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ASSEMBLEE DE CORSE - SESSION DU 9 AVRIL 2015

QUESTION ORALE POSEE PAR ETIENNE BASTELICA - EMPRUNT STRUTURE EUR/CHF 50 MILLIONS D’EURO

Monsieur le Président,

Dans votre rapport relatif au projet de Budget Primitif 2015 (BP) soumis à l’Assemblée de Corse, vous rappeliez que « si la Corse a mieux surmonté le choc des premières années de crise que d’autres régions, elle connait aujourd’hui une détérioration préoccupante de sa situation économique et sociale due notamment à une baisse d’activités de ses entreprises ».

La dernière note de conjoncture de l’INSEE souligne la situation toujours défavorable sur le front de la demande d'emploi, les indicateurs du 3e trimestre 2014 confirmant la progression du taux de chômage qui est de 0,4 point supérieur à la moyenne nationale.

Face à une telle situation, il convenait en effet, comme vous nous l’avez proposé, de privilégier une stratégie d’intervention de la CTC reposant sur plusieurs actions complémentaires : répondre à l’urgence sociale, participer activement au soutien de l’activité par l’investissement public, …

Nous avons donc été attentifs à l’équilibre budgétaire proposé avec une épargne nette de 114.925 M€, en augmentation de +10.41 % par rapport à 2014.

Prévision qui suppose une bonne maitrise de notre endettement car si la structure de notre dette est globalement saine, nous ne devons pas sous-estimer le risque que fait peser sur le budget régional l’emprunt structuré EUR/CHF de 50 M€ - contracté en 2007 - qui pèse pour plus du tiers dans le remboursement annuel des intérêts.

Or, depuis le 15 janvier dernier, le mini-krach financier provoqué par la Suisse qui a décidé de ne plus soutenir l’euro a des conséquences directes sur les collectivités qui ont contracté des emprunts indexés sur le franc suisse, principalement avant 2008 : on assiste à une véritable flambée des taux d’intérêts qui atteignent désormais 30% !

Vous aviez évoqué lors de la présentation du BP, pour réduire les charges d’intérêts de notre dette, la possibilité de candidater au fonds instauré par la loi de finances 2014 afin d’aider les collectivités ayant contracté des emprunts structurés à risque.

Nous avions noté toutefois que, pour bénéficier de ce fonds, la Collectivité se devait d’arrêter toute action en justice en signant un protocole transactionnel avec la SFIL, banque publique qui a repris les actifs de DEXIA.

Ainsi, Monsieur le Président, pouvez-vous nous rassurer sur les conséquences de la décision de la Banque Nationale Suisse sur les finances de notre Collectivité et nous apporter des éléments de réponse, notamment sur :

- Le taux qui s’appliquerait aujourd’hui à l’emprunt structuré et le niveau d’augmentation de la charge d’intérêt ? - Le dispositif que vous privilégiez en réponse à cette situation : mobilisation du fonds d’aide spécifique aux collectivités ce qui suppose de renoncer, au préalable, à toute action en justice ou engagement d’une procédure contentieuse ? …

Je vous remercie.

 

ASSEMBLEE DE CORSE - SESSION DES 16 ET 17 AVRIL 2015

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

Mes chers collègues,

Mon propos d’actualité sera concentré sur les quelques évènements d’importance qui se sont déroulés cette semaine.

Le Sporting Club de Bastia, d’abord, a disputé contre le Paris Saint Germain la finale de la coupe de la Ligue, samedi au stade de France.

Avant toute chose, je tiens à saluer un état d’esprit collectif, dans un contexte pourtant désavantageux.

Les dirigeants du SCB ont réussi à organiser cette participation en accomplissant des efforts inhabituels pour un club de cette taille. L’entraîneur a su préparer parfaitement la rencontre mais aussi faire preuve d’une dignité exemplaire dans ses réactions publiques. Les joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes, sans se laisser décourager par une sanction provoquant leur infériorité numérique. Et le public, bien sûr, est venu nombreux, de tous âges et conditions, depuis la Corse ou sur le continent, partageant un même élan de ferveur festive, en sachant éviter tout débordement.

Comme la plupart de nos concitoyens insulaires, j’aurais préféré, sinon un autre résultat - le sport a ses propres inégalités - en tout cas que la compétition puisse se dérouler entièrement. Pour autant, il ne m’appartient pas depuis cette tribune de polémiquer : le football professionnel a ses règles et c’est dans ce cadre qu’il conviendra d’agir si besoin était. Cela, moins pour contester l’arbitrage que le comportement d’une institution dont le représentant a, pour le moins, failli à ses obligations d’impartialité.

On retiendra surtout que le Sporting avait réussi, ce soir-là, à se hisser en finale, contre l’un des principaux clubs du continent, et que malgré la disproportion des moyens en présence, il était parvenu à mobiliser toute une population.

Je le remercie donc en votre nom collectif, et je ne doute pas qu’il saura profiter de cette expérience pour écrire de nouveaux chapitres glorieux du sport corse ; l’enjeu, actuellement, consistant à ne pas se laisser distraire de la fin du championnat.

Concernant, ensuite, la collectivité unique, une nouvelle rencontre s’est tenue lundi au Ministère de la Décentralisation.

Comme ils s’y étaient engagés, Monsieur CAZENEUVE et Madame LEBRANCHU ont pris l’avis des élus insulaires avant l’examen, en seconde lecture, du projet de loi portant « Nouvelle Organisation Territoriale de la République » et de son article 13 relatif à la création d’une collectivité unique en Corse.

L’ordre du jour consistait notamment à s’accorder sur les fondamentaux politiques de celle-ci, nombre d’élus, mode de scrutin et prime majoritaire, représentation des territoires. Chacun des participants a pu s’exprimer librement, y compris sur d’autres sujets, puis il est revenu au gouvernement de proposer une synthèse.

Celle-ci peut se définir comme suit : une Assemblée à 63 élus ; un mode d’élection analogue au scrutin actuel, garantissant ainsi la représentation des sensibilités minoritaires, avec ajustement à due proportion de la prime majoritaire ; et le principe d’un organisme assurant en parallèle la représentativité des territoires. Un calendrier nous a également été proposé pour la rédaction, en concertation, des ordonnances qui préciseront le périmètre administratif et financier de la nouvelle entité, et sans doute aussi les conditions d’une fusion progressive avec les deux départements. Quant au référendum, le Ministre de l’Intérieur a estimé que la préférence de la majorité des élus revenait à donner la priorité à l’entrée en vigueur de cette réforme plutôt qu’à se donner le temps d’une consultation préalable de la population. Je m’abstiendrai à ce niveau de vous rappeler ma position. Enfin, je ne saurai conclure sans évoquer le nouveau drame humain qui s’est déroulé dimanche au large des côtes calabraises. Quatre cents migrants ont en effet péri noyés. D’après l’organisation « Save the Children », près de cinq mille personnes ont débarqué entre le 11 et le 13 avril au sud de la botte italienne, parmi eux quatre cent cinquante enfants dont beaucoup avaient vécu, je cite, « des expériences atroces de violence ».

Les populations locales font preuve d’une générosité d’accueil qui ne faiblit pas. En revanche, les autorités européennes ont voulu privilégier une réaction purement défensive, dont on mesure les coûts.

Mes chers collègues, notre Assemblée s’honorerait de montrer régulièrement la solidarité du peuple corse, mais aussi, d’encourager les initiatives locales visant à dénoncer un système de plus en plus inhumain, pour promouvoir d’autres modèles de développement en Europe, et d’autres types de rapport avec les habitants du sud de la Méditerranée ; à tout le moins, un régime d’accueil des réfugiés plus responsable. Charles de FOUCAULD, infatigable défenseur des peuples d’Afrique disait qu’il n’avait rien vu de plus beau, dans notre devise républicaine, que le mot de fraternité.

Enfin, dans un tout autre registre, nous avons appris l’agression dont a été victime hier soir Monsieur Jean HOUBEAUT, Directeur Général Adjoint de l’ARS, et en votre nom, je tiens à lui faire de part de notre soutien.

Je vous remercie.

 

ASSEMBLEE DE CORSE - SESSION DU 9 AVRIL 2015

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ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

Mes chers collègues,

Cette séance publique sera consacrée au projet de Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse. Nous avons, en effet, à examiner les avis rendus par plusieurs organismes, prévus dans le cadre de la procédure légale, avant d’engager l’enquête publique. A cet égard, permettez-moi de préciser d’une part, que seul le contenu de ces avis peut être utilement examiné, ou alors cela vaudrait une reprise de la procédure à zéro ; et d’autre part, qu’il y aura dans ces préconisations des considérations d’ordre juridique susceptibles de conditionner la valeur juridique du PADDUC tout entier. Mais je ne doute pas que le Conseil exécutif saura vous apporter les indications appropriées, de façon à conférer à ce document la fiabilité qu’il mérite.



Je vous rappelle, également, que conformément aux engagements pris le 3 mars en commission permanente, la séance des questions orales a été élargie. J’ai demandé à France 3 Via Stella de prévoir une heure et demi de diffusion télévisée, renouvelable si besoin la semaine prochaine, pour que le stock de questions accumulées puisse être évoqué sans pénaliser davantage leur caractère d’actualité.

Une douzaine de questions ont été déposées, et j’attire votre attention sur l’intérêt de respecter le format prévu par le règlement intérieur : je fais donc appel à la bonne volonté des auteurs des questions autant que des réponses afin que chacun puisse en bénéficier. Je concluerai par quelques considérations sur l’actualité.

Le devenir de la SNCM, d’abord, connait de nouvelles évolutions : le Conseil Exécutif nous a remis une note d’information - qui ne fera pas l’objet d’un débat - sur ce dossier.

Je voudrais également évoquer le conflit de Radio - France concernant naturellement RCFM. J’apporte mon soutien au personnel afin que la station conserve tous les moyens nécessaires à la poursuite de ses missions ; deux motions vous seront d’ailleurs soumises tout à l’heure. Les élections départementales, ensuite, ont suscité dans notre île un taux de participation supérieur à celui du continent. J’adresse mes félicitations aux Présidents François ORLANDI et Pierre-Jean LUCIANI comme à l’ensemble des nouveaux élus : la parité est entrée aujourd’hui à tous les niveaux de la décentralisation et je tenais à saluer ce progrès démocratique. Pour autant, la compétition politique a provoqué des tensions, au nord aussi bien qu’au sud et peut-être ici également : sachons conserver, mes chers collègues, un état d’esprit constructif, qui privilégie l’intérêt général et reste conforme aux attentes de nos concitoyens. Enfin, l’actualité a été dominée par plusieurs drames. Un Airbus effectuant la liaison Barcelone / Francfort s’est écrasé dans les Alpes de Haute Provence. Plus d’une centaine d’étudiants ont été massacrés dans une université au Kenya. Je voudrais que nous ayons une pensée solidaire envers les victimes et leurs familles. Dans un tout autre ordre d’idée, le Sporting Club de Bastia sera en finale de la coupe de la ligue, opposé au Paris Saint Germain samedi au stade de France. C’est pour le football insulaire un vrai succès. Que nos joueurs soient portés par l’enthousiasme populaire et ils sauront, j’en suis sûr, rivaliser avec le club numéro un du championnat ; « Forza Bastia » évidemment.

S’agissant de notre calendrier, je précise que mardi 13, une délégation d’élus, comprenant les Présidents des groupes politiques de l’Assemblée de Corse, sera reçue par Madame la Ministre de la Décentralisation et Monsieur le Ministre de l’Intérieur pour poursuivre l’élaboration de la réforme du statut particulier : une réunion de commission est organisée de 14 à 15 heures par notre ami Pierre CHAUBON.

 

05 ET 06 FEVRIER 2015-ASSEMBLEE DE CORSE

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

Mes chers collègues, M. le Président,

Cette séance publique ouvre la première session ordinaire de l’Assemblée de Corse.

Je présenterai, d’abord, à chacune et à chacun d’entre vous mes vœux les meilleurs, Paci è Saluta pà l’annu novu, dà spartà cù tutti quiddi chì vi sò cari.

J’exprimerai, ensuite, l’indignation de notre Assemblée, et de la Corse, après les horribles attentats perpétrés les 7 et 9 janvier à Paris.

Notre soutien ému est apporté aux familles des victimes comme à celles et ceux qui ont été blessés, choqués ou meurtris dans leur chair.

Notre détermination renforce celle du Président de la République, de son gouvernement, et de la représentation nationale unanime pour sanctionner justement les complices de ces massacres, assurer la sécurité des citoyens dans le respect de l’Etat de droit et garantir cette liberté d’expression et de caricature qui est le gage d’une démocratie.

Notre volonté d’agir dans le cadre de nos compétences encouragera les acteurs locaux œuvrant ici au quotidien pour faire reculer l’injustice, la haine et l’exclusion, qu’un petit nombre de fanatiques, criminels ou démagogues de tous poils n’hésite pas à entretenir, à instrumentaliser.

Le peuple Corse était dans la rue le 11 janvier, à l’unisson des millions de citoyens mobilisés dans tout le pays (et aussi dans le monde entier), par-delà les croyances et les convictions, dans un mouvement populaire sans précédent depuis la Libération.

Oui, la réaction immédiate de notre Etat et de notre population a été à la hauteur et il convient de le souligner.

Cependant, la seule action des forces de police, de renseignement ou de justice ne suffira pas : le contexte économique, social, et culturel favorise, surtout en période de crise, les dérives sectaires ou criminogènes et un modèle de société profondément inégalitaire sera donc à réformer. Car c’est la réussite d’un projet de société ouvert à tous, dans lequel tout un chacun aura des perspectives d’avenir stables, qui apportera les réponses les plus durables.

Comme l’a rappelé Monsieur le Recteur d’Académie lors de la journée organisée par la commission Violence le 15 janvier au Centre des Sports et de la Jeunesse, l’école contribue à inculquer la connaissance, le comportement en société et le respect des autres, mais elle ne peut pas tout.

Les jeunes ont tendance à imiter le comportement des adultes, à reproduire le modèle social dominant et parfois à le rejeter violemment. Le sentiment d’exclusion, l’obscurantisme ou la recherche d’exutoires dans les boucs-émissaires ne sont pas le monopole, d’ailleurs, des seuls enfants immigrés. Une société évoluée, moderne peut malheureusement aussi fabriquer des monstres !

Rappeler cela, ce n’est en aucun cas fournir un alibi ou une excuse à des actes barbares qui n’en ont évidemment pas. C’est au contraire isoler les criminels, ceux qui sont capables de tuer lâchement pour un dessin, une injure ou un prétendu blasphème.

La Corse est à la confluence des courants du monde méditerranéen. Une partie de sa population, parce qu’elle l’a vécu, comprend la condition de l’émigré : comment on est accueilli sur une autre terre, comment on a tendance à alors renforcer les solidarités internes à sa communauté. Dans sa grande majorité, la Corse a toujours été hospitalière envers ceux qui venaient chez elle pour gagner de quoi vivre et, non sans frictions -mais pas plus et peut-être moins qu’ailleurs- elle a réussi à les intégrer. Enfants du continent, d’origine italienne, portugaise, russe, maghrébine, africaine, asiatique, sachez que les Corses ont été nombreux à partir chercher du travail chez vous et qu’ils vous comprennent : vous êtes ici les bienvenus et vous contribuez à enrichir une culture insulaire originale.

Notre île a une identité forte, une communauté immigrée nombreuse et laborieuse, et une démographie dynamique. Elle connaît pour autant des déséquilibres importants pouvant générer des tensions. Réduire ces inégalités exigera des choix parfois courageux dans l’allocation des politiques ou des moyens. Mais c’est la solution pour établir ce modèle de vivre-ensemble qui reste, j’en suis profondément persuadé, à notre portée.

Mes chers collègues, nous pouvons convaincre la population que l’avenir de la Corse se construira dans un rapport respectueux entre identité et altérité ; que la République, ici comme ailleurs, n’a jamais été l’instrument des privilèges et de l’oppression ; et que sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité » contient, pour peu qu’on lui donne le même contenu pour tous, la garantie d’une société équitable.

En m’excusant d’avoir été long, mais le moment me paraissait important, je vous demande donc d’observer une minute de silence en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, de Montrouge et de la porte de Vincennes.

(Une minute de silence est observée dans l’hémicycle)

Je vous remercie.

Je conclurai, enfin, par quelques précisions sur l’ordre du jour.

La visite ministérielle de Monsieur CAZENEUVE et Madame LEBRANCHU en Corse nous amène à modifier le déroulement de notre réunion.

En accord avec la commission permanente, la séance des questions orales est supprimée ; nous déjeunerons ici avec des sandwiches pour reprendre cet après-midi à 13h30. Par ailleurs, le Président du Conseil Exécutif par rapport au nombre de dossiers, m’a indiqué qu’il dirait quelques mots sur le rapport des nouveaux locaux, sans qu’il passe obligatoirement en séance.

Demain, nous aurons un échange avec M. le Ministre de l’intérieur de 10h30 à 12h : les présidents des groupes politiques pourront s’exprimer chacun dix minutes parce qu’on est pris par un timing. Compte tenu des mesures exceptionnelles de sécurité en vigueur dans le pays, nous serons contraints de ne pas forcément autoriser le public à assister au débat ou à prendre place dans les tribunes, et je le remercie d’avance de sa compréhension.

Dans un autre ordre d’idée, je tiens à saluer la mémoire de notre ami Jean GAFFORY, récemment disparu. Maire de Guagno, il a siégé, je m’en souviens bien, dans cette Assemblée de 1986 à 1992, au groupe Radical de Gauche présidé par Paul GIACOBBI. Vice-président ou membre de ce qui était alors le Bureau, il s’était spécialisé dans les problématiques d’aménagement du territoire et du développement du monde rural, qui perd avec lui un de ses fidèles défenseurs.

En votre nom collectif, je présente nos condoléances à sa famille, à sa fille qui fait partie du personnel de la Collectivité, en assurant notamment son épouse de notre entier soutien.

J’adresse mes félicitations républicaines au nouveau maire d’Ajaccio, Laurent MARCANGELI et à son équipe municipale dans laquelle figurent Marie-Antoinette SANTONI-BRUNELLI, Nathalie RUGGERI et Simone GUERRINI.

Je remercie également Etienne SUZZONI qui dans le cadre de son activité de vigneron, a obtenu le prix d’excellence 2015 alloué dans cette catégorie par le Ministre de l’Agriculture.

Dans un cadre laïque, je souhaite mettre à l’honneur Mgr Dominique MAMBERTI, titulaire de l’archevêché de Sagone, nommé cardinal par le Pape François : il sera le premier insulaire à occuper de telles fonctions depuis plus d’un siècle.

Il convient de se réjouir, enfin (et je pense en particulier à Michel qui n’est pas là, ùn mi stona micca), de la victoire brillante du « Sporting » hier soir à Monaco ; je pense que nous serons nombreux à les supporter lors de la finale de la coupe de la Ligue contre le Paris Saint-Germain.

Je vous remercie de votre attention.

 

24/25 Avril - 2014 - ASSEMBLEE DE CORSE

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ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

Mes chers collègues,

Avant d’aborder l’ordre du jour, permettez-moi dans un cours propos introductif de mettre en exergue plusieurs sujets d’actualité.

Il m’appartient, tout d’abord, de vous rendre compte de la venue à la Collectivité de Madame Marylise LEBRANCHU. La Ministre de la Décentralisation a participé en effet à un troisième comité d’échange sur la réforme du statut particulier, lundi 14 avril à l’hôtel de région.

Cette réunion était centrée sur le projet de loi relatif à la décentralisation, qui comporte plusieurs articles visant à améliorer le fonctionnement actuel de notre institution, et sur lesquels nous avons émis un avis détaillé le 31 mars.

Un large accord de vue s’est dégagé avec le gouvernement pour intégrer la quasi-totalité de nos demandes. Cela démontre, et permettez-moi de le souligner, qu’à chaque fois que nous parvenons, premièrement à élaborer un cadre de propositions argumentées et deuxièmement, à l’approuver avec une majorité consistante, eh bien le pouvoir central est incité à prendre en compte nos attentes. Dans un contexte national de réforme qui s’annonce compliqué, il y a là, incontestablement, matière à rester confiants sur l’aboutissement de la démarche propre à la Corse. Nous avons, en effet, un triple avantage : un cadre de propositions étoffé et qui est le fruit d’une véritable concertation ; un vote quasi consensuel sur le contenu central de la réforme du statut particulier ; et une continuité favorable d’interlocuteur, personne ne mettant en doute les qualités d’écoute de Mme LEBRANCHU, ni ses convictions décentralisatrices.

Enfin, il semblerait qu’une réforme constitutionnelle puisse être engagée, à partir de la ratification de la charte européenne des langues ; et même être votée, pour peu qu’une partie de l’opposition fasse preuve d’un état d’esprit constructif : cela nous offrirait une perspective réelle d’aboutissement.

Cela étant, la Ministre a insisté aussi sur la nécessité d’apporter des réponses concrètes à la situation économique et sociale de la Corse. C’est judicieux, car les réformes institutionnelles ne produiront leurs effets qu’à moyen terme, alors que la population est déjà confrontée à de véritables urgences.



Je souhaite évoquer, ensuite, le devenir de la SNCM.

La délégation de service public organisant les liaisons maritimes entre la Corse et Marseille a été définie par notre Collectivité et elle est entrée en vigueur cette année. La SNCM, qui reste l’opérateur historique bien qu’elle ait été privatisée, s’est portée candidate. Elle a remporté l’appel d’offres. Il lui appartient aujourd’hui d’assurer en priorité l’exécution de cette DSP. A cet effet, un projet d’entreprise a été négocié entre la direction et les représentants du personnel, il prévoit des efforts exigeants tant pour les actionnaires que pour les salariés, de façon à redimensionner la flotte en fonction de la DSP et redresser durablement les comptes d’exploitation.

Il est anormal, je le dis clairement, que dans ces conditions, l’actionnaire majoritaire VEOLIA/TRANSDEV cherche à se désengager, à remettre en cause le projet industriel et à provoquer un dépôt de bilan. Des responsabilités ont été prises à l’égard de l’Assemblée de Corse, à l’égard des salariés comme à l’égard des usagers et des entreprises insulaires. Il est du devoir de l’Etat de les faire respecter. Chacun, en tout cas, aspire ici à la stabilité pour éviter une casse sociale qui serait sans précédent pour notre île.

Je dois, enfin, revenir sur la violence et les règlements de compte qui reprennent. Le Premier ministre connaît suffisamment ce dossier pour avoir conscience de la nécessité d’obtenir des résultats probants.

Même si l’expansion de la criminalité organisée se retrouve ailleurs, elle est devenue pour la Corse un véritable enjeu de démocratie. En préalable, il s’agit bien sûr de se doter des moyens d’investigation appropriés : leur renforcement est en cours, peut-être conviendrait-il de l’accélérer.

À notre niveau, il nous appartient d’engager collectivement une bataille dans les esprits pour faire évoluer les mentalités, et pour renforcer la culture de la légalité. Dans cet esprit, la commission « violence » a souhaité lancer une campagne auprès des jeunes contre le port d’armes dans les lieux publics, et elle tiendra une conférence de presse demain à ce sujet avec le Président GIACOBBI et M. le Recteur d’Académie.

Quand on constate les motivations qui inciteraient des habitants de départements continentaux à se doter de plaques d’immatriculation insulaires, pour se faire je cite « respecter » voire « craindre », on mesure non seulement la confusion qui règne dans certains esprits, mais aussi le risque de nous enfermer durablement dans une image négative, pour ne pas dire un cliché !

Avant de conclure, je souhaite rendre hommage à Denis CELLI, récemment disparu, qui a siégé dans notre Assemblée de 1984 à 1992.

Et je voudrais également, dans un autre ordre d’idée, rappeler à l’Exécutif que nous lui avons demandé de procéder à un état des lieux des garanties offertes aux conseillers dans l’exercice de leur mandat, notamment en matière de protection et réparation des risques.

Mes chers collègues, je tiens enfin à saluer un grand écrivain colombien, à dimension universelle, qui nous a quittés la semaine dernière. Gabriel GARCÍA MÁRQUEZ était l’auteur de plusieurs romans inoubliables, récompensé par le Prix Nobel de littérature.

Défenseur infatigable du peuple contre le colonialisme et l’oppression, ce poète narratif symbolisa mieux que personne la démesure de tout un continent : « l’Amérique latine, cette immense patrie d’hommes hallucinés et de femmes entrées dans l’histoire, dont l’obstination infinie se confond avec la légende ».

 

ASSEMBLEE de CORSE - Session Jnvier 2014- ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

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ASSEMBLEE DE CORSE - SESSION DES 30 ET 31 JANVIER 2014

Mes chers collègues,

Je commencerai mon propos introductif en renouvelant à chacune et à chacun d’entre vous mes meilleurs vœux pour cette année nouvelle.

A paci pà a Corsica, e supratuttu pà a ghjenti chi campani qui, menu di viulenza, di criminalità, è più di speranza, di benistà e di fratellanza. A saluta pà vo’, ben intesu, e tutti quiddi ch’è vo tiniti caru.

Un certain nombre d’entre nous seront candidats aux élections municipales, en mars, voire aux européennes, en mai. C’est leur droit légitime. Cependant, la dynamique propre à toute campagne électorale incite à mettre l’accent sur ce qui sépare les compétiteurs. Aussi, vous me permettrez de formuler le vœu sincère que nous gardions cet hémicycle de toute interférence, pour conserver un des acquis les plus précieux de cette mandature : l’état d’esprit constructif qui nous anime dans la recherche de solutions innovantes et durables pour la Corse.

À cet égard, nous avons clôturé 2013 par trois jours de session particulièrement chargés en décisions.

Nous débuterons 2014 avec un ordre du jour tout aussi important, notamment le plan d’élimination des déchets et surtout, le projet de plan d’aménagement et de développement durable.

Avant de les aborder, je souhaiterais situer nos échanges dans un contexte plus global.

L’actualité de la Corse, et c’est appréciable, marque une pause dans la violence criminelle : cette pause peut-être provisoire, comme il peut s’agir des prémices encourageants d’un reflux.

En tout cas, la pérennité de notre Commission, relayée aujourd’hui par d’autres initiatives dans la société, contribue à modifier le climat initial de fatalisme et de résignation. Quant à la mobilisation des services de police et de justice, à travers la nouvelle circulaire pénale et le renforcement des moyens, sans doute porte-t-elle ses premiers fruits. Je veux voir dans cette amélioration, une incitation à poursuivre, voire à amplifier, notre action collective.

Malgré une légère décrue du chômage en décembre, la situation de l’emploi demeure un sujet majeur de préoccupation puisque notre région a enregistré une hausse de 10 % en 2013. De même que la France est réputée subir la crise de façon moins violente que les pays voisins, mais en sortir plus lentement, notre île connaît un décalage aussi bien dans l’entrée que la sortie de crise.

La Collectivité Territoriale, dans ses politiques de soutien à l’économie, à l’innovation, à la formation des actifs, sans oublier le rôle de la commande publique, détient plusieurs leviers pour favoriser la création ou le maintien des emplois, et aussi faciliter l’accès au marché du travail. Notre responsabilité consiste non seulement à les actionner là où ils sont les plus efficaces, mais aussi, j’en suis convaincu, à corriger au niveau local les déséquilibres du modèle économique dominant. Un système où la croissance, quand il y en a, ne profite pas au plus grand nombre, un système où les emplois, quand il y en a, sont de plus en plus précarisés !

Car il existe des marges de manœuvre au niveau local pour mobiliser les forces politiques, économiques, éducatives et sociales autour de réponses appropriées aux réalités du terrain, et notre priorité doit consister à les utiliser pleinement.

Au niveau institutionnel, enfin, plusieurs blocages sont peut-être en train d’être levés au plan national. Le Président Hollande a relancé le chantier de la décentralisation.

Le Premier ministre a indiqué récemment qu’il convenait de sortir d’un modèle uniforme pour laisser chaque territoire proposer les solutions adaptées à sa diversité. Forte de l’expérience de son statut particulier et de l’avantage d’une délibération ambitieuse et relativement consensuelle, la Corse se retrouve confortée dans son dialogue avec le gouvernement. D’ailleurs, le vote de mardi soir à l’Assemblée Nationale, avec une majorité considérable, en faveur de la ratification de la charte européenne des langues régionales constitue une avancée prometteuse. Sans doute la Corse continue-t-elle à se différencier des autres régions par sa demande de co-officialité, mais il est incontestable que le contexte est devenu plus favorable pour faire aboutir nos attentes.

Je laisserai aux Présidents Giacobbi et Chaubon le soin d’en tirer les conclusions, mais le climat national me semble, aujourd’hui, plus ouvert.

Le volet sur le « Plan d’Aménagement » du PADDUC, qui est concerné par tous ces sujets, gagnera donc à être analysé à la lumière de telles évolutions.

Sans engager le débat autour de son contenu, il convient de rappeler la vocation d’un tel document : il ne doit être ni un pur exercice de prospective, comme pourrait l’être un rapport commandé à un institut ou un cabinet extérieur, ni la compilation des politiques sectorielles mises en œuvre par notre Collectivité, ni bien sûr le « livre blanc » de la seule majorité. Il s’agit avant tout, de réunir ici une large convergence autour d’axes de développement porteurs de solutions pour l’avenir ; afin de constituer un cadre de références qui pourra, ensuite, mobiliser l’ensemble des acteurs institutionnels, économiques, sociaux et culturels de la Corse ; mais aussi créer une dynamique de confiance envers la population.

Mes chers collègues, certains d’entre vous, et ils en ont le droit, vont proposer une motion de renvoi en commission. Je me garderai dans cette allocution de formuler un commentaire à cet égard. Je vous invite, en tout cas, à réfléchir à l’image que nous allons renvoyer à l’extérieur de cet hémicycle.

Mes chers collègues, vous le ressentez et vous l’observez comme moi, une inquiétude sourd dans la nouvelle génération, alors que la majorité des emplois qui lui sont proposés sont précarisés, alors qu’elle ne cesse d’accroître son niveau de formation et de qualification, alors qu’il est lui est de plus en plus compliqué de trouver à se loger. Il nous appartient, chacun avec notre sensibilité, de savoir surmonter nos différences pour offrir des perspectives à la population et notamment à une jeunesse qui doute de son futur en Corse. C’est vrai, nous ne saurions avoir la prétention de construire un projet détaillé à l’échelle d’un quart de siècle, alors que beaucoup de paramètres nous échappent.

Mais au niveau des déterminants, permettez-moi de souligner que les idées contribuent sinon à changer une société, en tout cas à la faire avancer.

C’est ce que je nous invite collectivement à faire aujourd’hui, dans le cadre du volet du plan de développement qui nous est proposé par l’Exécutif et que vous aurez tout loisir de discuter. Il s’agit de faire mentir la phrase de Victor Hugo : « l’abîme est là, nous les poètes, nous rêvons au bord et vous, les hommes d’État, vous y restez ».

Avant de conclure, je tiens à adresser les félicitations de l’Assemblée de Corse au Professeur Fabiani. Il appartient à l’équipe des Professeurs Duveau et Latremouille, qui a réalisé une première mondiale en implantant un cœur artificiel.

Avec lui, la Corse est associée au meilleur du progrès médical. L’Hôpital Georges Pompidou apporte la preuve de la qualité du service public.

Quant à la société Carmat, qui a fabriqué ce produit de haute technologie, elle témoigne de l’inventivité de nos entrepreneurs lorsqu’ils ont su résister aux logiques internationales du profit.

Par ailleurs, les amateurs de football salueront avec moi deux clubs insulaires, le CAB et le FA Ile Rousse, pour leur véritable exploit en coupe de France.



Pour avoir assisté à l’un de ces matchs, j’ai apprécié l’esprit sportif qui a animé les joueurs insulaires malgré le déséquilibre apparent des forces. Ils ont gagné notre estime et méritent encore plus de poursuivre la compétition !

Pour terminer, je souhaite en votre nom un prompt rétablissement à notre collègue, Diane Bedu-Pasqualaggi en souhaitant qu’elle puisse très vite reprendre ses activités.

Dans le même esprit, je suis heureux de retrouver parmi nous Marie-Jeanne Fedi, prête à s’investir à nouveau dans ses missions avec toute son énergie.

Enfin, je tiens à condamner les tags visant cette nuit notre collègue Xavier Luciani à Ghisonaccia, en l’assurant de notre soutien.

Je vous remercie.

 

ASSEMBLEE DE CORSE - Séance des 19 et 20 Décembre 2013 - ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

2010_D_BUC.jpg Mes chers collègues,

Notre session de fin d’année comporte un ordre du jour particulièrement dense, et je vais donc limiter mon propos introductif. Pour autant, l’actualité, à l’Assemblée de Corse comme en dehors de cet hémicycle, m’incite à vous livrer plusieurs réflexions.

L’ordre du jour de la Collectivité, d’abord.

Entre un premier échange hier sur le P.A.D.D., qui va constituer le volet « plan de développement » du PADDUC, l’examen du projet de budget pour 2014, l’adoption des obligations de service public maritime entre l’île et le continent, ou le schéma régional sur la qualité de l’air, nous allons ces jours-ci configurer des leviers d’action importants pour la vie de nos concitoyens à court, à moyen et à long terme.

À cet égard, je tiens à saluer le travail considérable réalisé par l’Exécutif dans son projet de plan de développement, comme la qualité des interventions des élus: chacun, dans le respect du pluralisme, s’est montré soucieux de contribuer à la recherche de solutions innovantes, tant il apparait clairement que la sortie de crise appellera, en Corse et sans doute ailleurs, la remise en cause des raisonnements appliqués dans la période récente.

Je souhaite bien sûr que cet esprit de responsabilité continue à nous animer, non seulement dans le plein exercice de nos compétences actuelles, mais aussi dans la deuxième phase de révision du statut particulier de la Corse.

En effet, les discussions entre le gouvernement, représenté par Marylise LEBRANCHU et Manuel VALLS, et une large délégation des élus insulaires, se sont ouvertes le 22 novembre dans un climat que chacun d’entre nous s’est accordé à estimer constructif. Nous attendons, avec le Président du Conseil Exécutif, le courrier qui vaudra relevé de conclusions et analyse officielle par l’État du contenu de la délibération du 27 septembre.

Comme elle en a le droit, Madame LEBRANCHU s’est exprimée dimanche devant la presse audiovisuelle : je crois utile de rappeler que le dialogue républicain n’a pas vocation à se poursuivre par voie de presse, et qu’il serait raisonnable de réserver notre réaction à la teneur du courrier ministériel. Cela d’autant plus, que je n’ai personnellement noté aucun revirement dans ses propos, que ceux-ci peuvent être parfois résumés dans le format inhérent aux émissions télévisuelles, et que le contexte, on le voit au sujet de la charte des langues minoritaires, évolue plutôt positivement.

Permettez-moi également un mot, sans interférer dans les prérogatives de l’Exécutif, sur le conflit en cours à l’office de l’environnement.

Après une phase d’escalade des tensions, il serait judicieux de privilégier aujourd’hui les voies du dialogue et de l’apaisement : en effet, il n’est sain pour personne d’aboutir à stigmatiser un individu. Car même lorsque l’on parait sûr de son bon droit, c’est toujours un échec collectif.

Aussi, je renouvellerai ma confiance envers la direction et envers les représentants du personnel de l’office, en les invitant, de façon dépassionnée, à sortir de cette situation par le haut ; montrant ainsi le bon exemple à une société contemporaine où trop souvent, on a tendance à s’enfermer dans ses positions, en n’écoutant plus les différences, voire en niant son interlocuteur.



L’actualité de la Corse, ensuite.

Le ministre de l’intérieur s’est rendu dans notre île la semaine dernière, pour assurer de son soutien les unités de gendarmerie visées par des tirs à la roquette. Je tiens depuis cette tribune à réaffirmer solennellement la condamnation de ces actes irresponsables, qui ont mis en danger la vie de femmes et d’enfants, en rappelant que les forces de gendarmerie assurent des missions de service public fort utiles dans le monde rural.

J’en profite pour vous indiquer que la commission « Violence » s’est rendu mardi dernier au lycée de Corte, dans le cadre de la rencontre de la jeunesse insulaire, nous avons été accueilli par notre ancien collègue Jean-Martin MONDOLONI et nous avons été agréablement surpris par la maturité et le dynamisme des opinions émises sur ces problématiques.

Concernant la SNCM, je donnerai bien sûr la parole quand ils le souhaiteront au Président GIACOBBI et à Paul-Marie BARTOLI, pour nous rapporter la teneur de leurs échanges avec les acteurs en présence. Je me contenterai de souligner la réalité humaine, économique et sociale d’un tel dossier, qui pourrait exposer notre île à un volume de suppressions d’emploi qu’elle n’a jamais connu.

L’actualité à l’extérieur, enfin.

A la mi-novembre, la Sardaigne a connu une forme de cyclone méditerranéen et des crues ont causé la mort d’une vingtaine de personnes et de nombreuses destructions. L’élan de solidarité de la population corse a été exemplaire. Nous avons pris contact, avec Paul GIACOBBI, de nos homologues à la région autonome et un rapport vous est proposé pour concrétiser notre soutien.

Je conclurai en associant l’Assemblée de Corse à l’hommage planétaire rendu à Nelson MANDELA.



Permettez-moi de regretter que cette unanimité ne se soit guère manifestée lorsqu’il combattait un régime violant les principes les plus élémentaires de la dignité humaine. L’apartheid en Afrique du Sud n’était que le visage le plus odieux de la ségrégation raciale, qui a sévi aux États-Unis jusqu’aux présidents KENNEDY et JONHSON ; et le paroxysme du racisme et de l’exclusion que l’on constate toujours, malgré des précédents douloureux, à l’œuvre sur notre continent pourtant civilisé.

Aussi, l’écho médiatique de sa disparition aura le grand mérite de rappeler à tous, notamment aux jeunes générations, que deux siècles après la déclaration des droits de l’homme de 1789, l’égalité des êtres humains reste un combat ; et que la volonté, la détermination pacifique de quelques-uns peut faire tomber les régimes les plus verrouillés.

Avant de conclure, j’entends renouveler à notre collègue Marc-Antoine NICOLAI notre affection dans le deuil qu’il a subi.



Je tiens à saluer également la mémoire de Raphaël BALDOCCHI, un élu ajaccien pétri d’humanisme et de sagesse malicieuse, que nous sommes quelques-uns à avoir fréquenté au palais Lantivy, où il assuma entre autres la présidence de la commission des finances et celle des travaux publics.

Mes chers collègues,

En cette période de Noël, je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes fêtes de fin d’année, sous le signe de la solidarité et du partage avec tous ceux qui souffrent, et ils sont de plus en plus nombreux.

J’adresserai dans cet esprit à notre amie Diane BEDU, victime d’un accident alors qu’elle participait mercredi à la commission du développement social et culturel, tous nos vœux de prompt rétablissement. Chacun a pu mesurer son dévouement aux autres, dans son mandat d’élue comme dans ses responsabilités associatives, et j’espère qu’elle pourra rapidement continuer à œuvrer à ces niveaux.

 

SNCM - Le gouvernement doit sortir du flou

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Parti communiste français Conseil national Fédérations : Haute Corse, Corse du Sud, Bouches du Rhône. Déclaration du 06 01 2014

Apres un préavis d’un mois et 6 jours de grève, les personnels navigants et sédentaires, officiers marins et employés, de la SNCM et de la CMN attendent du gouvernement l’application du pavillon français 1er registre à toutes les compagnies qui naviguent sur la continuité territoriale et la confirmation des engagements exprimés par le Ministre des transports Frédéric Cuvillier dans un courrier adressé aux organisations syndicales le 25 juin dernier.

Dans le prolongement du Conseil de surveillance de la SNCM du 20 juin, le Ministre en effet se félicitait de « l’aboutissement de la démarche portée par tous les acteurs de ce dossier ». Deux éléments essentiels la structuraient : le renouvellement de 4 navires de la flotte et l’application du plan d’activités associé à l’exploitation de 8 navires.

Nous étions alors dans la phase d’attribution de la délégation de service public (DSP) et le ministre n’ignorait pas que la viabilité de l’offre conjointe CMN SNCM, en réponse à l’appel d’offres de la Collectivité territoriale de Corse, reposait pour une bonne partie sur ce plan de relance de la compagnie.

C’était si évident que le Ministre précisait : « concernant le renouvellement des navires, conformément aux orientations retenus le 20 juin par le Conseil de surveillance, les actionnaires, dont l’Etat, définissent actuellement les modalités de financement les plus adaptées ».

Ainsi il démontrait, après avoir rappelé que l’Etat engageait avec détermination « tous les recours en annulation et suspension des décisions de la Commission européenne », que la pérennité de la compagnie et du service public de continuité territoriale, reposait sur un ensemble de décisions et de choix politiques qui ne pouvaient attendre. Force est de constater que 6 mois sont passés depuis et qu’il aura fallu l’entrée en grève pour obtenir une avance de trésorerie de 30 M€ indispensable pour le premier trimestre de mise en œuvre de la DSP et l’annonce deux jours plus tard d’une réunion pour définir avec qui et comment financer le renouvellement de la flotte. Dans ce contexte, les indiscrétions distillées par la presse, laissent supposer que la solution d’un dépôt de bilan ferait partie des hypothèses. Si tel devait être le cas ce serait un nouveau scandale d’Etat comparable à celui de la privatisation opérée dans des conditions scandaleuses en 2005 par le gouvernement Villepin Sarkozy.

Alors que la SNCM est garantie par l’attribution de la DSP à hauteur de 600 M€, il faudrait la placer en liquidation judiciaire, écarter la possibilité de revenir à un actionnariat public, comme les collectivités locales le proposent aux côtés de l’Etat, des salariés et de Transdev-Caisse des dépôts, pour mettre le doigt dans un engrenage dont les principales victimes seraient les salariés et les usagers du service public, en un mot la Corse.

Le gouvernement doit sortir du flou et affirmer des choix conformes aux propos du Premier ministre lors des 9ème Assises de l'économie maritime et du littoral, lorsqu’il affirmait que la « France serait au rendez-vous de l'économie maritime ». Si la parole et les actes doivent s’accorder, il se doit d’annoncer aux organisations syndicales des mesures garantissant l’avenir des personnels de la CMN et de la SNCM et du Service Public de continuité territoriale.

Le Parti communiste français, les élus communistes attendent que la réunion prévue ce lundi débouche sur des décisions permettant à la fois de mettre un terme à la grève et de dégager la perspective d’un avenir consolidé pour la délégation de service public et les deux compagnies délégataires la CMN et la SNCM et les 4000 salariés qui dépendent de leurs activités.

Secrétaire national du PCF

Pierre Laurent

Secrétaires départementaux

Pierre Dhareville Bouches du Rhône, Maxime Nordée Corse du Sud, Michel Stefani Haute Corse,

Elus communistes

Gaby Charroux Député maire de Martigues BdR

Isabelle Pasquet Sénatrice des BdR

Dominique Bucchini président de l’Assemblée de Corse

Jean Marc Coppola vice président de la Région PACA

Frédéric Dutoit président du groupe communiste au Conseil municipal de Marseille

Jean Marc Charrier président du groupe communiste au Conseil général des BdR

Patrick Magro président du groupe communiste de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole

 

Dominique Bucchini : « Si les conditions se précisent, je mènerai une liste à Sartène »

Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 3 Janvier 2014 à 20:02

Le président de l’Assemblée de Corse, Dominique Bucchini, sera-t-il candidat à l’élection municipale de Sartène en mars prochain ? Très probablement ! Même s’il refuse de le confirmer, préférant se donner le temps de la réflexion, il entend bien reconquérir un fief qu’il a dirigé pendant 24 ans, de 1977 à 2001, avant d’être évincé par la droite. Déjà, sous l’étiquette Front de gauche, il avait entrepris, dès les Territoriales de 2010, une spectaculaire remontée politique qui lui a offert son siège de président. Il explique, à Corse Net Infos, qu’il mènera une liste de gauche si les conditions sont réunies, et en profite pour torpiller la gestion de l’équipe sortante.

- La rumeur dit que vous serez candidat à la mairie de Sartène. La confirmez-vous ?

- Non. Je confirme que je travaille avec mes amis politiques et avec des gens de gauche pour créer les conditions d’un changement profond à la tête de la commune de Sartène. Je prends, donc, un certain nombre de contacts. Après avoir bien travaillé à tous les niveaux, je prendrai ma décision.



- Nous sommes à 2 mois et demi du scrutin. Quand annoncerez-vous votre décision ?

- Ça dépend des contacts que je prends sur Sartène. La présidence de l’Assemblée de Corse, où je me donne à fond, représente, déjà, beaucoup de travail. On verra au fur et à mesure de l’évolution de la campagne quand je me déciderai.



- Pensez-vous que votre retour soit attendu par la population ?

- J’ai organisé, avec mes amis, une réunion politique au centre culturel de Sartène qui a rassemblé 170 personnes. Pour une petite localité comme la mienne,

c’est beaucoup ! J’y ai noté des signes de mécontentement envers la municipalité et les difficultés qu’a eu, pendant toute cette période, le Conseil municipal à travailler d’une manière à peu-près responsable et sérieuse. Les réunions du Conseil municipal ne peuvent se tenir, comme ce fut le cas en décembre, le lundi à 8 heures avec un quorum qui n’est pas atteint et une délibération votée, 8 jours après, par 3 ou 4 élus !

A suivre sur corse__net_I.png http://www.corsenetinfos.fr/Dominiq...

 

SESSION DES 7 ET 8 NOVEMBRE 2013 - ASSEMBLEE DE CORSE

MOTION DEPOSEE PAR JOSETTE RISTERUCCI ET DOMINIQUE BUCCHINI

PERENNISATION DU S.M.U.R. DE SARTENE ET MISES AUX NORMES DES S.M.U.R. DE LA REGION.

CONSIDERANT le décret 2006.577 du 22 mai 2006 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des SMUR et l’article D.6124.13 du Code de la Santé Publique réglementant la composition de l’équipe d’intervention comprenant au moins un médecin, un infirmier, un conducteur ou pilote,

CONSIDERANT que la Corse est une des régions de France où l’accès aux soins de premier recours en moins de trente minutes représente une part très importante,

CONSIDERANT que cet accès aux soins d’urgence en moins de trente minutes est un engagement du Président de la République dans son discours sur le Pacte de Confiance à l’hôpital,

CONSIDERANT que la nouvelle direction du SAMU 2A a mis en place une stratégie de remise aux normes - dont la mise en place des infirmiers en application de la législation en vigueur - assurée sur le SMUR d’AJACCIO mais partielle sur celui de SARTENE,

L’ASSEMBLEE DE CORSE

DEMANDE à Monsieur le Directeur de l’Agence Régionale de la Santé et à Madame la Ministre de la Santé,

• De pérenniser toute l’année les effectifs IDE du SMUR de SARTENE, …/…

• De prendre en compte la totalité des besoins financiers pour la mise aux normes en personnel de l’ensemble des SMUR de la région Corse,

• Redemande des financements pérennes en début d’année pour le fonctionnement de ces missions d’intérêt général des SAMU de CORSE comprenant également le coût des EVACUATIONS SANITAIRES SUR LE CONTINENT.

 

SESSION DES 7 ET 8 NOVEMBRE 2013 - ASSEMBLEE DE CORSE

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ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

Mes chers collègues,

Notre session comportera suffisamment de dossiers importants pour que je n’allonge pas mon propos introductif. Il convient cependant de revenir sur un évènement majeur, intervenu depuis notre précédente séance publique : la visite en Corse du président de la République François HOLLANDE, le 4 octobre, pour la commémoration du soixante-dixième anniversaire de la Libération. D’abord, parce qu’il s’agit de la première visite du Président dans l’île depuis sa prise de fonction et ensuite, parce que ses interventions, qui portaient aussi bien sur le rôle de la Corse dans la Libération que sur la réforme du statut particulier, nécessitent que l’on y consacre quelques moments. La contribution de la Corse à la Libération de la France est aujourd’hui reconnue au plus haut niveau. Depuis les cérémonies du cinquantenaire, que François MITTERRAND avait honoré de sa présence, un mouvement s’est constitué autour des associations de résistants, visant à faire reconnaître officiellement la Corse comme étant le premier territoire de France métropolitaine libéré.



Au-delà de tout clivage partisan, chacun d’entre nous pourra se féliciter avec eux de voir cette revendication enfin satisfaite.



C’est un bel hommage aux hommes et aux femmes qui, quelle que soit la couleur de leur peau, quelle que soit leur nationalité, quelles que soient leurs croyances et convictions, ici, ont résisté, au sacrifice de leur vie, pour que nous vivions dans la dignité et la démocratie. D’ailleurs, la présence du prince héritier du Maroc en portait témoignage, nous gardons depuis une dette envers les tirailleurs africains, ou les soldats italiens antifascistes qui ont participé à ces combats, et il s’agit que les jeunes générations ne l’oublient jamais.



Le Président HOLLANDE a également donné sa position sur la réforme du statut particulier.



Au cours de ses allocutions, le Président de la République a disposé, d’une certaine façon, le cadre de nos échanges avec son gouvernement.



Il a, d’abord, indiqué les limites qu’il ne souhaitait pas franchir parce qu’elles remettraient en cause notre pacte républicain, créant des discriminations au niveau de la citoyenneté. Il a, ensuite, rappelé les contraintes que rencontrerait une réforme constitutionnelle dans la mesure où l’opposition a indiqué son refus de voter toute révision. Il nous a, enfin, invité à privilégier les solutions concrètes : parce que le développement économique et social de la Corse reste prioritaire; et parce que nous avons parfois tendance à demander toujours plus de mesures supplémentaires, au lieu d’utiliser au maximum les moyens obtenus. Contrairement à certains commentaires, je suis persuadé pour ma part que le mandat conféré au gouvernement, sans susciter des attentes excessives, est à la fois précis et ouvert.

Comme Paul GIACOBBI et Pierre CHAUBON, j’ai été ensuite reçu par le ministre de l’intérieur Manuel VALLS, avec la ministre de la décentralisation Madame LEBRANCHU, pour commencer à réfléchir à l’organisation des premières réunions. Le 22 novembre, une délégation sera reçue par le gouvernement, elle comprendra les présidents de l’Assemblée et du conseil exécutif, deux représentants des groupes politiques, et les parlementaires insulaires. Nous gagnerions, cher Paul, à en définir la composition lors de cette session. Vous me permettrez de mettre en perspective, sur un plan peut être un peu plus personnel, ces deux évènements. Dans le climat de crise actuel, il n’est pas inutile de réfléchir à la valeur de certaines notions, surtout si elles sont inscrites dans la Constitution. Lorsque les démocraties européennes se sont libérées, en 1945, du joug fasciste et nazi, un compromis politique, économique et social a été établi. Derrière le vocable de l’ « État-Providence », qu’il est à la mode dans certains milieux de décrier, il y avait une véritable aspiration au progrès, à la solidarité et à l’égalité des droits pour tous. L’Europe, et notamment la France, ont pu montrer l’exemple au monde entier, sans nuire à la croissance économique ni même à l’enrichissement individuel ou collectif.

Aujourd’hui, la recherche de la rentabilité et du profit dans les entreprises prime sur la rétribution des salariés : alors que la productivité individuelle atteint des records historiques, les salaires ne cessent de diminuer, tandis que la précarité de l’emploi devient la règle. Dans les collectivités locales, la baisse de la dépense publique, exigée par la Cour des Comptes domine aussi toute autre considération. Je ne conteste pas le souci légitime d’employer les crédits publics sans gaspillage, mais peut-on chiffrer le coût social, humain, de tels désengagements ? Les élus locaux de toutes tendances font valoir le caractère incompressible de leurs dépenses pour maintenir des services publics de proximité. Et les responsables associatifs ou syndicaux ne cessent de dénoncer le recul des remboursements de soin, la baisse des forfaits ou des allocations, qui pèsent avant tout sur les plus fragiles. D’après l’observatoire des inégalités, la pauvreté, qui avait baissé depuis la guerre, est nettement repartie à la hausse depuis 2008 : + 31 % pour les personnes vivant avec moins de 50% du revenu médian (814 € par mois) ! Contrairement à certaines idées reçues, la moitié des personnes éligibles aux aides sociales ne les sollicitent pas ; et quant aux fraudes aux allocations, on pourrait comparer les 60 millions de fraude au RSA avec les 2,5 milliards de la fraude fiscale.

Mes chers collègues, le modèle social élaboré en France au sortir de la guerre est menacé quand plusieurs des droits fondamentaux garantis par la Constitution sont en voie d’être bafoués. Quand on se réfère à la Constitution, faut-il rappeler que celle-ci reconnaît tous les citoyens égaux, sans distinction de race, d’origine ou de religion ? Pourtant, on peut stigmatiser une minorité toute entière en raison de ses origines ; comme on a banalisé le racisme, au point qu’une ministre est insultée par des enfants sans que personne ne s’indigne vigoureusement.

Cette évolution renvoie élus et acteurs politiques à leur responsabilité, et au respect des droits et de la dignité humaine prévus par la Constitution. Car tous les articles de la Constitution ont leur importance, et certains ont des conséquences plus concrètes que d’autres. Quant à la solidarité, je pense exprimer l’émotion de tous en revenant sur le drame de Lampedusa. Alors que les marchandises, les capitaux et les armes circulent librement, des hommes, des femmes et des enfants continuent donc par milliers de périr au large des côtes européennes. Dans cette petite île, la population, pourtant régulièrement confrontée à l’ampleur de ce phénomène migratoire, réagit avec une humanité exemplaire.

Monsieur le Président du Conseil Exécutif, notre Collectivité pourrait utilement manifester sa solidarité envers ces insulaires, qui gardent leurs valeurs en bravant les interdits règlementaires.

Enfin, j’exprimerai le sentiment collectif de notre assemblée en partageant la joie des familles des otages libérés au Niger, mais en pensant aussi aux deux journalistes assassinés au Mali, et à l’ensemble de cette profession qui prend des risques pour garantir la liberté de l’information. Un mot pour conclure, sur le congrès mondial des aires marines protégées. Cette réunion à laquelle participaient vingt-cinq gouvernements s’est déroulée à Marseille et à Ajaccio. Des engagements ont été pris pour protéger l’environnement marin et sa biodiversité, et donc l’avenir de la planète. À notre niveau, la création d’un parc naturel dans le cap Corse est venue sanctionner les efforts collectifs entrepris par les acteurs de cette micro-région.

Nous pouvons rendre un hommage mérité à Paul GIACOBBI pour sa contribution personnelle à cet évènement. J’en terminerai en souhaitant la bienvenue, en votre nom à tous, à Jean-Marie POLI, qui succède à Véronique SCIARETTI dans l’effectif du groupe « Corsica Libera », ne doutant pas qu’il enrichira avec ses convictions comme sa personnalité nos échanges dans cet hémicycle.

 

Ceremonia di premazione di a Cullettività Territoriale di Corsica In ricumpensa à u libru in lingua corsa di PAULU DESANTI

Discours prononcé par Dumé BUCCHINI

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A RIVOLTA DI U SPERMATOSOIDU

Aiacciu , u luni 30 di settembre di u 2013




Ô Sgiè prisidenti di u cunsigliu esecutivu,

Signora Prisidenta di a ghjuria,

Signore è signori cunsigliere è cunsiglieri Signore è signori

Cari amichi

Avemu oghji à rimetta u premiu di a Cullettività tarrituriali di Corsica, criatu in lu 1984 da 1'Assemblea di Corsica pà ricumpinsa ogni annu i meddi opari littararii o scentifichi riguardendu a Corsica, ch'iddi siini scritti in francesu o in corsu.

Ramintu che d'hè cambiata a regula postu chi, à partasi di 2013, sarà attribuitu u premiu secondu un modu sfarenti, sottu a responsabilità di u Cunsigliu di a lingua. Hè dunque, quist'annu, l'ultima deliberazioni di a ghjuria « anzianu modu » è diceraghju chi si compia di manera bellissima st'epica. Pè stu premiu , riguardendu i libri publicati in u 2012, a ghjuria, adunita sottu a prisidenza di Madama Marie-HélèneFERRANDINI, hà, ind'un primu tempu, selezziunatu quattru opari:

• " A petca tistimonia " di Paulu ZARZELLI • " Puesie " d'Oliver FRIFFIERI • " A rivolta di u spermatosoidu " di Paulu DESANTI • " Lochi mondu " d'Alanu di MEGLIO Frà e qualli a sceltu u libru di Paulu DESANTI. A voddu di à principiu, rimetta stu premiu hè propriu un piaceri par me, par trè raghjoni. A prima, a cunfessu , à titulu parsunali. Di fatti, hè statu pà me un privileghju di cunnoscia benissimu u tintu di Petru, u babbu di u nosciu primiatu ; semu nati in u stessu carughju di Sartè, « in Borgu », e noscie famidde erani arnichi è spartiarni certi valori ; allora pensu dinè à iddu quandi vecu isuccessi di Paulu. È dà tanti saluti à màmmata, basgia la par me.



E pè, parchi ùn' la diceria, mi campa ch'eddu sia anuratu stu parlà pumùnticu, sta lingua di u Taravu tantu vicina à a meia, à u Sartinesu ; è dieu quessa in piena cuscenza di l'unità di a lingua Corsa ind 'a richezza di a so pulinomia. So garbi di frasi, accenti, parulli chi toccani u cori inc'una musicalità spiciali chi mi sciala.

Ma nanzituttu, voddu salutà a qualità di l'opara scelta da a ghjuria.

Cum'è lu pari luntanu u tempu chi si pudia rigrettà a mancanza di una littaratura propriu « cuntempuranea », parlendu di la ghjenti reali in a Corsica oghjinca ! L'azzioni cunghjunti di l'Università -incù u so Centru culturali criatu da Ghjacumu THIERS-, di una manata d'editori in prima fila Guy FIRROLONI è ALBIANA, editrici di u libru laureatu oghji-, u sustegnu nicissariu ed' impurtanti di a noscia Cullettività, è dinù a participazioni di i media scritti o audiovisivi, ani permessu à i nosci scrittori d'essa cunnisciuti, di fassi senta.

Rumanzi, nuvelli, puisia, teatru so cusi à purtata di u publicu. Di veru, in vint'anni, hè propiu sbuttata a creatività corsa, in ogni duminiu. Hè Corsa, sta littaratura, ma ùn si cunfina indù i tradizioni, ne indù i limiti geografichi di l'isula. Innè, scuzzula idda i codici, inghjuvanisci a spressioni, occupa tuttu u campu littarariu, aperta à u mondu ; via, hè entrata indu a so mudimità.

Senza dubitu, s'imponi Paulu DESANTI cum'è unu di i più criativi di sta leva.

Natu in Pitretu- Bicchisgià, aggrigatu in lettari è pruffissori di lingua è cultura corsa (è di prima trinca mi hannu dettu anziani sculari), insignanti à l'Università di Corti, participanti à uni pochi di rivisti, autori di teatru (incù u so cumpare Filippu GUERRlNI è a cumpagnia « 1 STRONCHEGHJETTA »), Paulu DESANTI hè qualchi sia chi conta ind'u mondu culturali isulanu. A so tesa annantu i pueta irridintisti corsi publicata st'annu hè propiu passiunnanti (criditi la puru chi a vi dici unu chi un' hà manc'un ombra di simpatia pè l'irridintisimu).

D'altronde, u talentu di Paulu hè statu prestu ricunnusciutu : ha vintu parechji premi, e toma ultimamenti quelli di u libru corsu è di u Cunsigliu Generali.

Ma ùn'hè micca per « l'insemme di a so opara » (un n'invichjemu avanti l'ora !) nè pè e so multiplici attività in'u campu culturali chè no l'accudimu oghji, ma per u so libru « a rivolta di u spermatosoidu ».

Si tratta di una racolta di diciottu nuvelli , corti pè a maiè> parti, prupunendu ci secondu l'editori « un'immersioni ind 'un'universu à quandu da rida à quandu da pienghja, ma dendu sempri à rifletta »

Daretu à stu titulu insè>litu, s'apri cum'è un viahju indu u tempu, in parechji timpularità intricciati. Si batti i corti di !'Auropa di u diciottesimu seculu. A nuvella centrali,« BELGHJOCU » ci porta a vicinanza di grandi parsunaghji di quiddi tempi, sia FILIPPU U QUINTU o sia PETRU U MAIÔ, o puru MARIA-TERESA d'ÀUSTRIA ...Ci tramutemu da Madrid à Venezia, à mezzu i treschi pulitichi ... Ci awicinemu d' Antonio VIVALDI et d'altri « parsunaghji stravaganti », senza pudè distingua da u veru à u falsu, i dati storichi ed a fantasia, tantu « U mondu paria incantatu ».

In stu bulicheghju d'awinimenti è di fatti curiosi spunta a Corsica, sugettu puliticu in'l'Auropa di i luci ; incuntremi à u canèmicu ORTICONI, GIAFFERI, Ghjacintu PAOLI è TIADORU « Rè d'un istati, pô essa, ma chi ci porsi à noi tutti a cirtezza chi u chjerchju di l'apparenza si pudia rompa ». A_rivolta__br____4f2b932a5c31c_225x225.jpg Un saria a puntu l'arti di DESANTI di sapè « rompe su chjerchju di l'apparenza » è fà cresci u spaziu è u tempu ?

Viaghju ind'u tempu, nanzituttu in a cultura, in a littaratura. Sô pochi i scrittori corsi chi ghjungnini, cum'è eddu, di tal manera chi pari faciuli, à parlà « naturalmenti » di sugetti cusi luntani : HAYDN, VOLTAIRE, WATTEAU, MOZART ...È, in lu stessu tempu, a so lingua faci diventà strani i cosi i più urdinarii. Chjama l'attinzioni di u littori, purtatu pocu à pocu da un racontu fantasticu tantu più incantevuli ch'ellu teni l'apparenza di a misura è di a raghjo. Pidda un parsunaghju piuttostu cumunu ma u faci andà, sin'a l 'ùltimu.

Maistria di a lingua, tecnica di scrittura, capacità di mutà rigistru d'a una nuvella à l'altra o puru d'un paragraffu à u siguanti ...DESANTI maneghja benissimu l'irunia. Ci pare in tantu intantu sente risunà una musicùccia di u diciottesimu, e pà i voci di PÉREC, CALVINO, BORGES ... Un simu in cattiva cumpagnia !BORGES per u più, maestru di u gènaru.

Eccu, ùn possu qui trattà di tutti i tema di stu librucciu cusi riccu : Ci truvareti critica suciali (« Ind'è no mancu pinsalla »), riflessioni estetichi, prublema pulitichi (vi prumettu chi avete à sbiddigha vi in quidda « cunferenza di i lingui minuritarii ») ...

Cari amichi, fiurisci ind' è no una bedda littaratura in lingua Corsa, sustanziosa, dynamica, prufonda è mondu diversa. Bisugna à leghja la, a falla cunoscia.

Lighiti rumanzi, e puasia, lighjite u teatru (è andemu ci in tantu in tantu !)

Lighiti, à Paulu DESANTI.

È cusi sia.

U Rossu publie un texte en Corse....Cela rassurera les corsophones et permettra aux autres de faire un petit effort....Cela en vaut la peine!

 

« NOUVELLES LOIS DE DECENTRALISATION : ENJEUX D’AVENIR » L’EXPERIENCE DE LA CORSE

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DOMINIQUE BUCCHINI – UNIVERSITE D’ETE AOUT 2013

Le thème de notre atelier est à la fois très précis - les lois de décentralisation en cours de discussion au Parlement - et très large puisqu’il nous conduit à traiter des enjeux de la décentralisation en général, dans un contexte où la déclinaison à l’échelle des territoires de l’ordre néolibéral imposé par la Commission Européenne vient pervertir les perspectives démocratiques portées par le mouvement décentralisateur. Il est également à géométrie variable, dans la mesure où, pour ce qui me concerne, je l’aborderai à partir de la Corse, c'est-à-dire d’une région métropolitaine, certes, mais périphérique et à statut particulier. Il s’agit, en effet, de verser au débat l’expérience et la réflexion en cours dans une partie du pays se trouvant déjà hors de l’uniformité institutionnelle qui est au cœur du « grand récit national » français. La décentralisation entame une nouvelle étape après les lois fondatrices des années quatre-vingt et l’ « Acte II » des années 2000. Le projet de loi - découpé en trois textes - a été présenté en Conseil des ministres le 10 avril et la première lecture du premier texte - projet de loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles - s’est achevée le 23 juillet à l’Assemblée nationale ; la seconde lecture doit intervenir à la rentrée. Dotée d’un « statut particulier », la Corse n’est pas dans la même situation que les régions françaises par rapport à la réforme initiée par François HOLLANDE, pas plus qu’elle ne l’était par rapport à la loi de décembre 2010. Celle-ci ne la concernait que pour l’intercommunalité ; celle de 2013, tout au moins dans son premier volet, ne la touche que modérément. Cependant, aujourd’hui comme alors, le Gouvernement attend de la Collectivité Territoriale de Corse des propositions relatives aux évolutions institutionnelles souhaitées. Notons d’ailleurs que l’évolution statutaire de l’île n’a jamais été déconnectée de l’évolution nationale. Le statut particulier, en 1982, était concomitant de la loi générale de décentralisation pour les communes ; les modifications introduites par la loi de janvier 2001 (à l’issue du « processus de Matignon ») précédaient de peu les lois de 2002 et 2004 et les propositions de rénovation statutaire que nous sommes appelés à faire se situent dans le timing de l’ « Acte III ». Ainsi, la Corse participe bien de ce mouvement général de décentralisation engagé en 1982, mais à sa manière, à sa propre vitesse et peut-être, dans l’étape présente, de façon plus différenciée. Mon propos consistera donc à présenter le statut particulier qui régit la CTC au travers de ses modifications depuis trente ans ainsi que l’état des propositions résultant de trois ans de travaux de notre Commission des Compétences Législatives et Règlementaires qui viendront en discussion à l’Assemblée de Corse le 25 septembre prochain. Ce faisant, je tâcherai de distinguer les enjeux liés à ces perspectives d’évolution, en termes d’attentes sociales, de latitude laissée aux collectivités pour mener des politiques progressistes, de risque ou d’avancée démocratique enfin.

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26 & 27 Septembre - ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

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Mes chers collègues,

Comme de coutume j’ouvrirai, dans un propos introductif, la séance publique de l’Assemblée en faisant référence à son ordre du jour, bien sûr, mais aussi à l’actualité de façon à situer nos échanges dans un contexte plus global. Vous comprendrez que la densité de cette séance spéciale m’incite à être encore plus bref. Cependant, j’estime nécessaire de mettre en exergue certains évènements qui se sont produits depuis notre précédente réunion.

La violence continue, hélas, d’imprégner notre quotidien.

En moins d’une semaine, la ville d’Ajaccio a été le théâtre de deux actions criminelles : d’abord, une tentative d’homicide perpétrée en plein centre-ville, à une heure de grande affluence, au risque de faire de nombreuses victimes ; et ensuite, l’assassinat d’un promoteur immobilier, en plein jour. Dans le même temps, à Evisa, commune rurale que l’on pourrait espérer plus calme, un attentat détruisait -à nouveau- les outils de travail d’une famille d’entrepreneur; tandis que l’on tuait des animaux domestiques, par balles dans le cortenais et à Bastia par le poison. Sans doute tous ces faits n’ont-ils aucun lien entre eux. Peu importe ! Ils témoignent d’un mépris effrayant de la vie, alors que la banalisation de la violence atteint un degré que notre île n’avait pas connu depuis un siècle au moins.

Dans ce contexte, des voix provenant d’horizons divers s’élèvent aujourd’hui et des collectifs de citoyens se constituent. Notre Assemblée a pris l’initiative -inédite ici comme dans les autres régions- de constituer une commission chargée d’aborder le problème des violences. Permettez-moi donc, au nom de l’ensemble de ses membres, d’encourager publiquement cette mobilisation de la société. La Corse ne saurait, en effet, continuer à subir une véritable dérive criminogène. Je veux parler de la Corse qui en ce moment, entretient avec ferveur le souvenir de ses aînés, eux qui ont su résister à l’occupant fasciste ou nazi et libérer, voici soixante-dix ans, le premier territoire de la République.

Je veux parler de la Corse qui sait toujours se montrer solidaire, par exemple avec les familles qui ont perdu leur exploitation lors de l’incendie de Ghisonaccia ; et avec les éleveurs victimes de la fièvre catarrhale. Je veux parler de la Corse qui est capable de réussir économiquement sur tous les continents, et je félicite à cet égard les « Eaux de Saint Georges » qui ont réussi à s’implanter en Chine. Car c’est bien cette Corse qui est exemplaire ! Nous avons à défendre ses valeurs, mais aussi à les promouvoir auprès de la jeunesse, pour combattre l’illusion de l’argent facile, de la spéculation et de la consommation à outrance que certains voudraient lui imposer. Dans ce contexte, mes chers collègues, nous allons évoquer la réforme du statut particulier. C’est un débat légitime, que chacun d’entre vous aborde avec ses convictions - et elles sont toutes respectables – sur un dossier certes sensible et propre à susciter les passions.

Pour ma part, je vous recommande de le mener sereinement, en faisant prévaloir, au niveau collectif, ce qui nous rassemble. Offrir à notre île l’espoir d’un développement plus équilibré, plus harmonieux et plus juste. Apporter à nos concitoyens -qui ne se contenteront pas, loin s’en faut, de controverses institutionnelles parfois difficilement accessibles- des réponses concrètes à leurs principales préoccupations : l’emploi, le logement, le niveau de vie et l’épanouissement de leurs enfants. Construire une relation apaisée avec le pouvoir central, avec nos compatriotes du continent, avec les régions voisines, plutôt que d’alimenter l’égoïsme, la détestation et l’exclusion qui s’expriment de plus en plus facilement en période de crise. En respectant ces attentes, j’en suis sûr, nous pourrons donner l’exemple d’un débat digne, nous saurons nous situer à la hauteur des enjeux, nous remplirons notre rôle auprès de l’opinion.

Je conclurai en remerciant de façon appuyée Véronique SCIARETTI.

Notre collègue, membre du groupe Corsica Libera, m’a en effet indiqué sa volonté de démissionner de l’Assemblée à la fin du mois. Je n’ai pas de commentaire à faire sur une décision qui lui appartient et qu’elle a prise pour des motifs respectables. Pour avoir siégé avec elle sur ces bancs pendant plusieurs mandatures, je lui ai déjà dit que je regretterai, qu’elles qu’aient été nos différences et parfois même nos confrontations, la sincérité, l’humanité, l’engagement et l’honnêteté intellectuelle avec lesquels elle a assumé ses fonctions d’élue du peuple. En votre nom à tous, je tiens à lui témoigner notre sympathie et à la remercier publiquement.

 

Assemblée de Corse: "La Corse d'en bas vise un seul statut celui d'élever son pouvoir d'achat"

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C’est ce qu’affirme Dominique Bucchini.

Du statut de résident aux divergences avec l’Exécutif territorial, le président de l’assemblée de Corse donne son avis sur les sujets qui ont fait polémique cet été Paul Giacobbi voudrait limiter l'accès à la propriété aux non-Corses. Que pensez-vous de cette proposition qui suscite la polémique jusqu'au niveau national ? La spéculation n'est en rien spécifique à la Corse. Elle est même internationale. Quand on évoque le cas de ce « prince oriental qui vient d'acquérir une des cinq versions des Joueurs de Cartes de Cézanne pour 250 millions de dollars, qui peut acheter, s'il le souhaite, la moitié de notre territoire », et qu'on en tire la conclusion « qu'il faut donc limiter l'accès à la propriété foncière en Corse pour les non-résidents », j'ai la conviction que l'on se trompe de débat.

Clarifiez le débat…

Personne n'achètera « la moitié de notre territoire » qui est aujourd'hui la propriété de centaines de particuliers ou de collectivités. Pour y parvenir, il faudrait au préalable convaincre tous ces propriétaires de vendre ! Ce qui paraît difficile à réaliser, sauf à considérer que les propriétaires corses sont tous corruptibles ; et alors, il n'y a plus rien à faire pour sauver le territoire de l'appétit de ceux qui l'habitent… L'excès dans la comparaison tue le raisonnement. Car la question posée par l'exemple cité est bien, d'abord, celle de l'argent et des règles nationales et internationales qu'il faut imposer à sa circulation et à ses détenteurs. Mais il est acquis que les choses ne pourront rester en l'état... Comment peut-on imaginer que la Corse pourrait, par dérogation au droit de propriété ou aux règles mondiales du commerce, empêcher la spéculation sur son seul territoire ? « Si on peut acheter un terrain en Corse aussi aisément qu'une tablette de chocolat sur le rayon d'un supermarché, on court à la catastrophe ». Là encore, la comparaison est trompeuse : tout le monde, ou presque, peut s'acheter une tablette de chocolat. Qui peut s'acheter mille mètres carrés sur la route des Sanguinaires ou à Palombaggia ? Certainement pas les 80 % de Corses que leurs revenus rendent éligibles au logement locatif social. Et qui sont, par définition, inéligibles à toute forme de propriété, quel que soit leur « statut de résident ».

Selon vous, le statut de résident est-il à rejeter ?

Le seul statut qui intéresse la Corse d'en bas, la « Corse maigre », celle qui représente une très large majorité des « résidents », est bien celui qui élèvera son pouvoir d'achat et sa capacité à se loger comme locataire ou comme propriétaire. Juguler la spéculation foncière et immobilière est une nécessité absolue. Mais si l'on aborde le problème en ignorant la force de l'argent, en Corse et ailleurs, on ne pourra satisfaire aucune des grandes aspirations populaires et on aboutira à renforcer le pouvoir des riches, résidents ou non…

Que proposez-vous ?

Il appartient à la puissance publique de prendre des mesures afin de réguler le marché du foncier et de l'immobilier et de contenir la spéculation à l'origine des dérives actuelles de type mafieux ou affairiste. Il s'agit donc de mettre en place, au niveau national et européen, des mécanismes législatifs et fiscaux qui soient réellement anti-spéculatifs et qui auront des effets. Ces mesures, si elles ne sont pas, aussi, de niveau européen, risquent fort de n'être que cosmétiques. En Corse comme ailleurs. Une plainte a été déposée pour racisme et discrimination. N'est-ce pas une pierre dans le jardin de l'assemblée de Corse ? C'est une initiative isolée qui ne peut avoir d'écho dans notre assemblée délibérante.

Paul Giacobbi marche sur les pas des nationalistes. Comme beaucoup d'élus qui prônent la République une et indivisible, êtes-vous gêné en tant qu'allié de la majorité régionale ?

Il ne sert à rien de tenter d'opposer le président de l'exécutif et le président de l'assemblée de Corse… Vous avez noté que Paul Giacobbi s'est prononcé contre la notion de citoyenneté corse. C'est là un point de divergence essentiel avec le nationalisme. Pour le reste, vous avez observé que nous pouvions débattre sérieusement, avec nos différences, et que les grands dossiers de la Corse étaient examinés et discutés avec une volonté collective d'aboutir. La République que je prône c'est celle qui permettra l'émergence d'une société nouvelle. Pour construire cette société démocratique sociale et solidaire le verrou à faire sauter c'est bien celui du libéralisme.

Êtes-vous d'accord politiquement avec votre ami Francis Riolacci qui considère que l'exécutif a trop d'accointances avec les indépendantistes ?

Il ne vous a pas échappé que Francis a souhaité que le débat ait lieu dans notre formation politique et dans le cadre de la rencontre trimestrielle des animatrices et animateurs du Front de gauche. C'est légitime. Celle-ci aura lieu en septembre, je m'y exprimerai sans détour.

Quelles sont les divergences entre les élus du Front de gauche et l'exécutif régional ?

Nous avons fait notre liste au 1er tour en 2010, précisément parce qu'il y en avait. Elles n'ont jamais été cachées, notre vote contre la délibération définissant la DSP maritime l'a montré. Mais, quand il s'agit de battre la droite et de travailler à faire réussir la gauche, nous ne sommes jamais en retrait. Il était impossible de définir autre chose que quelques lignes d'action entre les deux tours de l'élection. Nous avons donc à surmonter aujourd'hui les difficultés restées en suspens à ce moment-là. Nous le faisons avec la volonté, non d'aggraver la situation de la Corse, mais en travaillant très sérieusement pour avancer.

N'avez-vous pas été amer que Maria Guidicelli, élue du Front de gauche, participe aux journées nationalistes de Corte ?

Nous allons en débattre sereinement et surtout sans amertume.

Pourquoi le Front de gauche a accepté cette année l'invitation, alors qu'il avait décliné l'offre l'an dernier ?

Nous avons fait le choix de vivre sans crainte de la diversité. C'est certes plus exigeant dans le fonctionnement et l'expression publique mais c'est une richesse pour l'action politique dont l'efficacité dépend finalement de la cohésion et de son maintien. Maria, explique dans son courrier aux élus du groupe qu'elle a choisi d'y aller. Le courrier est public mais il n'engage pas le groupe dont la position n'a pas varié d'une année à l'autre.

Dans quelle mesure faut-il modifier la Constitution pour que le Padduc aboutisse ?

La réponse à cette interrogation ne peut intervenir qu'à la fin du travail d'élaboration et non en préalable. Nous avons délibéré ; chacun sait que nous sommes pour beaucoup dans l'adoption de ces délibérations, s'agissant du statut de la langue et du transfert de la fiscalité sur le patrimoine. Nous savions que sur ces deux points il fallait toucher la Constitution. Nous préférons cette manière précise de procéder et non la confusion d'un principe général de dérogation.

Le Président de l'Exécutif bouscule les Républicains. Vous sentez-vous à l'aise dans cette majorité ?

Je me sens surtout motivé. Pour ce qui est du républicain, je pense qu'il faut changer cette constitution et aller à une VIe République éthique, solidaire et démocratique favorisant l'épanouissement social et culturel de la Corse.

Votre fonction et votre alliance ne vous obligent-elles pas à faire certaines concessions contre-nature ?

Il faut dire lesquelles sinon c'est du procès d'intention. Le compromis n'est pas la compromission. Sur ce plan, on me connaît et les élus du groupe aussi. Notre travail est souvent reconnu pour sa qualité. Nous n'avons pas la culture de la différence ni celle de la dilution. Nous l'avons dit dès le premier jour où notre majorité s'est constituée : nous sommes une force politique autonome et responsable. Dans chaque réunion de majorité dont je conduis les débats, nos échanges sont le reflet d'approches différentes mais aussi, et autant que faire se peut, de construire la meilleure position commune. Corse_MATIN_Logo_petit.jpg

 

Dominique Bucchini: Le bilinguisme fait notre richesse

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Par Dominique Bucchini, président de l’assemblée de Corse.

Quelle reconnaissance statutaire Des langues régionales en république ? Par Dominique Bucchini, président de l’assemblée de Corse. Le 17 mai dernier, l’Assemblée de Corse adoptait le projet de statut de co-officialité et de revitalisation de la langue corse. Il s’agit d’une date symbolique pour l’avenir de la langue corse.

En effet, ce statut aurait d’importantes conséquences dans les différents domaines de la vie publique. Il vise à garantir l’emploi officiel du français et du corse à parité sur le territoire de la Corse et, pour y parvenir, entend encourager l’emploi du corse par tous et dans tous les domaines. Chacun se verra garantir l’accès à la connaissance et à la pratique du corse et les pouvoirs publics auront le devoir de faire respecter les droits des locuteurs. Ainsi – sans sous-estimer le temps et les moyens nécessaires –, nous pourrons édifier une société bilingue, dans laquelle les institutions, l’enseignement, les entreprises, les médias utiliseront paritairement les deux langues. Les citoyens pourront les employer indistinctement et sans discrimination dans toutes leurs activités. Ce vote est l’aboutissement d’un long processus marqué par plusieurs délibérations de notre Assemblée depuis 1983. Partant de positions parfois éloignées, nous avons su nous rassembler pour voter à l’unanimité le plan d’aménagement et de développement linguistiques 2007-2013. Et si certains élus ont toujours des réserves sur le principe de la 
co-officialité, il n’est pas indifférent qu’aucun ne se soit prononcé contre le projet de statut. Le groupe des élu-e-s communistes et citoyens du Front de gauche a voté favorablement, dans le droit-fil d’une démarche ancienne. Dans cette promotion du corse où le bilinguisme fait notre richesse, les communistes ont, des années 1930 à aujourd’hui, tenu toute leur place. Dès 1985, nous popularisions la revendication de la 
co-officialité, à partir des thèses de Jean-Baptiste Marcellesi apportant « une contribution décisive à la revendication linguistique ».

Si le vote de l’Assemblée de Corse exprime une volonté largement majoritaire, nous avons conscience des obstacles – juridiques et politiques – qui demeurent. Qu’une telle évolution statutaire puisse faire débat, c’est compréhensible. D’abord parce que, si les langues régionales ont finalement été inscrites dans la Constitution, c’est à l’article 75 et sans réelle portée normative, tandis que l’article 2 de la Constitution stipule que « la langue de la République est le français ». Au-delà de l’état actuel du droit, il existe, en France, y compris à gauche, une certaine conception liant langue, nation et République, considérant qu’au principe d’indivisibilité de la République correspond l’usage d’une langue unique et que la promotion des langues régionales affaiblirait le français, en particulier face à l’anglais. Ce n’est pas à cette conception uniformisatrice, improprement attribuée aux Jacobins, que nous nous référons mais à une autre tradition du mouvement ouvrier, plus démocratique, nourrie de culture populaire ouverte à la diversité linguistique. Celle de Jean Jaurès plaidant pour l’apprentissage des langues méridionales ou du basque ; de Marcel Cachin, engagé avec force dans la défense de la langue bretonne ; celle d’Antonio Gramsci, qui recommandait « de tout cœur » que les enfants apprennent et parlent le sarde. Devrais-je ici rappeler les initiatives des parlementaires communistes pendant l’entre-deux-guerres et le fait que le dernier grand projet de loi sur les langues régionales ait été porté, en 1988, par notre regretté camarade Guy Hermier ? Nous sommes dans cette filiation et je n’ai pas le sentiment que parler deux langues nous rendrait moins français ni moins républicains ! À travers la France, ce choix est partagé par nombre de militants du Front de gauche. La langue joue un rôle important dans la structure de la personnalité. L’identité personnelle est profondément enracinée dans son expression verbale. Il existe un lien fort entre la langue et le sentiment d’appartenance à un groupe. Plus encore que par le passé, l’identité de l’individu est multiple, chacun appartenant à plusieurs groupes sociaux. Dans la mesure où ils sont bilingues, les Corses construisent une culture provenant de deux sources différentes. Avec le français, la langue corse structure leur « vision du monde ». La personne bilingue « est un être communiquant qui forme un tout », dont la personnalité est formée non de deux cultures juxtaposées mais de leurs échanges, de leur interaction, de leur synthèse. Si bien qu’occulter l’une des langues constitutives de l’identité est une agression contre la personnalité entière, comme si l’on mettait, dit encore Gramsci, « une camisole de force » sur l’esprit.

Aujourd’hui, nous voulons dépasser le conflit linguistique consistant, soit à accepter le choix diglossique et délaisser la langue originelle, soit s’enfermer dans le ghetto linguistique régional. Pour cela, il n’y a pas d’autre moyen que d’élever le statut de la langue minorée. Le développement humain autant que la démocratie réclament que l’on porte une attention particulière à la diversité culturelle et aux droits linguistiques. L’État s’est construit en France sur un mode très différent de 
l’Allemagne, de l’Italie ou de l’Espagne, et nous n’avons à importer aucun modèle. Il n’entre nullement dans mon propos de stigmatiser la France ; évitons les anachronismes et les simplifications abusives. La langue française a été la langue de l’unité nationale et un facteur de promotion sociale. C’est la langue de la République sur l’ensemble du territoire national et nous entendons la défendre et la promouvoir dans le monde, ne pas la laisser submerger par les langues « du marché », en particulier l’anglais. Mais force est de constater que l’unification au moyen de la langue s’est bâtie sur l’éradication des langues et des parlers locaux ; une telle uniformisation a appauvri la République. « C’est ainsi, comme l’écrivait Jean-Baptiste Marcellesi, que dans le territoire le plus diversifié en Europe du point de vue linguistique une langue 
commune a pu être diffusée au point de masquer l’existence d’autres systèmes qu’elle semblait avoir recouverts. » Ainsi la France doit-elle, à sa manière, rattraper son retard dans la reconnaissance des langues régionales. Elle doit ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires signée le 7 mai 1999, complétée par sa déclaration interprétative, et mettre en chantier une grande loi sur les langues régionales de France. Toutefois, si la Corse participe de cette démarche d’ensemble, elle avance – du fait de son statut particulier reconnaissant ses spécificités, notamment culturelles – à son propre rythme et selon ses problématiques singulières. Sa représentation politique considère, en phase avec l’opinion publique, que la co-officialité est le cadre juridique qui, joint à un ensemble de mesures sociales, culturelles, éducatives et économiques, peut permettre de sauver et de développer la langue corse qui est aussi, de notre point de vue, une langue de la République.

le 14 Août 2013 humanite_f_rPETIT_logo.gif

 

« L’Humanité est le premier support que je lis le matin »

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Dominique Bucchini

Dominique Bucchini, président (PCF) de l’Assemblée de Corse, évoque le lien fort qui l’unit à « son » journal depuis l’âge de ses seize ans. Pour lui, « il est indispensable de trouver des analyses qui vont à rebours du courant dominant ».

Avez-vous un rapport particulier 
avec le journal ?

Dominique Bucchini. Je lis le journal depuis l’âge de seize ans, avant même mon adhésion au Parti communiste. Depuis, je le lis tous les jours. Il a formé mon esprit critique et militant. J’ai été élevé dans une famille de condition modeste qui lisait la Marseillaise tous les jours et moi, pour compléter mes informations et aussi pour avoir une vision nationale de l’actualité, un jour, j’ai acheté l’Humanité. Je suis adhérent au PCF depuis 1972. J’ai l’impression que l’Huma est « mon » journal, au sens qu’il m’appartient. C’est le premier support que je lis le matin. Je partage globalement les analyses qui y sont faites.




Avez-vous trouvé des informations 
dans le journal qui ont pu vous aider 
dans votre militantisme ?

Dominique Bucchini. Bien entendu. J’y ai trouvé matière à réflexion pour mon parcours de militant mais aussi pour ma vie. Et souvent le journal m’a donné des clés de compréhension ou des arguments pour forger et pour progresser dans cet engagement politique. C’est ainsi que j’ai pu mieux appréhender toutes les grandes questions qui ont agité la période de l’après-guerre, de la décolonisation à la lutte pour les droits sociaux et syndicaux, de la défense des services publics au combat pour une société moins inégalitaire… De toute façon, en lisant l’Huma, je lisais le journal qui correspondait le mieux à mes orientations politiques, celui avec lequel j’avais des affinités intellectuelles et, inévitablement, le professeur que j’étais en discutait avec ses collègues. Je l’affichais parfois en salle des professeurs à Montreuil.




Avec un poste de responsabilité comme 
le vôtre – le seul président communiste 
d’une région –, l’Humanité vous est-il toujours aussi utile dans votre engagement ?

Dominique Bucchini. Oui, bien sûr. Dans un monde médiatique qui a tendance à s’uniformiser et où les médias dominants, se copiant mutuellement, convergent pour livrer les mêmes sempiternelles analyses et relayent, pour l’essentiel, les informations fournies par les « élites » économiques et politiques, il est indispensable de trouver des analyses qui vont à rebours de ce courant dominant. La grande majorité des entreprises médiatiques fonctionnent dans le cadre de l’économie de marché et sont la propriété d’individus ou d’entreprises dont l’intérêt est exclusivement de faire du profit. Elles dépendent aussi, d’un point de vue financier, de leurs annonceurs publicitaires et, du point de vue des sources d’information, des administrations publiques et des grands groupes industriels. Quelle est, dans ces conditions, leur liberté d’analyse ? Ceci est très bien décrit par Noam Chomsky dans son livre la Fabrication du consentement.




Comment trouvez-vous le traitement 
des sujets relatifs à la Corse dans l’Humanité ?

Dominique Bucchini. Je dirais, comme disent certains professeurs à leurs élèves : « Peut mieux faire sur la Corse », en faisant plus de pédagogie par exemple. Parfois, à travers la lecture d’articles, mais c’est aussi le cas d’autres quotidiens, on a l’impression que la Corse revendique des droits exorbitants par rapport à ceux des autres régions françaises. Je rappelle simplement que la Corse a un statut particulier – accordé par des gouvernements de gauche soit dit en passant – et que ce statut nous permet de nous « occuper de toutes les affaires concernant la Corse ». Pour ne citer qu’un exemple, nous devons nous occuper des transports en Corse, le maritime et l’aérien. Nous avons une session de l’Assemblée de Corse de deux jours par mois où, d’une manière évidemment organisée, nous pouvons délibérer sur des sujets variés car nous avons beaucoup plus de compétences, accordées par le législateur, que les autres régions françaises. Nous sommes la région la plus décentralisée de France. Cela pourrait mériter peut-être quelques explications supplémentaires. Non pas pour tenter « d’exporter notre produit », mais pour mieux expliciter la réalité insulaire, pour mieux poser par exemple la problématique sociale. En n’ayant pas peur non plus d’aborder la question institutionnelle et la co-officialité de la langue corse et française, votée sans opposition il y a un mois.

Entretien réalisé par Audrey Loussouarn humanite_f_rPETIT_logo.gif

 

Dominique Bucchini : « Ici, c’est une terre de sport ! »

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Tour de France 2013

Au-delà des retombées économiques, Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse, attend aussi du Tour qu’il assure un essor sportif de l’île de Beauté.Faire venir le Tour de France 
en Corse, était-ce une gageure ?

Dominique Bucchini. Après de multiples réunions préparatoires avec les équipes de Christian Prudhomme et Bernard Hinault, et lorsque le débat est venu en assemblée régionale, la délibération a été votée à l’unanimité avec un grand enthousiasme. Le Tour de France est très populaire en Corse.

Combien de temps ont duré 
ces négociations ?

Dominique Bucchini. Nous avons pris le train en marche, lorsque l’assemblée est passée à gauche. Mais après six mois de négociations nous sommes arrivés, par l’intermédiaire du président du conseil exécutif, Monsieur Paul Giacobbi, à régler définitivement la question de la venue du Tour chez nous.

Justement, où que ce soit, la venue 
du Tour ne se fait jamais sans exigence de la part d’Amaury Sport Organisation…

Dominique Bucchini. Au départ, l’Assemblée de Corse a voté le principe d’une subvention de 3,5 millions d’euros, sachant aussi qu’après viendraient s’y ajouter d’autres frais liés à la venue d’un tel événement. Nous verrons à la fin, ce que tout cela nous aura coûté réellement.

La Corse est connue dans le monde entier. Est-ce que le passage du Tour 
va lui apporter une nouvelle notoriété ?

Dominique Bucchini. J’aimerais dire qu’outre ses atouts touristiques la Corse est aussi une terre de sport. Et je suis intimement persuadé, même si nous ne sommes qu’une petite région de 300 000 habitants, que notre île est l’une des régions les plus sportives de France. Il y a beaucoup de Corses qui ont une activité sportive, jeunes ou vieux. Il n’y a qu’à le voir à travers le prisme qu’est le football. Et pour revenir au Tour de France, il y a aussi une très grande tradition cycliste ici. Il sera très intéressant d’attirer à l’avenir des gens en dehors de la période estivale. C’est forcément bon pour notre économie.

Vous parliez du cyclisme,
que représente-t-il en Corse ?

Dominique Bucchini. Beaucoup d’associations sportives dans nos villes s’occupent de ce secteur. Mais, profitant de la venue du Tour de France, il a été décidé de mettre en place un conseiller technique. C’est une manière d’étendre et de populariser encore plus ce sport. Il y a beaucoup de pratiquants, mais il nous manque des structures. Il n’y a pas de raison qu’un jour il n’y ait pas plusieurs cyclistes professionnels issus de nos clubs. Comme coureur pro, la Corse n’a eu jusqu’à présent que Dominique Bozzi.

Croyez-vous qu’un jour les routes 
de Corse seront aussi connues 
que les sentiers du GR20 ?

Dominique Bucchini. Je le souhaite sincèrement car, aujourd’hui, l’Assemblée de Corse est très tournée vers le sport. D’ailleurs j’aimerais remercier le personnel de la collectivité territoriale, qui a été d’une disponibilité exemplaire et qui a abattu un travail de titan pour la réussite de la venue du Tour de France en Corse.

Entretien réalisé par Éric Serres humanite_f_rPETIT_logo.gif

 

Visite de l'Ambasssadeur de PALESTINE en France

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Dominique BUCCHINI, Président de l'Assemblée de Corse

recevra

Monsieur Haei AL FAHOUM Ambassadeur de Palistine en France

le Vendredi 24 Mai 2013 à l'Hotel de Région

Mieux le connaitre sur http://www.palestine-diplo.com/spip...

 

Aprés le vote de l'Assemblée sur la co-officialité

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Dominique Bucchini, président de l’Assemblée de Corse :

« L’assemblée de Corse a effectué un travail important pour l’épanouissement de notre langue. Il faut que l’opinion publique comprenne que ce statut ne dresse pas une langue contre une autre, mais propose deux langues ensemble. Il va falloir cheminer en mettant beaucoup de temps et d’argent, mais il est nécessaire pour l’épanouissement des gens que l’on puisse continuer à parler et à chanter de plus en plus en corse. En dépit de ce que quelques esprits chagrins croient, c’est nous qui avons initié ce terme de coofficialité. Les deux fédérations du parti communistes français, à partir des travaux d’un linguiste corse de renommée internationale, Jean-Baptiste Marcellesi, défendent ses positions depuis 1985. Je pense beaucoup à lui, qui vient souvent en Corse et qui habite dans le Var. Il va être content de voir que le combat, qu’il mène depuis des années, a trouvé sa consécration ».

Etienne Bastelica, président du groupe Communistes et Citoyens du Front de Gauche

« A force d’entendre parler des anciens comme Albert Ferracci ou Paul-Antoine Luciani qui étaient là avant moi, je pense qu’avec ce vote, nous avons franchi un pas important. C’était notre but. C’est une véritable déclaration d’amour que nous faisons à la langue corse. C’est un nouveau moment qui est en train de naître et pour lequel notre groupe a fait preuve de beaucoup d’intelligence politique. Il faut continuer à travailler et, avec notre force de conviction, convaincre encore et encore. Nous en avons les moyens. C’est dans la force de conviction et dans la force des idées que résident tous les progrès de la Corse et pas ailleurs ! ».

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