorité ?

Je me sens surtout motivé. Pour ce qui est du républicain, je pense qu'il faut changer cette constitution et aller à une VIe République éthique, solidaire et démocratique favorisant l'épanouissement social et culturel de la Corse.

Votre fonction et votre alliance ne vous obligent-elles pas à faire certaines concessions contre-nature ?

Il faut dire lesquelles sinon c'est du procès d'intention. Le compromis n'est pas la compromission. Sur ce plan, on me connaît et les élus du groupe aussi. Notre travail est souvent reconnu pour sa qualité. Nous n'avons pas la culture de la différence ni celle de la dilution. Nous l'avons dit dès le premier jour où notre majorité s'est constituée : nous sommes une force politique autonome et responsable. Dans chaque réunion de majorité dont je conduis les débats, nos échanges sont le reflet d'approches différentes mais aussi, et autant que faire se peut, de construire la meilleure position commune. Corse_MATIN_Logo_petit.jpg

 

Maria nous informe de sa position quant au "ghjurnate di Corti".

maria_guidicelli_mi.jpg Cher (e) ami (e),

En ma qualité de conseillère exécutive en charge du PADDUC, je suis invitée à participer à un débat qui se déroulera le 4 août, dans le cadre des "ghjurnate di Corti".

Elue du Front de Gauche, je suis sollicitée pour participer à un débat public qui aura lieu, néanmoins, dans un cadre politique spécifique : celui du rassemblement annuel du mouvement indépendantiste "Corsica Libera".

L'une de mes responsabilités au sein du Conseil Exécutif de Corse (et pas des moindres) est l'élaboration du PADDUC. J'ai choisi de conduire une démarche participative de co-construction, qui semble porter ses fruits au regard du consensus qui s'est dégagé autour des orientations politiques qui ont été actées à l'Assemblée de Corse le 26/07/2012, alors que nous avons approuvé le modèle de développement choisi pour la Corse pour les 20 à 30 ans à venir.

Ce modèle de développement a été largement partagé bien au-delà de l'hémicycle et de l'Assemblée délibérante, et je considère que notre capacité à faire partager le projet de société équitable et solidaire dont la Corse a un besoin urgent est la garantie d'un PADDUC acceptable soutenable et durable, en particulier pour l'immense majorité des corses qui attendent des réponses à leurs besoins élémentaires et légitimes : emploi, niveaux de revenus décents, logement, accès aux soins,...autant de sujets majeurs qui constituent les fondements des valeurs du Front de Gauche.



Il nous appartient maintenant de décliner les orientations politiques fondamentales qui structurent le projet de société et de les traduire dans un Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD), il s'agit là de la phase 2 du PADDUC qui est en cours.

Nous nous attacherons, dans un troisième temps, à écrire le schéma d'aménagement (principes de localisation des grandes infrastructures, cartographie générale et cartographies spécifiques des espaces stratégiques).



Je considère qu'il est de ma responsabilité de mettre en débat les options politiques que l'Assemblée de Corse a validées et qui constituent ma "feuille de route" pour écrire cette "phase 2" du PADDUC.



Par conséquent, répondre à l'invitation de Corsica Libera, est pour moi le moyen de proposer, partager et défendre l'approche sociale et humaniste du modèle de développement que nous voulons pour la Corse.

C'est bien ainsi que je présenterai ma participation à cette manifestation, à laquelle je ne suis d'ailleurs pas la seule élue régionale conviée (seront également présents Pierre Chaubon, Pierre Ghionga, Jean Baptiste Luccioni,...).

Ne pas répondre à cette invitation reviendrait à considérer qu'il y a une frange des citoyens de cette île avec lesquels je refuserais de dialoguer... Ce qui n'est pas concevable, dans un contexte où la Corse a besoin, plus que jamais, de paix, et de dialogue.

L'avenir de notre île dépendra de notre capacité collective à proposer un projet de développement dont l'enjeu majeur doit être est de réduire la fracture sociale et territoriale, laquelle est source d'inégalités et de précarité, pour tous ceux qui y vivent, y travaillent, ou y élèvent leurs enfants.

En un mot, l'occasion m'est aussi donnée de présenter et défendre l'approche qui est celle du Front de Gauche, une approche résolument sociale qui a placé l'humain au cœur du projet de développement.

Maria GUIDICELLI.
 

Des nouvelles de MC VERGIAT

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Pour que 2013 soit une année de mobilisation citoyenne

Cette nouvelle année a bien mal commencé.

C’est avec stupeur que nous avons effectivement appris l’assassinat de trois militantes kurdes en plein Paris. Je connaissais bien l’une d’entre elles, Rojbin. J’ai donc été particulièrement touchée par cette horreur. Pour moi, elle était et restera le symbole du combat des femmes kurdes pour leur dignité et le respect des droits du peuple kurde. Samedi dernier, lors du rassemblement de solidarité avec nos ami(e)s kurdes, Leila Zana m’a dit : « Pourquoi trois femmes ?». Je crois que c’est effectivement une bonne question tant le combat des femmes kurdes est à l’opposé des tentatives de retour en arrière que mènent non seulement les intégristes mais ceux qu’il convient d’appeler les conservateurs musulmans proches des conservateurs chrétiens qui veulent nous faire prendre ces partis pour des modèles pour ceux et celles qui veulent construire la démocratie après les « printemps arabes ».

Cela ne m’empêchera pas cependant de vous vous présenter à tous et à toutes mes meilleurs vœux pour 2013. D’abord sur le plan personnel pour vous et vos proches car quel que soit les engagements des un(e)s et des autres, il importe que chacun(e) puisse se réaliser pleinement sur le plan personnel et bénéficier d’un environnement serein. Sur le plan politique, cette année 2013 sera d’abord et avant tout une année sans échéance électorale. Chose assez rarissime pour qu’il convienne de la relever. Ce sera aussi la première fois depuis la création du Front de Gauche et cela mérite aussi d’être souligné. Il est en effet beaucoup plus facile de faire vivre une formation politique en période électorale. Or, depuis sa création, le Front de gauche a été confronté à une séquence électorale allant crescendo des élections européennes de 2009 aux élections législatives et présidentielles.

Le Front de gauche a participé à la victoire de François Hollande et, pour ma part, je ne regrette rien tant les dégâts de 10 ans de droite au pouvoir ont été catastrophiques pour notre pays. Nous étions en quelque sorte sans illusion sur la capacité des socialistes à porter réellement un projet de transformation sociale mais l’on doit constater que les capacités de renoncement du Président de la République et de son gouvernement vont au-delà de ce que nous pouvions craindre. Il n’est donc guère étonnant que le désenchantement gagne une partie croissante de l’électorat de gauche. Nombre d’entre nous n’avait pas beaucoup d’illusions mais quand même : le choc est rude et ce, dans de nombreux domaines qui ne relève pas tous de ce qu’il est convenu d’appeler le réalisme économique, terme assez pratique, il faut en convenir, car il sert le plus souvent à habiller l’absence de propositions alternatives. Au moment où, surfant sur les conséquences économiques et sociales de la soit disant crise financière, l’extrême droite dresse la tête dans de nombreux pays européens, il serait temps que ceux et celles qui se réclament des valeurs de gauche tirent les leçons de l’histoire et cessent de gouverner avec comme seul horizon politique un électoralisme de mauvais aloi dans certains domaines alors qu’ils font fi des demandes de la population en matière économique et sociale. En 1981, François Mitterrand et Robert Badinter ont aboli la peine de mort prenant complétement à contre-courant l’opinion publique de l’époque (plus de 70% des Français étaient hostiles à cette abolition).

Qu’en est-il aujourd’hui du courage politique de ceux et celles qui nous gouvernent ? Pourquoi tant de renoncements ? Je ne prendrai qu’un exemple : celui du droit de vote pour les étrangers non communautaires aux élections municipales. Si l’opinion publique semble aujourd’hui hostile à la citoyenneté de résidence, c’est d’abord et avant tout le résultat de 10 ans de dérapages politiques menés par les plus hauts dirigeants de notre pays. La recherche de boucs émissaires a toujours été l’apanage de la droite. Nous attendons autre chose d’un gouvernement qui se dit de gauche. Je pourrais prendre bien d’autres exemples mais je suis persuadée, avec mes ami(e)s du Front de gauche, que le seul moyen de permettre au Président de la République et à sa majorité parlementaire de tenir leurs engagements est de mobiliser les énergies. Nous y prendrons toute notre part. J’espère donc que cette année 2013 sera riche en mobilisations citoyennes.

 

Rentrée 2012 par Paul Antoine Luciani

Il y a quelques jours paraissait dans "l'Hebdo" un interview du Premier Adjoint au Maire d"AJACCIO. U Rossu publie ci dessous dans son intégralité les idées avancées par le FRONT DE GAUCHE sur la situation actuelle et les priorités....Pour ceux et celles qui n'ont pu le lire.... P-ALUCIANI_-Jean-Pierre_Belzit2.jpeg

Un entretien avec Jacques Renucci de L’Hebdo du 26 Aout 2012

1- Depuis les élections législatives, où en est la gauche ajaccienne ?

Une réflexion a été engagée sur les raisons de l’échec sur le fil du 17 juin dernier. Mais la plupart des analyses sont restées internes aux différentes composantes de la gauche. Sauf pour le Front de gauche qui a ouvert le débat dans un entretien publié par L’Hebdo du 13 juillet. Les échos très larges rencontrés par cette réflexion publique en montrent bien la nécessité et l’utilité pour demain. Certains, en effet, attribuent cet échec à un enchevêtrement de causes municipales ; mais ces causes, qu’il ne faut pas ignorer, ne peuvent occulter la cause principale, structurante, qui reste l’insuffisante mobilisation de la gauche. Il est impossible de dissocier une élection de son enjeu et de son contexte. Surtout s’il s’agit d’une élection qui, depuis 2002, s’inscrit désormais dans une séquence institutionnelle (Présidentielle-Législatives) dont l’influence est déterminante. Pour relativiser, et donc laisser à leur place réelle, les enjeux locaux, il fallait se concentrer sur le seul enjeu direct de cette élection : l’enjeu national et le confortement de la majorité présidentielle au second tour. L’impérieuse nécessité d’un rassemblement dynamique de toutes les composantes locales de la gauche aurait alors été plus massivement ressentie, et la mobilisation aurait permis de combler l’écart très faible qui sépare le député sortant de son concurrent UMP… Mais on ne peut pas refaire ce que l’histoire a fait ou défait, on peut simplement en tirer les leçons.

2- Mais, durant des décennies, Ajaccio a été une citadelle de la droite ; n’y a-t-il pas, en perspective, un retour de cette tradition ?

Je ne le crois pas. Ce genre de « tradition » est appelé à changer, comme le reste. Elle a d’ailleurs largement évolué ; à preuve les différences notables entre les votes nationaux et les votes locaux… L’enjeu et le contexte des municipales de 2014, d’autre part, ne seront pas ceux des législatives de 2012. Le choix des électeurs se portera, à la fois, sur le bilan de l’équipe en place et sur le projet urbain que proposeront les différentes listes. Le tout sur un champ politique structuré, grosso modo, en trois composantes : la gauche, la droite, le nationalisme. Et dans un contexte territorial, national et européen qui influencera, lui aussi, le comportement des électeurs. Prenant en compte ces éléments d’analyse, l’ensemble de notre action sur deux mandats, et le projet urbain ambitieux qui est le nôtre, je suis confiant.

3- Le succès, même inattendu, de son candidat a, cependant, stimulé les ambitions municipales de l’UMP…

En effet ! Son impatience est visible. Chacun a pu lire, dans la presse, l’injonction que Jean François Copé, dans le cadre de la campagne interne à son parti, a adressée à ses supporters ajacciens : « Débrouillez-vous comme vous voulez, mais reprenez-moi Ajaccio ! ». Sur la forme, on relève l’élégance du langage. Elle évoque le ton sans réplique du sergent de la coloniale sermonnant un subalterne récalcitrant : « M’en fous ! Me f’rez deux s’maines de corvée d’ pluche » ! Sur le fond, le propos éclaire un point, évoqué par la presse nationale, qui fait toujours débat au sein même de l’UMP : la présence du nouveau député d’Ajaccio à la tribune indépendantiste de Corte. Dans ce « Débrouillez-vous comme vous voulez… », on doit comprendre que la Direction nationale de l’UMP ne sera pas trop regardante à l’égard des écarts de conduite ou des dérapages idéologiques locaux, pour peu qu’on « lui » ramène une prise de guerre, la mairie d’Ajaccio ! La droite sait bien que son projet de reconquête municipale passe par une alliance, négociée ou tacite, avec le nationalisme. Alors elle a décidé de ne pas s’embarrasser de la doctrine et des principes qui ont été les siens ; elle a choisi de « se débrouiller »…

4- Quel rôle aujourd’hui pour le Front de gauche ?

Il ne sera pas, en tous cas, celui de la mouche du coche ! Mais celui, actif, vigilant et utile, d’une force de transformation sociale, en lien étroit avec le mouvement syndical et le mouvement associatif dans leur diversité. Son programme « L’Humain d’abord » demeure un ensemble cohérent et pertinent de propositions susceptibles de répondre aux besoins populaires. Il a d’ailleurs reçu le soutien de quatre millions d’électeurs, on l’oublie un peu trop souvent… En Corse, on voit bien que les élus ou militants du Front de gauche, partout où ils exercent des responsabilités, observent la même règle de conduite, celle de l’intérêt public et du respect des engagements. A l’Assemblée de Corse, au conseil exécutif, dans les deux pôles urbains, ils s’efforcent d’être utiles et proches des besoins populaires, avec une préoccupation centrale : placer la question sociale au cœur des grandes problématiques de la résistance à la crise et du développement durable. Mais nous n’avons pas la prétention de changer tous seuls, en Corse, le système capitaliste qui produit les inégalités et s’alimente de sa propre crise ! Nous nous efforçons, plus modestement, d’en limiter les effets dans le champ de responsabilités qui est le nôtre… Et nous préparons ainsi le terrain pour des transformations plus profondes qui relèvent d’un autre échelon.

5- Comment analysez-vous, de ce point de vue, le débat et le vote sur les orientations générales du PADDUC ?

Excellent exemple ! Le document d’orientation élaboré par l’exécutif sous la conduite de Maria Guidicelli (Front de gauche) a déjà marqué un progrès important par sa méthode d’élaboration qui respecte scrupuleusement les règles participatives en vigueur s’agissant des documents d’urbanisme. Ce n’était pas le cas pour le document précédent. S’agissant du contenu, l’objectif est de parvenir à un Plan d’aménagement et de développement durable capable de concilier les besoins d’un développement économique et social équilibré et les exigences tout aussi vitales de préservation du patrimoine et d’amélioration du cadre de vie. Le respect de la loi littoral et de la loi montagne demeure, à cet égard, la pierre d’angle de la démarche, même s’il faudra sans doute expliciter certaines modalités de leur mise en œuvre. Autre nouveauté, la volonté, clairement exprimée, de fonder la construction du PADDUC sur un socle de valeurs communes donnant sens et portée à la vision partagée de l’avenir que les élus territoriaux se doivent de proposer à leurs concitoyens. A ce stade du parcours, les objectifs intermédiaires sont pleinement atteints, avec un vote largement majoritaire de l’Assemblée de Corse. Et ce ne sont pas les tentatives trop visibles de récupération politique (émanant du nationalisme dit « modéré ») qui changeront quoi que ce soit au résultat. Un pas important a été fait. D’autres suivront qui confirmeront l’utilité et l’efficacité du Front de gauche. La question centrale du logement qui vient à l’ordre du jour de l’agenda gouvernemental en fournira un nouvel exemple. Ou encore, la question cruciale des transports dont l’Assemblée de Corse va bientôt débattre. Première confirmation nationale : selon un sondage récent, 42 % des Français souhaitent que les propositions du Front de gauche soient mieux prises en compte par le gouvernement…

 

Le Front de gauche dans le débat

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Etienne BASTELICA , président du Groupe des élus communistes et citoyen du Front de gauche à l’Assemblée de Corse :

Les 26 et 27 juillet, ont eu lieu, à l’Assemblée de Corse, un débat et un vote « historiques » autour du cœur social de ce qui va devenir le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse.

Une très large majorité s’est prononcée en faveur de cette « société de progrès » qui constitue désormais la vision d’avenir que la Collectivité Territoriale a proposée à la Corse. Tous les élus nationalistes, indépendantistes ou non, ont approuvé le document d’orientation de l’exécutif présenté par Maria Guidicelli (Front de gauche). De telles convergences, inédites sur le fond comme sur la forme, témoignent d’une certaine évolution des esprits et de la capacité de la gauche à faire du neuf en Corse. Une semaine plus tard, les indépendantistes de Corsica Libera invitaient toutes les formations politiques aux Ghjurnate internaziunale di Corti où ils accueillent, depuis trente ans, des mouvements autonomistes ou indépendantistes de différentes régions d’Europe.

Une invitation au débat est toujours positive. Celle-ci, au surplus, était nouvelle. Mais, comme on pouvait s’y attendre, elle a posé problème à tous les invités, quels qu’ils soient. D’abord parce qu’elle était uniquement centrée sur la réforme institutionnelle que souhaitent les nationalistes, ignorant visiblement les votes stratégiques récents de l’Assemblée de Corse ; ensuite parce qu’elle s’est présentée d’emblée comme une volonté de rassembler autour de soi bien plus que comme une ouverture aux autres.

Pour débattre réellement, il faut un cadre approprié. Pour nombre d’invités, ces conditions ne paraissaient pas réunies. Le contenu des échanges l’a d’ailleurs prouvé. Ce sont probablement des considérations de ce genre qui ont conduit les deux leaders dits « modérés » à s’abstenir de « se montrer » à Corte. L’UMP, en revanche, y a fait une apparition remarquée, y compris par la presse nationale. Mais, si l’on a bien vu l’image (nouvelle) d’un jeune député de droite à une tribune indépendantiste, on n’a pas entendu dans son propos la moindre proposition novatrice, juste quelques banalités courtoises …

Le Front de gauche, pour ce qui le concerne, même absent de la photo, est très présent dans le débat. Il poursuit sa politique d’ouverture, dans la majorité territoriale, dans les municipalités d’union, et dans le mouvement social, principal vecteur de transformation démocratique de la société.



E.B. Ajaccio le 7 août 2012

 

PA LUCIANI: UNE ABSTENTION "DE GAUCHE"...

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Législatives 2012 – Première circonscription de Corse du sud

Interview réalisé par Jacques RENUCCI paru dans l'Hebdo du 13 Juillet, de PA LUCIANI Premier adjoint au maire d’Ajaccio,Candidat Front de gauche

Dans la première circonscription de la Corse du Sud, Simon RENUCCI a été défait. De multiples commentaires et analyses ont été réalisées à ce sujet. Il est intéressant d'avoir votre opinion en tant que représentant du Front de Gauche et surtout 1° Adjoint d’Ajaccio

Avec Jack Lang et Ségolène Royal à gauche, avec Claude Guéant et Nadine Morano à droite, Simon Renucci fait partie des victimes inattendues du suffrage universel. Mais le maire d’Ajaccio présente une particularité : à la différence de la grande majorité des députés socialistes sortants, il ne paraît pas avoir été porté par la vague rose qui a déferlé sur l’Assemblée Nationale dans le sillage de l’élection présidentielle. Ce déficit est une surprise d’autant plus paradoxale et cruelle que le maire d’Ajaccio n’avait pas été affecté par les vagues bleues qui avaient suivi en 2002 l’élection de Jacques Chirac et, en 2007, celle de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Il faut examiner cette singularité que certains attribuent un peu trop vite, sans doute, au particularisme corse, voire à une certaine spécificité ajaccienne ; ou encore, plus imprudemment, à une forme de «désamour » de la capitale régionale à l’égard de son maire…

Il faudrait peut être commencer par étudier les résultats

Revenons d’abord sur les résultats. Les responsables politiques ne se risquent guère, en général, à une analyse publique (même sommaire) des résultats chiffrés ; ils préfèrent laisser ce soin aux experts pour s’en tenir, comme l’a fait à sa manière le président du conseil général de la Corse du sud, au rappel des thèmes généraux de leur campagne tout en célébrant les mérites personnels de leurs amis, manière de pointer, sans les nommer, les défauts de leurs adversaires… La première caractéristique de ces élections législatives, c’est l’abstention. Elle s’est installée, dans ces élections, comme un phénomène récurrent lié à l’instauration du quinquennat et à la « séquence électorale » (présidentielle-législatives) qui l’accompagne. Car la règle du jeu, imposée par la constitution de la cinquième république, c’est qu’il n’y ait que deux candidats présents au second tour de la présidentielle. Ce dispositif entraîne ipso-facto une bipolarisation de la vie politico-institutionnelle ; un mécanisme bien connu, dont le quinquennat et sa séquence électorale ont augmenté la force. Tout se passe désormais comme si une seule échéance comptait vraiment : le second tour de l’élection présidentielle, c’est-à-dire le moment où l’on choisit le Président (qui peut même devenir l’hyperprésident !).

Quelle en est la conséquence

Dans la foulée, les électeurs sont incités, presque naturellement, à confirmer aux législatives le choix majoritaire qui a été le leur, un mois auparavant ! On leur explique, avec insistance, que les législatives ne servent qu’à une chose simple : « donner-au-président-la-majorité-parlementaire-dont-il-a-besoin-pour-mettre-en-œuvre-la-politique-que-vous-avez-choisie-en-votant-pour-lui »… Et ça marche ! 2002, 2007, 2012 l’attestent.

Des exemples?

Un exemple particulièrement éclairant, le cas du sixième canton d’Ajaccio (10 211 inscrits) : 70,24 % de votants au second tour de la présidentielle ; 47,65 % au premier tour des législatives. En cinq semaines, le taux d’abstention est passé, dans le plus gros canton d’Ajaccio, de 29,76 % à 52,35% ! Le phénomène est un peu moins spectaculaire dans la première circonscription, mais il est significatif (l’abstention sur l’ensemble des 7 cantons d’Ajaccio au second tour de la présidentielle est de 25,88 % ; elle est, dans la première circonscription, de 41,37 % au premier tour des législatives, et de 37,27 % au second). L’abstention aux législatives est donc une réalité indiscutable, mais elle ne s’exprime pas avec la même force selon les quartiers ou les cantons. Elle concerne, à l’évidence, une partie de l’électorat qui s’est exprimée à l’occasion de la présidentielle et qui n’est plus motivée par l’enjeu des législatives. A l’inverse, si l’enjeu des législatives est décentré par rapport à la « séquence électorale », il peut motiver une partie de l’électorat qui n’hésite pas alors à mélanger les genres, à confondre les enjeux , voire à anticiper les échéances : c’est le cas du premier canton où l’abstention est nettement plus faible aux législatives (34,85 % au premier tour ; 33,07 % au second) que la moyenne municipale (41,37 % au premier tour ; 37,27 au second). On constate également que, dans le premier canton, l’écart au second tour, entre les résultats de Simon Renucci et ceux de Laurent Marcangeli, est de 724 voix ; alors que l’écart global sur la ville est de 880 voix ! On mesure, à la fois, les dégâts de l’abstention et sa spécialisation territoriale, car l’écart cumulé dans les cinq autres cantons, entre les deux candidats, n’est que de 156 voix… La mobilisation à droite n’est réellement efficace que dans le premier canton, l’abstention à gauche est certainement plus uniforme sur le territoire communal ; Simon Renucci reste en tête dans les troisième et septième cantons (tenus par la gauche), mais l’abstention l’empêche de compenser l’écart trop grand du premier canton. Au second tour, les mouvements électoraux sont plus complexes qu’il n’y paraît : des électeurs nouveaux apparaissent qui n’ont pas voté au premier tour ; d’autres disparaissent qui ne votent plus au second tour… On peut estimer que le 17 juin, à Ajaccio ville, il y a eu entre 20 et 25 % d’électeurs nouveaux, selon les bureaux de vote. Vu le résultat final, la proportion d’électeurs nouveaux de droite a été, à la différence de 2007, un peu plus importante que celle de gauche qui visiblement se sont moins mobilisés.

On peut donc parler d'une abstention de gauche...?

Pourquoi une abstention de gauche en pleine « vague rose » ? D’abord parce qu’une « vague législative » n’exclut nullement une certaine abstention, y compris parmi les électeurs qui pourraient participer à cette vague (si les jeux sont faits, il n’est pas indispensable d’aller voter, se disent parfois certains électeurs peu civiques). Ensuite, et plus fondamentalement, beaucoup dépend de « l’offre politique » des différents candidats. Les électeurs du Président attendent de leur candidat aux législatives le prolongement direct du message politique présidentiel, et non la promotion d’une offre différente, voire dissemblable. Dans la « séquence » évoquée plus haut, une cohérence nationale stricte est impérative ; une cohérence qui doit se construire largement en amont des législatives, dès le début de la campagne présidentielle.

Le Front de Gauche a-t-il été dans cette ligne

Le Front de gauche, pour ce qui le concerne, n’a jamais dissocié le programme « L’ Humain d’abord » défendu par Jean Luc Mélenchon et les propositions de ses candidats aux législatives. Il s’est efforcé, au contraire, de démontrer que les secondes trouvaient sens et efficacité dans le premier, et que cette cohérence nationale-territoriale était la preuve d’un engagement commun au service de la même cause. Il gagne trois cents voix et plus de deux points à Ajaccio. Les décalages, pour ne pas dire plus, entre les positions d’Eva Joly à l’élection présidentielle et les propositions corses de ses soutiens locaux aux élections législatives n’ont pas illustré l’identité de leurs engagements respectifs au service de la même cause. D’ailleurs, les nationalistes de toutes tendances ont défendu l’idée que la seule échéance qui comptait pour la Corse était celle de 2014 ; leurs campagnes législatives se sont voulues principalement comme des répétitions générales avant les élections municipales et territoriales à venir, contribuant ainsi à brouiller les enjeux nationaux de ces consultations éminemment nationales !

Il y aurait donc eu un détournement des enjeux

C’est sans aucun doute autour de cette question de l’enjeu national, brouillé par les campagnes nationalistes et insuffisamment éclairé par sa propre campagne, qu’il faut chercher la cause première de l’échec (sur le fil) du maire d’Ajaccio. Si les électeurs ajacciens avaient été sollicités, non sur les enjeux municipaux ou insulaires (qui n’étaient pas à l’ordre du jour), mais sur la réussite du changement grâce à une majorité parlementaire de gauche (qui était la seule finalité de cette élection), il est certain que l’abstention de gauche aurait été moins forte. Et les « petits » reproches relatifs aux horodateurs, à la circulation, à la propreté de la ville (qui ont leur importance mais ne relèvent en aucune façon de l’Assemblée nationale) auraient été relativisés au regard des grandes questions du pouvoir d’achat, du logement, de l’emploi, de la crise financière qui étaient, elles, au cœur de ces élections…et sur lesquelles l’UMP avait des comptes à rendre. S’ils ont le sentiment que leur bulletin de vote est utile, les électeurs peuvent se mobiliser, et l’abstention recule. D’une façon générale, le dispositif institutionnel pousse à l’abstention ; si l’on y ajoute de la confusion dans les enjeux, on augmente la démobilisation. Un seul exemple : « Le changement continue » est-il compatible avec « Le changement c’est maintenant » ? A-t-on craint de voir détourner le mot d’ordre national au point de rendre inintelligible le mot d’ordre local ?

N'est-il pas trop terd, ne peut on pas faire l'économie de telles interrogations?

Ce type de questionnement sur le contenu d’une campagne, surtout quand elle échoue de si peu, est absolument nécessaire… Il concerne toute la gauche, Front de gauche compris. Car une situation nouvelle s’est créée qui appelle réflexion collective et initiatives diverses. Voici quelques pistes : Tout est fait localement pour propager l’idée que la transformation sociale de la Corse dépend uniquement des changements institutionnels que notre île peut obtenir pour elle-même ; c’est une illusion dangereuse. La Corse est insérée et contrainte dans un système, le système capitaliste, qui se perpétue dans la crise financière et la crise économique, pour lesquelles il n’est pas de solutions corses. Chacun le sait, mais beaucoup voudraient nous le faire oublier. L’action collective pour arracher la moindre part de pouvoir d’achat, d’équipements publics, de droits nouveaux, de logements, de créations d’emploi…cette action reste indispensable, en Corse comme ailleurs. Et tout ce qui sera acquis devra être salué comme une conquête. Mais c’est le système capitaliste lui-même qu’il faut changer et, en attendant d’y parvenir, il faut lui imposer toutes les régulations publiques possibles ; et non laisser la logique implacable du marché dicter sa loi à tous les peuples.

Comment dés-lors dessiner l'avenir

Le recadrage de l’action publique autour de l’intérêt général, de la réforme fiscale, du partage des richesses, du passage à la sixième République, est devenu une nécessité absolue. Le spectacle des conséquences de la crise en Europe devrait nous inciter à nous rassembler autour de ces grandes questions en resituant nos intérêts insulaires dans leur contexte national et européen et en recherchant toutes les alliances utiles avec les forces sociales et politiques capables de prendre en charge avec nous les intérêts populaires. Ces objectifs généraux paraissent bien éloignés de nos analyses électorales, et pourtant, c’est bien grâce à la vision qu’elle se donnera de l’avenir que la gauche trouvera les voies du changement social que la Corse attend. Les échéances municipales et territoriales ne peuvent être des objectifs en soi. Les élections, c’est vrai, permettent de désigner les représentants du peuple. Elles sont aussi «le baromètre de la lutte des classes »…

 

LE SAMEDI 30 JUIN 2012 à 13 H 30

logo_PCF_FDG.bmp En cette période post-électorale, le Président du Groupe des Élu(e)s Communistes et Citoyens du Front de Gauche, les deux secrétaires départementaux du PCF, organisent une réunion des animatrices et animateurs du Front de gauche ,

LE SAMEDI 30 JUIN 2012 à 13 H 30 UNIVERSITÉ DE CORSE - CORTE

Ensemble, nous ferons le point sur les résultats des récentes élections présidentielles et législatives pour mieux envisager l’avenir.

 

Trois questions à Paul Antoine Luciani

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Législatives 2012 – Second tour

Comment analysez-vous vos résultats du premier tour ?

Avec Maria Guidicelli, ma suppléante, nous tenons à adresser nos plus vifs remerciements aux 2040 électrices et électeurs qui nous ont apporté leurs suffrages, et fait ainsi avancer l’autorité et l’influence de nos idées dans la circonscription et dans la capitale régionale. Par rapport aux législatives de 2007, en effet, le Front de gauche progresse de plus de cinq cents voix dans la circonscription, dont plus de trois cents sur Ajaccio (785 voix et 5,92 % en 2007 ; 1085 voix et 8,13 % en 2012). Cette progression est d’autant plus instructive qu’elle intervient sur fond d’abstentionnisme aggravé ; elle compense, en assez large partie, le recul de Simon Renucci en voix et en pourcentage. Additionnez nos scores ajacciens de 2012 et, à peu de choses, vous retrouverez notre résultat cumulé de 2007.

Et vos adversaires ?


Le candidat UMP, qui n’ose pas trop afficher son étiquette et qui évite soigneusement de prononcer le nom de Nicolas Sarkozy, se pique de son arrivée en tête au premier tour. Mais c’était déjà le cas de Philippe Cortey en 2007 : il avait obtenu 4864 voix et 36,70 % à Ajaccio, tandis que Jacques Billard obtenait, de son côté, 1643 voix et 12,62 %. Par rapport à son prédécesseur, Laurent Marcangeli perd 241 voix et 2,07 %, tandis que Jean Marc Cresp obtient 669 voix et 5,01 %. Le score cumulé de la droite, à Ajaccio, régresse de 1245 voix et près de 10 % ! (49,32 en 2007 ; 39,64 en 2012). Même si, arithmétiquement, on rajoute les 10,12 % du FN, droite « classique » et droite extrême ne parviennent pas ensemble à 50 %, assez loin du score de Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. Le seul énoncé de ces résultats permet de rappeler que les Ajacciens adaptent leurs choix électoraux à la nature et aux enjeux des différentes consultations. On peut deviner, par conséquent, que « l’effet présidentiel » d’une part, l’appétit municipal trop visible de l’UMP d’autre part, auront certainement une influence sur leurs suffrages. D’autant que, dans la crise profonde et durable où se trouvent l’Europe et notre pays, personne ne souhaite le retour en force de la politique des riches et chacun aspire à autre chose pour la Corse que des idées reçues sans contenu véritable.

Quelle est votre position pour le second tour ?

Elle était connue avant le premier tour ! Nous appelons toute la gauche à se rassembler pour faire échec aux ambitions de l’appareil UMP qui ne cache pas sa volonté de perpétuer l’austérité pour le plus grand nombre et les cadeaux fiscaux aux plus riches : une politique mise en œuvre pendant dix ans avec les résultats que l’on connaît pour l’emploi, les salaires, le logement, et l’explosion des inégalités. Votez, par conséquent, pour le député sortant, Simon Renucci, maire d’Ajaccio, dont je connais le bilan et le projet pour Ajaccio, pour la Corse, pour la gauche.



Ajaccio le 13 juin 2012

 

Déclaration de Dominique BUCCHINI et Viviane BIANCARELLI

AFF_BUCC.jpg Nous remercions les 3509 électrices et électeurs qui nous ont accordé leurs suffrages le 10 juin, au premier tour de l’élection législative.

Indiscutablement, le « vote utile » a produit ici aussi ses effets,minorant de la sorte l’expression de la dynamique du Front de Gauche reflétée par le score de Jean-Luc Mélenchon à la Présidentielle.

Pour autant, cet électorat constitue un socle solide, de femmes et d’hommes désireux de s’attaquer résolument aux racines d’un système en crise, et de changer de logique économique pour « l’humain d’abord ».

Cette campagne a démontré que l’emploi, le pouvoir d’achat, le logement étaient au cœur des préoccupations des Corses, de plus en plus nombreux à aspirer à un véritable changement.

Comme beaucoup d’autres au plan national, le député de droite sortant, fidèle soutien de la politique d’austérité de Sarkozy, a été sanctionné : il perd 18 points et 4000 voix et se retrouve en situation difficile au second tour. Mais l’alternative, dans notre circonscription, suscite beaucoup d’interrogations à gauche, car le candidat nationaliste, seul en lice, a toujours refusé avec son mouvement de choisir entre la droite et la gauche.

Sollicités pour le second tour, les électeurs de gauche qui nous ont fait confiance, voudraient se déterminer en toute clarté : leur tendance spontanée les incite à poursuivre leur combat de toujours en se mobilisant contre le représentant de l’ultra libéralisme ;mais l’expérience politique les incite à la prudence à l’égard de son concurrent qui, avec son mouvement, renvoie systématiquement dos à dos la droite et la gauche, vote contre le budget de la majorité régionale alors qu’il s’abstient sur le budget du Conseil Général dirigé par l’UMP.

En bref, la pente naturelle des électeurs du Front de Gauche est d’appeler, comme d’habitude, à battre la droite; mais, jusqu’à présent, le candidat nationaliste et son mouvement n’ont présenté aucune garantie à gauche.

Dans une telle situation, et s’agissant d’une élection nationale, il est indispensable que le candidat lui-même et son mouvement s’expliquent publiquement sur les engagements nationaux qu’ils sont prêts à prendre.

Les électeurs de gauche sauront ainsi à quoi s’en tenir et pourront se déterminer de manière citoyenne et consciente.

Les Candidats du Front de Gauche dans la 2ème circonscription de Corse-du-Sud

 

Bastia - Vendredi 25 mai à 18 heures - Salle polyvalente de Lupino

logo_PCF_FDG.bmp Madame, Monsieur, « Mica nati per esse dumati » ce message des indignés d’Air France nous renvoie au refus d’un modèle de société de plus en plus low cost. Transports low cost, santé low cost, nourriture low cost, logement low cost, injustice low cost … la satisfaction des besoins sociaux est ainsi ramenée aux exigences des marchés financiers. L’argent et les profits ont plus d’importance que l’humain. L’élection présidentielle et la défaite de Nicolas Sarkozy ouvre une page politique nouvelle. Le mensuel Terre Corse lance le débat dans le cadre des législatives à partir de cette lutte exemplaire de dignité porteuse d’espoir et de changement Nous vous invitons le vendredi 25 mai à 18 heures Salle polyvalente de Lupino à Bastia pour en débattre après la projection du Film réalisé par Enrico Porsia journaliste indépendant qui retrace ces six mois d’un combat qui n’est pas terminé.

Le Journaliste Jean Crozier animera le débat auquel participeront Charly Levenard, Miguel Fortea dirigeant de la CGT Michel Stefani Josette Risterucci Marie Jeanne Fedi Charles Casabianca candidat(e)s du PCF et du Front de gauche.

Réunion publique BASTIA

Michel STEFANI-Josette RISTERUCCI Marie Jeanne FEDI-Charles CASABIANCA

candidat(e)s du PCF et du Front de gauche.

Sous la présidence d’Ange ROVERE 1er adjoint de Bastia

Jeudi 7 juin 18 heures 30

salle polyvalente de Lupino

Nous serions également heureux de vous accueillir à l’inauguration de la permanence de Michel Stefani et Josette Risterucci située au 5 boulevard Paoli à Bastia le lundi 21 mai à partir de 18 heures.

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