Depuis plus d’une semaine ils campent dans les aérogares de Bastia et d’Ajaccio pour contraindre Air France à respecter leur droit au travail.
45 jeunes salariés des aéroports d’Ajaccio et de Bastia luttent depuis le début du mois d’Octobre pour que la compagnie Air France respecte leur droit au travail. En vain. Aussi ont-ils décidé de passer à une nouvelle étape de leur combat en occupant jour et nuit depuis plus d’une semaine des locaux des deux principales aérogares de l’île. Que demandent-ils ? Simplement le respect par Air France d’une décision de justice prise en leur faveur le 27 Septembre dernier par le tribunal des Prud’hommes d’Ajaccio.
Agé(e)s d’une vingtaine à une trentaine d’années, ces 45 jeunes gens et filles sont employé(e)s, depuis 2005 pour la plupart, de façon précaire par la compagnie aérienne. Celle-ci utilise à leur égard des C.D.D. à répétition, en violation de la loi, et d’un accord conclu avec les syndicats qui visait à la création de C.D.I. en « temps partiel intermittent », garantissant 7 mois de travail à plein temps (lorsque le trafic aérien est en augmentation en Corse) et un salaire « lissé » sur toute l’année prenant en compte 5 mois chômés. Ce qui assurerait à chacun(e) un revenu moyen mensuel de l’ordre de 8 à 900 Euros. Face au refus persistant d’Air France de satisfaire cette bien modeste revendication, appel fut fait aux Prud’hommes.
Le 27 Septembre, le tribunal d’Ajaccio condamnait la Compagnie à requalifier 28 contrats C.D.D. en 28 contrats C.D.I. d’agents « service commercial » et « service avion ». Deux jours plus tard, le tribunal de Bastia faisait de même pour les 17 autres. Bien que cette dernière décision ait été exécutoire immédiatement sous peine de 6000 € d’astreinte par jour et par salarié, Air France a préféré faire appel. Depuis, elle prive ainsi 28 jeunes ajacciens et 17 jeunes bastiais du droit de travailler en refusant de leur fournir contrat de travail, grilles horaires et les sommes dues. Quitte à dépenser 102 000 € d’astreinte chaque jour à Bastia! Qu’attend l’Etat, actionnaire d’Air France à hauteur de 17 % pour exiger de l’entreprise l’application du jugement? interrogent les intéressés. Aussi, « Faites comme nous, indignez vous ! » invitent-ils en conclusion de la pétition lancée avec l’appui de la CGT, et de leurs collègues titulaires. Un appel déjà largement entendu puisque plus de 6000 signatures d’usagers ont été réunies lors des arrivées et des départs des deux aéroports, et plus de 2000 sur internet (www.petitions24.net). Entendu par les responsables et élus communistes des deux départements de l’île, venus sur place assurer les jeunes indignés de leur total soutien. Entendu jusque dans l’enceinte de l’Assemblée territoriale de Corse qui a adoptée une motion déposée par le groupe communiste et citoyen, pour lequel cette affaire témoigne aussi du désengagement du gouvernement et des grandes entreprises vis-à-vis de la Corse.
Jean Rabaté dans 













L’habituel rendez-vous pour le départ des manifestations avait été déplacé de la place de la gare au bien plus vaste parking d’une grande surface à l’entrée de la ville. Heureuse initiative prise par les syndicats, car bien avant l’heure prévue -10 heures- l’arrivée de premiers groupes de manifestants laissait prévoir que la manifestation prendrait une ampleur exceptionnelle.