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Paul Antoine Luciani, au nom du PCF-FdG sur la liste « Unis pour Ajaccio, Uniti pà l’avvene »

Mesdames Messieurs, Chers amis, Chers camarades,

Bona sera a tutti !

Semu à a strinta di u saccu !

Cette expression familière, puisée dans notre vieux fonds culturel prend tout son sens aujourd’hui. Nous sommes en effet parvenus au moment qui précède l’accomplissement de la tâche : u saccu hè pienu, il n’est plus temps d’ergoter sur sa taille ou de tergiverser sur le prix, il faut conclure, c’est le moment !

Eh bien ! Dimanche prochain, nous allons conclure un parcours semé d’embuches et de malentendus, mais un parcours nécessaire. Car c’est de l’avenir d’Ajaccio qu’il s’agit ! Un avenir qui dépasse nos ambitions personnelles, mais qui dépend de nos engagements respectifs.

L’avenir d’Ajaccio, s’il devait être incarné par l’équipe qui a dirigé la cité durant sept mois, cet avenir serait bien sombre…

L’UMP et ses comparses demandent à être jugés sur six ans et non sur les 209 jours de leur mandat, interrompu (rappelons-le) par une décision de justice. Ils soutiennent qu’ils n’ont pas eu le temps de faire leurs preuves. Ils prétendent qu’ils seraient les seuls à pouvoir remettre en marche une ville désormais immobile. C’est vrai, il est difficile de juger sur 7 mois une municipalité élue pour six ans. Mais on peut et on doit évaluer les décisions prises durant cette période et il faut en rendre compte !

On constate que ces sept petits mois ont eu de grands effets, et ont même entraîné une grande catastrophe financière et urbaine. Et je n’évoquerai pas ici l’explosion des frais de personnel qui vont aggraver et compromettre pour longtemps les dépenses de fonctionnement de la commune.

Je veux évoquer un point particulier, un peu technique certes, mais un point capital qui n’a pas été suffisamment mis en lumière dans les débats autour du parking : je veux parler des conséquences prévisibles de la rupture du contrat de délégation de service public. Ce document de 55 pages, signé le 6 décembre 2011, a tout prévu, y compris le cas (que nul n’envisageait, naturellement) où « la cessation anticipée du contrat qui ne serait du fait du délégataire », c’est-à-dire le cas où la décision de résiliation serait le fait unilatéral de la seule autorité municipale, et où elle aurait logiquement à supporter les conséquences de son choix. Si une négociation amiable s’avérait impossible, un contentieux judiciaire s’ensuivrait qui imposerait très certainement les clauses prévues à l’article 56 de la convention, un article qui n’a jamais été évoqué ni par le gestionnaire Sbraggia ni par l’avocat Marcangeli. Cet article 56 impose à la commune :

1-« de verser au délégataire une somme correspondant à la valeur non encore amortie, à la date de la cessation, des équipements et installations de la concession »

2-« d’indemniser le Délégataire du manque à gagner résultant de la cessation anticipée du contrat, calculé sur la base des comptes annexés actualisés… »

3-« de prendre également en charge les indemnités que le Délégataire pourrait être amené à verser, du fait de la cessation anticipée, aux établissements financiers (ndlr,pour les emprunts souscrits…) et aux fournisseurs titulaires de contrats de longue durée… »

Ces conditions, classiques dans ce genre de contrats, mettent à la charge de l’autorité qui dénonce unilatéralement une convention, fût-ce « pour motif d’intérêt général » qu’il faut d’ailleurs justifier, la totalité des conséquences financières de la rupture. Mais ces trois points étaient parfaitement connus du gestionnaire et de l’avocat qui ont fait avaliser leur décision par le conseil municipal du 5 septembre dernier. Ils ont donc mis délibérément en grande difficulté la capitale de la Corse pour des motifs qui, à l’évidence n’étaient pas d’intérêt général. Si nous sommes élus dimanche prochain, nous aurons, nous aussi, de grandes difficultés pour rattraper une situation aussi compromise. Mais à l’évidence, si l’on négocie pour rouvrir le chantier, nous serons en meilleure position que ceux qui l’ont fermé ! S’il n’y avait qu’une seule raison à invoquer pour voter dimanche prochain en faveur de notre liste, ce serait celle-ci : sanctionner la fine équipe qui a infligé une triple peine aux Ajacciens et au centre historique d’Ajaccio ! Pas de parking, plus de dettes, et moins d’activités commerciales !

Le plus triste dans cette affaire, c’est que l’inspirateur de cette décision lamentable est le même qui couvrait naguère les parebrise des voitures du centre ancien avec des papillons de propagande en faveur de ce parking, proclamant « no parking, no business » ! Il se flatte aujourd’hui d’avoir empêché la construction du même parking qu’il demandait à grands cris…

Nous avons, tous ensemble, une grande responsabilité : arrêter le bras des naufrageurs ! Il faut se rassembler largement et proposer une autre politique pour Ajaccio, un autre pacte municipal qui permettra de réparer les dégâts, et de poursuivre et développer l’œuvre entreprise avant leur arrivée aux commandes ! Il suffit de regarder le grand chantier des exutoires qui vont protéger les quartiers des Cannes et des Salines pour mesurer l’écart, l’abîme qui sépare les deux approches des grands équipements qu’il faut à la ville, et les deux visions de l’intérêt général. C’est la conception de l’intérêt général qui anime notre équipe qui nous a conduits à élargir notre rassemblement et à proposer à toutes les listes opposées à l’UMP et à ses comparses, de nous rejoindre autour d’un pacte municipal novateur.

Nous constatons pour le regretter que ce large rassemblement ne s’est réalisé ni avec l’autre liste de gauche ni avec l’autre liste nationaliste… Dans un document communiqué à Simon Renucci qui s’était chargé, avec son binôme Maria, des contacts avec les autres listes, les communistes et le Front de gauche avaient proposé les éléments d’un pacte municipal permettant à tous ceux qui, d’abord à gauche, mais aussi aux nationalistes de se retrouver et se rassembler, sans gommer leurs différences et leurs divergences, face à l’UMP et à ses comparses. Seule la liste Aiacciu Cità corsa a accepté ces propositions. Et la fusion des deux listes s’est réalisée sur la base d’un compromis municipal qui n’a conduit aucun des partenaires à renoncer, par ailleurs, à ses options propres. Et, surtout, nous n’avons pas renoncé à convaincre les électeurs de gauche et les autres à nous rejoindre, eux qui veulent pour leur ville un autre avenir que celui dont ils ont eu un avant-goût durant sept mois !

Car l’objectif est bien là : une autre politique pour Ajaccio, et non l’abandon des principes et des valeurs dont se réclament les différentes composantes de notre coalition. Précisons encore un peu plus les choses pour nos amis et nos camarades, et pour les Ajacciens en général : Corsica libera n’a jamais dit qu’elle renonçait à la reconnaissance des droits nationaux du peuple corse ou au statut de résident. Les communistes, et le Front de gauche, se revendiqueront toujours de leur place dans l’histoire glorieuse de la Corse, et de ses luttes sociales au sein de la Nation française. Ils revendiqueront toujours une sixième République où tous les territoires auront une place correspondant à leurs aspirations, à leurs besoins et à leur culture. Réaffirmer ces évidences me paraît utile pour la clarté des choix et, surtout pour mobiliser largement autour de notre liste. Nous avons réalisé une alliance municipale inédite en Corse. Elle n’annonce rien d’autre qu’une volonté de dresser un barrage citoyen face à la mainmise de l’UMP sur les affaires communales. Elle n’anticipe en rien sur d’autres échéances ; et elle n’a rien à voir avec la martingale bastiaise ! Nous proposons une autre vision de l’intérêt général, une vision que nous voulons illustrer par de grandes orientations centrées sur les compétences communales : gestion démocratique et sociale des affaires de la cité ; transparence dans les débats et les décisions ; poursuite d’une politique d’investissement ambitieuse et raisonnée ; priorité à une politique volontariste en matière de logement en partenariat avec la CAPA et la CTC ; priorité à la petite enfance, à l’école, au sport, à la jeunesse, à la lutte contre la précarité : politique culturelle diversifiée associant la diffusion, la médiation et la création, valorisant le patrimoine ajaccien, la langue et l’identité corses ; politique d’aménagement de l’espace respectueuse de l’environnement, favorisant la densification et évitant l’émiett(ement urbain… Il est regrettable que sur cette base, une seule liste ait accepté de nous rejoindre. Quels que soient les motifs ou les prétextes. On retiendra, néanmoins, même si c’est d’abord une affaire qui les concerne, que tout le mouvement autonomiste s’est déplacé en masse à Ajaccio pour donner, sous la statue de l’empereur une consigne de division à ses représentants ajacciens…

Je voulais pour conclure, en appeler à tous les Ajacciens, sans distinction, aux électeurs de gauche naturellement, mais aussi à tous les autres, y compris à ceux qui se sont laissés séduire par la fausse Tata Angèle. Je voudrais les inciter à bien réfléchir avant de glisser leur bulletin dans l’urne. U saccu hè piènu. L’avenir d’Ajaccio est une affaire sérieuse. Il faut choisir ! Soit la régression assurée avec l’UMP et ses comparses ; soit la renaissance et le progrès avec notre équipe, une équipe ouverte et rassemblée autour d’un projet municipal novateur et conquérant. Forti saremu si saremu uniti ! Tutti insemi incu Simone ! Tutti insemi par Aiacciu !



Paul Antoine Luciani Meeting du second tour mercredi 28 janvier 2015 Palais des congrès