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PARLEMENT EUROPEEN

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Des nouvelles de MC VERGIAT

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Pour que 2013 soit une année de mobilisation citoyenne

Cette nouvelle année a bien mal commencé.

C’est avec stupeur que nous avons effectivement appris l’assassinat de trois militantes kurdes en plein Paris. Je connaissais bien l’une d’entre elles, Rojbin. J’ai donc été particulièrement touchée par cette horreur. Pour moi, elle était et restera le symbole du combat des femmes kurdes pour leur dignité et le respect des droits du peuple kurde. Samedi dernier, lors du rassemblement de solidarité avec nos ami(e)s kurdes, Leila Zana m’a dit : « Pourquoi trois femmes ?». Je crois que c’est effectivement une bonne question tant le combat des femmes kurdes est à l’opposé des tentatives de retour en arrière que mènent non seulement les intégristes mais ceux qu’il convient d’appeler les conservateurs musulmans proches des conservateurs chrétiens qui veulent nous faire prendre ces partis pour des modèles pour ceux et celles qui veulent construire la démocratie après les « printemps arabes ».

Cela ne m’empêchera pas cependant de vous vous présenter à tous et à toutes mes meilleurs vœux pour 2013. D’abord sur le plan personnel pour vous et vos proches car quel que soit les engagements des un(e)s et des autres, il importe que chacun(e) puisse se réaliser pleinement sur le plan personnel et bénéficier d’un environnement serein. Sur le plan politique, cette année 2013 sera d’abord et avant tout une année sans échéance électorale. Chose assez rarissime pour qu’il convienne de la relever. Ce sera aussi la première fois depuis la création du Front de Gauche et cela mérite aussi d’être souligné. Il est en effet beaucoup plus facile de faire vivre une formation politique en période électorale. Or, depuis sa création, le Front de gauche a été confronté à une séquence électorale allant crescendo des élections européennes de 2009 aux élections législatives et présidentielles.

Le Front de gauche a participé à la victoire de François Hollande et, pour ma part, je ne regrette rien tant les dégâts de 10 ans de droite au pouvoir ont été catastrophiques pour notre pays. Nous étions en quelque sorte sans illusion sur la capacité des socialistes à porter réellement un projet de transformation sociale mais l’on doit constater que les capacités de renoncement du Président de la République et de son gouvernement vont au-delà de ce que nous pouvions craindre. Il n’est donc guère étonnant que le désenchantement gagne une partie croissante de l’électorat de gauche. Nombre d’entre nous n’avait pas beaucoup d’illusions mais quand même : le choc est rude et ce, dans de nombreux domaines qui ne relève pas tous de ce qu’il est convenu d’appeler le réalisme économique, terme assez pratique, il faut en convenir, car il sert le plus souvent à habiller l’absence de propositions alternatives. Au moment où, surfant sur les conséquences économiques et sociales de la soit disant crise financière, l’extrême droite dresse la tête dans de nombreux pays européens, il serait temps que ceux et celles qui se réclament des valeurs de gauche tirent les leçons de l’histoire et cessent de gouverner avec comme seul horizon politique un électoralisme de mauvais aloi dans certains domaines alors qu’ils font fi des demandes de la population en matière économique et sociale. En 1981, François Mitterrand et Robert Badinter ont aboli la peine de mort prenant complétement à contre-courant l’opinion publique de l’époque (plus de 70% des Français étaient hostiles à cette abolition).

Qu’en est-il aujourd’hui du courage politique de ceux et celles qui nous gouvernent ? Pourquoi tant de renoncements ? Je ne prendrai qu’un exemple : celui du droit de vote pour les étrangers non communautaires aux élections municipales. Si l’opinion publique semble aujourd’hui hostile à la citoyenneté de résidence, c’est d’abord et avant tout le résultat de 10 ans de dérapages politiques menés par les plus hauts dirigeants de notre pays. La recherche de boucs émissaires a toujours été l’apanage de la droite. Nous attendons autre chose d’un gouvernement qui se dit de gauche. Je pourrais prendre bien d’autres exemples mais je suis persuadée, avec mes ami(e)s du Front de gauche, que le seul moyen de permettre au Président de la République et à sa majorité parlementaire de tenir leurs engagements est de mobiliser les énergies. Nous y prendrons toute notre part. J’espère donc que cette année 2013 sera riche en mobilisations citoyennes.

 

Chronique d'une eurodéputée n°18

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Service public ferroviaire : ils s’acharnent

C’est avec constance que, depuis plus de 20 ans maintenant, les institutions européennes démantèlent le service public ferroviaire. La 1ere directive européenne date en effet du 29 juillet 1991 et enjoignait déjà de rendre les entreprises ferroviaires indépendantes des Etats, d’ouvrir leurs réseaux à la concurrence des entreprises des autres Etats-membres et de séparer gestion des infrastructures et exploitation des services de transport. Il s’agissait, selon le titre même de cette directive, de « développer les chemins de fer communautaires ». A partir de 1995, le mouvement s’est accéléré avec la publication d’un « Livre blanc », pour reprendre le jargon communautaire, dans lequel la Commission faisait clairement part de ses propositions.

En 2001, 2004 et 2007, trois « paquets ferroviaires » (dénomination de plusieurs textes législatifs soumis au vote en même temps) ont ensuite été adoptés avec les conséquences que l’on sait sur la « revitalisation » des chemins de fer européens. Résultats : les prix ont montés en flèche, de nombreuses lignes notamment en zone rurale ont disparu et le fret a perdu de nombreuses parts de marché. Pourtant, malgré des demandes répétées, pas moyen d’avoir la moindre évaluation de cette catastrophe annoncée.

Et le 16 novembre dernier, le Parlement européen a adopté un nouveau « paquet ferroviaire », le 4ème, dont le menu était : encore plus de séparation entre "gestionnaires de réseaux" et "opérateurs de transport", renforcement de la compétitivité et harmonisation des régimes sociaux.

Comment peut-on oser prétendre que l’on répond aux défis :

- de la sécurité en suivant la voie de la privatisation forcenée du chemin de fer initiée par Mme Thatcher au Royaume-Uni avec les conséquences que l’on sait en termes d’accidents ferroviaires;

- de l'environnement en condamnant l'avenir du FRET et de nombreuses petites lignes pour les voyageurs ;

- de la mobilité en ouvrant la porte aux augmentations tarifaires ;

- de l'égalité sociale avec la mise en cause des régimes sociaux des "opérateurs historiques".

Lors du débat en plénière, mon ami Jacky Hénin a exprimé notre position et défendu la nécessité de reconstruire des entreprises publiques ferroviaires regroupant fret et voyageurs et allant des infrastructures jusqu'à la définition des matériels, en passant par la recherche et le développement. Puis, à partir de là, espérer construire un pôle public ferroviaire européen sous la forme d'un groupement d'intérêt économique. Et il a ajouté que ces grandes infrastructures ferroviaires devraient pouvoir être financées par la banque d'investissement européenne.

Les syndicalistes ont eu beau pointer du doigt les conséquences désastreuses des choix opérés. Rien n'y a fait. Le dogme est intangible. A gauche, seule la GUE/NGL a voté contre ce texte. La quasi-totalité des socialistes européens (à trois exceptions près) ont approuvé ce nouveau pas vers la casse des services publics ferroviaires. Et les Verts français se sont courageusement abstenus. Leur justification : le report de quelques mois du « dégroupage total », comme ils disent, entre gestionnaires d’infrastructures et de transports. La Commission fera de nouvelles propositions avant la fin de l’année 2012. Belle victoire. Moi, j’appelle cela : reculer pour mieux sauter…

Crise économique ou pas, la régulation par le marché garde toujours ses inconditionnels et on continue de jeter les entreprises publiques dans la jungle de la "concurrence libre et non faussée". Pour ma part, je préfère continuer le combat en faveur d'un transport ferroviaire de qualité, respectueux de l'environnement, capable d'assurer la sécurité et de garantir l'accessibilité tarifaire et territoriale pour toutes et tous. Cela passe par la défense du service public dans les chemins de fer comme partout ailleurs.

Marie-Christine Vergiat