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Etienne BASTELICA , président du Groupe des élus communistes et citoyen du Front de gauche à l’Assemblée de Corse :

Les 26 et 27 juillet, ont eu lieu, à l’Assemblée de Corse, un débat et un vote « historiques » autour du cœur social de ce qui va devenir le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse.

Une très large majorité s’est prononcée en faveur de cette « société de progrès » qui constitue désormais la vision d’avenir que la Collectivité Territoriale a proposée à la Corse. Tous les élus nationalistes, indépendantistes ou non, ont approuvé le document d’orientation de l’exécutif présenté par Maria Guidicelli (Front de gauche). De telles convergences, inédites sur le fond comme sur la forme, témoignent d’une certaine évolution des esprits et de la capacité de la gauche à faire du neuf en Corse. Une semaine plus tard, les indépendantistes de Corsica Libera invitaient toutes les formations politiques aux Ghjurnate internaziunale di Corti où ils accueillent, depuis trente ans, des mouvements autonomistes ou indépendantistes de différentes régions d’Europe.

Une invitation au débat est toujours positive. Celle-ci, au surplus, était nouvelle. Mais, comme on pouvait s’y attendre, elle a posé problème à tous les invités, quels qu’ils soient. D’abord parce qu’elle était uniquement centrée sur la réforme institutionnelle que souhaitent les nationalistes, ignorant visiblement les votes stratégiques récents de l’Assemblée de Corse ; ensuite parce qu’elle s’est présentée d’emblée comme une volonté de rassembler autour de soi bien plus que comme une ouverture aux autres.

Pour débattre réellement, il faut un cadre approprié. Pour nombre d’invités, ces conditions ne paraissaient pas réunies. Le contenu des échanges l’a d’ailleurs prouvé. Ce sont probablement des considérations de ce genre qui ont conduit les deux leaders dits « modérés » à s’abstenir de « se montrer » à Corte. L’UMP, en revanche, y a fait une apparition remarquée, y compris par la presse nationale. Mais, si l’on a bien vu l’image (nouvelle) d’un jeune député de droite à une tribune indépendantiste, on n’a pas entendu dans son propos la moindre proposition novatrice, juste quelques banalités courtoises …

Le Front de gauche, pour ce qui le concerne, même absent de la photo, est très présent dans le débat. Il poursuit sa politique d’ouverture, dans la majorité territoriale, dans les municipalités d’union, et dans le mouvement social, principal vecteur de transformation démocratique de la société.



E.B. Ajaccio le 7 août 2012