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PERSPECTIVES DE LA SAEM BOIS ENERGIE



INTERVENTION DE VIVIANE BIANCARELLI

Le présent rapport sur les perspectives de développement de la SAEM Corse-Bois énergie comporte quatre points importants et positifs :

- Premier point : L’abandon de la variante cogénération au profit de la simple rénovation des chaudières, et ce afin de ne pas faire supporter le coût de tels investissements aux consommateurs et habitants de Corte. Dans le contexte économique actuel, il est important de ne pas grever les dépenses des ménages, ni d’emmener une société majoritairement publique dans des investissements colossaux : il y a tout de même un différentiel de plus de 6 millions d’euros entre les deux projets (3 953 000 € contre 10 607 000 € pour la cogénération).

Nous rajouterons que pour des raisons environnementales et sociétales, c’est une bonne chose de ne pas lancer un projet qui gaspillerait une ressource précieuse, puisqu’il est dit dans le rapport que les infrastructures de la variante cogénération ne permettraient un rendement énergétique que de 54 %, contre 85 % avec la variante rénovation des chaudières. À l’heure de la restructuration de la filière forêt-bois et de la transition écologique, il est difficilement acceptable que près de la moitié de la ressource forestière soit brûlée pour rien.

- Deuxième point positif : La rénovation de l’ensemble de la chaufferie : avec des chaudières plus modernes, une production mieux contrôlée et modulable, une distribution rénovée pour moins de déperdition, une amélioration du système de traitement des fumées, tous les facteurs sont réunis pour valoriser au mieux la ressource forestière, et ne plus risquer le recours au fioul, plus polluant.

- Troisième point important et positif : L’étude de faisabilité de la production de granulés. Pour le moment, il n’y a aucune production de granulés sur l’île, alors que la demande augmente chez les particuliers mais également pour des petites chaufferies collectives Centre de Savagjhu-Vivariu, 16 tonn.... Dans ce cas, le bois énergie perd l’un de ses avantage majeur, son bilan carbone neutre, puisqu’il faut alors comptabiliser le CO² émis lors du transport. Le bois énergie n’est « vert » que s’il est issu de circuits très courts. Cette situation induit aussi une dépendance vis-à-vis des importations et du marché du granulé sur le continent.

De plus, la production de granulés par la SAEM permettrait de valoriser la quasi intégralité de la ressource, puisqu’il apparaît que 10% se transforment en sciure inutilisable pour le moment. L’étude technico-économique nous le dira, mais la transformation de ces connexes en granulés devrait concourir à la rentabilité des infrastructures.

- Enfin, quatrième point : Le retour à l’équilibre budgétaire de la structure, que nous saluons. La gestion des sociétés financées par de l’argent public se doit d’être irréprochable.

Les perspectives de développement qui nous sont présentées sont donc de belles avancées pour la SAEM et par ricochet pour la Corse toute entière.