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Allocution prononcée par Paul Antoine Luciani, premier adjoint au maire,

Ajaccio, Salon Napoléonien, mercredi 8 janvier 2014

La cérémonie des vœux revêtira, cette année, chacun le ressent, un caractère un peu particulier, entre point d’aboutissement et ligne de départ. Dans ce moment particulier, le discours du premier adjoint avait à relever, peut-être un peu plus que les années précédentes, le défi du renouvellement L’allocution de janvier 2013 ayant connu la fortune que l’on sait, j’ai pensé que, pour conclure un cycle et préparer le suivant, il fallait changer la forme des vœux que nous nous adressons tous les ans depuis 2002. Et je me suis livré à un exercice périlleux : résumer, en dix minutes et en quelques dizaines de vers alexandrins, les résultats de notre équipe et nos engagements pour demain. Je n’ai pas l’ambition déraisonnable de vous présenter ici une œuvre d’art. Je voudrais simplement rappeler, par un raccourci rythmé, notre action et notre projet. Cette forme nouvelle, inhabituelle en pareille circonstance, peut exprimer, à sa manière, la capacité de renouvellement de notre engagement pour Ajaccio. J’offre cette « nouveauté » à tous les membres de notre assemblée délibérante, à commencer par le maire d’Ajaccio, Simon Renucci. Mais aussi, et surtout, à tous les personnels communaux : ils sont le fer de lance, la force collective qui a permis les résultats évoqués ici. Les élus passent, la fonction publique territoriale demeure. De son engagement dépend la qualité du service public communal. Service public qui doit assurer des missions d’intérêt général dont toute la société a besoin, tout particulièrement dans cette période de crise et de difficultés sociales aggravées.

J’ai intitulé ce texte « Au bras de l’avenir », vous allez comprendre pourquoi.

« Au bras de l’avenir »

Deux mille un, dix-huit mars, une date à garder

Dans l’esprit de tous ceux qui ont tant espéré

Qu’un beau jour ils vivraient, sans le clan impérial,

Dans un autre Ajaccio, une autre vie sociale.

Deux mille quatorze est là, avons-nous réussi

A faire de nos mandats des œuvres abouties ?

Avons-nous répondu aux attentes plurielles

De ceux qui, par deux fois, à nous ont fait appel ?

Nous ne confondrons pas les politiques publiques,

Celles des petites retraites ou du niveau du smic,

Avec celles pour lesquelles nous devons rendre compte

Sans fierté excessive ni crainte de la honte…

Comment donc aujourd’hui nommer nos résultats ?

Un travail de Titan ? Ou la grande cata ?



La question est posée, il faut bien y répondre ;

Nous allons donc le faire, et sans jouer la montre.

Mais, avant, il nous faut revenir en arrière

Et rappeler la vie des Ajacciens d’hier :

Ajaccio mon village, jadis ce bel ouvrage

Nous parlait d’Ajaccio où, sans être à l’étroit,

Il faisait si bon vivre, du Casone à l’Octroi.

Mais la vie était dure dans notre beau village :

Peu de voitures en ville, on marchait sur le cours,

Et de l’espace urbain on faisait vite le tour.

Les pots sur les balcons n’étaient pas pour les fleurs,

On les vidait d’en haut, malgré leur triste odeur !

Dans la cité génoise, peu de commodités ;

L’habitat insalubre, danger pour la santé,

Poussait les résidents vers de nouveaux quartiers.

L’eau n’était pas potable, on se chauffait au bois ;

On chantait malgré tout que nous étions des rois !

              ***

Le temps jadis n’est plus ; Le Mémorial l’a dit :

C’est la fin du village et de l’ancienne vie !

C’en est fini aussi du mode d’habiter :

Tout le périurbain est désormais mité !

Chacun veut sa maison, son château en Espagne

Qui en a les moyens s’enfuit à la campagne

Ils travaillent en ville mais vivent alentour :

Ils font le va et vient, la nuit comme le jour.

Leurs trajets quotidiens «domicile-travail»

Se font plus par l’auto que par l’emploi du rail.

Et les voies saturées à de certaines heures

Entraînent chez certains de la mauvaise humeur…

               ***

Pour que la vie urbaine retrouve sa qualité,

L’occupation du sol doit être corrigée ;

Il faudra maîtriser l’usage de la voiture ;

Pour la circulation, trouver bonne mesure ;

Par le débat public, récuser les injures,

Travailler, inventer, partager la cité

Pour que chacun y trouve sa part de liberté

Car la ville d’avant, et son cœur historique,

Etaient organisés autour d’un centre unique ;

Elle accueillait alors vingt-cinq mille résidents,

Et, bientôt, trois fois plus d’habitants permanents.

Elle doit s’organiser sur un autre modèle,

Pour répondre aujourd’hui à ses besoins réels

Plus près du citoyen, bien moins centralisée

Et plus dense à la fois, enfin équilibrée,

La capitale de Corse, en son cadre physique,

Pour devenir durable, sera polycentrique.

Il est révolu le temps du beau village,

On pourra en trouver dans nos quartiers l’image :

Finis le centre riche et les pauvres faubourgs !

Nouveaux centres de vie, comme autant de gros bourgs,

Nos quartiers équipés, bien reliés entre eux

Offriront à chacun de quoi circuler mieux,

De quoi se reposer, se distraire, vivre heureux,

Une qualité de vie meilleure qu’en l’ancien temps !

Tel est notre projet, tel notre engagement :

Une ville nouvelle, c’est l’enjeu de demain,

Et tout chacun d’entre nous doit y prêter la main !

                                                 
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Nous nous y employons sans esprit de chapelle ;

En treize ans, Ajaccio a déployé ses ailes :

Chacun l’a reconnu, notre approche globale

A toujours respecté l’intérêt général :

Pour les équipements, nous pouvons l’affirmer,

Le succès est patent, il nous est crédité.

Rattraper les retards était indispensable ;

Et, nous l’avons prouvé, nous en étions capables.

Deux cent neuf millions en douze ans investis

Témoignent clairement des efforts consentis :

Crèches, petite enfance ont eu priorité

Sur les fastes d’antan pour une minorité !

Des écoles nouvelles, par l’Etat financées

Chacun en conviendra, c’est une nouveauté !

Les cinq médiathèques, travaillant en réseau,

De la lecture publique relèvent le niveau !

Gymnases rénovés, Caserne des pompiers

Offrent à nos quartiers sport et sécurité.

Piscine des Salines et complexe nouveau

Pour l’athlétisme, enfin présent dans Ajaccio !

La Corse les voulait : ce n’est pas un hasard

Si l’illustre Palais, ce musée des Beaux-Arts,

Si le grand Palatinu, ce beau Palais des sports,

Attirent le public qui le dit haut et fort !

L’Espace Diamant, théâtre et cinéma,

Fait briller Ajaccio, ce n’était plus le cas,

Et l’a placée au rang qui doit être le sien

Diamant culturel, tel est son vrai destin !

Des bassins complantés et des lieux d’agrément,

Pour notre sureté et notre environnement,

C’est notre Madunnuccia qui nous sauve des eaux,

Et nous offre un jardin, deux merveilleux cadeaux !

Parata – Sanguinaires, un bel aménagement

Valorise le site, accroît son rayonnement :

Nous y avons offert à nos concitoyens

Une étape du Tour dans un très bel écrin

Dans le quartier des Cannes, nous avons retrouvé

Et les gestes d’antan et la fraternité.

Ajacciens, Maghrébins, Portugais, tous unis,

Travaillent des parcelles, préparent des semis …

Cultiver son jardin et faire société,

N’est-ce pas une image de la ville à créer ?

                                            
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Ces objectifs atteints, il faut continuer.

Vers de nouveaux succès, ensemble progresser.

Et nous aurons besoin, pour la nouvelle étape,

D’une force nouvelle visant ce nouveau cap…

Conduire à bonne fin des dossiers essentiels

Exigera de tous, élus et personnels,

Une grande rigueur, un suivi permanent,

Et la capacité de trouver de l’argent !

L’enthousiasme initial gardera-t-il l’élan ?

Cherchons dans le passé cet élan pour demain ;

Cela ne peut pas être improductif ou vain ;

Notre bilan est bon, c’est une base sûre,

Les Ajacciens ont su en prendre la mesure !

Nous saurons avec eux, pour eux, faire surgir

Des combats du passé les chantiers d’avenir

Regardons vers l’avant, la route à parcourir,

Si nous sommes unis, nous pourrons le construire.

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Que dire en conclusion ? Regardant en arrière

De ces tâches accomplies peut-on se satisfaire ?

Devrait-on jubiler en dressant ce bilan ?

Qu’avons-nous ressenti en nous y consacrant ?

Pour les élus en charge de ces mandats échus,

Ce ne fut pas toujours un délice absolu !

Nous le confesserons sans chercher de finesses :

Ni treize ans de malheur, ni treize ans d’allégresse !

Mais plutôt l’impression d’en être revenus

Au mythe de Sisyphe visité par Camus ;

Comme le fils d’Eole remontant son rocher

Nous avons sans relâche pour autrui travaillé !

Nous pouvons donc le dire, et ce fut un honneur,

Servir le Bien commun, voilà LE vrai bonheur !




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Mais l’avenir enfin? Comment le voyez-vous ?

Comparable au passé ? Ou bien beaucoup plus doux ?

Il sera plus souvent et chantier et cambouis,

Pour que le rêve, enfin, puisse entrer dans la vie !

Nous savons qu’un effort doit être soutenu



S’il se veut efficace et par tous reconnu.

Si Ajaccio qui a, souvent, l’esprit potache,

Décide, de nouveau, d’en nous confier la tâche,

Nous sommes disposés à nous y atteler,

Avec même conscience et opiniâtreté ;

Nous nous rappellerons les vers d’Anna Marly

Qui résonnent encore dans nos cœurs d’aujourd’hui

Ensemble il faut lutter, ensemble il faut bâtir,

Et ensemble marcher au bras de l’avenir…

Paci e Saluta, ô sgiò merri ! E Paci e Saluta a tutti !