En Allemagne, les syndicats acceptent de geler les salaires jusqu'en 2012. En France, ils font de leur revalorisation un cheval de bataille..../...

Nego.jpg

Cette recette est-elle applicable en France ?

Cette méthode paraît difficilement applicable en France. "Un tel accord est possible au niveau d'une entreprise, mais l'élargir à l'échelle d'une région ou d'une branche me semble difficile, estime Pierre Ferracci, président d'Alpha, cabinet de conseil spécialisé dans les relations sociales.La tradition de la négociation collective en Allemagne a une autre dimension que la nôtre. Pour parvenir à s'accorder sur un gel des salaires et la garantie de l'emploi, il faut un diagnostic partagé sur les perspectives économiques et une forte confiance entre les partenaires sociaux. Deux conditions essentielles qui ne sont pas réunies en France."

"Ce n'est pas envisageable", confirme Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT. "Les entreprises industrielles ont bénéficié en 2009 de 80 milliards d'euros de subventions de l'État, via des exonérations de charges, de cotisation ou l'extension du chômage partiel, explique-t-il, sans aucune contreparties pour les salariés. Les entreprises continuent de fermer des sites et de supprimer des emplois, comme Total ou Renault." Rappelons que l'industrie française a perdu près de 200.000 emplois en 2009.

Quand reprise rime avec augmentation

Pire : les revendications salariales risquent de s'exacerber cette année. La grève des employés d'Ikea pour réclamer une hausse des salaires pourrait bien ne pas être un cas isolé. Après deux années à se serrer la ceinture, les salariés voient en effet dans la reprise de l'économie l'occasion de faire pression à la hausse sur leurs salaires. "Les bons résultats de grandes entreprises en 2009 et les initiatives maladroites de certains groupes en matière de politique de dividendes risquent en outre de créer un regain de tension sur le plan des salaires", note Pierre Ferracci.

"La question salariale va être cruciale cette année, confirme Mohammed Oussedik, car le déséquilibre entre la rémunération du travail et la rémunération des capitaux n'est plus acceptable. Les salariés n'arrivent plus aujourd'hui à vivre de leur travail !"

Extrait de l' EXPANSION http://www.lexpansion.com/economie/...