Mais le président de la République est en grande difficulté à gauche, et dans tout le pays : sa politique sème la colère dans une grande partie de l’électorat qui l’a fait président ! Il tente une manœuvre défensive, médiocre et sans avenir, avec deux objectifs : tenter, d’une part, de discréditer, à gauche, toute critique de sa politique social-libérale dont les effets sociaux (et électoraux) sont désastreux pour le pays et pour la gauche ; donner, d’autre part, des gages à droite et au centre, en rejetant le parti communiste vers une sorte de groupement populiste infréquentable !

En spéculant cyniquement sur une certaine amnésie de l’électorat de gauche et de la jeunesse (à qui ses propos étaient notamment destinés), il commet une faute contre son propre camp : il croit faire de la pédagogie idéologique et reconquérir des couches sociales que la politique gouvernementale a dressées contre lui ; mais il ne fait que se rendre odieux auprès des millions d’électeurs de gauche qui l’ont élu…

Le seul résultat possible de ces petits calculs sera d’écorner un peu plus son image et sa fonction, tout en le conduisant à avouer, malgré lui, que le rôle et la place du parti communiste dans la France d’aujourd’hui continuent de contrarier sa politique sociale-libérale, et que, peut-être, l’idée d’un changement à gauche, avec les communistes, est en train de grandir…

Pour ce qui nous concerne, nous voulons réaffirmer la valeur et l’utilité de l’idée communiste, aujourd’hui comme hier. Ainsi que la nécessité d’une politique alternative démocratique et unitaire à la politique conduite par François Hollande et Manuel Valls. Ces derniers ne représentent plus la gauche de transformation sociale que nous incarnions ensemble dans les années soixante-dix ; ils sont devenus les « gérants loyaux » d’un système capitaliste plus dur que jamais qu’ils n’envisagent plus de combattre mais de subir.

Nous appelons, au contraire, à la résistance et à l’action tous ceux qui, socialistes, écologistes, associatifs, syndicalistes, simples démocrates refusent l’austérité et les reculs sociaux que le gouvernement et l’union européenne veulent nous imposer. La gauche de transformation sociale est toujours là. Elle reste l’avenir. Et, malgré certaines apparences, en Corse aussi.



Ajaccio le 21 avril 2015

Etienne Bastelica, conseiller territorial, Paul Antoine Luciani, conseiller municipal d’Ajaccio