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Après les déclarations de Stéphane Sbraggia (Corse Matin du 26 novembre 2013)

L’UMP l’a dit, redit et publié : son objectif « national » est bien la reconquête de la mairie d’Ajaccio. C’est Jean-François Copé, lui-même, qui l’a déclaré et qui a présenté le député de la Corse du sud comme son « champion » dans cette compétition, une compétition au demeurant qu’il conçoit plutôt comme un combat sans règles que comme un vrai débat citoyen (« Faites comme vous voulez, mais prenez-moi cette ville… »).

La confirmation de cette approche vient de tomber, avec les propos du candidat de l’UMP au poste de premier adjoint. Parlant sans doute pour lui, ce dernier affirme que « les élus sont déconnectés des réalités », et il le prouve, avec une rigueur intellectuelle impressionnante, en se déconnectant lui-même des réalités concrètes, bien visibles, qui figurent au bilan de la municipalité ! Des réalisations que la grande majorité des Ajacciens, toutes opinions confondues, jugent sans précédent.

Son jugement tient en une phrase lapidaire : « La majorité gère la ville comme un village ». Passons sur la référence implicite aux Paisani, ces immigrés de l’intérieur qui auraient supplanté les Aiaccini, ces purs autochtones, seuls légitimes pour gérer la ville… Et retenons l’opposition factice entre communes rurales et communes urbaines. Notre contradicteur estime-t-il que les règles d’annualité, d’équilibre et de sincérité des budgets locaux ne s’appliquent pas de la même manière selon la taille des collectivités ? Ignore-t-il qu’il existe un contrôle de légalité ? Connait-il la structure des budgets de la quasi-totalité des communes de Corse ? Le « libéral » qu’il est connait-il la faiblesse du tissu économique insulaire et les maigres ressources fiscales qu’il peut apporter ? Sait-il que, pour l’essentiel, c’est la commande publique qui, en Corse, peut garantir un certain niveau d’activité au BTP ? Comment explique-t-il que, dans un tel contexte, la majorité actuelle ait réussi à tripler, en douze ans, le volume annuel des investissements par rapport à ce que réalisaient ses amis quand ils étaient aux commandes ? Pourrait-il préciser quels sont les projets à sacrifier si la municipalité devait renoncer, comme il le souhaite, aux investissements prévus ?

Il s’enthousiasme, par ailleurs, pour la gestion locale, il trouve passionnant de « rentrer dans les affaires de la ville » et qu’il y trouve un « enrichissement permanent ». C’est reconnaître, sans l’avouer, qu’il s’y intéressait peu avant son entrée au conseil municipal ; et que par conséquent, il apprend beaucoup dans l’opposition.

Les Ajacciens lui permettront sans doute de poursuivre son apprentissage en prolongeant son stage sur les bancs de l’opposition. Renvoyant ainsi l’UMP à ses chères études…



Paul Antoine Luciani le 26 11 2013