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Un geste nécessaire : Marie –Jeanne Nicoli retrouve son poste

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« Errare humanum est, perseverare diabolicum »

Après plus d’un mois d’échanges et de pétitions dans la presse et dans les réseaux sociaux, d’explications embarrassées et d’alibis administratifs et financiers… le bon sens l’a enfin emporté : Marie-Jeanne Nicoli est rétablie dans ses fonctions de Directrice de la Culture et du patrimoine de la Ville d’Ajaccio ! Cette décision, intervenant après la mobilisation, publique ou discrète, de beaucoup d’acteurs culturels, de syndicats, d’élus, de responsables de l’Etat ou de simples citoyens, répondait à une attente collective.

On pouvait deviner, après la réponse de Laurent Marcangeli à Paul Antoine Luciani à la fin de la séance du conseil municipal du lundi 6 juillet, que la décision finale serait favorable, même si le Maire en réservait l’annonce à l’intéressée elle-même qui devait être reçue le mercredi 8 juillet par son Directeur de cabinet. Cette décision, très attendue, apparaît comme la réparation d’une humiliation totalement injustifiable et comme un retour à la normale dans les services culturels de la cité impériale. Laurent Marcangeli n’aura pas écouté, en définitive, les sirènes qui prêchaient l’entêtement dans l’erreur, et sa décision sera ressentie comme un geste d’apaisement. Un geste nécessaire.



Ajaccio le 8 juillet 2015



Jean Marc Ciabrini, Paul Antoine Luciani, Santa Simonpietri,



conseillers municipaux

Voir la Chronologie de "l'affaire" en ANNEXE

 

ASSEMBLEE DE CORSE - SESSION du 9 AVRIL

CONFERENCE DE PRESSE DU GROUPE – SESSION DU 09 AVRIL 2015

Nous avons interrogé l’Exécutif ce matin sur une question à nos yeux essentielle s’agissant du projet de création d’une collectivité unique, à savoir la consultation du peuple, comme cela a d’ailleurs été fait en 2003. E_Bastel__3_.JPG La réponse, sans nous surprendre, ne nous satisfait pas puisque l’Exécutif a répondu par la négative à notre demande de sortir du cadre imposé par la loi NOTRe pour disposer d’un projet de loi spécifique permettant l’organisation de ce référendum. Nous savions en effet que la procédure retenue dans le cadre de l’article 4422-16 le rendait optionnel ; cependant la délibération de l’Assemblée de Corse du 12 décembre le prévoyait dans son article 3. Les Corses savent désormais que cela n’était que posture. Nous allons dans ces conditions prendre des initiatives publiques pour obtenir réparation de ce déni de démocratie, à commencer par une pétition demandant que les Corses soient consultés sur l’objet principal de la réforme qu’est la création d’une collectivité unique. Dans le même temps, le Président de groupe Etienne BASTELICA ne se rendra à Paris lundi, notre participation dans ces conditions n’ayant plus d’intérêt.

 

Les petits calculs de François Hollande

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Bien sûr, il n’y aura pas d’excuses publiques ! Car, si la stigmatisation et l’amalgame sont bien réels, il n’y a pas eu de dérapage ! Le président de la République savait parfaitement ce qu’il faisait quand il évoquait « les tracts du parti communiste des années soixante-dix » dont s’inspirerait la propagande actuelle de Marine Le Pen. Il a même pris soin de préciser que le parti communiste ne proposait pas, à l’époque, les mêmes solutions que le Front National aujourd’hui. Mais c’était justement une façon de pointer, par différence, ce qui, selon lui, rapprocherait les positions anciennes des communistes et la thématique FN d’aujourd’hui.

Pourquoi un tel rapprochement entre les défenseurs de Pétain et un parti auquel ses sacrifices dans la lutte contre le nazisme et le fascisme avaient valu le titre glorieux de « parti des fusillés » ? Pourquoi cette comparaison insultante présentée comme une analyse « objective » ?

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Le socialiste François Hollande sait parfaitement que la période qu’il évoque est celle de l’union de la gauche, celle du programme commun (été 1972), celle des grandes avancées démocratiques qui ont conduit, malgré de profondes contradictions, à de grands succès électoraux (municipales de 1977, notamment...).

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Municipales 2014 – Premières analyses

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Dix questions à Paul Antoine LUCIANI par Jacques RENUCCI de la CORSE votre Hebdo - vendredi 18 avril 2014

1-Quel est votre état d’esprit après votre défaite ?

Une défaite ne laisse jamais indifférent ! Mais, après plus de trente ans de vie municipale, d’abord comme élu d’opposition (1983-2000), puis premier adjoint au maire (2001-2014), je ne vais pas me laisser gagner par le désespoir ! C’est un revers sérieux, ce n’est pas une déroute ; d’autant qu’il y a suspicion de fraude, et que cette défaite est aussi la manifestation locale de la vague bleue qui a déferlé sur tout le pays. La météo politique prévoit, depuis quelques mois, un tsunami bleu marine pour le 25 mai prochain : s’il se produit, la Corse n’y échappera pas… Mais le pire n’est jamais sûr, et mes convictions m’ont toujours porté vers la résistance et la contre-offensive. Un électeur sur deux s’est prononcé en notre faveur : cette force est intacte. L’histoire continue, le combat aussi ! En Corse comme ailleurs.

2-On vous crédite d’un bon bilan municipal ; les électeurs ne semblent pas l’avoir apprécié. Que répondez-vous ?

Que les ressorts de ce vote sont plus complexes que la simple approbation d’un bilan éloquent. Il faut plutôt les analyser comme un ensemble composite d’éléments très différents. La division au sein de la gauche, les attaques permanentes contre la personnalité du maire (le « Simon bashing » a commencé bien avant la campagne électorale), la résurgence du vieil anticommunisme rappelant la période de la guerre froide, les critiques injustes et malhonnêtes de l’UMP contre les réalisations municipales (« bilan catastrophique », « le mal fait à Ajaccio » , le Palatinu inutile parce que non réalisé par la CAPA…), autant de moyens utilisés pour discréditer notre action, faire disparaître notre projet, et justifier l’objectif de Jean-François Copé : « reprendre Ajaccio » quelle que soit la méthode, et sans avoir à présenter un projet crédible. Notre liste portait, elle, un projet urbain de qualité ; elle n’a pas pu, ou pas su, le valoriser suffisamment dans l’atmosphère démagogique de cette campagne ; et dans le contexte de sanction nationale contre la politique gouvernementale ; une politique imputée indistinctement aux représentants locaux de la gauche…

3-Comment analysez-vous vos résultats ?

Avec 36,53 % au premier tour, et bien que nous soyons en tête avec 337 voix d’avance, notre liste perd plus de six points par rapport à 2008. (42,93 %), mais la droite avait alors présenté trois listes ! Au second tour de 2008, nous gagnons plus de treize points (66, 37 %) et trente-huit sièges sur 45. En 2014, nous gagnons près de dix points au second tour (46,03) ; mais la droite unie (35,11 % au premier tour) en gagne 12 (47,11 %) et 37 sièges sur 49. L’écart est faible (281 voix et 1,08 %!). Mais, malgré l’élargissement de notre liste, ces chiffres montrent que nous avons perdu de la force et de l’influence… dans notre propre camp .L’analyse du second tour révèle, en outre, qu’il y a 3513 électeurs qui n’ont voté qu’au second tour, alors que 1083 personnes n’ont voté qu’au premier tour. Compte tenu des positions exprimées par différents têtes de liste, on peut dire que notre progression au second tour est due principalement à la mobilisation des abstentionnistes ; tandis que la progression de la droite est principalement due à des reports de voix. Première conclusion (provisoire) : la gauche doit savoir s’adresser mieux à son électorat, c’est lui qui reste à la maison quand il n’est pas content…

4-Et ceux des autres listes ?

Ils sont, en gros, conformes aux prévisions (mais non conformes aux sondages !). Ceux de la liste Filippi sont exactement identiques à ceux de la liste Quastana de 2001 ! La bipolarisation droite-gauche, souvent très forte aux municipales dans les villes, a rarement permis aux listes nationalistes de retrouver les niveaux atteints aux territoriales. L’UMP, unie, progresse grâce à une mobilisation plus forte de son électorat ; et, surtout, à cause d’un affaiblissement de la « gauche de gouvernement », cette gauche incertaine, sensible aux pressions du patronat, et incapable, austérité oblige, d’apporter des solutions aux grands problèmes sociaux (emploi, pouvoir d’achat, logement…). La liste conduite par Anne-Marie Luciani, autoproclamée « seule liste de gauche » a réuni près d’un millier de voix au premier tour. Mais, au second tour, son refus d’appeler à barrer la route à la droite aura contribué à lui ouvrir le chemin de la mairie…

5-Quelle était la position de votre parti au moment de la constitution des listes ?

La majorité sortante disposait d’un bon bilan et d’un projet urbain de qualité. L’enjeu étant essentiellement local, les militants ont choisi, par un vote largement majoritaire, une liste de rassemblement dès le premier tour. Et nous avons obtenu une représentation plus équitable pour le parti communiste et le front de gauche. Autant d’éléments rendus publics en novembre dernier. Cette position a donné lieu à une critique publique contre notre parti de la part de quelques anciens militants socialistes et communistes qui ont refusé d’appeler à voter au premier tour pour la liste d’union au motif qu’il fallait sanctionner François Hollande ! A la différence de la «seule liste de gauche », ils se sont ravisés au second tour ; mais la modeste représentativité des premiers ne leur permettait pas de compenser la défection de la seconde. Le choix initial de notre parti était le bon, mais les dégâts politiques causés par d’autres, à gauche, dès le premier tour sont devenus des obstacles au second ! Et l’UMP a gagné avec 281 voix d’avance…



6-Pourquoi la fusion avec la liste nationaliste n’a-t-elle pas été possible ?

Parce que la majorité de ses représentants n’en voulait pas ! Trois moyens ont été utilisés pour faire porter à Simon Renucci la responsabilité d’un échec que, visiblement, certains dirigeants souhaitaient sans l’avouer. D’abord, l’argument politique (en substance, « notre programme et nos options ne sont pas compatibles ») ; la perspective d’une triangulaire avait été d’ailleurs largement évoquée. Ensuite la question des « places » : refus de la première proposition de quatre places éligibles ; et surenchère face à la deuxième proposition (sept places éligibles, deux adjoints et un vice-président de la CAPA) : on demande alors à Simon Renucci dix places, quatre adjoints, et un vice-président ! Impossibilité, mardi à 14 h, de conclure sur une telle base. Troisième étape, et troisième moyen, on joue la montre : à 17h 10, quand il est devenu impossible de constituer une liste crédible avant 18 h, on ne demande plus « que » huit conseillers, dont trois adjoints et un vice-président ! On dira plus tard qu’on a manqué de temps. C’est surtout la volonté d’aboutir qui a manqué. Et la sanction est tombée : un seul élu pour une liste qui en voulait dix…

7-La situation ajaccienne est-elle comparable à celle des deux autres villes corses où les nationalistes avaient des chances de victoire ?

Il y a un point commun : la victoire de l’UMP partout ! Mais il y a aussi des différences : sans le concours de l’appareil UMP, y compris à l’échelle nationale, Gilles Simeoni aurait eu plus de mal à s’emparer de Bastia. Il gagne grâce à la convergence improbable entre une fraction de la gauche, une fraction de la droite qui avait déjà délégué quelques éclaireurs sur la liste nationaliste, et son propre mouvement. Cette configuration, nouvelle dans une ville corse, a été présentée comme une victoire nationaliste. Elle devrait plutôt s’analyser comme l’émergence d’un centrisme « spécifique », associant a testa mora et l’écharpe tricolore, dans le contexte particulier de Bastia où la droite avait besoin d’alliés. A Ajaccio et Porto Vecchio, elle était unie et pouvait s’en tirer toute seule.

8-La « vague bleue » corse vous paraît-elle spécifique ?

Pas vraiment. Elle revêt des formes particulières selon les contextes locaux, mais elle ne prend sa signification et sa portée en Corse que par les mouvements électoraux constatés à l’échelle nationale. Y compris à Bastia : la personnalité de Gilles Simeoni , sa capacité à nouer des alliances inattendues, et même à se séparer d’une partie du mouvement nationaliste, ont frappé l’opinion ; mais son dispositif électoral avait été validé par Jean-François Copé.

9-Le parti communiste perd le premier adjoint d’Ajaccio et celui de Bastia ; il échoue à reprendre Sartène. Assiste-t-on à la disparition du parti communiste en Corse ?

Certainement pas. Nous avons subi, avec toute la gauche, un revers important, il serait ridicule de le nier. Je ferai deux observations : 1) Nous ne sommes pas seuls à céder du terrain ; toutes les forces de gauche reculent, toute la Corse est devenue bleue. Nos résultats s’inscrivent dans ce contexte. On remarquera cependant que, nationalement, le Parti communiste et le Front de gauche résistent un peu mieux que d’autres à la vague réactionnaire. 2) Dans les trois cas que vous évoquez, même si nous ne sommes plus en situation de responsabilité, nous sommes toujours là, élus et disponibles, au service des plus faibles. Nous n’avons jamais eu de souci de carrière, mais la volonté de servir le peuple et de défendre la Corse. La libération humaine restera notre horizon, quels que soient les aléas de la vie politique. Prochain objectif : la refondation de l’Europe, telle que la proposent notre parti et les différentes composantes du front de gauche dans un texte important qui va servir de référence pour les élections européennes.

10-Quid des prochaines échéances ?

Commençons par tirer toutes les leçons de ces municipales ; et préparons les européennes avec une conscience vive de leurs enjeux. Les sénatoriales et les territoriales viendront plus tard. Nous sommes entrés dans une période nouvelle : les rapports de force se sont durcis et les options très libérales du gouvernement socialiste désespèrent le peuple de gauche. Dans cette situation, le Parti communiste et le Front de gauche ont une grande responsabilité : rassembler toutes les victimes de la politique d’austérité, organiser leurs combats pour arracher une rupture avec cette politique, et pour créer les onze millions d’emplois exigés par les syndicats européens : la mobilisation autour de ces options alternatives est la seule politique susceptible de faire barrage aux dérives nationalistes qui menacent l’Europe d’aujourd’hui.



logo_hebdo.jpgEntretien avec Paul Antoine Luciani, réalisé par Jacques Renucci

 

En Corse comme dans tout le pays l’espoir à gauche est à reconstruire.

M_Stefani__15_.jpg « Depuis 40 ans je me bats pour ça » Jean louis Milani assouvie enfin son désir et celui de la vieille droite « faggianelliste ». Il siègera désormais sur le banc de la nouvelle majorité municipale aux côtés d’Emmanuelle Degentili dirigeante nationale d’un PS ébranlé dans tout le pays par l’offensive droitière de l’UMP, dont Jean louis Milani porte les couleurs.

Promise au poste de premier adjoint, Emmanuelle Degentili accomplira le dessein de son père après avoir expliqué qu’elle ne pouvait être sur une liste avec « les archaïques communistes de Haute Corse trop critiques à l’égard du gouvernement ». La voila entourée, pour la bonne compréhension des choses, de l’UMP et de nationalistes modérés qui eux le soutiennent sans sourcilier.

Aucune mesure d’exclusion n’a été prononcée par la direction du PS dont elle est membre. En politique il faut savoir anticiper. François Tatti et Emmanuelle Degentili, dans le sillage de leur trahison, projettent de reconstruire un courant politique, à la direction de la ville et de la CAB. Avec le temps, ils espèrent laver la tache de leur imposture ourdie depuis des mois contre la municipalité de gauche à laquelle ils appartenaient.

Comment ont-ils pu en arriver là ? Leur comportement ne peut se réduire à la seule affirmation du « servir Bastia ». L’ambition personnelle a pesé beaucoup plus, jusqu’à offrir sur un plateau la deuxième ville de Corse au nationaliste Gilles Simeoni en échange de quelques postes. La victoire électorale est incontestable mais dans ces conditions l’honneur restera dans la défaite, à la liste de gauche et aux colistiers de Jean Zuccarelli et Francis Riolacci.

Les images du quatuor remontant vers la place du marché à la tête d’un cortège, noyé sous les « bandiere corse », resteront dans les mémoires du peuple bastiais de gauche comme d’ailleurs cette trinité improbable unissant Jean Baggioni, Edmond Simeoni et Laurent Croce sous le chapiteau d’« Inseme per Bastia ». Clin d’œil à l’histoire, depuis le printemps social de 1989, Bastia n’avait vu autant de monde dans la rue. Paradoxe aussi les trois compères fustigeaient à l’époque la revendication portée par la foule immense occupant les rues de la Ville.

Il reste que le printemps électoral de cet assemblage composite, contrairement à ce qui a été dit n’est pas dû, au courage politique de l’avoir fait, mais à l’opportunité politicienne doublée du non respect des engagements pris avant le premier tour par les uns et les autres. Gille Simeoni dénonçait l’ostracisme envers les nationalistes mais il le pratique avec ses alliés naturels de Corsica libera. François Tatti et Emmanuelle Degentile juraient de ne pas l’installer dans le fauteuil de maire en quelques heures ils auront oublié. Jean Louis Milani a dit pis que pendre du gouvernement et de François Hollande il composera désormais avec.

9431 électrices et électeurs ont cependant validé leur démarche fondée sur le rejet non sur le projet. C’est au total 181 voix de moins que le total des voix des 3 listes Simeoni Tatti Milani au premier tour. Toutefois, la liste de gauche de la municipalité sortante progresse de 2082 voix et 12 % avec une participation légèrement supérieure mais un nombre d’exprimés supérieur d’à peine 69 voix par rapport au premier tour. Le désistement de Jean François Bacarrelli (397 voix au premier tour) en faveur de la liste de Jean Zuccarelli, laisse penser qu’il y a eu un mouvement d’électeurs assez important à l’intérieur de l’électorat de gauche du premier tour provenant de la liste Tatti Degentili.

La crainte de « l’inconnue nationaliste », finalement de courte durée, pour ces derniers aura été moins déterminante dans le choix des électeurs, notamment de droite, que la volonté de revanche après la défaite de Sarkozy à la présidentielle et la possibilité d’exprimer une sanction forte de la politique de François Hollande à cette occasion. La lecture des résultats dans toute l’île le confirme.

Alors qu’elle est traversée par des contradictions fortes relatives à la défaite voulue de Jean Zuccarelli par Jean Charles Orsucci, Pierre Chaubon, Emmanuelle Degentili et François Tatti, la majorité régionale ne peut pas ne pas s’interroger sur la lisibilité de sa politique qui a ouvert un tel boulevard à la droite pour la reconquête de la région avec le concours si besoin de la mouvance nationaliste en tout ou partie. La recomposition politique, validée par les 3 parlementaires UMP s’agissant de Bastia, tend à le démontrer.

En Corse comme dans tout le pays l’espoir à gauche est à reconstruire. C’est à ce défi que les communistes devront consacrés tous leurs efforts dans les prochains mois en commençant le 12 avril par la marche nationale contre l’austérité et ensuite avec les élections européennes du 25 mai pour faire élire de nombreux députés européens du Front de gauche.

Michel Stefani

 

Meeting de clôture du premier tour - 20 mars 2014

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« AIACCIU INSEME, AJACCIO ENSEMBLE »

Allocution de Paul Antoine LUCIANI

Populu d’Aiacciu, ti salutu !

Mesdames, messieurs, chers amis, chers camarades, Bona sera a tutti !

Je vais vous faire une confidence : je suis vraiment très heureux d’être là, présent, ce soir, avec vous ! Et, vous vous en doutez, il ne s’agit pas là d’une formule convenue.

Je suis très heureux de partager, avec le cœur battant de la gauche, et avec tous les amis qui nous accompagnent, ce moment de ferveur civique au service d’Ajaccio ; Ajaccio qui a besoin de justice sociale, d’équipements, de développement, de culture ; mais Ajaccio qui s’est engagée il y a treize ans sur une voie nouvelle ; Ajaccio qui bouge et qui avance ; Ajaccio qui nous rassemble, Aiacciu inseme !

-Je voudrais saisir l’occasion de ce dernier coup de collier, à trois jours de l’heure de vérité, pour donner mon sentiment sur la campagne d’en face ; et, surtout rappeler notre vision de l’avenir d’Ajaccio. Un avenir auquel nous travaillons d’arrachepied ; un avenir qui est déjà en chantiers

-En premier lieu donc, quelques mots sur les pauvres arguments que l’on tente de nous opposer et, en contrepoint, les actions de notre majorité. On a remarqué, il y a quelques jours, la fureur et l’amertume du champion de Monsieur Copé : dans une conférence de presse qu’il croyait retentissante, il nous a reproché de présenter notre bilan de façon avantageuse ; alors que, selon lui, c’est une « catastrophe » pour Ajaccio ; il nous a également reproché d’ignorer le programme préparé par l’UMP et qui compterait pas moins de douze pages !

Pauvre champion, pauvre misère (comme dit la chanson) ; mais on les a lues, tes douze pages ! Tu les as même résumées en 48 lignes dans ta profession de foi ! En les lisant, on hésite entre la consternation et l’ironie ! Il est indigent, ton programme quand il n’est pas démagogique ! Ajaccio mérite autre chose, tout de même ! Je vais prendre quelques (petits) exemples ; il faut dire « petit », car le programme de l’UMP n’est pas autre chose qu’une petite collection de décisions municipales déjà existantes, de propositions relevant de la compétence intercommunale et déjà mises en œuvre, ou alors de généralités démagogiques et rigoureusement inapplicables !

On nous parle du label « ville fleurie » et du concours qu’il faut organiser pour l’obtenir ; mais ce concours est de la seule compétence du conseil général. Lequel a été saisi, le 6 mai 2010 (!), par le maire d’AJACCIO pour lui demander de l’organiser. Pas de réponse. Quatre ans de silence plus tard, voilà le conseiller général qui se réveille, en pleine campagne électorale, pour interpeller le maire sur ce sujet ! On ne se contente plus d’imputer aux autres ses propres turpitudes, on les brandit comme un programme innovant !

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MC VERGIAT Députée Européenne FDG

A l'occasion de la journée internationale des droits et des luttes des femmes, après le débat organisé à l'espace diamant à Ajaccio sur la prévention des violences faites aux femmes, une rencontre s'est tenue avec Marie Christine VERGIAT, eurodéputée du Front de gauche et élue de la circonscription du sud est.

Durant près de deux heures les militants de la fédération ont échangé avec notre camarade députée européenne, sur les luttes des femmes, sur les prochaines élections européennes de mai prochain et sur l'importance d'avoir des élus communistes et du Front de gauche au Parlement européen.

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Accueil de M.C. VERGIAT et lancement du débat par Maxime NORDEE secrétaire départemental de la Fédé 2A du PCF .

 

Présentation des 10 candidats communistes et Front de gauche présents sur la liste "Ajaccio ensemble - Aiacciu inseme" conduite par Simon Renucci.

Dimanche 23 février, sous le kiosque à musique de la Place du Diamant, présentation des 10 candidats communistes et Front de gauche présents sur la liste "Ajaccio ensemble - Aiacciu inseme" conduite par Simon Renucci.

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Participaient à cette initiative un groupe de jeunes communistes ajacciens (nouveaux adhérents, voir photo). C'est un signe très positif qui indique que l'aggravation des inégalités et des injustices, comme la montée de la droite extrême un peu partout en Europe font aussi se dresser une partie de la jeunesse corse.

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Après le titre erroné de Corse Matin (ce n'est pas le fait de la journaliste, mais une erreur de notre part) il nous est apparu nécessaire d'apporter des précisions (texte ci-dessous).

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Le positionnement du Front de gauche

La présentation des dix candidats communistes et Front de gauche sur la liste « Ajaccio ensemble -Aiacciu Inseme » conduite par Simon Renucci a été l’occasion de rappeler que les jeunes communistes ajacciens se sont engagés dans la campagne, avec un candidat étudiant, Kilian Cervetti. En Corse, le Front de gauche n’est pas constitué d’un cartel d’organisations ; il a été créé, après les élections européennes de 2009, à partir d’un élargissement antérieur du parti communiste : c’est dans ce cadre que Maria Guidicelli et Josette Risterucci, qui ne sont communistes, sont été élues depuis 2004 à l’Assemblée de Corse. Et c’est encore le cas aujourd’hui, à la mairie d’Ajaccio : Maria Guidicelli, Etienne Bastelica et Marie Padovani ne sont pas membres du parti, mais cela ne les empêche nullement de travailler avec nous en toute liberté et pleine solidarité. Cette singularité du Front de gauche corse est un atout pour la liste conduite par Simon Renucci : elle est déjà partie prenante du bilan de la majorité sortante ; elle participe aussi à la construction d’un projet utile pour Ajaccio. Et même si, ici ou là, on semble le contester, la présence dynamique des communistes et du Front de gauche sur la liste d’union lui apporte une composante originale, indiscutablement située à gauche… La ligne nationale de notre groupe est clairement anti-austérité ; elle entend, contre les sirènes dangereuses qui plaident le contraire, faire prévaloir la continuité d’une politique d’investissement communal, indispensable pour deux raisons étroitement liées : répondre aux besoins sociaux, soutenir l’activité économique et donc l’emploi.

Ajaccio le 24 février 2014 Paul Antoine Luciani

 

Présentation des candidats présentés par le Parti Communiste Français à Ajaccio

maxim.jpg Les communistes ajacciens ont choisi une stratégie d'union dès le premier tour. Partie constitutive de la liste "Ajaccio ensemble-Aiacciu inseme", ils entendent, dans l'unité et le débat démocratique, valoriser leur spécificité et leur engagement à gauche pour le progrès social.

C'est ainsi que j'ai le plaisir de vous convier à une conférence de presse de présentation des candidats choisis par les communistes ajacciens, qui se tiendra en un lieu auquel les ajacciens sont attachés:

le kiosque de la place du diamant (place du général De Gaulle), DIMANCHE 23 FEVRIER à 10h30

 

Dominique Bucchini : « Si les conditions se précisent, je mènerai une liste à Sartène »

Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 3 Janvier 2014 à 20:02

Le président de l’Assemblée de Corse, Dominique Bucchini, sera-t-il candidat à l’élection municipale de Sartène en mars prochain ? Très probablement ! Même s’il refuse de le confirmer, préférant se donner le temps de la réflexion, il entend bien reconquérir un fief qu’il a dirigé pendant 24 ans, de 1977 à 2001, avant d’être évincé par la droite. Déjà, sous l’étiquette Front de gauche, il avait entrepris, dès les Territoriales de 2010, une spectaculaire remontée politique qui lui a offert son siège de président. Il explique, à Corse Net Infos, qu’il mènera une liste de gauche si les conditions sont réunies, et en profite pour torpiller la gestion de l’équipe sortante.

- La rumeur dit que vous serez candidat à la mairie de Sartène. La confirmez-vous ?

- Non. Je confirme que je travaille avec mes amis politiques et avec des gens de gauche pour créer les conditions d’un changement profond à la tête de la commune de Sartène. Je prends, donc, un certain nombre de contacts. Après avoir bien travaillé à tous les niveaux, je prendrai ma décision.



- Nous sommes à 2 mois et demi du scrutin. Quand annoncerez-vous votre décision ?

- Ça dépend des contacts que je prends sur Sartène. La présidence de l’Assemblée de Corse, où je me donne à fond, représente, déjà, beaucoup de travail. On verra au fur et à mesure de l’évolution de la campagne quand je me déciderai.



- Pensez-vous que votre retour soit attendu par la population ?

- J’ai organisé, avec mes amis, une réunion politique au centre culturel de Sartène qui a rassemblé 170 personnes. Pour une petite localité comme la mienne,

c’est beaucoup ! J’y ai noté des signes de mécontentement envers la municipalité et les difficultés qu’a eu, pendant toute cette période, le Conseil municipal à travailler d’une manière à peu-près responsable et sérieuse. Les réunions du Conseil municipal ne peuvent se tenir, comme ce fut le cas en décembre, le lundi à 8 heures avec un quorum qui n’est pas atteint et une délibération votée, 8 jours après, par 3 ou 4 élus !

A suivre sur corse__net_I.png http://www.corsenetinfos.fr/Dominiq...

 

Le JEUDI 19 DECEMBRE 2013 À 18H30, au PALAIS DES CONGRES à AJACCIO

Aura lieu la Déclaration de Candidature pour les Municipales de Mars 2014 de Monsieur Simon RENUCCI.

Il sera entouré des responsables politiques des partis de gauche ainsi que des responsables des mouvements qui le soutiennent.

Nous vous demandons de faire circuler cette information et d’être nombreux pour accompagner notre démarche.

Nous comptons sur votre présence.

E. BASTELICA,M. GUIDICELLI,P A. LUCIANI,N. PIMENOFF,M. POLI, frise_TERed_Slogan.jpg

 

Paul-Antoine Luciani , interview à Corse Matin - 20 novembre 2013

P-ALUCIANI_-Jean-Pierre_Belzit2.jpeg 1. La campagne débute, elle s'annonce comme l'une des municipales ajacciennes les plus serrées. Votre sentiment ?

Sans doute plus serrée qu’en 2008, compte tenu de l’aggravation des difficultés sociales et du mécontentement général qu’elle entraîne. En Corse aussi. Mais les municipalités ne peuvent être tenues pour responsables des destructions d’emplois, du chômage ou des petites retraites. S’agissant de ce dont la majorité municipale est comptable et qu’elle doit assumer, on peut dire, sans flatter outre mesure la municipalité sortante, qu’elle a bien travaillé pour Ajaccio. C’est d’ailleurs pour cela que nos adversaires veulent à tout prix nationaliser cette campagne. Les Ajacciens ne se laisseront pas abuser.++

2. Après avoir été tenté de présenter une liste, le Parti communiste a annoncé qu'il s'alliait avec Simon Renucci dès le premier tour. Les raisons de ce choix ?

Le parti communiste, fondateur du Front de gauche en Corse, avait le choix entre trois options : le rassemblement dès le premier tour pour rester cohérent avec deux mandatures positives pour Ajaccio ; présenter une liste autonome « Front de gauche » avec l’objectif unique de sanctionner la politique gouvernementale ; présenter, pour les mêmes raisons, une liste communiste ouverte à des personnalités de progrès. Les militants ajacciens ont choisi, par un vote à bulletins secrets et à une très large majorité, la continuité sur des options claires de gestion, pour l’autonomie sur la politique nationale, et pour le renforcement de leur représentation au sein du futur conseil municipal et du futur exécutif. Il n’y rien, dans ce choix assumé, qui ressemble à un ralliement sans principes ; c’est au contraire faire respecter notre bilan local sans cautionner une politique d’austérité que nous combattons sur le vrai terrain où il faut la combattre. Et avec tous les points d’appui, si modestes soient-ils, qui peuvent être utiles à ce combat ; les municipalités en font partie et nos concitoyens le savent bien.



3. Votre « cavalier seul » lors des dernières législatives perdues par Simon Renucci vous a été reproché par ce dernier. Cela vous a-t-il influencé dans votre choix cette fois ?

La déception, c’est humain, peut être mauvaise conseillère. Je vous rappelle que j’ai été trois fois candidat aux législatives « à côté » de Simon Renucci (2002, 2007 et 2012), précisément pour les raisons évoquées plus haut ; et j’ai toujours appelé à voter pour le candidat de gauche arrivé en tête au premier tour… L’enjeu des législatives, c’est la politique gouvernementale. Qui plus est, ces élections suivent désormais les présidentielles, et elles forment, ensemble, une séquence électorale unique dont les enjeux (nationaux voire internationaux) sont indissociables. Les législatives sont donc le niveau pertinent pour une expression propre des formations de gauche et, plus généralement, de toutes celles qui composent l’arc républicain. L’enjeu municipal est différent : centré sur les affaires de la cité, il ne doit pas ignorer le contexte politique national; mais il relève surtout d’une logique locale. . Nous avons toujours pris en compte ces réalités peu discutables et nos choix ne sont dictés que par cette analyse.

4. L'union avec le maire sortant pour cette campagne était une évidence. Pourquoi avoir pris autant de temps pour la réflexion ? Les négociations pour la constitution de la liste sont-elles difficiles ?

Décidément, vous tenez absolument à m’extorquer des confidences prématurées ! Aucune négociation n’est facile, vous pouvez vous en douter. Ce que l’on croit évident a priori peut, à l’expérience, se révéler complexe…D’une manière générale, il vaut mieux prendre du temps (surtout à quatre mois du scrutin) pour obtenir un bon accord, plutôt que de bricoler dans l’urgence, une combinaison qui s’écroulera à la première turbulence !

5. Sur la nouvelle liste, vous souhaitiez obtenir plus que les sept sièges de 2008 et trois postes d'adjoint. Le principal allié de Simon Renucci a-t-il eu gain de cause ?

Ce que je puis dire, et qui sera certainement confirmé par Simon Renucci, c’est que nous travaillons pour parvenir à un bon accord. Et nous allons y parvenir !

6. Nous avons annoncé que vous serez de nouveau premier adjoint en cas de victoire. Confirmez-vous ? Seriez-vous toujours à l'urbanisme ?

L’accord que j’ai évoqué plus haut comportera effectivement cette condition : le poste de premier adjoint sera dans la continuité des mandats précédents, et notre représentation devrait être plus équilibrée et plus visible. Quant à l’urbanisme, j’y ai pris goût ! Mais il est trop tôt pour en parler sérieusement. Il faut d’abord gagner les élections.

7. Quel regard portez-vous sur cette mandature ?

La mandature en train de s’achever aura été celle de certains accomplissements majeurs, pour la ville comme pour la CAPA. Nous allons revenir en détail sur notre bilan. Disons simplement que tous ceux qui s’y sont investis (et ils sont nombreux) doivent ressentir une certaine fierté de n’avoir eu comme boussole que l’intérêt général, et de pouvoir répondre de leur action, la tête haute. Mais ils ressentent aussi, j’en suis sûr, une certaine insatisfaction face à la lenteur des accomplissements : le temps de la décision et celui de la réalisation ne sont pas les mêmes…

8. La réalisation dont vous êtes le plus fier ? Celle qui suscite le plus de regrets ?

Je ne veux ni préciser ni personnaliser ma réponse : il y a, pour toute la majorité, beaucoup de réalisations dont ils pourraient être fiers, et aussi quelques regrets. L’essentiel n’est cependant pas là : quand on se met au service de ses concitoyens, il faut les laisser juger, par eux-mêmes, les résultats obtenus ; ils se feront une opinion en confrontant la situation actuelle de la ville et de ses équipements avec celle qui était la sienne quand nous avons été élus.

9. Que comptez-vous proposer aux Ajacciens pour ce troisième mandat ?

Il y a deux priorités que chacun, en principe, devrait retenir : un nouvel élan de la solidarité, la poursuite de l’investissement. Il n’est pas possible de développer ici ces deux axes interdépendants de l’action publique communale, nous allons y revenir en détail, mais on peut regrouper sous ces deux grandes orientations la quasi-totalité des domaines où la commune dispose de compétences propres.

10. Vos opposants critiquent votre vision de l'aménagement d'Ajaccio qui ne serait pas assez « méditerranéene », ne respectant pas l'identité de la ville comme votre projet « tout minéral » pour la future place Campinchi. Que répondez-vous ?

Ces critiques sont sans objet. Le projet de grande place au-dessus du parking Campinchi fait l’objet d’un concours d’architecture. Il sera largement concerté et la « minéralisation » dont vous parlez ne figure pas dans le cahier des charges du concours ! Nous avons pris l’engagement devant le Conseil des sites de respecter la composition générale de l’ancien square, avec la mise en valeur du monument aux morts. Cet engagement sera tenu.

11. Vous irez à la bataille avec des nationalistes dont vous ne partagez pas les idées. Jean-Paul Carrolaggi sera adjoint en cas de victoire. Au sein de la majorité, certains regrettent la politique « attrape tout » du maire sortant pour constituer sa liste. Qu'en pensez-vous ?

Je siège à la CAPA avec des maires nationalistes, nous votons souvent dans le même sens, et nous ne nous sommes jamais étripés ! S’il y avait des divergences de caractère politique, elles seraient tranchées par un vote (mais le cas ne s’est produit qu’à de rares occasions). Quant aux problèmes de gestion, exposés dans la transparence, ils ne posent pas de gros problèmes idéologiques… La liste qui se prépare pour les municipales est, d’abord, une liste d’union démocratique regroupant l’ensemble des formations de gauche. Mais il n’a jamais été interdit à personne de rechercher quelques candidats « différents » pour élargir le rassemblement citoyen. Cette démarche classique suppose simplement quelques précautions : ces candidats doivent être considérés comme des ouvertures individuelles représentatives d’une sensibilité particulière de la société civile, et non instrumentalisés comme des variables d’ajustement politique de la future majorité ; ils doivent respecter les valeurs et les principes qui sont ceux de toute gestion publique démocratique et leur représentation doit être, autant qu’on puisse la mesurer, proportionnelle à leur influence réelle dans la société…Simon Renucci sait ce qu’il fait, et je ne doute pas qu’il exposera lui-même, à ses alliés de la majorité sortante, et à la presse, les termes de l’accord que ses nouveaux partenaires affirment avoir conclu avec lui, à quatre mois du scrutin.

12. Que vous évoque le cas de François Gabrielli ?



Je n’apprécierai pas que d’autres que les communistes se mêlent de choisir nos candidats. Je m’interdis, par conséquent, de commenter, en quoi que ce soit, la vie interne du parti socialiste.

13. On évoque déjà l'impossibilité pour Simon Renucci de gagner au second tour sans les voix nationalistes. Cet électorat sera particulièrement courtisé...

Contrairement à une certaine idée reçue, la gauche dispose d’importantes réserves dans l’électorat ajaccien. Il s’agira donc, en priorité absolue, de s’adresser à lui et de le rassembler sur de grandes options liant le bilan, le projet, et la résistance locale à la crise. Le second tour aura la configuration que le premier tour aura dessinée. N’oubliez pas que le clivage droite-gauche qui va structurer l’élection, du fait de la campagne « nationale » de nos adversaires, traverse aussi la famille nationaliste et qu’elle ne sera monolithique ni au premier tour ni au second. Rappelons aussi, l’expérience de ces quelques décennies l’a démontré, que les avancées démocratiques que la Corse a connues ont été, exclusivement, le fait des gouvernements de gauche. Donc, oui, l’électorat nationaliste va peser dans le scrutin, mais sans doute pas dans le sens que certains l’imaginent…

14. Nous ne sommes plus en 2008, Laurent Marcangeli a réussi à rassembler la famille libéral. Cela vous fait-il peur ?

Pas vraiment ! Nous prenons au sérieux le rassemblement des courants de l’UMP, ce qui n’était pas le cas en 2008. Mais, comme il leur est très difficile de critiquer notre bilan et qu’ils sont contraints de copier notre projet urbain, ils croient pouvoir s’en tirer en nationalisant le débat municipal. Les Ajacciens ne sont pas dupes, ils voient dans leur jeu !

15. On vous dit en froid avec Maria Giudicelli, notamment depuis sa participation aux dernières Ghjurnate de Corte. Qu'en est-il ?

Qui vous a raconté cette fable ? Le débat démocratique n’est pas la guerre froide ! Maria était ma suppléante aux élections législatives de 2012 ; c’est à ma demande qu’elle nous a rejoints en 2004 à l’Assemblée de Corse, et en 2008 au conseil municipal d’Ajaccio. Son arrivée parmi nous, comme personnalité d’ouverture, préfigurait un peu le Front de gauche qui s’est constitué par la suite, à l’occasion des élections européennes. Maria n’est pas communiste, elle n’envisage pas de le devenir, je respecte ses convictions et nous travaillons ensemble, chacun où il se trouve, à la défense des plus démunis et de l’intérêt général. Nous travaillons l’un et l’autre au renforcement du Front de gauche en Corse. Nous concevons la diversité comme une richesse et non comme un élément de division…

16. En cas de victoire, ce mandat sera-t-il vos dernières responsabilités politiques ?

Le dernier mandat électoral, certainement ! Mais je ne compte pas me retirer du débat citoyen et de la vie culturelle…Je compte m’y consacrer aussi longtemps que j’en aurai la force. Je ne me suis jamais vécu comme un notable, je resterai un militant.

PAL avec Ghjilormu Padovani 20 novembre 2013 Corse_MATIN_Logo.jpg

 

Consultation des Corses par référendum : la lettre de Michel Stefani au Président de la République

M_Stefani__15_.jpgMonsieur le Président de la République,

Le 4 octobre 1943 la Corse se libérait des occupants fascistes, allemands et italiens. Aujourd’hui je me félicite de votre venue pour commémorer ce 70ème anniversaire de la Libération de la Corse.

Votre présence relève ainsi l’hommage rendu au peuple corse insurgé le 9 septembre 1943. Ce jour là, de sa seule volonté, il choisira librement d’associer son destin à celui de la France par le sang versé et le combat qu’il prolongera jusqu’à la Libération de l’ensemble du territoire national.

Aussi glorieuse que cette page d’histoire ait pu l’être, il se dit ici que vous vous exprimerez également à propos du vote de l’Assemblée de Corse demandant une inscription de la Corse à l’article 72 de la Constitution sous un cinquième alinéa.

Cela implique de modifier la Constitution soit après une consultation par référendum du peuple français, soit après un vote identique de l’Assemblée Nationale et du Sénat puis du Parlement réuni en Congrès où la majorité des 3/5ème est requise.

Les Corses entendent, regardent et se demandent, en conséquence, si effectivement la parole leur sera donnée pour confirmer ou infirmer le vote de l’Assemblée de Corse qui engage leur propre avenir.

En 2003, ils s’étaient prononcés contre la modification institutionnelle pourtant votée à une écrasante majorité par l’Assemblée de Corse. Cela interpelle d’autant plus le responsable politique que, récemment, en Alsace la volonté, quasi unanime, des élu(e)s a été battue en brèche sur une question similaire.

Voila pourquoi, il me semble indispensable que l’exigence démocratique de consultation populaire, absente de la délibération de l’Assemblée de Corse, adressée au gouvernement, soit prise en compte et affirmée conjointement par les plus hautes autorités de l’Etat.

Dans ces conditions, sans préjuger de la réponse du gouvernement, je me permets de m’adresser à vous afin que les Corses n’aient aucun doute sur la garantie d’être consultés par référendum avant que ne soit engagé, si tel devait être le cas, le processus de révision de la Constitution destiné à obtenir l’inscription spécifique de la Corse à son article 72.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Michel STEFANI

 

70ème anniversaire de la Libération de la Corse 1943 - 2013

L

Ce texte de notre camarade Paul Antoine LUCIANI paraîtra ce vendredi 6 Septembre dans les colonnes de logo_hebdo.jpg



HOMMAGE

La forme choisie pour cet hommage rendu à la Résistance corse a été inspirée par un célèbre poème d’Aragon : « Le conscrit des cent villages »*. Mais ce qui est à la base du poème, ce ne sont plus des noms de lieux chargés d’images, d’histoire et de musiques, ce sont des prénoms. Ces prénoms sont ceux d’authentiques héros et martyrs, fusillés, déportés, morts au combat (en Corse ou sur le continent), ou bien survivants et devenus grands témoins. Soldats de l’ombre ou de l’armée régulière, leur destin commun aura été de se dresser contre l’occupation fasciste de la Corse et de contribuer à débarrasser l’Europe du nazisme.

Cette approche « par les prénoms » s’est imposée naturellement : les prénoms instaurent une familiarité. Ils nous rapprochent de ces hommes et de ces femmes dont le souvenir s’efface peu à peu de nos mémoires. Alors que leur engagement, leurs parcours, leur exemple continuent d’inspirer nos combats d’aujourd’hui…

Certes, les commémorations officielles perpétuent le souvenir de certaines individualités prestigieuses et emblématiques qui illustrent et résument le sacrifice de tous les autres ; mais elles peuvent aussi faire oublier que la Libération a été un formidable mouvement de masse impliquant des milliers d’acteurs. Nous voulions rendre hommage à des femmes et des hommes qui nous ressemblent, et qui doivent rester proches de nous, réunis dans leur diversité : ils ont tous combattus pour nos libertés.

Nous avons conscience qu’une liste de cette nature risque d’apparaître comme une injustice à l’égard de ceux, nombreux, qui n’y figurent pas. Mais il nous était impossible de dresser une liste complète. D’abord, parce que nous ne connaissons pas tous ceux qui, à des titres divers, ont apporté une contribution à cette lutte immense.

Ensuite, parce qu’il existe (même si elle ne peut être sans lacunes) une liste de noms où nous avons puisé nos exemples ; c’est celle que Maurice Choury a établie et publiée dans « Tous bandits d’honneur »**. Elle est longue et difficile à exploiter dans le format choisi. Le recours aux prénoms permet de dépasser cette difficulté (sans la résoudre complètement) car le nombre des prénoms homonymes renvoie à un nombre bien plus grand de patronymes : comme il y a les prénoms connus et ceux qui le sont moins, il y a aussi ceux qui sont partagés ; et c’est ainsi que les soixante-seize prénoms cités dans ce texte sont, en réalité, ceux de deux cent douze patriotes identifiés ; ce sont ceux que l’on peut retrouver, pour partie, dans la liste publiée par Maurice Choury, ou bien dans d’autres publications. Une liste complète, s’il était possible de l’établir, serait encore plus longue… Le caractère collectif de l’hommage s’en trouve encore plus nécessaire et mieux souligné.

Enfin, il fallait respecter les exigences propres à l’écriture des alexandrins : associer des prénoms, simples ou composés, en les organisant par groupes de douze syllabes rimées, sans rechercher de correspondance étroite entre ces prénoms et les faits ou thématiques des différentes strophes où ces prénoms ont été placés.

Quant au titre, il faut ici entendre « Cent » comme « Beaucoup » : nous avons voulu évoquer ainsi une force collective, et tenté d’illustrer, à notre manière, « l’élan de tout un peuple contre la tyrannie », selon l’expression d’Arthur Giovoni.



Le lecteur jugera du résultat.

*La Diane française, (Œuvres poétiques complètes, éd. La Pléiade, page 1014).

** Tous bandits d’honneur, (Ed. Alain Piazzola 2012 , pages 185 à 199).

            °°°

CENT NOMS POUR LA LIBERTÉ

            °°°

Ceux qui ont dit Debout ! Nous entendons leurs voix

Arthur, Albert, André, Antoinette, François,

Eux qui ont refusé que l’on nous mette au pas,

Nonce, Noël, Pierrot, Jérôme, Nicolas,

Catherine, Tristan, Philippe, Jean-Donat

              *

Dans la nuit du fascisme, ils se sont tôt levés,

Hyacinthe, Madeleine, Ange Marie, Renée,

Pour s’unir et s’armer dans la Corse occupée,

Pierre, Marie, Martin, Charlot, Félicité.

              *

Malgré les noirs essaims qui nous cachaient le ciel,

Malgré le Maréchal, ses lois, ses sentinelles,

Dominique, Léo, Jéromine, Danielle,

Jean, Jules, Fred, Michel, Francette, Gabriel,

Ange, Emile, Pierre-Jean, Paul, Fabrice, Julien

Agissaient, rassemblaient pour un autre destin.

               *

Des femmes à Bastia, dans la rue, pour le pain,

Des jeunes gens au maquis, qui ouvraient le chemin

Un espoir renaissait de cette ardeur féconde :

C’étaient les forces neuves qui changeraient le monde !

Ils n’avaient dans le cœur que l’amour de leur terre,

Don Jacques, Jean-Toussaint, Paul-Marie, Félicien ;

Et la seule volonté d’en chasser la misère,

Simon-François, Sauveur, Marcel, Pascal, Lucien.

              *

Souvent même prénom, toujours même combat ;

Un idéal commun de tous réglait le pas,

Ceux qui n’y croyaient pas et ceux qui priaient Dieu,

Bébé, Barthélémy, César, Jeannot, Mathieu,

Raoul, Guy, Benoît, Rose…. Fusillés, survivants,

Envers tous et chacun, soyons reconnaissants !

              *

Ils portaient un flambeau sous le ciel incertain

Jean-Bati, Jean-François, Luc, Antoine, Toussaint.

Ils portaient le soleil, la liberté, la vie,

Simon-Jean, Jean-Mèmè, Maurice, Jacques, Henri.

Paul-André, Sébastienne, Roger, Ours-Marie,

Sacrifiés pour nous, au nom de la patrie,

Maria, Robert, Titus, Jean-Paul, Joseph, Louis.

              *

La liste est encore longue, en connait-on la fin ?

Isidore, Félix, Ange-Pierre, Gallien,

Laurent, Paulin, Françoise, Archange, Séraphin …

N’oublions pas non plus les tabors marocains,

Le bataillon de choc, les mutins italiens :

Contre l’armée nazie, ils se sont tous dressés,

Et pour nous délivrer, eux aussi sont tombés.

               *

Gardez, gardez au cœur les noms de nos héros

Ils n’ont pas reculé, même face au bourreau !

Du vrai progrès humain, ils furent les apôtres,

Dans leurs pas glorieux, mettons aussi les nôtres,

Et comme repère sûr, gardons leur goût des autres !

Répétez, répétez ces noms qu’il faut aimer ;

Pour nous ils resteront ceux de la Liberté !

               *

Paul Antoine Luciani Juillet 2013

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De quoi les « Ghjurnate » sont-elles le nom ?

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Elles sont une tribune politique…

A l’évidence ; mais pour qui ? D’abord, naturellement pour ceux qui les organisent : les nationalistes. Et pour ceux qui en sont les premiers bénéficiaires : les clandestins du FLNC. Ces derniers utilisent ces rencontres internationales, selon les circonstances, comme une tribune pour revendiquer telle ou telle action violente (l’assassinat de Robert Sozzi, il y a juste vingt ans, par exemple) ; pour faire passer un message relatif à la ligne du moment ; ou bien en laissant les porte parole de Corsica Libera « faire le job » à leur place… Affirmer cela, ce n’est pas verser dans un antinationalisme primaire ; c’est rappeler, simplement et clairement, la solidarité sans faille de Corsica Libera (ou de A Cuncolta autrefois) à l’égard d’une organisation clandestine qui détruit des maisons et des bâtiments publics, décide de la vie ou de la mort de tel ou tel, prétend dicter ses choix au peuple corse sans avoir de comptes à rendre à personne…. Toute l’ambiguïté du nationalisme est là, et il en va de même pour ces « Ghjunate».

Mais ces rencontres internationales n’ont-elles pas un intérêt par elles-mêmes ?

Certainement ! S’il s’agit de dialoguer avec des mouvements de différents pays (pour peu qu’ils soient porteurs d’aspirations démocratiques) et de confronter les points de vue, nul ne pourra nier l’intérêt de tels échanges ! Mais s’agit-il vraiment de cela ? On a l’impression – et c’est une impression durable – que les invités ne communiquent qu’avec quelques responsables nationalistes et avec la presse ; ils semblent avoir été invités autant pour faire connaître leurs propres causes que pour soutenir le discours nationaliste corse…

                               Quant au « dialogue » et à la recherche de « la paix », l’impression est tout aussi forte. Il y a longtemps - en réalité, dès sa naissance, en 1982 - que l’Assemblée de Corse remplit cette fonction de « matrice » du débat et de la construction politiques. C’est en son sein, où toutes les tendances sont représentées, et où la seule puissance invitante est le suffrage universel, que se déroulent les grandes confrontations, voire les grandes controverses autour des enjeux et des défis de l’avenir. Nul ne peut s’y sentir « faire valoir » de personne, et chacun compte pour ce qu’il est, un élu du peuple. Il peut certes se créer d’autres lieux pour débattre, mais le seul qui ne sera pas suspecté d’être une instance de récupération, c’est bien l’institution territoriale.

Faut-il se montrer aux « Ghjurnate » ?

On comprend bien que ceux qui ont accepté de se montrer à cette tribune aient un point de vue différent, et n’acceptent pas le statut de « faire valoir » du nationalisme, voire de caution indirecte du FLNC. On se souvient des explications embarrassées du député UMP présent aux Ghjurnate 2012….On le sait bien, ce qui reste d’un passage à cette tribune, ce n’est pas ce qu’on a pu y déclarer, mais uniquement le fait de s’y être trouvé ! La puissance invitante est très heureuse d’y accueillir certains membres de l’Exécutif; elle est prête à tout entendre de leur part, pourvu que cela soit dit chez elle, et à son initiative ; pourvu qu’elle puisse entretenir ainsi le mythe qu’elle est toujours au centre de la vie politique corse… La presse locale ne s’est pas vraiment trompée en titrant « Les Ghjurnate mettent l’Exécutif au pied du mur ». Plus encore qu’en 2012, le discours « officiel » de Corsica Libera a tenu compte de la présence de plusieurs conseillers exécutifs à Corte : utilisée comme une concession sans contrepartie, cette présence était précieuse pour la propagande et… inutile pour le débat.

De quoi ces journées sont-elles donc le nom ?

Il paraît impossible de répondre en un seul mot ; comme leur nom officiel l’indique, les Ghjurnate di Corti sont d’abord un lieu et un moment de visibilité pour le nationalisme corse, qu’il soit légal ou clandestin ; et c’est une ouverture internationale au service de cette visibilité. Les chefs nationalistes renvoient systématiquement vers « l’Etat français » la responsabilité des dérives de la clandestinité ; ils l’ont redit à Corte. Ils recherchent tout ce qui peut donner une image positive de leur cause, car ils veulent se défaire de cette tunique de radicalité dont les ont affublés leurs propres pratiques, et la propagande du nationalisme dit modéré. Les invitations qu’ils adressent pour leurs Ghjurnate visent cet objectif, un objectif qui tient compte également (il faut le souligner) du climat moins tendu qui règne à l’Assemblée de Corse. Dans les circonstances présentes, ces journées servent donc aussi à redorer un blason terni par des années de violence et de tragédies. Y parviendront-elles ? On peut en douter pour le moment. Car l’apaisement recherché passe par une épreuve de vérité. Toute société est conflictuelle et toute société a besoin de résoudre ses conflits. Mais on n’a jamais rien construit de durable sur l’injustice et la dissimulation. La société corse et le nationalisme, qui en est partie intégrante, devront, tôt ou tard, affronter leurs propres démons, les démasquer, et construire sur de nouvelles bases de nouveaux rapports sociaux. Les autres forces politiques ont, elles aussi, une part du chemin à faire ; elles y sont disposées et elles l’ont prouvé. Mais il faut bien le constater et en tirer des enseignements : tous les efforts consentis (y compris les demandes d’amnistie) ont été interprétés comme des faiblesses que l’on s’est empressé d’exploiter ! Le dialogue, s’il est vraiment recherché, exige de la réciprocité et non de l’unilatéral. Il n’a rien à voir avec une entreprise de séduction électoraliste. Il exige un cadre et des conditions concrètes qui ne donnent à personne le sentiment d’être otage d’une logique qu’il n’a pas choisie… Chaque partie doit en sortir sans perdre la face. Référons-nous, pour avancer dans la réflexion, à tous les processus de réconciliation que les peuples tentent de mettre en place un peu partout dans le monde, malgré des rapports de force autrement plus durs et plus sanglants. Quand on veut vraiment parvenir à un accord de paix, on discute même de la forme de la table des négociations – autour d’une table ronde, il n’y a pas de président ! Créons donc les conditions de ce dialogue sans double-fond. Et Les Ghjurnate, celles que nous ferons ensemble, ne seront plus celles de l’ambiguïté mais celles de la fraternité véritable.

Etienne Bastelica, Paul Antoine Luciani. Ajaccio le 7 août 2013 logo_hebdo.jpg

 

Des nouvelles de MC VERGIAT

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Pour que 2013 soit une année de mobilisation citoyenne

Cette nouvelle année a bien mal commencé.

C’est avec stupeur que nous avons effectivement appris l’assassinat de trois militantes kurdes en plein Paris. Je connaissais bien l’une d’entre elles, Rojbin. J’ai donc été particulièrement touchée par cette horreur. Pour moi, elle était et restera le symbole du combat des femmes kurdes pour leur dignité et le respect des droits du peuple kurde. Samedi dernier, lors du rassemblement de solidarité avec nos ami(e)s kurdes, Leila Zana m’a dit : « Pourquoi trois femmes ?». Je crois que c’est effectivement une bonne question tant le combat des femmes kurdes est à l’opposé des tentatives de retour en arrière que mènent non seulement les intégristes mais ceux qu’il convient d’appeler les conservateurs musulmans proches des conservateurs chrétiens qui veulent nous faire prendre ces partis pour des modèles pour ceux et celles qui veulent construire la démocratie après les « printemps arabes ».

Cela ne m’empêchera pas cependant de vous vous présenter à tous et à toutes mes meilleurs vœux pour 2013. D’abord sur le plan personnel pour vous et vos proches car quel que soit les engagements des un(e)s et des autres, il importe que chacun(e) puisse se réaliser pleinement sur le plan personnel et bénéficier d’un environnement serein. Sur le plan politique, cette année 2013 sera d’abord et avant tout une année sans échéance électorale. Chose assez rarissime pour qu’il convienne de la relever. Ce sera aussi la première fois depuis la création du Front de Gauche et cela mérite aussi d’être souligné. Il est en effet beaucoup plus facile de faire vivre une formation politique en période électorale. Or, depuis sa création, le Front de gauche a été confronté à une séquence électorale allant crescendo des élections européennes de 2009 aux élections législatives et présidentielles.

Le Front de gauche a participé à la victoire de François Hollande et, pour ma part, je ne regrette rien tant les dégâts de 10 ans de droite au pouvoir ont été catastrophiques pour notre pays. Nous étions en quelque sorte sans illusion sur la capacité des socialistes à porter réellement un projet de transformation sociale mais l’on doit constater que les capacités de renoncement du Président de la République et de son gouvernement vont au-delà de ce que nous pouvions craindre. Il n’est donc guère étonnant que le désenchantement gagne une partie croissante de l’électorat de gauche. Nombre d’entre nous n’avait pas beaucoup d’illusions mais quand même : le choc est rude et ce, dans de nombreux domaines qui ne relève pas tous de ce qu’il est convenu d’appeler le réalisme économique, terme assez pratique, il faut en convenir, car il sert le plus souvent à habiller l’absence de propositions alternatives. Au moment où, surfant sur les conséquences économiques et sociales de la soit disant crise financière, l’extrême droite dresse la tête dans de nombreux pays européens, il serait temps que ceux et celles qui se réclament des valeurs de gauche tirent les leçons de l’histoire et cessent de gouverner avec comme seul horizon politique un électoralisme de mauvais aloi dans certains domaines alors qu’ils font fi des demandes de la population en matière économique et sociale. En 1981, François Mitterrand et Robert Badinter ont aboli la peine de mort prenant complétement à contre-courant l’opinion publique de l’époque (plus de 70% des Français étaient hostiles à cette abolition).

Qu’en est-il aujourd’hui du courage politique de ceux et celles qui nous gouvernent ? Pourquoi tant de renoncements ? Je ne prendrai qu’un exemple : celui du droit de vote pour les étrangers non communautaires aux élections municipales. Si l’opinion publique semble aujourd’hui hostile à la citoyenneté de résidence, c’est d’abord et avant tout le résultat de 10 ans de dérapages politiques menés par les plus hauts dirigeants de notre pays. La recherche de boucs émissaires a toujours été l’apanage de la droite. Nous attendons autre chose d’un gouvernement qui se dit de gauche. Je pourrais prendre bien d’autres exemples mais je suis persuadée, avec mes ami(e)s du Front de gauche, que le seul moyen de permettre au Président de la République et à sa majorité parlementaire de tenir leurs engagements est de mobiliser les énergies. Nous y prendrons toute notre part. J’espère donc que cette année 2013 sera riche en mobilisations citoyennes.

 

Ange Rovere, Premier adjoint communiste au maire de Bastia.

Les clichés sur la Corse servent de cache-sexe à une véritable cécité intellectuelle. Position parue le 22 Octobre 2012 dans ((/public/vociaiaccini-ubloggu.elunet.fr/Logos/humanite_fr_logo.gif

Quinze morts par balles depuis le début de l’année?; une dizaine de tentatives d’assassinat?; et la liste macabre n’est, hélas, pas encore close d’ici au 31 décembre. Mais l’île n’atteindra vraisemblablement pas le triste record du milieu des années 1990, avec sa quarantaine de meurtres par an lorsque les mouvements nationalistes réglaient leurs différends à coups de 11.43, ni celui de 2006? avec ses 43 crimes. Rapporté au chiffre de la population le taux d’homicides dépasse de loin celui de la Sicile, alors que rien ne permet d’assimiler la Corse à ce morceau de Mezzogiorno italien, ni l’histoire, ni les structures sociales qui, ici, ont secrété la mafia dans les interstices laissés par l’État au point qu’il y a eu osmose entre les deux, celui-ci laissant à celle-là le droit de faire le droit. Alors?? Quelle explication donner à ce déchaînement de violence qui ne semble plus connaître de limites, y compris dans ses dérives les plus ignobles?? Le culte des armes ?à feu, auquel échappent de moins en moins de jeunes, plonge-t-il ses racines dans on ne sait quels gènes de «?l’Homo corsicus?» naturellement possédé par le démon du meurtre, quel que soit le différend l’opposant à ses congénères?? La réponse est vite trouvée et j’ai personnellement entendu un procureur général conseiller à un autre magistrat ?la lecture de Paul Bourde, journaliste au quotidien le Temps, qui dans ?les années 1880 avait écrit une série d’articles sur «?l’esprit de clan?». ?Le jugement était, c’est le cas de ?le dire, sans appel?: «?Lisez ce livre, vous comprendrez la Corse, car rien n’a changé depuis.?» Sauf qu’avec de telles certitudes le réel devient irrationnel et que les clichés ?les plus éculés servent de cache-sexe ?à la cécité intellectuelle.

 

Municipalité d’Ajaccio

"Nous ne voulons étre instrumentalisé par aucune faction et prenons une position collective". Tel est le résumé de la position du groupe C&FDG qui estime n'étre pas concerné par ce remaniement, et s'abstient de commenter une décision relevant des prérogatives exclusives du maire. Rien n'est changé aux équilibres internes entre les différents groupes. La décision du Maire impacte exclusivement le Groupe "Corse social démocrate", le sien. Cette "réserve" du groupe communiste et front de gauche ne signifie pas qu'ils soient des observateurs passifs. Simplement, rien ne sera fait qui puisse diviser, ou affaiblir la majorité municipale. Ils participent (très) activement au débat interne.

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Les élus communistes et Front de gauche communiquent

Depuis 2001, nous avons observé une ligne de conduite constante qui peut se résumer à deux notions interdépendantes : solidarité de gestion et autonomie politique.

Ainsi, à trois reprises, en 2002, 2007 et 2012, nous avons été candidats aux élections législatives, non « contre » le maire mais « à côté de lui ». Et nous avons toujours appelé au rassemblement démocratique, au second tour, autour du candidat de gauche le mieux placé.

Durant la préparation des élections municipales, à deux reprises, nous avons discuté, dans cet esprit, avec le maire et nos partenaires, de la répartition des responsabilités et des tâches au sein de la Direction municipale.

Dans les circonstances présentes, le maire a clairement précisé que le remaniement partiel des délégations auquel il souhaitait procéder ne concernait pas les deux adjoints Front de gauche, mais ceux de son propre groupe.

Nous n’avons donc pas à intervenir dans un débat interne à un autre groupe de la majorité municipale ; et nous n’alimenterons pas la chronique politicienne dont se repaissent les adversaires de la municipalité qui rêvent de reconquête.

Nous consacrerons tous nos efforts à consolider le bilan, déjà très riche, de la municipalité élue en 2001 et très largement réélue en 2008. Nous travaillerons, dans l’unité de toutes les composantes de la majorité, à améliorer encore le projet urbain dont la capitale de la Corse a impérativement besoin.

Ajaccio le 23 septembre 2012

Etienne Bastelica, conseiller municipal, conseiller communautaire, président du Groupe Front de gauche à l’Assemblée de Corse ;

Maria Guidicelli, adjointe au maire, membre du Conseil exécutif de Corse ;

Paul Antoine Luciani, premier adjoint au maire, conseiller communautaire ;

Natacha Pimenoff, conseillère municipale, vice-présidente de la CAPA ;

Marthe Poli, conseillère municipale, conseillère communautaire.

 

PA LUCIANI: UNE ABSTENTION "DE GAUCHE"...

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Législatives 2012 – Première circonscription de Corse du sud

Interview réalisé par Jacques RENUCCI paru dans l'Hebdo du 13 Juillet, de PA LUCIANI Premier adjoint au maire d’Ajaccio,Candidat Front de gauche

Dans la première circonscription de la Corse du Sud, Simon RENUCCI a été défait. De multiples commentaires et analyses ont été réalisées à ce sujet. Il est intéressant d'avoir votre opinion en tant que représentant du Front de Gauche et surtout 1° Adjoint d’Ajaccio

Avec Jack Lang et Ségolène Royal à gauche, avec Claude Guéant et Nadine Morano à droite, Simon Renucci fait partie des victimes inattendues du suffrage universel. Mais le maire d’Ajaccio présente une particularité : à la différence de la grande majorité des députés socialistes sortants, il ne paraît pas avoir été porté par la vague rose qui a déferlé sur l’Assemblée Nationale dans le sillage de l’élection présidentielle. Ce déficit est une surprise d’autant plus paradoxale et cruelle que le maire d’Ajaccio n’avait pas été affecté par les vagues bleues qui avaient suivi en 2002 l’élection de Jacques Chirac et, en 2007, celle de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Il faut examiner cette singularité que certains attribuent un peu trop vite, sans doute, au particularisme corse, voire à une certaine spécificité ajaccienne ; ou encore, plus imprudemment, à une forme de «désamour » de la capitale régionale à l’égard de son maire…

Il faudrait peut être commencer par étudier les résultats

Revenons d’abord sur les résultats. Les responsables politiques ne se risquent guère, en général, à une analyse publique (même sommaire) des résultats chiffrés ; ils préfèrent laisser ce soin aux experts pour s’en tenir, comme l’a fait à sa manière le président du conseil général de la Corse du sud, au rappel des thèmes généraux de leur campagne tout en célébrant les mérites personnels de leurs amis, manière de pointer, sans les nommer, les défauts de leurs adversaires… La première caractéristique de ces élections législatives, c’est l’abstention. Elle s’est installée, dans ces élections, comme un phénomène récurrent lié à l’instauration du quinquennat et à la « séquence électorale » (présidentielle-législatives) qui l’accompagne. Car la règle du jeu, imposée par la constitution de la cinquième république, c’est qu’il n’y ait que deux candidats présents au second tour de la présidentielle. Ce dispositif entraîne ipso-facto une bipolarisation de la vie politico-institutionnelle ; un mécanisme bien connu, dont le quinquennat et sa séquence électorale ont augmenté la force. Tout se passe désormais comme si une seule échéance comptait vraiment : le second tour de l’élection présidentielle, c’est-à-dire le moment où l’on choisit le Président (qui peut même devenir l’hyperprésident !).

Quelle en est la conséquence

Dans la foulée, les électeurs sont incités, presque naturellement, à confirmer aux législatives le choix majoritaire qui a été le leur, un mois auparavant ! On leur explique, avec insistance, que les législatives ne servent qu’à une chose simple : « donner-au-président-la-majorité-parlementaire-dont-il-a-besoin-pour-mettre-en-œuvre-la-politique-que-vous-avez-choisie-en-votant-pour-lui »… Et ça marche ! 2002, 2007, 2012 l’attestent.

Des exemples?

Un exemple particulièrement éclairant, le cas du sixième canton d’Ajaccio (10 211 inscrits) : 70,24 % de votants au second tour de la présidentielle ; 47,65 % au premier tour des législatives. En cinq semaines, le taux d’abstention est passé, dans le plus gros canton d’Ajaccio, de 29,76 % à 52,35% ! Le phénomène est un peu moins spectaculaire dans la première circonscription, mais il est significatif (l’abstention sur l’ensemble des 7 cantons d’Ajaccio au second tour de la présidentielle est de 25,88 % ; elle est, dans la première circonscription, de 41,37 % au premier tour des législatives, et de 37,27 % au second). L’abstention aux législatives est donc une réalité indiscutable, mais elle ne s’exprime pas avec la même force selon les quartiers ou les cantons. Elle concerne, à l’évidence, une partie de l’électorat qui s’est exprimée à l’occasion de la présidentielle et qui n’est plus motivée par l’enjeu des législatives. A l’inverse, si l’enjeu des législatives est décentré par rapport à la « séquence électorale », il peut motiver une partie de l’électorat qui n’hésite pas alors à mélanger les genres, à confondre les enjeux , voire à anticiper les échéances : c’est le cas du premier canton où l’abstention est nettement plus faible aux législatives (34,85 % au premier tour ; 33,07 % au second) que la moyenne municipale (41,37 % au premier tour ; 37,27 au second). On constate également que, dans le premier canton, l’écart au second tour, entre les résultats de Simon Renucci et ceux de Laurent Marcangeli, est de 724 voix ; alors que l’écart global sur la ville est de 880 voix ! On mesure, à la fois, les dégâts de l’abstention et sa spécialisation territoriale, car l’écart cumulé dans les cinq autres cantons, entre les deux candidats, n’est que de 156 voix… La mobilisation à droite n’est réellement efficace que dans le premier canton, l’abstention à gauche est certainement plus uniforme sur le territoire communal ; Simon Renucci reste en tête dans les troisième et septième cantons (tenus par la gauche), mais l’abstention l’empêche de compenser l’écart trop grand du premier canton. Au second tour, les mouvements électoraux sont plus complexes qu’il n’y paraît : des électeurs nouveaux apparaissent qui n’ont pas voté au premier tour ; d’autres disparaissent qui ne votent plus au second tour… On peut estimer que le 17 juin, à Ajaccio ville, il y a eu entre 20 et 25 % d’électeurs nouveaux, selon les bureaux de vote. Vu le résultat final, la proportion d’électeurs nouveaux de droite a été, à la différence de 2007, un peu plus importante que celle de gauche qui visiblement se sont moins mobilisés.

On peut donc parler d'une abstention de gauche...?

Pourquoi une abstention de gauche en pleine « vague rose » ? D’abord parce qu’une « vague législative » n’exclut nullement une certaine abstention, y compris parmi les électeurs qui pourraient participer à cette vague (si les jeux sont faits, il n’est pas indispensable d’aller voter, se disent parfois certains électeurs peu civiques). Ensuite, et plus fondamentalement, beaucoup dépend de « l’offre politique » des différents candidats. Les électeurs du Président attendent de leur candidat aux législatives le prolongement direct du message politique présidentiel, et non la promotion d’une offre différente, voire dissemblable. Dans la « séquence » évoquée plus haut, une cohérence nationale stricte est impérative ; une cohérence qui doit se construire largement en amont des législatives, dès le début de la campagne présidentielle.

Le Front de Gauche a-t-il été dans cette ligne

Le Front de gauche, pour ce qui le concerne, n’a jamais dissocié le programme « L’ Humain d’abord » défendu par Jean Luc Mélenchon et les propositions de ses candidats aux législatives. Il s’est efforcé, au contraire, de démontrer que les secondes trouvaient sens et efficacité dans le premier, et que cette cohérence nationale-territoriale était la preuve d’un engagement commun au service de la même cause. Il gagne trois cents voix et plus de deux points à Ajaccio. Les décalages, pour ne pas dire plus, entre les positions d’Eva Joly à l’élection présidentielle et les propositions corses de ses soutiens locaux aux élections législatives n’ont pas illustré l’identité de leurs engagements respectifs au service de la même cause. D’ailleurs, les nationalistes de toutes tendances ont défendu l’idée que la seule échéance qui comptait pour la Corse était celle de 2014 ; leurs campagnes législatives se sont voulues principalement comme des répétitions générales avant les élections municipales et territoriales à venir, contribuant ainsi à brouiller les enjeux nationaux de ces consultations éminemment nationales !

Il y aurait donc eu un détournement des enjeux

C’est sans aucun doute autour de cette question de l’enjeu national, brouillé par les campagnes nationalistes et insuffisamment éclairé par sa propre campagne, qu’il faut chercher la cause première de l’échec (sur le fil) du maire d’Ajaccio. Si les électeurs ajacciens avaient été sollicités, non sur les enjeux municipaux ou insulaires (qui n’étaient pas à l’ordre du jour), mais sur la réussite du changement grâce à une majorité parlementaire de gauche (qui était la seule finalité de cette élection), il est certain que l’abstention de gauche aurait été moins forte. Et les « petits » reproches relatifs aux horodateurs, à la circulation, à la propreté de la ville (qui ont leur importance mais ne relèvent en aucune façon de l’Assemblée nationale) auraient été relativisés au regard des grandes questions du pouvoir d’achat, du logement, de l’emploi, de la crise financière qui étaient, elles, au cœur de ces élections…et sur lesquelles l’UMP avait des comptes à rendre. S’ils ont le sentiment que leur bulletin de vote est utile, les électeurs peuvent se mobiliser, et l’abstention recule. D’une façon générale, le dispositif institutionnel pousse à l’abstention ; si l’on y ajoute de la confusion dans les enjeux, on augmente la démobilisation. Un seul exemple : « Le changement continue » est-il compatible avec « Le changement c’est maintenant » ? A-t-on craint de voir détourner le mot d’ordre national au point de rendre inintelligible le mot d’ordre local ?

N'est-il pas trop terd, ne peut on pas faire l'économie de telles interrogations?

Ce type de questionnement sur le contenu d’une campagne, surtout quand elle échoue de si peu, est absolument nécessaire… Il concerne toute la gauche, Front de gauche compris. Car une situation nouvelle s’est créée qui appelle réflexion collective et initiatives diverses. Voici quelques pistes : Tout est fait localement pour propager l’idée que la transformation sociale de la Corse dépend uniquement des changements institutionnels que notre île peut obtenir pour elle-même ; c’est une illusion dangereuse. La Corse est insérée et contrainte dans un système, le système capitaliste, qui se perpétue dans la crise financière et la crise économique, pour lesquelles il n’est pas de solutions corses. Chacun le sait, mais beaucoup voudraient nous le faire oublier. L’action collective pour arracher la moindre part de pouvoir d’achat, d’équipements publics, de droits nouveaux, de logements, de créations d’emploi…cette action reste indispensable, en Corse comme ailleurs. Et tout ce qui sera acquis devra être salué comme une conquête. Mais c’est le système capitaliste lui-même qu’il faut changer et, en attendant d’y parvenir, il faut lui imposer toutes les régulations publiques possibles ; et non laisser la logique implacable du marché dicter sa loi à tous les peuples.

Comment dés-lors dessiner l'avenir

Le recadrage de l’action publique autour de l’intérêt général, de la réforme fiscale, du partage des richesses, du passage à la sixième République, est devenu une nécessité absolue. Le spectacle des conséquences de la crise en Europe devrait nous inciter à nous rassembler autour de ces grandes questions en resituant nos intérêts insulaires dans leur contexte national et européen et en recherchant toutes les alliances utiles avec les forces sociales et politiques capables de prendre en charge avec nous les intérêts populaires. Ces objectifs généraux paraissent bien éloignés de nos analyses électorales, et pourtant, c’est bien grâce à la vision qu’elle se donnera de l’avenir que la gauche trouvera les voies du changement social que la Corse attend. Les échéances municipales et territoriales ne peuvent être des objectifs en soi. Les élections, c’est vrai, permettent de désigner les représentants du peuple. Elles sont aussi «le baromètre de la lutte des classes »…

 

LE SAMEDI 30 JUIN 2012 à 13 H 30

logo_PCF_FDG.bmp En cette période post-électorale, le Président du Groupe des Élu(e)s Communistes et Citoyens du Front de Gauche, les deux secrétaires départementaux du PCF, organisent une réunion des animatrices et animateurs du Front de gauche ,

LE SAMEDI 30 JUIN 2012 à 13 H 30 UNIVERSITÉ DE CORSE - CORTE

Ensemble, nous ferons le point sur les résultats des récentes élections présidentielles et législatives pour mieux envisager l’avenir.

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