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Voci Aiaccini "U Bloggu di U ROSSU" Fédération de la Corse du Sud du PCF Supplément officiel à "la Voix d'Ajaccio"

MOTION DEPOSEE PAR MICHEL STEFANI - LYCEE MARITIME DE BASTIA

CONSIDERANT que le Lycée maritime de Bastia est un outil indispensable à la formation des futurs marins et professionnels de la mer,

CONSIDERANT que cet établissement a reçu 170 élèves et 100 professionnels de la mer en formation continue alors qu’il est conçu pour en accueillir 70, CONSIDERANT que de ce fait les conditions d’enseignement sont dégradées,

CONSIDERANT de surcroit que les internes sont logés en hôtels aux frais de l’établissement, qui se trouve obligé de refuser chaque année des dizaines d’inscriptions faute de places et de moyens,

CONSIDERANT que la CTC a diminué la subvention de fonctionnement de l’établissement,

CONSIDERANT que l’établissement enregistre, malgré ces conditions matérielles déplorables, des résultats aux examens parmi les meilleurs de France,

CONSIDERANT que 80 % des jeunes diplômés sortis de cet établissement trouvent un emploi à l’issu de leurs formations reconnues internationalement,

CONSIDERANT que la nouvelle réglementation maritime impose à tous les marins professionnels de revalider leurs brevets tous les 5 ans,

CONSIDERANT que la possibilité doit être maintenue aux marins professionnels de la région d’effectuer en Corse cette remise à niveau obligatoire,

CONSIDERANT qu’à cet effet, le lycée maritime a décidé de réaliser un centre complet de formation répondant à cette exigence,

CONSIDERANT qu’à défaut, les marins en activité en Corse devront aller sur le continent pour revalider leurs brevets,

CONSIDERANT que l’État est prêt à s’engager fortement pour permettre le développement et la réalisation de projets d’avenir concernant cet établissement,

CONSIDERANT que la CTC et la commune de Bastia ne parviennent pas à s’accorder pour trouver un terrain d’entente indispensable à la survie du lycée,

L’ASSEMBLEE DE CORSE

DEMANDE que la subvention de fonctionnement de l’établissement soit reconsidérée à la hausse de manière significative.

DEMANDE qu’une table ronde soit organisée dans les meilleurs délais à l’initiative de l’Exécutif avec l’État, la Ville de Bastia, la CTC et les représentants du personnel du lycée maritime pour faire aboutir le projet de modernisation de l’établissement et définir le site d’implantation qui pourrait l’accueillir, dans la perspective d’offrir aux élèves et aux professionnels de la mer les meilleures conditions matérielles pour suivre leur formation.

MOTION ADOPTEE

 

PROJET DE REHABILITATION DU PAESOLU D’AITONE - INTERVENTION DE MARIE JEANNE FEDI

Notre groupe se félicite de voir enfin ce rapport à l’ordre du jour de l’assemblée.. Nous étions dans l’attente, nous subissions les dégradations de ce site dont la CTC est propriétaire et aujourd’hui nous allons décider d’agir. C’est bien mais ça devenait réellement urgent.

Le 11 février 2010, notre Assemblée avait adopté à l’unanimité un complément d’étude relatif au devenir du Paisolu D’Aïtone. Mais le dossier s’était alors enlisé. Il faut dire que le problème n’était pas simple, ni au niveau de l’organisation ni au niveau du financement. Mais si le temps de la réflexion a été long, Les décisions se sont rapidement mises en marche cet été, ce dont nous ne pouvons que nous féliciter

Pour mémoire, notre collègue Aline Castellani a posé en mars 2012 une question orale dans laquelle elle s’inquiétait du sort réservé aux biens de la CTC alors que nous nous engagions pour des réhabilitations de sites relevant du département de la corse du sud. Dans une autre question orale notre collègue Stéphanie Grimaldi a réinterrogé en mai 2015, s’inquiétant de la dégradation du site et des moyens financiers à mettre en œuvre. Vous lui avez à l’époque répondu qu’il ne vous semblait pas réaliste de vous appuyer sur des financements européens. Et je vous cite : « La proposition de financements (plusieurs millions d’euros) par des crédits européens, notamment ceux « alloués » au développement rural ne paraît pas réaliste en raison même du montant limité de ces crédits, qu’il faudrait mobiliser pour l’essentiel sur cette seule opération. A mon sens, il conviendrait de s’orienter sur une mobilisation effective de financements privés » et vous évoquiez « un appel à candidatures auprès d’opérateurs de tourisme », voire « la vente des 60 bungalows à des particuliers si possible locaux (en évitant les phénomènes de spéculation) » Aujourd’hui vous revenez avec ce dossier complexe pour nous proposer un financement prévisionnel et un calendrier extrêmement serré puisque page 25 du document : vous souhaitez : « engager la CTC financièrement dès le présent exercice ; prévoir des investissements pour les travaux relatifs à la 1ere tranche à hauteur de 2.300.000 € sur le budget 2016.

Vous allez ainsi chercher des financements dans le CPER, le PO FEDER, axe 4 ; axe 6C ; le FEDER/FSE pour la mise en place du très haut débit, le FEADER et le PEI. Nous nous en félicitons, car nous préférons, ça ne surprendra personne, que l’exploitation du site soit publique. Cependant, cette évolution appelle une explication : pourquoi ce qui n’apparaissait pas possible il y a peu est désormais possible ? En d’autres termes, ce plan de financement pourra-t-i, comme nous l’espérons, être mis en place ?

Vous nous proposez donc une délibération dans laquelle le coût pluriannuel des investissements est estimé à 8.25millions d’euros. Tout cela pour le coup, s’accélère, et nous ne nous plaindrons pas de ce changement de braquet : c’est un geste fort, à la hauteur de l’enjeu qui est –et le rapport le démontre – non seulement de remettre en service un équipement touristique mais de l’inclure dans une dynamique d’ensemble de développement d’un territoire.

 

DELEGATION DE SERVICE PUBLIC AERIEN - INTERVENTION DE MICHEL STEFANI

Nous avons voté contre les OSP en février 2015. Notre analyse demeure et se confirme avec ce rapport. Comme cela est indiqué les obligations de service public ont été simplifiées. Cela n’a rien à voir avec la lecture mais plutôt pour se conformer aux exigences de la concurrence de plus en plus rude avec les low cost. C’est donc l’adaptation « aux variations de la demande et de la saisonnalité ». Pour se plier à cette définition il est demandé aux opérateurs deux choses « augmenter la productivité » et « maitriser la politique commerciale et tarifaire ». D’un côté l’ajustement se fait sur l’emploi, les escales de Corse sont dans le collimateur de la direction d’AF, des dizaines de postes devraient être supprimés et de l’autre sur les usagers s’agissant des tarifs. Pour les non-résidents certains peuvent approcher les 500 euros TTC. Les résidents pourront bénéficier d’un maigre avantage sous conditions avec un tarif de 130 euros HT euros non modifiable non remboursable et 180 euros HT au tarif normal sans condition. Ceux-ci comme tous les autres seront indexés à l’évolution des couts d’exploitation « sur des bases objectives, prévisibles et connues de tous les acteurs ». En conséquence il est demandé aux opérateurs de respecter cette « souplesse désormais contractuelle » par une « politique commerciale dynamique et attractive notamment pour les voyageurs non-résidents et ainsi améliorer l’équilibre économique des comptes ». Nous avons sur ce plan une approche différente de la vôtre qui consiste à s’adapter à la concurrence déloyale des low cost tout en dégageant des excédents utilisables par ailleurs. Bien sûr, il faut s’assurer de l’équilibre financier des conventions mais cela ne peut se concevoir comme nous le voyons au détriment des opérateurs historiques délégataires du service public de continuité territoriale et des usagers. Nous sommes, dans ce cadre, défavorables à la déspécialisation de l’utilisation de la dotation de continuité territoriale cette ligne inscrite au budget de la nation pour permettre à la CTC d’organiser la desserte publique de la Corse. Par conséquent cet argent de la solidarité nationale doit rester affecter à cet objet pour garantir l’activité des délégataires dans les meilleures conditions économique et sociales. Cela se comprend pour maintenir et développer l’emploi mais aussi pour les usagers qui pourraient bénéficier de tarifs plus avantageux dès lors que ces excédents seront utilisés comme nous le proposons à cet effet. Le suivi de la DSP est renforcé par une exigence d’information préalable plus encadrée, notamment en termes de programme y seront associés représentants de l’OTC, des chambres de commerce et du groupement d’entreprises délégataire il faudrait penser aux salariés auxquels sera imposée de fait une plus grande flexibilité. Les compensations versées par la CTC, au titre des conventions s’établissent à 37 M€ pour le bord à bord soit 4 M€ de plus et à 42 millions d’euros pour terminer à 31 millions d’euros la quatrième année sur Paris. Sur celle-ci la moyenne annuelle passe de 41 M€ à 35 M€ pour les deux délégataires conjoints mais non solidaires. Nous avons appris en Commission que cette baisse en sifflet préfigure le montant maximal de la DSP qui serait acceptable pour la très libérale Commission européenne qui considère que ces aides d’État sont de nature à fausser la libre concurrence. Difficile de ne pas faire de lien entre cette position, le recours introduit par la compagnie low cost Ryanair et la similitude des actions antiservice public conduite dans le maritime. En revanche sur le bord à bord la Commission s’est montrée nous dit-on plus conciliante parce qu’à ses yeux la continuité territoriale se justifie sur cette desserte contrairement à Paris. Cela ne nous rassure que partiellement pour plusieurs raisons parmi lesquelles l’appétit débordant des opérateurs low cost qui ne peut être sous-estimé tout autant que les dispositions déjà prises pour faire face à la perte d’environ 80 000 passagers sur les correspondances de Marseille et Nice. Comme on peut le constater une fois de trop la Commission, à laquelle l’Exécutif se soumet docilement, impose ses visées ultralibérales et piétine la souveraineté de l’Assemble de Corse comme l’exercice par la CTC de ses compétences en la matière. Au point ou cela conduit autant demander le transfert de cette compétence à la Commission. Cela étant nous avons également relevé que si les capacités retenues sur le bord à bord sont identiques en tous points entre la Haute Corse et la Corse du Sud, sur le Paris elles sont très proches en sièges offerts mais l’écart est de 10 % en prévision entre Bastia et Ajaccio. Cet écart renforce les craintes d’ajustements correspondant sur l’emploi. À cela s’ajoute l’optimisation de la flotte pour améliorer les coefficients de remplissage ou encore ce vol à 6 heures du matin au départ de Bastia qui écorne l’image du service public accessible. Optimiser peut se comprendre mais de cette façon c’est contre-productif pour le confort des usagers et les conditions de travail des agents. Dans les faits on ne peut, selon nous, faire abstraction du partenariat noué avec AF au moment de la création de la CCM notamment pour ce qui est du traitement au sol des appareils en sachant que depuis 3 ans désormais les agents AF ne touchent quasiment plus aux ATR. Voilà pourquoi notre groupe demande aujourd’hui en engagement solennel pour revenir aux fondements de ce partenariat sans quoi nous savons que cette spirale sera employée comme argument par la direction d’AF pour supprimer des postes en relevant une baisse d’activité. D’ores et déjà il est question de 106 ETP. Nous avons donc deux amendements : • L’un demandant que les représentants des organisations syndicales représentatives des personnels des compagnies délégataires soient associés au comité technique • L’autre, que les ATR seront traités au sol, comme les autres appareils desservant la Corse dans le cadre de la DSP, par les agents Air France.

 

PADDUC - INTERVENTION DE MICHEL STEFANI

En 2010, nous estimions que la Corse avait besoin de plus de démocratie et d'un nouveau modèle de développement, s'appuyant sur les services publics, la promotion du secteur productif industriel et agricole, une meilleure utilisation de l’argent public. Ce défi nous proposions de le relever avec nos concitoyens parce que nous mesurions l’importance de la tâche.

Il consistait à garantir le développement durable du territoire en remettant l’homme au centre de l’action publique, en répondant aux besoins essentiels au cœur des préoccupations (logement, nourriture, santé, éducation, travail, transport) avec l’objectif de réduire son empreinte écologique. Dans cette perspective, nous avons fait plusieurs propositions inscrites dans une véritable alternative à l’économie capitaliste et financière qui détruit la planète et les hommes. Cette alternative citoyenne est indispensable à la diminution des inégalités et à l’arrêt du pillage des ressources naturelles, pour la survie sur la planète. En ce sens nous nous inscrivons aujourd’hui dans une démarche radicalement opposée à la politique d’austérité déclinée à tous les niveaux Europe gouvernement région.

Nous sommes convaincus que le progrès pour les peuples et particulièrement le nôtre passe bien par cet objectif de dépassement du système et la mise en œuvre de politiques alternatives anti austérité à partir du niveau local où il est possible d’agir pour défendre et promouvoir le progrès social contre le recul ultralibéral.

Ce choix n’est en rien comparable à ceux inscrits dans la réforme de l’architecture administrative et institutionnelle de la France. Les critères qui les caractérisent sont directement inspirés par la déclinaison des politiques d’austérité depuis Bruxelles. On ne parle plus de solidarité mais de compétitivité.

Le big-bang territorial des méga régions, habillé du vocabulaire technocratique, promet l’intelligence économique quand la concurrence débridée amène le low cost le dumping social et fiscal. Les systèmes financiers absorbent la richesse produite et les riches n’en peuvent plus d’engranger des profits colossaux sans renoncer à leurs privilèges exorbitants. Et quand la faillite menace c’est sur l’épargne populaire que le sauvetage des banques s’opère.

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ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

Mes chers collègues,

Cette séance publique comporte un ordre du jour suffisamment dense, pour que je limite mon propos introductif aux dominantes qui caractérisent l’actualité de la Corse.

La sécheresse qui affecte le sud de l’île, d’abord.

Les pluies d’aujourd’hui, celles annoncées pour les jours à venir, ne sauraient minimiser le déficit des pluies sur la façade occidentale de la Corse qui atteint cette année un niveau préoccupant. Ce sont en effet les équilibres écologiques de plusieurs micro-régions, par exemple de Sartène à Porto-Vecchio, qui sont menacés par plusieurs mois sans précipitations ou presque. Je veux parler de l’irrigation des cultures, ou de l’alimentation en fourrage du bétail, mais aussi de la santé de notre couvert végétal, d’autant plus lorsque celui-ci est fragilisé par des affections telles que le cynips ou la xylella. Il nous appartient collectivement de mettre en œuvre une solidarité active envers les éleveurs, comme de réfléchir à de nouveaux modes de prévention qui adaptent la Corse à cette évolution climatique. Le Président du conseil exécutif évoquait l’autre jour la venue de Monsieur le Préfet pour faire un état des lieux sur l’évolution de la xylella fastidiosa. Sans mélange des genres, je pense qu’il serait judicieux de lui demander, à cette occasion, de procéder également à une analyse de la situation causée par ces sécheresses à répétition.

Le problème des déchets, ensuite.

Il convient de se féliciter des efforts conjugués par l’ensemble des responsables, le syvadec, les collectivités « dépositaires » de sites d’enfouissement, ou les associations citoyennes. Ils ont permis, avec de nombreuses réunions, d’apporter une réponse à l’urgence de la crise. Sur un moyen terme, il apparaît nettement que les solutions ne pourront être que multiples et collectives ; et cela dans un cadre sociétal, celui d’un modèle de développement durable adapté aux spécificités de la Corse, qui soit volontariste pour être mobilisateur sur l’ensemble des comportements, publics et privés. À cet égard, on gagnerait à mon avis à ne pas mélanger les rôles ni les responsabilités. Il y a en effet, d’un côté des producteurs de déchets, particuliers, ménages ou entreprises, et de l’autre des gestionnaires, ordonnateurs et financeurs publics ou prestataires privés. Il y a des régions qui collectent beaucoup de déchets, d’autres moins mais qui sont de surcroit éloignées des centres de traitement, et d’autres encore qui accueillent des équipements dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont jugés peu attractifs par leur population.

Tout cela suppose un rôle de fédérateur d’énergies et de moyens, avec des objectifs cohérents si l’on veut parvenir à définir des réponses adaptées mais aussi à changer les comportements individuels, je n’ose dire à responsabiliser le citoyen. Ce qui, à l’échelle d’une île de 300.000 habitants, n’est pas a priori infaisable ! Notre assemblée a adopté en juillet un plan régional, après l’avoir soumis à enquête publique et fondé sur des orientations approuvées à l’unanimité. Il constitue par conséquent une base de référence immédiatement disponible pour l’ensemble des acteurs. Peut-être restera-t-il perfectible, mais je pense que l’on a besoin, dans ce domaine notamment, d’inscrire nos actions dans la durée plutôt que la confusion. Cela, pour faire prévaloir l’intérêt général et de façon à convaincre plutôt qu’à imposer.

La crise des réfugiés, enfin.

Comme je m’y étais engagé avec le président de l’Exécutif, nous avons réuni les présidents des groupes politiques à l’issue de la séance publique des 17 et 18 septembre, pour nous accorder sur des principes puis un cadre d’organisation. Les groupes politiques, unanimes, ont rédigé une déclaration solennelle dont je vous donnerai lecture le moment venu. Pour sa part, le Conseil exécutif nous a saisis d’un rapport comportant un projet de délibération. Je tiens à saluer une maturité qui honore véritablement notre institution. Dans un contexte propice aux surenchères dans l’exploitation des peurs et des égoïsmes, de surcroit dans une période de campagne électorale, l’Assemblée de Corse et le Conseil exécutif ont su se retrouver pour refuser la démagogie. Mes chers collègues, les sujets que je viens d’évoquer, le changement climatique, les problèmes phytosanitaires, la gestion durable des déchets, l’accueil des migrants, sont emblématiques des nouveaux enjeux que le XXIe siècle pose à l’ensemble de la planète. Sous cette mandature notamment, les élus de la Corse ont apporté la preuve qu’ils étaient capables de surmonter sinon les clivages politiques, du moins leurs pesanteurs et leurs blocages, pour échanger et parfois s’accorder sur des réponses innovantes. Le pluralisme, la confrontation des opinions et le respect de l’autre sont les gages d’un bon fonctionnement démocratique. Mais lorsqu’ils nourrissent la réflexion et facilitent la décision collective, ils contribuent à la vitalité de la société. Sachons conserver cet état d’esprit, au-delà de la période légitime de campagne électorale, pour aider notre île à maîtriser son avenir.

Je conclurai par des propos personnalisés.

J’adresse en votre nom à tous nos sincères condoléances à notre collègue Pierre GHJONGA, et l’assure de notre soutien dans le deuil qui l’a frappé.

Dans un autre ordre d’idée, je tiens à complimenter Jean LANATTA, un enfant d’Oletta, promu chef d’état-major de l’armée de l’air, en soulignant et c’est d’autant plus méritoire à ce niveau, que son propre père, Vincent, avait déjà occupé ces prestigieuses fonctions.

Tous nos vœux de succès au Tour de Corse automobile, qui se déroule ces jours-ci, en espérant que le retour d’une compétition emblématique pour notre île soit une véritable réussite collective.

Je vous remercie.

 

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MOTION DEPOSEE PAR SONIA PRUVOT - CREATION D’UNE PREPARATION PROFESSIONNELLE AU COLLEGE DU FIUMORBU

CONSIDERANT que plus de 40% des élèves de troisième du Collège du Fiumorbu font des vœux d’orientation dans la voie professionnelle et qu’une partie de ces élèves, en grande difficulté, ne parvient pas à obtenir l’orientation souhaitée du fait de résultats scolaires trop faibles, CONSIDERANT que la poursuite d’une scolarité dans une classe de troisième classique n’apporte pas de solution à ces adolescents, mais aggrave leur sentiment d’échec et les contraint à une orientation par défaut en fin de troisième, CONSIDERANT que la possibilité de suivre une troisième professionnelle leur permettrait d’entrer dans une nouvelle dynamique plus vertueuse en leur redonnant confiance en eux, les rendant à nouveau acteurs de leurs apprentissages, CONSIDERANT que les élèves du Fiumorbu, de par la situation géographique de l’établissement, n'ont pas l’opportunité d'intégrer ce type de classe implantée majoritairement dans les zones urbaines, CONSIDERANT que le collège du Fiumorbu pourrait s'appuyer sur le plateau technique de la SEGPA ou sur les 2 formations CAP du lycée de la plaine, voire du CFA implanté à Ghisonaccia ; qu’un partenariat pourrait également être organisé avec le lycée polyvalent Jean Paul de Rocca Serra à Porto-Vecchio ainsi qu’avec les services compétents de la base BA 126 à Solenzara, CONSIDERANT que la région du Fiumorbu est devenu un bassin important en terme de population et d’activités qui peut offrir non seulement des possibilités de stage mais aussi, à la clé, des emplois. CONSIDÉRANT enfin qu’il est devenu nécessaire de faire évoluer les dispositifs d'accueil et de formation des élèves pour répondre aux besoins et garantir l'égalité de tous face à l’enseignement et à la formation.

L’ASSEMBLEE DE CORSE

SOUTIENT la demande, portée par les enseignants du collège du Fiumorbu et votée en conseil d’administration, de création d'une troisième professionnelle. DEMANDE au Président du Conseil Exécutif d’examiner, en concertation avec les autorités académiques, la possibilité de création d’une telle section.

MOTION ADOPTEE

 

CENTRE D’ART POLYPHONIQUE - INTERVENTION DE MICHEL STEFANI

Nous ne reviendrons pas sur le délai assez long entre la fin des travaux proprement dits et le début effectif de l’activité. Le Conseil d’orientation s’est une première fois réuni le 22 novembre 2012 et a arrêté les orientations du CAP mais on sait notamment que l’état du bâtiment – à cause d’infiltrations répétées - a nécessité des travaux de réfection et de mise aux normes avant que la Commission de sécurité ne puisse donner son feu vert pour la mise en service effectif du Centre. Chacun peut comprendre les difficultés contrariant l’ouverture d’un établissement de ce type, destiné à accueillir du public. Bref, c’est difficile mais enfin, le service est apparemment en état de marche, il faut s’en réjouir. D’autant plus que la mise en service coïncide avec l’année scolaire et, à ce propos, est-il saugrenu de se poser la question du rôle éventuel du CAP dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires ? Le programme de cette première saison « dans les murs » recouvre une grande partie des objectifs et des axes définis dans le projet : les différents stages prévus permettront aux participants d’approfondir leur technique, faciliteront les échanges entre amateurs et professionnels, exploreront différentes dimensions de l’art vocal. C’est une amorce ; quantitativement et qualitativement nous ferons le bilan dans quelques mois et verrons si ces actions se sont concrétisées, ce qu’il faut améliorer éventuellement. Par ailleurs, il conviendra d’engager rapidement les actions correspondant à la partie « observatoire » et « bases de données » qui figurent parmi les missions basiques du CAP, ainsi que les résidences d’artistes et les échanges nationaux et internationaux. Enfin, le CAP doit se doter des outils permettant de vérifier que l’objectif d’égalité d’accès du plus grand nombre à la pratique vocale est réellement poursuivi.

 

FEDER - INTERVENTION DE MICHEL STEFANI

Lors de la réunion de l’assemblée de corse des 24 et 25 avril 2014, nous avions abordé la question de la Stratégie régionale de gestion des fonds européens. Ce cadrage stratégique exprimait les exigences accrues de l’UE, et mettait en avant les marges de manœuvre de rédaction des programmes limitées dans un contexte de changement de la règlementation et de la méthodologie.

Les règlements, qu’ils soient généraux ou spécifique, imposent aux autorités de gestion de décliner les grands principes au plan régional de la stratégie de l’Europe 2020 sous la définition pour une croissance durable, intelligente et inclusive.

3 principes directeurs pour le PO : • Un effet de levier avec les politiques de contractualisation; • Un soutien aux démarches intégrées de territoire en place et aux filières d’activités ; • Une optimisation de l’utilisation des fonds pour l’ensemble des programmes européens

A la lecture des documents communiqués, force est de constater qu’effectivement la CTC a parfaitement su répondre au cadre contraint. Cela étant vous savez aussi que notre formation politique lutte pour que se construise et que vive une autre Europe : une Europe où les peuples seraient au centre des préoccupations, une Europe moins technocratique, une Europe plus humaine.

La Corse est une région en NUTS 2. Une région en transition. Cette classification se traduit localement par la déclinaison d’une politique européenne d’austérité et qui ne peut se trouver à la hauteur des espérances et des ambitions de régions comme la nôtre.

Car il est très difficile d’ajuster le cadre formel aux spécificités notamment liées à l’insularité et aux problématiques de développement de progrès social. C’est d’autant plus vrai que globalement le schéma reste identique soutien aux entreprises généreux et faiblesse des moyens consacrés au FSE par exemple.

Nous voyons que dans tous les domaines, la Corse est en retard par rapport aux autres régions métropolitaines sur : emploi, R&D, environnement, efficacité énergétique, décrochage scolaire, diplôme enseignement supérieur, pauvreté et exclusion sociale.

Ce PO FEDER ne permettra pas de répondre efficacement aux vraies nécessités, aux aspirations des peuples, de chaque région, car il devrait s’intéresser avant tout à l'Humain, et ne devrait pas autant dissocier les objectifs sociaux et écologiques qui permettent de lui donner sens.

Je ne prendrai ici que deux exemples : l’environnement et l’emploi. Nous déplorons qu’un seul axe, l’axe 7 ait été retenu. Cet axe 7 s’attache à investir dans l'éducation, la formation et la formation professionnelle pour l’acquisition de compétences et l’apprentissage tout au long de la vie.

Il faut reconnaitre ici, même si le FSE national reprend les thématiques liées à l’emploi, que nous sommes loin du compte pour la Corse qui est confrontée à une situation explosive de demandeurs d’emplois. L’effort affiché pour former davantage les chômeurs de longue durée reste bien modeste face à cette réalité. Pour ce qui est de l’environnement au sens large, la CTC en tant qu’autorité de gestion est sollicitée pour prendre en charge des mesures environnementales qui sont très importantes dans le FEADER. Cependant, pour l’instant les réponses sont insuffisantes. Il faut réfléchir sur un plan plus large cela d’autant plus que les filières corses sont mal placées au plan national.

Il est bien évident que la préservation de l’environnement est un enjeu majeur mais sans une impulsion forte pour un nouveau modèle de développement économique, fondé sur le soutien à la consommation locale et à la transformation agroalimentaire les agriculteurs auront énormément de mal à pérenniser leur activité notamment les exploitations familiales.

Concentrée sur la « compétitivité », la stratégie de la Commission européenne ne fait pas progresser la dimension environnementale et relègue au second plan la dimension sociale et la concentration thématique qui a contraint à orienter les programmes éligibles aux fonds structurels, a dans le même temps poussé à transformer des programmations régionales en de simples déclinaisons de la stratégie européenne. Cette stratégie, liée aux politiques d’austérité menées conformément au Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, ne fait qu’enfoncer l’Europe dans la récession.

Il faut donc réorienter la politique européenne. Qu’il s’agisse d’abord de répondre aux besoins sociaux et des territoires dans le cadre de la politique de la ville, d’actions en direction des étudiants, de soutien à l’orientation, à la qualification, à l’information ; qu’il s’agisse aussi de prévenir les risques naturels ; qu’il s’agisse ensuite de réussir la transition énergétique ; enfin d’accompagner les entreprises productives.

D’une façon plus générale nous restons convaincus que le sens donné aux politiques européennes, la Grèce en témoigne, n’est pas bon. De ce point de vue nous le retrouvons ici avec l’adaptation de l’architecture institutionnelle et administrative de la France, la création de méga régions et de la collectivité unique qui préparent au fédéralisme européen et à la création du Marché transatlantique, le TAFTA.

La compétition entre les territoires sera féroce dans ce cadre et le risque de marginalisation de la Corse accru. Telles sont les raisons qui nous conduisent à confirmer notre vote du 25 avril dernier contre le PO FEDER et surtout contre une politique d’adaptation aux critères d’austérité.

 

Pruvot_sonia.jpg!!!SCHEMA DIRECTEUR D’AMENAGEMENT ET DE GESTION DES EAUX - INTERVENTION DE SONIA PRUVOT

L’eau à la surface de la terre est une ressource abondante et constante mais menacée de part une surexploitation et d’autre part la pollution.

Nous n’aurons pas besoin d’insister davantage sur l’importance de l’élaboration d’un document comme le SDAGE. Institué par cette loi, le SDAGE est un instrument de planification qui fixe pour 6 années et pour chaque bassin hydrographique, les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée de la ressource en eau dans l’intérêt général et dans le respect des principes de la directive cadre sur l’eau et la loi sur l’eau, ainsi que les objectifs environnementaux pour chaque masse d’eau.

Avec le SDAGE, il s’agit ni plus ni moins de mettre en œuvre les grands principes de la loi sur l’eau de 1992.

Concrètement le SDAGE développe 3 points : un diagnostic, des objectifs et des mesures. Le SDAGE qui nous est proposé et qui tient compte du phénomène de changement climatique comporte 5 orientations fondamentales :

- Équilibre quantitatif - Lutte contre les pollutions - Préservation et restauration des milieux aquatiques - Confortement de la gouvernance7réduction des risques d’inondations

Ce document enfin, a une portée juridique qui s’impose aux décisions administratives en matière de police des eaux.

L’objectif essentiel de ce document est celui de la non-dégradation des milieux aquatiques. Nous ne pouvons que souscrire à cette ambition affichée. Je rappelle que certaines orientations du PADDUC concernant la ressource en eau sont intégrées dans le SDAGE qui est, nous le croyons, un document utile et un projet collectif qui reflète une prise de conscience et qui va dans le bon sens.

 

CREATION D’UN DISPOSITIF D’EVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES DE LA CTC - INTERVENTION DE MICHEL STEFANI

La Commission des finances a été chargée le 26 avril 2012 sur délibération unanime de l’Assemblée de Corse d’engager la réflexion pour concevoir un dispositif d'évaluation des politiques publiques de la CTC. Fort justement, la commission s'est attachée à rappeler l'historique et les principes nécessaires et les enjeux caractéristiques de l'évaluation, à dresser un état des lieux avant de proposer un dispositif répondant à la Corse et à ses spécificités, en particulier statutaires.

Le rapport relève l'évolution de la notion d'évaluation, de sa naissance aux USA en 1921 autour de la mesure quantitative et qualitative des politiques éducatives, à son développement dans le monde anglo-saxon d'après-guerre, mais également en France dès les années 60-70 avec la "rationalisation des choix budgétaires puis en tant qu'instrument d'assainissement des budgets publics en périodes de crise à partir des années 70 et jusqu'à aujourd'hui.

Assurément, la crise et ses conséquences sur les finances publiques vont accélérer la diffusion d'une culture de l'évaluation jusqu'à l'échelon local, mouvement renforcé par l'importance croissante des programmes de l'Union Européenne.

Le rapport relève 3 enjeux principaux de l'évaluation : démocratique, financier, managérial. Ces enjeux sont liés, ils recoupent le besoin de transparence et d'information des citoyens, l’exigence quant au service rendu poussant à l'optimisation des moyens publics et appelant une meilleure compréhension des processus par les agents.

Constatant le retard de la Corse en matière d'évaluation, alors même que le transfert de compétences et le statut particulier en accroissent le besoin, la Commission entend proposer une démarche évitant de répéter les erreurs constatées ailleurs et collant au cadre insulaire et quelque peu contradictoire avec la perspective du pouvoir unique qui prend le contrepied de la décentralisation initiée depuis 1982.

La Charte Territoriale de l'Évaluation, qu'il nous est proposé d'adopter, traduit les objectifs définis par le rapport, formalise l'engagement solidaire des pouvoirs exécutif et délibérant et constitue le cadre de référence pour tous les acteurs publics de l'évaluation en Corse. L'évaluation y est conçue comme porteuse d'un "jugement de valeur sur l'intervention publique par rapport à des critères objectifs et partagés", visant à "produire de la connaissance sur une intervention publique afin d'en apprécier la performance et de prendre des décisions adaptées pour en assurer le renforcement".

Les critères de performance visent "(...) à travers une mobilisation optimale des ressources", à renforcer " la qualité du service public et la cohérence territoriale" en s'appuyant "sur une démarche participative et pluraliste"… dans une approche de développement durable".

Ses finalités sont : • cognitives - produire des connaissances nouvelles sur l'intervention territoriale - • normatives - formuler un jugement de valeur sur l'intervention publique, sur la base des critères de pertinence, cohérence, efficacité, efficience, utilité, viabilité, qui ne soit pas l'apanage des seuls évaluateurs, • instrumentale - éclairer l'action publique pour l'améliorer ou l’arrêter.

La CTC s'engage à mettre en place les compétences et outils nécessaires; à déterminer en accord entre ses instances les politiques à évaluer; à associer le plus possible les partenaires des politiques sélectionnées; à garantir la transparence des méthodes et des résultats. Elle adhèrera à la Société Française d'Évaluation et aux principes déontologiques de sa charte (opportunité, distanciation, compétence, responsabilité, pluralité, transparence, respect des personnes).

Les modalités opérationnelles combinent internalisation et externalisation. Une programmation annuelle est proposée, après concertation des services, conjointement par les Présidents du Conseil Exécutif et de l'Assemblée. Deux politiques (ou programmes) sont évalués chaque année.

L'administration de la CTC est dotée des compétences nécessaires à la mission d'évaluation, le recours à des expertises extérieures étant possible; un Comité d'évaluation - réunissant les principaux acteurs des politiques évaluées, assure la fonction de coordination, de pilotage et de suivi des travaux. Nous avons voté la délibération instituant ce processus - nous ne pouvons que confirmer notre intérêt pour la démarche d'évaluation. La notion toutefois, même parée des meilleures intentions, peut véhiculer -maintes expériences le prouvent et un certain vocabulaire le laisse entrevoir- des risques certains. Il faut donc être prudents et bien mesurer -à côté des avantages indéniables - les effets pervers.

Nul ne doit ignorer que, alors qu'à l'origine en France, elle devait essentiellement permettre aux "politiques" de rationaliser leur action pour le renouveau des services publics- y compris en "prenant la main" sur la technostructure- en se dotant d'outils adéquats, elle a ensuite été orientée au service de la réduction des dépenses publiques.

En effet, le contexte financier étant devenu depuis une quinzaine d'années le paramètre dominant de l'action de l'État et des autres institutions publiques, l'évaluation est devenue omniprésente dans le discours public. La LOLF, la RGPP, la MAP...en regorgent mais la culture du résultat, de la performance jugés sur des critères majoritairement financiers, lui font trop souvent jouer un rôle négatif dans des secteurs qui ne peuvent être régis essentiellement par la rentabilité financière, qu'il s'agisse par exemple de l'éducation, de la recherche ou de la santé.

C'est que dans plusieurs domaines, le quantitatif supplante et même évince le qualitatif, alors même que tout n'est pas raisonnablement calculable dans le service public. L'évaluateur et sa batterie d'indicateurs remplacent trop souvent le débat. Le vrai débat et non ces parodies mises en scène par les Maîtres d'ouvrage avec un panel choisi de représentants de la société dite civile comme caution démocratique.

Oui, l'évaluation sous son masque néolibéral peut-être une arme de destruction; du service public, des hommes et des femmes qui l'assurent, de l'organisation démocratique. La Commission considéré que les élus" auront besoin d'un dispositif d'évaluation qui leur procure les informations pertinentes" pour parvenir " non seulement à rechercher des économies, mais aussi à se montrer plus efficaces dans la définition des priorités autant que dans l'optimisation des moyens publics" on est en droit de se demander si subrepticement la baisse des coûts ne devient pas l'objectif principal, reléguant la qualité du service dans l'ombre. Sauf que pour cela, nul besoin d'évaluation, un bon audit suffit.

Quant au management à base d'une "culture d'évaluation " qui "favorisera la compréhension par les agents des enjeux du changement", la formule laisse perplexe: de quel changement parle-t-on? L'évaluation s'étendra-telle à la performance individuelle des agents? Il n'est pas outrancier de le penser si l'on songe notamment à la rémunération "au mérite" qui tend à s'infiltrer dans les pratiques salariales des collectivités.

Une telle évaluation, en réalité plus proche du New public Management néolibéral, dont on connait les dégâts dans le privé, nous ne voudrions pas l'importer dans le public. A l'opposé nous sommes favorables à une évaluation démocratique. Dans son rapport fondateur de 1989, Patrick VIVERET en trouvait le fondement dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen: « Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique… d’en suivre l’emploi… (art. 14) La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration (art. 15) ». Alors, quels critères pour une évaluation démocratique?

Tout d'abord: qui définit, passe commande, contrôle le processus, du choix du programme évalué à la diffusion des résultats? On fait le choix d'une "co-responsabilité" Président de l'Exécutif/Président de l'Assemblée. Dans les faits -et ce sera accentué avec la Collectivité unique - l'Exécutif est en position opérationnelle dominante, surtout dans le cas de l'internalisation de la mission d'évaluation. A l'évidence, il faut faire pencher la balance vers l'organe délibérant et peut-être même mettre plus en relief le CESC.

Deuxièmement, les élus de l'Assemblée ne doivent pas être marginalisés par la technostructure, interne en l'occurrence, qui, en prise directe avec les services et l'Exécutif, accumulera expertise, importance et pouvoir. Le politique doit, en particulier, veiller au référentiel, aux critères, de l'évaluation, de sorte qu'ils correspondent au sens du service public, de l'action publique et non aux valeurs du secteur marchand: c'est politique au plus haut point, car décisif pour le résultat de l'évaluation. En sens opposé, se pose aussi la question de l'indépendance des évaluateurs dépendant du maître d'ouvrage.

Troisième point, la participation des citoyens: professionnels du secteur, usagers. C'est assurément essentiel, comme le pluralisme et prévu par le projet de charte. Il ne faut pas en rester à la traditionnelle participation assez formelle au dispositif contrôlé par les institutions mais intégrer dans la durée de l'évaluation les différentes parties prenantes de l'action évaluée, leur permettre de participer activement, y-compris à la définition de la méthode elle-même. C'est ainsi que l'on aboutira d'une part à une évaluation plus fiable et utile pour la poursuite de l'action et, d'autre-part, qu'on pourra augmenter le niveau de connaissance des citoyens, leur capacité à contrôler l'action publique.

Nous souhaitons séparer le rapport proprement dit de la charte qui est soumise au vote. En effet, si nous pouvons partager la plus grande partie des développements contenus dans le rapport, certaines parties, par la corrélation qu'elles relèvent entre évaluation et obsession de la baisse de la dépense publique, sont contraires à la conception que nous défendons d'une évaluation démocratique participative. Il ne nous est pas possible d'y souscrire.

En revanche, le projet de charte évitant de reproduire ces exposés des motifs fortement teintés d'idéologie libérale reçoit, à ce stade, notre aval ; nous demandons toutefois que le processus de mise en place du dispositif fasse l’objet, à chaque étape, d’un examen par l’Assemblée afin notamment de vérifier que les critères d'une évaluation démocratique tels que ceux que nous avons évoqué ci-dessus sont effectivement pris en compte.

 

PROPOSITIONS DE REPRISE DE LA SNCM - INTERVENTION DE MICHEL STEFANI

Vous avez récemment expliqué que le choix de placer la SNCM en redressement judiciaire était inéluctable et positif. Nous ne partageons pas cette analyse, cela d’autant plus que la SNCM est sûrement la seule entreprise dans ce pays à avoir connu pareil expérience durant 10 mois en faisant la démonstration de sa viabilité.

Quelle société dont l’activité et les recettes reposent sur le dynamisme commercial supporterait une telle attaque entretenant la défiance des usagers ? Comme nous pouvons le constater aujourd’hui, ce choix n’est en rien salvateur, ni pour la compagnie, ni pour l’emploi, ni pour le service public. L’objectif est multiple.

Depuis 2002, dans le cadre de l’ouverture de la desserte à la concurrence déloyale, les parts de marché les plus lucratives du service public ont été transférées aux opérateurs low cost et privés. Le déficit structurel, engendré au budget de l’OTC par la gabegie de l’aide sociale obligera dans un premier temps à plafonner cette subvention avant de la supprimer après le service complémentaire. Dernier paramètre, austérité oblige, pour dégager des excédents et compenser autant que faire se peut la baisse des dotations de l’État, vous voulez réduire la DSP plus encore que ce que l’écrémage a produit.

Cette année, pour la première fois en effet, CFF s’est trouvée en position de monopole sur le transport de passagers tout en captant un tiers du transport de marchandises. Mais il en faut plus et éventuellement lui laisser le champ libre au moins sur une ligne en DSP pour compenser le manque à gagner relatif à la perte de la subvention d’aide sociale.

Aussi surprenante qu’elle puisse paraître la manœuvre consiste à abonder le budget de la future collectivité unique pour couler du goudron et du béton alors que les départements et la CTC, tous budgets confondus, consacrent déjà plus de 100 M€ au réseau routier. En ce sens, vous envisagez de concrétiser la déspécialisation de l’enveloppe de continuité territoriale au bénéfice des prochaines ordonnances relatives à la création de la collectivité unique.

La lettre du 4 septembre émanant de la direction de la CMN ouvre sur ce dernier acte. Les dirigeants de cette compagnie voient ainsi la stratégie avortée en 2007 de nouveau à portée de main en 2015. En 2007 les dirigeants de la CMN avaient envisagé une réponse conjointe à l’appel d’offres avec CFF pour évincer la SNCM. Le temps a pu paraître long mais huit ans plus tard, la Commission européenne et les amendes anti service public, le gouvernement pour l’État, Veolia et Transdev comme actionnaires liquidateurs de la SNCM, ont avec votre concours remis cette stratégie à l’ordre du jour. La subdélégation que vous voulez précipiter aujourd’hui vient le confirmer. Les dirigeants de la CMN associés à ceux de Baja Ferries flairent la bonne affaire et anticipent même sur le périmètre de la DSP dont la procédure vient d’être relancée. Ils proposent une « redéfinition du périmètre d’action actuel visant à permettre une optimisation de l’outil naval et une réévaluation des compensations versées aux délégataires » en accord avec vous, autorité délégante.

Alors qu’il y a un lien direct, la question de la qualité des offres de reprises formulées dans le cadre de ce prétendu redressement judiciaire est totalement éludée dans ce rapport comme d’ailleurs les conditions d’exécution de cette subdélégation dont on comprend qu'elle consiste à redéfinir la DSP cassée par le TA de Bastia sur recours de CFF, pour mieux préparer la prochaine à la place des élus de l'Assemblée de Corse.

Cette précipitation pousse également les administrateurs judiciaires et le Tribunal de commerce dans une obligation de choix par défaut s’agissant des offres de reprise déposées le 2 septembre par les différents candidats.

Or, ce que nous avons pu connaître, elles n’ont pas changé, elles restent médiocres et insuffisantes en fonds propres entre 4 et 17 M€ pour des actifs à plus de 250 M€. 4 M€ pour un seul navire comme le Casanova qui en vaut 20 fois plus voilà l’ampleur du détournement d’argent public qui se prépare. Plus fort que Buttler... sans commission d’enquête… Les OS s’y opposent à juste raison.

Il en ressort que si l’Assemblée de Corse délibère, comme vous le demandez, sans aucune garantie, ni projection sérieuse pour l'avenir, dès le mois d’octobre la privatisation à 100% de la SNCM interviendra et sa disparition juridique entrainera les conséquences les plus lourdes pour les salariés dont plus de la moitié seraient licenciés aussitôt...

Inversement, pour poursuivre la recherche d'une solution sérieuse de reprise globale de la SNCM en discontinuité sur le périmètre industriel actuel avec le maintien du public dans le capital comme nous le proposons, cette subdélégation ne doit pas être votée.

En définitive, cela serait cohérent avec le vote de l’Assemblée de Corse du 17 juillet, concernant la relance de la procédure d’appel d’offres pour la DSP 2016 - 2024, qui prévoit de reconduire les services à l’identique en termes de fréquences et de capacité, ce qui implique de maintenir, à périmètre constant, la compensation financière actuelle.

En revanche, la subdélégation serait envisageable quand les conditions de pérennité, sociale, économique et industrielle seraient réunies comme nous le préconisons au plus vite pour évacuer le risque d’entrave de la Commission européenne.

La CTC, c’est l’objet de la motion que nous examinerons plus tard, pourrait dès lors fédérer les acteurs et porter un projet public de reprise de la compagnie pour satisfaire ensuite, par sa candidature à l’appel d’offres ainsi rendue possible, aux besoins du service public de continuité territoriale et non d’intérêts particuliers.

 

INTERVENTION DE ETIENNE BASTELICA - BUDGET SUPPLEMENTAIRE 2015

Le projet de Budget supplémentaire pour l’exercice 2015 se place nous dites-vous « dans la logique de gestion rigoureuse des finances publiques imposée par l’État » dont les dotations diminuent cette année de 7M€. C’est un fait et nous ne pouvons qu’intégrer cette donnée ; mais ne nous résignons pas !

Chacun sait que l’explosion des déficits publics en Europe ne résulte pas essentiellement de la dérive des dépenses publiques mais de la contre-révolution fiscale menée par des gouvernements acquis aux idées néolibérales depuis un quart de siècle.

À l’instar des associations d’élus, dont l’Association des Maires de France, qui appellent à une journée nationale de mobilisation samedi prochain contre la baisse de la DGF, faisons pression pour -au moins- une révision du « calendrier, de la méthode et du volume de la baisse des dotations ».

Savez-vous que l’association des maires des grandes villes avertissait récemment qu’ « en 2016 et a fortiori en 2017, l’érosion de l’épargne brute induite par la baisse des dotations va conduire à une réduction du périmètre des services publics locaux, voire à une impossibilité d’équilibrer la section de fonctionnement » ?

Nous, nous continuons à dire qu’il y a d’autres pistes que la sempiternelle réduction des dépenses publiques avec ses conséquences en termes d’investissement, d’emploi et de services à la population.

Dans ce contexte, il faut bien reconnaître à l’Exécutif le mérite de réussir à maintenir un niveau appréciable de soutien à l’activité, en préservant notre capacité d’autofinancement et sans alourdir la fiscalité.

Si le BS a pour fonction de reprendre les résultats de l’exercice précédent, il procède aussi à des « ajustements » et ceux-ci sont importants puisqu’ils portent le budget total de 2015 de 935M€ à 1,385Mds€, soit + 48% et +19,5% hors mouvement d’ordre et virement de section.

Par rapport au BP, le résultat de l’exercice précédent permet, après couverture du besoin de financement de la section d’investissement, de dégager un solde de 3,28 M€ que nous allons décider d’affecter à la section de fonctionnement.

Les principales caractéristiques de ce BS : des recettes réelles réévaluées de 4,6% hors excédent de fonctionnement. On y reviendra dans un rapport suivant, près des ¾ des nouvelles recettes d’investissement proviennent du préfinancement de 7,045 M€ du FCTVA par la CDC ; intéressant mais ce n’est, pour l’heure, qu’une « facilité de trésorerie » provisoire qui, en outre, accroit l’encours de la dette ; le dispositif prendrait tout son sens s’il était pérennisé et surtout s’il débouchait vraiment sur un remboursement dans l’année. Faute de quoi, les collectivités se trouveraient confrontées à un problème de trésorerie à l’issue de leur remboursement.

Une augmentation de 4,7% des dépenses réelles (hors excédent de fonctionnement capitalisé). La stabilisation des dépenses de fonctionnement et l’augmentation du niveau d’investissement ; l’amélioration de notre capacité d’autofinancement enfin : en un mot, on se situe dans la ligne du BP, et notre appréciation d’ensemble est donc positive.

Quelques observations et demandes d’information cependant. Un mot sur la légère amélioration du différentiel Crédits d’engagement/CP tout en relevant que le stock AP/AE demeure relativement important, le toilettage étant compensé par des engagements nouveaux.

La « désensibilisation » des emprunts toxiques au moyen du fonds de soutien permettra de « sauver » 85 M€ d’ici 2041, plus de 9 M€ dès cette année. La dégradation de notre capacité de désendettement est toutefois réelle et appelle notre vigilance. Il est vrai que la modification des conditions de participation du Fonds de soutien opérée en février dernier –notamment l’augmentation de 1Mds€ et une quotité pouvant passer de 45% à 75%- rend la transaction moins pénalisante pour les collectivités. Il n’en reste pas moins qu’on a assisté à une véritable « amnistie bancaire » ! Pour notre part, nous préférons voir les impôts des contribuables servir à améliorer les services publics plutôt qu’alimenter les marchés financiers.

Au chapitre des recettes, on a parlé –à mon avis d’une façon disproportionnée – des « surcompensations » versées aux compagnies maritimes à la suite de la baisse du prix du carburant, la SNCM étant bien entendue en ligne de mire une fois de plus. Que n’a-t-on fait preuve d’une telle ténacité pour le « vol » de la taxe de transports ainsi que pour la fameuse aide sociale que nous n’avons jamais récupéré !

Bien évidemment, nous ne pouvons qu’être d’accord sur le principe de ne pas payer plus que ce que l’on doit ; mais permettez-moi de déplorer qu’au regard du contexte d’austérité actuel, le débat se focalise sur la récupération d’une somme auprès d’une compagnie qui parvient encore à faire des bénéfices en dépit de toutes les difficultés. À mon sens, cette question qui revêt un caractère éminemment politique ne suffira pas à régler le problème budgétaire de la Collectivité…

Au chapitre des dépenses, l’effort sensible consenti pour la formation (+35% par rapport au BP) permet-il de solder l’ensemble de nos engagements, notamment conventionnels, envers les CFA ? Plus précisément, pouvez-vous nous assurer du versement des subventions prévues pour les CFA, des 1,9 M€ attendus par l’IFSI, pour son fonctionnement et notamment pour les bourses ?

Par ailleurs, nous observons que dans l’enseignement, le différentiel se creuse avec l’inscription de nouvelles AP et AE et la diminution des CP par rapport au BP.

Nous prenons acte de l’augmentation des CP pour la culture et le sport mais les inscriptions prévues permettent-elles de répondre aux demandes en instance du mouvement sportif ?

 

INTERVENTION DE MICHEL STEFANI - FEDER

Lors de la réunion de l’assemblée de corse des 24 et 25 avril 2014, nous avions abordé la question de la Stratégie régionale de gestion des fonds européens. Ce cadrage stratégique exprimait les exigences accrues de l’UE, et mettait en avant les marges de manœuvre de rédaction des programmes limitées dans un contexte de changement de la règlementation et de la méthodologie.

Les règlements, qu’ils soient généraux ou spécifique, imposent aux autorités de gestion de décliner les grands principes au plan régional de la stratégie de l’Europe 2020 sous la définition pour une croissance durable, intelligente et inclusive.

3 principes directeurs pour le PO : • Un effet de levier avec les politiques de contractualisation; • Un soutien aux démarches intégrées de territoire en place et aux filières d’activités ; • Une optimisation de l’utilisation des fonds pour l’ensemble des programmes européens

A la lecture des documents communiqués, force est de constater qu’effectivement la CTC a parfaitement su répondre au cadre contraint. Cela étant vous savez aussi que notre formation politique lutte pour que se construise et que vive une autre Europe : une Europe où les peuples seraient au centre des préoccupations, une Europe moins technocratique, une Europe plus humaine.

La Corse est une région en NUTS 2. Une région en transition. Cette classification se traduit localement par la déclinaison d’une politique européenne d’austérité et qui ne peut se trouver à la hauteur des espérances et des ambitions de régions comme la nôtre.

Car il est très difficile d’ajuster le cadre formel aux spécificités notamment liées à l’insularité et aux problématiques de développement de progrès social. C’est d’autant plus vrai que globalement le schéma reste identique soutien aux entreprises généreux et faiblesse des moyens consacrés au FSE par exemple.

Nous voyons que dans tous les domaines, la Corse est en retard par rapport aux autres régions métropolitaines sur : emploi, R&D, environnement, efficacité énergétique, décrochage scolaire, diplôme enseignement supérieur, pauvreté et exclusion sociale.

Ce PO FEDER ne permettra pas de répondre efficacement aux vraies nécessités, aux aspirations des peuples, de chaque région, car il devrait s’intéresser avant tout à l'Humain, et ne devrait pas autant dissocier les objectifs sociaux et écologiques qui permettent de lui donner sens.

Je ne prendrai ici que deux exemples : l’environnement et l’emploi. Nous déplorons qu’un seul axe, l’axe 7 ait été retenu. Cet axe 7 s’attache à investir dans l'éducation, la formation et la formation professionnelle pour l’acquisition de compétences et l’apprentissage tout au long de la vie.

Il faut reconnaitre ici, même si le FSE national reprend les thématiques liées à l’emploi, que nous sommes loin du compte pour la Corse qui est confrontée à une situation explosive de demandeurs d’emplois. L’effort affiché pour former davantage les chômeurs de longue durée reste bien modeste face à cette réalité. Pour ce qui est de l’environnement au sens large, la CTC en tant qu’autorité de gestion est sollicitée pour prendre en charge des mesures environnementales qui sont très importantes dans le FEADER. Cependant, pour l’instant les réponses sont insuffisantes. Il faut réfléchir sur un plan plus large cela d’autant plus que les filières corses sont mal placées au plan national.

Il est bien évident que la préservation de l’environnement est un enjeu majeur mais sans une impulsion forte pour un nouveau modèle de développement économique, fondé sur le soutien à la consommation locale et à la transformation agroalimentaire les agriculteurs auront énormément de mal à pérenniser leur activité notamment les exploitations familiales.

Concentrée sur la « compétitivité », la stratégie de la Commission européenne ne fait pas progresser la dimension environnementale et relègue au second plan la dimension sociale et la concentration thématique qui a contraint à orienter les programmes éligibles aux fonds structurels, a dans le même temps poussé à transformer des programmations régionales en de simples déclinaisons de la stratégie européenne. Cette stratégie, liée aux politiques d’austérité menées conformément au Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, ne fait qu’enfoncer l’Europe dans la récession.

Il faut donc réorienter la politique européenne. Qu’il s’agisse d’abord de répondre aux besoins sociaux et des territoires dans le cadre de la politique de la ville, d’actions en direction des étudiants, de soutien à l’orientation, à la qualification, à l’information ; qu’il s’agisse aussi de prévenir les risques naturels ; qu’il s’agisse ensuite de réussir la transition énergétique ; enfin d’accompagner les entreprises productives.

D’une façon plus générale nous restons convaincus que le sens donné aux politiques européennes, la Grèce en témoigne, n’est pas bon. De ce point de vue nous le retrouvons ici avec l’adaptation de l’architecture institutionnelle et administrative de la France, la création de méga régions et de la collectivité unique qui préparent au fédéralisme européen et à la création du Marché transatlantique, le TAFTA.

La compétition entre les territoires sera féroce dans ce cadre et le risque de marginalisation de la Corse accru. Telles sont les raisons qui nous conduisent à confirmer notre vote du 25 avril dernier contre le PO FEDER et surtout contre une politique d’adaptation aux critères d’austérité.

 

QUESTION ORALE POSEE PAR JOSETTE RISTERUCCI - FUSION REGULATION MEDICALE SAMU 2B / SDIS

Monsieur le Président,

Je me permets cette question sachant que notre collectivité n’a pas compétence en matière sanitaire, mais que le choix d’une collectivité unique aura par contre des conséquences en termes d’organisation territoriale de certains services publics. Je pense que notre collègue Pierre CHAUBON et vous-même pourrez nous apporter des précisions.

Monsieur le Président de l’Assemblée de Corse, Dominique BUCCHINI, a également été saisi de ce dossier.

Le personnel hospitalier du SAMU 2B, et tout simplement du CH BASTIA, a eu la « surprise » de découvrir cet été que le CTA (centre technique d’appels) du SDIS 2B devait accueillir le centre 15 des appels de BASTIA. Cela par des biais détournés, par des rumeurs, et non par la Direction de l’Hôpital de BASTIA ; lors d’une réunion le 23 juillet 2015 à la préfecture de Haute Corse, Monsieur le Préfet, Monsieur le Directeur du CH BASTIA , le délégué territorial de l’ARS Corse, ont tous dit « en cœur » que ce n’était pas d’actualité, tout comme le Directeur avait répondu quelques jours avant lors d’un comité technique d’établissement à ma question que ce n’était pas à l’ordre du jour.

Contrairement à tous ces propos, nous savions que des réunions avaient bien eu lieu et que le dossier était bien avancé (il est officieusement en discussion depuis des années). Le personnel a été cordialement reçu par le Président du Conseil Départemental de Haute Corse et les responsables du SDIS 2B et a pu ainsi avoir des informations plus précises.

Monsieur le Préfet de région a également reçu une délégation CGT et STC du personnel le lundi 7 septembre 2015 pour lui faire part des préoccupations et des attentes face à ce projet, les deux SAMU de Corse veulent garder un CRA hospitalier et dans chaque établissement BASTIA et AJACCIO pour couvrir en régulation médicale les deux territoires de la région, garantir l’efficacité des secours médicaux en coordination avec tous les acteurs du secours à personne, et cela est tout à fait possible par les connexions avec les CTA.

Les différents rapports (GRALL de juillet 2015), circulaires portant sur l’organisation territoriale des urgences prenant en compte les différentes réformes des régions incitent effectivement à créer des CTA 15/18 mais n’obligent pas, elles rappellent qu’il faut d’une part tenir compte des contextes géographiques et surtout élaborer un travail collectif et non imposé par l’un ou l’autre.

Les décisions dans le champ sanitaire émane du Directeur de l’ARS dont les instances de concertation qui en dépendent définiront les territoires de santé et le projet régional de santé, tout comme doivent être consultées les instances des établissements de santé.

Je tenais aussi à préciser que cette annonce non officielle est arrivée dans un contexte très difficile sur la modernisation du Centre Hospitalier de BASTIA, qui à ce jour, n’est pas réglée et que vous connaissez parfaitement pour la défendre à nos côtés.

Il faut également savoir que le matériel téléphonique, informatique, autocom du SAMU 2B est vétuste et n’a pas été remis aux normes comme le confirme le rapport interne effectué en octobre 2014 qui lui est officiel. Cette opération est urgente, nous avons remis le dit rapport à Monsieur le Préfet de Région, et en aucun cas on ne peut prendre comme prétexte sa vétusté pour imposer cette fusion car des fonds sont dédiés et fléchés pour effectuer les travaux non réalisés depuis 2011.

Si un incident grave devait arriver, chacun au plus haut niveau en assumera les conséquences, et je parle de sauver des vies humaines.

Je souhaitais donc par cette question juste vous faire part des inquiétudes et attentes des professionnels concernés auxquels il ne peut être opposé la création de la collectivité unique en Corse comme une obligation à l’aboutissement de cette fusion ou la fusion d’une seule régulation médicale régionale. Cela ne peut être que de la décision de la Direction de l’ARS sur ordre de la Ministre de la Santé et ne serait pas sans conséquences en termes d’organisation sanitaire pour la population.

Je vous remercie particulièrement de votre réponse.

REPONSE A LA QUESTION ORALE POSEE PAR J. RISTERUCCI - PAUL GIACOBBI – PRESIDENT DU CONSEIL EXECUTIF

Madame la Conseillère à l’Assemblée de Corse,

La problématique de la plateforme commune entre les centres 15 et 18, c’est-à-dire ceux du SDIS et du SAMU de la Haute-Corse, ne m’est pas inconnue.

J’ai en effet exercé, comme vous le savez, les fonctions de Président du Service Départemental d’Incendie et de Secours durant de nombreuses années. Vous soulignez fort justement que les questions sanitaires ne relèvent pas, j’ajouterais « pas encore », des compétences normalement dévolues à notre collectivité. Pour autant, et je partage votre point de vue, nous ne pouvons rester indifférents à des dossiers, ils sont nombreux, sur lesquels il nous appartient, dès à présent, de porter notre regard dans la perspective de la collectivité unique. Celle-ci n’était pas à l’ordre du jour en 2009 mais pour autant une coopération active s’est instaurée dès cette période, entre le SDIS de la Haute-Corse et le Centre Hospitalier de Bastia. Elle n’a jamais cessé de se renforcer depuis.

Je suis convaincu, pour avoir participé à des réunions de travail sur ce thème et apporté ma contribution, que la plateforme commune constitue la solution la plus pertinente pour améliorer grandement l’efficacité de l’organisation des secours. Cette configuration n’est pas une exception, ni même une anomalie. Elle est désormais la règle dans plusieurs départements, plus précisément vingt et un.

D’autres, au nombre de huit, sont désormais très avancés dans le processus. Il y a lieu de souligner, en substance, que l’interconnexion des numéros et des centres d’appel SDIS-SAMU est inscrite dans les textes législatifs et réglementaires depuis 1996. Ils ont été complétés par d’autres dispositions publiés dans la loi portant sur la modernisation de la sécurité civile, des arrêtés et, plus récemment, par une circulaire interministérielle du 5 juin 2015.

À l’échelle du territoire de la Haute-Corse, une convention de partenariat relative à l’organisation de l’aide médicale urgente et des secours d’urgence a été établie en 2009 et reconduite de façon systématique depuis. Elle est assortie d’une convention financière. Celles-ci font l’objet d’un suivi au travers d’un comité d’évaluation qui permet d’améliorer la collaboration désormais instaurée mais aussi la qualité du service rendu au public.

La collaboration s’est étendue aussi par le soutien apporté par le SDIS au SAMU et au SMUR. Je citerai par exemple la participation des pompiers à la conduite des VRM SMUR de Corté, Calvi ou encore Ghisonaccia, celle consistant à l’armement par un infirmier sapeur-pompier de la VRM SMUR de Ghisonaccia. La réflexion se poursuit pour concevoir, à terme, cette plateforme commune rendue indispensable au regard des enjeux. Il s’agit pour le SDIS de la Haute-Corse, d’un objectif prioritaire.

Je regrette, tout comme vous, que le personnel hospitalier, ainsi que vous l’indiquez dans vos propos, n’ait pas été suffisamment informé de ces échanges. Je déplore également que cela ait pu nourrir le sentiment, compte tenu de la vétusté du matériel du SAMU 2B, que cette réforme puisse se faire au détriment de l’hôpital. En tout état de cause, ces imperfections devront être corrigées et je m’associerai à toutes les démarches visant à améliorer la diffusion de l’information auprès des personnels sur ce dossier complexe et sensible.

Je suis persuadé et je le répète, au-delà de ces péripéties, que la plateforme est une nécessité absolue. Elle se fera sans léser les uns au profit des autres. Elle participe à rendre plus efficients les secours aux personnes qui demeurent la principale fonction et la préoccupation première des hospitaliers et des pompiers.

Je vous remercie.

 

ALLOCUTION D’OUVERTURE DU PRESIDENT BUCCHINI

Mes chers collègues,

L’Assemblée de Corse ouvre aujourd’hui la dernière session de cette mandature. La nouvelle carte des conseils régionaux entrant en vigueur au premier janvier 2017, les élections auront lieu, de façon exceptionnelle, les 6 et 13 décembre ; et il en va de même en Corse, bien que la réforme territoriale débouchant sur une collectivité unique réduise la prochaine mandature à une durée de deux ans.

Aussi, l’ordre du jour sera-t-il concentré sur cette séance publique et sur celle des 1er et 2 octobre, de façon à ce que les dossiers les plus sensibles, notamment le PADDUC et les délégations de service public aérien et maritime, interfèrent le moins possible avec la campagne électorale.

Il restera, sans doute, une réunion à la fin du mois ou au début novembre, mais elle portera sur des rapports techniques liés aux besoins du fonctionnement courant des services publics dont nous avons la responsabilité ; sans oublier que les commissions restent fondées à poursuivre leur activité, je pense notamment à la commission sur les Violences qui se réunira le jeudi 8 octobre, ou à la commission des compétences qui aura à organiser les réflexions sur la collectivité unique.

Je souhaite en tout cas que dans cet hémicycle, l’esprit constructif qui a présidé jusque-là à nos échanges puisse perdurer, au nom de l’intérêt général de la Corse et de sa population.

Dans cet esprit, je limiterai mon propos introductif à quelques réflexions inspirées par l’actualité estivale.

La Corse, d’abord, a connu une longue phase de canicule et de sécheresse qui n’est pas encore achevée. Le mois de juillet a enregistré une anomalie de température sans précédent depuis plus d’un demi-siècle, tandis qu’un déficit de pluies préoccupant perdurait en plusieurs parties du territoire insulaire, je pense notamment aux versant occidentaux de la Corse-du-Sud.

À cet égard, je tiens à saluer en votre nom collectif les efforts consentis par les soldats du feu pour en limiter les conséquences au niveau des incendies. Malgré ce contexte défavorable, le bilan est actuellement contenu, grâce à un quadrillage vigilant de nos unités de sapeurs professionnels et volontaires, mais aussi des moyens de lutte opérationnelle renforcés par des unités provenant du continent. Cela démontre, s’il en était besoin, le rôle fondamental des services publics ainsi que le besoin de solidarité nationale pour notre région.

Permettez-moi d’insister, également, sur l’impact de cette sécheresse au niveau du monde agricole. Les problèmes des petites exploitations vont être accentués, et il ne s’agirait pas comme on a eu parfois tendance à le faire par le passé, de miser sur un changement des conditions météorologiques avant de réagir ! Je sais que l’Exécutif, les responsables et les personnels des offices agricole et hydraulique recherchent activement des solutions au contact du terrain. Il nous appartient, pour notre part, de manifester concrètement notre solidarité envers le monde agricole.

La xylellia fastidiosa, ensuite, a contaminé notre île. À la fin du mois de juillet, un certain nombre de prélèvements, effectués par les services compétents dans le cadre du plan d’action de l’État, se sont avérés positifs. Certains d’entre vous, inquiets devant l’apparition d’un tel fléau, m’ont demandé -comme ils en avaient le droit légitime- de convoquer aussitôt une session extraordinaire de l’Assemblée. J’ai alors consulté l’ensemble des présidents des groupes politiques pour connaître leurs positions, et vérifier si les conditions de saisine prévues par le règlement intérieur étaient remplies.

Dans une large majorité, mes interlocuteurs ont estimé préférable de ne pas organiser de séance publique, avec toute la solennité et l’écho médiatique que celle-ci génèrerait, avant de connaître plus en détail les données du problème, de façon à cerner sa réalité et pouvoir délibérer, éventuellement, sur des mesures appropriées.

A l’heure actuelle, il apparaît d’une part, que sur près d’un millier de prélèvements, soixante-dix cas se sont avérés positifs ; et d’autre part, que la contamination résulte exclusivement de sous-catégories parmi les moins nocives de la xylelia, avec une origine directe plutôt bien cernée.



Cependant, les risques potentiels sont tels que nous avons l’obligation de rester attentifs. Je demande à l’Exécutif de nous tenir informés en temps réel des évolutions de la situation pour que le cas échéant, nous ayons des positions à prendre pour améliorer les parades et ce, de façon immédiate comme de façon durable. Vous avez pu relever que des régions continentales, comme les Alpes-Maritimes, demandent aujourd’hui à pouvoir bénéficier des moyens mis en œuvre en Corse. Par ailleurs, des interrogations subsistent, par exemple comment se fait-il que notre île apparaisse comme la seule région touchée en dehors du sud de la botte italienne ? Il serait utile, à tout le moins, de savoir si des campagnes de prélèvement ont été engagées dans les autres régions avec la même ampleur, et d’en connaître les résultats.

La fréquentation touristique, enfin : elle paraît positive même si ses retombées économiques seront plus contrastées. Je laisserai bien sûr à la présidente de l’agence du tourisme le soin de vous apporter des données plus précises. Pour autant, un décalage me semble se creuser depuis plusieurs années entre les statistiques incontestables des flux maritimes et aériens, et le ressenti vécu par les professionnels de l’hôtellerie et des commerces dans le cadre de leurs activités.

Il y aura certainement des leçons à en tirer, que ce soit dans l’adéquation de notre offre aux tendances du tourisme, dans sa concentration saisonnière, dans le rapport qualité-prix proposé ; mais aussi, sans doute, s’agissant du phénomène de l’hébergement résidentiel.



Avant de conclure, permettez-moi d’évoquer la crise des migrants. Les conflits au Moyen-Orient, notamment en Syrie ou en Irak, l’insécurité dans laquelle s’est enfoncé la Lybie et avec elle, tout un pan de l’Afrique subsaharienne, provoquent une augmentation considérable des demandes d’asile sur le continent européen. Cela s’ajoute aux flux migratoires d’ordre économique pour déboucher sur une véritable crise internationale. L’opinion s’est émue, à juste titre, devant le cadavre d’un enfant syrien. Cette image atroce symbolise en effet le drame et les souffrances subies tout au long de l’année par des dizaines de milliers d’hommes et de femmes, fuyant de chez eux des guerres de plus en plus barbares, tentant de franchir nos frontières, pour chercher ici de quoi survivre dignement. Confrontée à l’urgence, l’Union européenne s’efforce, plutôt laborieusement d’ailleurs et on peut le regretter, de définir une réponse qui soit, vraiment, à la hauteur des enjeux. Pour mettre en œuvre, d’abord, une solidarité réelle envers les États riverains directement aux prises avec ces problèmes, notamment la Grèce, l’Italie et l’Espagne ; et pour aboutir, ensuite, à une répartition plus équilibrée de l’effort d’accueil des réfugiés de guerre entre tous les pays membres. Pour ce qui concerne la France, le chiffre de vingt-quatre mille a été avancé et le gouvernement a réuni préfets et élus locaux pour recenser les communes volontaires, pour la plupart en milieu rural, de façon à les aider à prendre en charge les réfugiés dans les meilleures conditions.

Mes chers collègues, au-delà de l’émotion médiatique, un tel contexte est propice, surtout en période de crise, à l’exploitation des inquiétudes et des égoïsmes, qui parfois servent aussi d’alibi au racisme et à la peur de l’autre. Il convient, par conséquent, de bien réfléchir aux conditions raisonnables d’accueil et intégration de nouveaux arrivants, pour ne pas alimenter ces réactions de rejet. La Corse a su, toujours, se montrer accueillante envers ceux qui fuyaient une oppression barbare, un régime politique qui les combattait ou, plus simplement, venaient y chercher du travail et de quoi améliorer leur existence. Pourtant, le niveau de vie de sa population permanente n’était pas, loin s’en faut – et malgré la crise et les difficultés que nous connaissons- celui aujourd’hui !

Moyennant les garanties d’un accueil convenable et équilibré, je suis persuadé que le peuple corse saura se monter, une nouvelle fois, fidèle à ses valeurs ancestrales d’hospitalité et entraide.

Enfin, il convient de saluer la direction informatique et les entreprises prestataires, AXIAN et ATTAC, pour avoir mené à bien cet été la modernisation de l’hémicycle. Outre une meilleure résolution d’écrans, de son et de caméras, ainsi qu’un système de télé-présence en cours de finition, les changements portent surtout sur plusieurs aspects auxquels je vous rends attentifs. Un badge nominatif vous est affecté : il servira à vous identifier sur le pupitre pour activer les fonctionnalités. Par commodité, nous avons convenu de confier ce fichier au secrétariat général, seul habilité à délivrer les cartes à l’entrée dans la salle puis à les récupérer à votre sortie. Et il en va de même au niveau des pouvoirs, sur présentation d’une attestation signée bien sûr. Les demandes de prise de parole seront enregistrées automatiquement ; un seul micro sera activé à la fois ; et la durée des interventions sera affichée. Quant au vote électronique, si vous adoptez la modification correspondante au règlement intérieur, il sera utilisable à la demande du président de séance ou d’un président de groupe. Ces améliorations, que vous avez souhaitées par délibération en 2013, s’avèrent plutôt faciles à mettre en œuvre et elles seront de nature à renforcer la qualité de nos décisions.



Je vous remercie.

 

Aprés la disparition de Leny ESCUDERO

Fidèle blogueuse Y...nous fait parvenir cet hommage. U Rossu est heureux de le rapporter en se rappelant qu'il nous avait fait la joie de participer au 80 ans de la CGT à AJACCIO en ......1975

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Notre ami, le chanteur et compositeur Leny Escudero, artiste à la fois romantique et engagé, est mort vendredi à 82 ans à son domicile à Giverny (Eure).

Leny Escudero, de son vrai nom Joaquim Escudero, il était devenu célèbre dans les années 60 et 70 avec des chansons comme "Pour une amourette" et "Ballade à Sylvie".

Communiste dans l'âme, il n'avait jamais accepté les règles du show-business.

On lui doit également des chansons comme "A malypense", "Parce que tu lui ressembles", "Vivre pour des idées", "Le bohémien", "Petite mère", "La malvenue", "Le vieux Jonathan", "Le siècle des réfugiés" ou "Le cancre".

De son vrai nom Joaquim Escudero, il naît à Espinal (province espagnole de Navarre), le 5 novembre 1932. Ses parents d'origine gitane, républicains espagnols, quittent le pays ravagé par la guerre civile en 1939, et se réfugient en France. Ils habitent d'abord la Mayenne, ensuite à Paris.

Leny grandit à Belleville, à Paris. Après son certificat d'études, il exerce divers métiers, notamment ceux de terrassier et de carreleur.

En 1962, coup d'essai, coup de maître: "Pour une amourette" fait de lui une vedette. La télé s'entiche de cet artiste différent aux cheveux longs, à la voix prenante et sincère.

Son album "Escudero 71", sorti en 1971, reçoit le prix de L'Académie Charles Cros. Il se produisitt sur scène avec un succès mitigé d'abord, puis réel au fur et à mesure qu'il persévère.

Charonne

Leny Escudero, chanteur engagé, reprend le chant des soldats républicains de la Guerre d'Espagne, ou le poème d'Aragon écrit pour les résistants du Groupe Manouchian. Une de ses compositions les plus connues est aussi celle qui rend hommage aux huit morts de Charonne, tous militants de la CGT. Leny Escudero célèbre ces victimes de la répression policière aveugle des manifestations contre l'OAS en 1962: « Marie, ô Marie, je t'aime/ Tu es mon premier baptême/ Marie, que l'amour me pardonne/ On m'appelle à Charonne. »

En 1973, le chanteur sort Vivre pour des idées, et dans l'album éponyme, on trouve ce morceau dans lequel il traite de la Guerre d'Espagne et de son héritage: « Il était à Teruel et à Guadalajara/ Madrid aussi le vit/ Au fond du Guadarrama/ Qui a gagné, qui a perdu? » Le titre de l'album résume l'existance de Leny Escudero, chanteur joyeux, toujours en lutte pour ses idées.

Après la tournée "Age tendre" et un nouvel Olympia (2007) qui fut un triomphe, "le poète troubadour" revient à ses premières amours: la scène et la communion avec le public. Il a effectué quelques apparitions dans des films et des séries télévisées, à l'époque de la grande ORTF, et participé à des bandes originales de films.

Leny Escudero, père de trois enfants, résidait dans l'Eure. Il venait de publier cette année le deuxième tome de sa biographie, "Le début...la suite...la fin".

 

« A Corsica in cumunu »

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Présentation de la liste de rassemblement citoyen du Front de gauche, « A Corsica in cumunu », conduite par Dominique BUCCHINI

Mesdames Messieurs,Cher(e)s ami(e)s, Cher(e)s camarades

Permettez-moi tous d’abord de vous souhaiter une bienvenue en vous remerciant de votre présence nombreuse et chaleureuse.

Vous l’avez compris, ce moment est important parce qu’il vient couronner plusieurs semaines d’une préparation minutieuse afin de constituer la liste de rassemblement citoyen du Front de gauche.

Cette liste est l’image de celles et de ceux qui dans cette société, minée par les inégalités, ont choisi de combattre contre l’austérité et pour la justice sociale. Elle porte l’espoir à gauche. Un espoir que nous voulons partager, car comme le dit Régis Debray « quand on ne partage plus l’espoir, on n’a que le ressentiment en commun ». Nous, nous n’avons aucun ressentiment, mais une grande détermination ! Nous voulons nous rassembler pour agir. L’espoir est dans la lutte et dans l’union.

Notre liste est constituée de militantes et de militants syndicaux et associatifs, de mutualistes, de salariés du public et du privé, d’enseignants et de jeunes, de retraités et d’élus expérimentés. Les uns et les autres reflètent la vie du peuple et l’ensemble du territoire. Nous n’avons pas eu de mal pour obtenir ce résultat parce que les uns et les autres ne sont pas dévorés par les ambitions personnelles, ni par les calculs politiciens. Ils sont portés par la fidélité à des valeurs de progrès, et par la volonté de poursuivre, sur le terrain politique, les combats populaires, nécessaires et utiles, où ils sont engagés. Ici pas de mercato, ni de débauchage, ce qui compte c’est l’engagement au service de l’intérêt général bien compris, pour vivre mieux en Corse.

Nous avons une certaine conception de la politique. On nous reconnait la constance, la cohérence, la fidélité à nos idées et à celles et ceux qui nous font confiance et en priorité aux plus modestes.

Le combat contre l’austérité fonde notre démarche pour la justice sociale, la transparence et la démocratie, le service public et l’emploi, la protection sociale et la santé, la culture et l’éducation, le développement et l’écologie… Les élus communistes et citoyens du Front de gauche à l’Assemblée de Corse se sont battus pour défendre la SNCM et la CMN, Air France et Air Corsica, contre la concurrence déloyale des low cost.

Ils ont été déterminants pour dégager des moyens en faveur du logement social, de la résorption de la précarité étudiante, pour obtenir l’amélioration de la couverture sanitaire du territoire, la préservation des terres agricoles… Seuls ils ont dénoncé les détournements de réfaction de TVA et de la Taxe de transport qui accentuent la cherté de la vie ; ils se sont dressés contre la dérive affairiste et mafieuse en appuyant un modèle de développement en rupture avec le projet de désanctuarisation du littoral voulue par la droite ; leurs positionnements ont toujours été clairement orientés contre la spéculation foncière et immobilière…

Ils ont porté l’ambition d’un aménagement articulé sur le transport ferroviaire pour désenclaver les territoires, de-saturer le réseau routier, permettre à la jeunesse étudiante de voyager gratuitement en train plutôt qu’en voiture… Ils ne se sont pas laissé bercer par l’illusion de la Collectivité unique, l’échappatoire de la réforme institutionnelle comme réponse à l’urgence sociale, et par le bigbang libéral des grandes régions, prélude au fédéralisme européen et au marché transatlantique. Une politique, directement dirigée par Bruxelles et relayée par les différents gouvernements, qui met en cause l’Etat social et programme la marginalisation de la Corse.



Et c’est pourquoi nous nous y opposons fermement. Notre approche, « A Corsica in cumunu ! » est celle de la solidarité et de la transition écologique contre la régression libérale et ses corollaires raciste et fascisant. Voila ce que la liste conduite par Dominique Bucchini veut faire partager le plus largement possible. Pour cela, pour changer le rapport de force politique en faveur du monde du travail et du peuple, nous comptons aussi sur vous toutes et tous, dans les 56 jours qui nous séparent du 1er tour.

« A Corsica in cumunu ! »

1- Dominique BUCCHINI : Président de l'Assemblée de Corse

2- Josette RISTERUCCI : Conseillère territoriale, agent hospitalier, syndicaliste, (Luri)

3- Michel STEFANI : Secrétaire régional du PCF, Conseiller territorial, Président des CFC (Pietranera)

4- Marie Antoinette BRUNI : Syndicaliste (hôpital d’Ajaccio), conseillère municipale d'Alata

5- Etienne BASTELICA : Conseiller territorial, Président du Groupe communiste et Front de gauche, Conseiller municipal Ajaccio

6- Viviane BIANCARELLI : Conseillère territoriale, conseillère municipale de Porto Vecchio

7- Francis RIOLACCI : conseiller municipal de Bastia, ancien adjoint au maire délégué à la culture , syndicaliste

8- Marie Jeanne FEDI : Conseillère territoriale, adjointe au maire de Vescovato, syndicaliste,

9- Gérard GAGLIARDI : Syndicaliste, ancien conseiller municipal de Basteliccacia

10- Rose - Marie PADOVANI : Travailleur social (Ajaccio)

11- Eric LUCIANI : Syndicaliste, fonction publique territoriale (St Florent)

12- Emmanuelle MARIINI : Syndicaliste, Education nationale (Bastia)

13- Jean-Louis AMIDEI : Infirmier libéral, ancien adjoint au Maire d'Ajaccio, ancien vice président de la CAPA

14- Jeanine MONDOLONI : Directrice d'école (Sartène)

15- Jean Marc PENCIOLELLI : Conseiller principal d’éducation (Corté)

16- Dominique TORRE : Agent Air France (Furiani)

17- Daniel PLAY : Syndicaliste, groupe La Poste-Orange (Porto Vecchio)

18- Patricia GRIMIGNI : Syndicaliste, grande distribution (Ajaccio)

19- René FINI : Mutualiste, adjoint au maire de Furiani

20- Toussainte DEVOTI : Militante associative, Conseillère municipale de Bastia

21- Charles MARIANI : Retraité CNRS (Gravona-Ajaccio)

22- Catherine SORO : Employée (Deux Sevi)

23- Thibault LUCIANI : Etudiant (Borgo)

24- Sonia PRUVÔT : Conseillère territoriale, syndicaliste (Bastia)

25- Ange CESARI : Syndicaliste, conseiller municipal d'Olmicia

26- Natacha PIMENOFF : Ancienne conseillère municipale d'Ajaccio, ancienne vice présidente de la CAPA

27- Stephane ROMITI : Animateur sportif, syndicaliste (Furiani)

28- Marie Thérese HUROT : Enseigante Lycée maritime (Corté)

29- Laurent CHIOCCA : Entrepreneur forestier, pompier volontaire, (Haut Taravo)

30- Anissa- Flore AMZIANE : Responsable associative (Ajaccio)

31- Gregori ROMANI : Sapeur Forestier (Poggio di Nazza – Fiumorbu)

32- Marie Ange MORACCHINI Retraitée SNCM (Bastia)

33- Pierre-Ange MUSELLI : Etudiant (Ajaccio)

34- Caroline POGGI : Syndicaliste (Bonifacio)

35- Dominique GUGLIELMACCI : Marin SNCM (Calvi)

36- Julie BOCCHECIAMPE : Commerçante (Patrimonio)

37 Jean-François FERRANDINI : Agent de Maîtrise EDF, conseiller municipal de Petreto-Bicchisano.

38- Stephanie TRAMONI : Pompier professionnelle (Rizzanèse)

39- Horace NAPPO : Enseignant, animateur sportif, (Castagniccia)

40- Sophie DEMICHEL : Universitaire (Tavagna)

41- Philippe MURACCIOLI : Maire honoraire d’Ocana

42- Nadège SAVELLI : Mère de famille (Vazzio, Ajaccio)

43- Cesar FAZZINI : Ancien président CMCAS - EDF

44- Eve POMMEPUY : Militante associative (Bastia)

45- Joseph AGOSTINI : Agent de Maîtrise, secrétaire de la section du PCF (Porto Vecchio)

46- Marthe POLI : Aide-soignante, ancienne conseillère municipale d'Ajaccio (Deux Sorru)

47- Jean SANTUCCI : Syndicaliste (Corscia - Niolu)

48- Fabienne SAVARY : Cadre territorial

49- Maxime NORDEE : Secrétaire de la fédération du PCF de Corse du Sud

50- Louise ANTONELLI : Syndicaliste, La Poste (Balagne)

51- Paul Antoine LUCIANI : Conseiller municipal d’Ajaccio, ancien premier adjoint au maire, ancien Président du groupe communiste à l’Assemblée de Corse.

 

LES BASTIAIS N'ONT PAS LA MÉMOIRE COURTE!

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(Communiqué PCF Section de Bastia)

François Tatti et son parti ont décidé d'aller à la bataille des élections territoriales en faisant alliance avec Paul Giacobbi dès le premier tour. En soi, ce choix n'appellerait pas de commentaire particulier si les raisons invoquées ne relevaient pas de l'imposture à l'égard du peuple de gauche et des Bastiais en général. Ceux-ci savent que François Tatti a été l'artisan de la défaite de la gauche aux dernières municipales et de la victoire du nationaliste Gilles Simeoni.

François Tatti déclare :“il serait catastrophique pour la Corse que de tels mouvements arrivent au pouvoir, l'île ne s'en remettrait pas "et se dit "très éloigné des conceptions de Gilles Simeoni. C'est une vision aux antipodes de ce dont la Corse a besoin”.

Face à ce danger soudain, le MCD de François Tatti ne constituera pas de liste en raison “d'un grand risque d'affaiblir la gauche dans son ensemble par la dispersion des voix”, et de leur volonté “de faire gagner la gauche”.

Il faut être d'un grand cynisme ou d'une amnésie politique stupéfiante pour imaginer que les gens de gauche et les bastiais ont oublié les mensonges des dernières municipales. Tous se souviennent que François Tatti avait juré, la main sur le cœur : “qu'on ne compte pas sur nous pour installer Gilles Simeoni dans le fauteuil de maire de Bastia. Bastia est à gauche, son maire doit être de gauche”.

Si l'arrivée de Gilles Simeoni au pouvoir régional aurait un effet catastrophique pour la Corse pourquoi alors avoir sacrifié si légèrement l'avenir de Bastia, capitale économique de l'île, en lui remettant les clefs de la mairie?

Si la vision de Gilles Simeoni est aux antipodes de ce dont la Corse a besoin en quoi correspondait-elle aux intérêts des bastiais?

D'aucuns pourraient croire que François Tatti retourne dans sa famille politique après avoir tiré les leçons de ses erreurs catastrophiques pour la gauche et pour Bastia. Hélas, le leader du MCD ne regrette rien, puisqu’il reproche à Gilles Simeoni de ne pas avoir “été capable de faire vivre notre alliance municipale dans un esprit positif de rassemblement”.

En incorporant François Tatti sur sa liste, Paul Giacobbi donne une prime à celui qui a fait perdre la gauche à Bastia. Cette décision est humiliante à l'égard du peuple de gauche, choqué et révulsé par la trahison des municipales. En propulsant François Tatti vers le pouvoir régional, Paul Giacobbi complique un peu plus le rassemblement des forces de gauche pour faire barrage aux prétentions de la droite ou à celles des nationalistes.

Après la mise en redressement judiciaire de la SNCM et les coups portés au service public de continuité territoriale, la collectivité unique et pouvoir unique imposés sans consultation des Corses, le sauvetage du “soldat Tatti” est un signe très négatif. A défaut de combattre la politique d’austérité Paul Giacobbi pense-t-il de cette façon, peu respectueuse des forces dont c’est l’objectif, œuvrer à l'union des forces gauche ?

Dans ce paysage politique brouillé par les combinaisons politiciennes, il est une seule liste qui entend faire vivre une vraie politique de gauche, en Corse comme dans tout le pays, qui agit en toute clarté, avec les mêmes principes à Bastia comme à la CTC : c'est la liste du Front de Gauche conduite par Dominique Bucchini. Plus cette liste recueillera de suffrages à Bastia et plus elle sera forte pour faire vivre la gauche, dans l'intérêt de la Corse et de notre ville.

Voila pourquoi, nous appelons les bastiaises et les bastiais à venir nombreux le Samedi 10 octobre à 18 heures Salle des fêtes Saint Sauveur à Furiani (route du village en montant après le rond point proche de la mairie et du cinéma) pour la présentation de la liste du Parti communiste français et du Front de gauche conduite par Dominique BUCCHINI.

Le 07 10 2015

 

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José FORT signera son livre demain vendredi 9 octobre à la librairie La Marge à partir de 17h

Responsable de la rubrique internationnale de L'Humanité pendant 30 ans, Correspondant de l'Humanité à la Havane et envoyé spécial sur le continent latino-américain, il a couvert l'actualité dans de nombreux pays du monde, les sommets européens et les réunions du G7. Il a également été chef du service international et accrédité auprès du Parlement européen et auprès de la Présidence de la république.

Le livre « 30 ans d’humanité, ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire » Edition Arcanes 17 Un projet initial douloureusement amputé mais courageusement mené .

Lors d'un séjour à Cuba, Georges Wolinski et José Fort avaient décidé de raconter des anecdotes de leurs années passées à l'Huma et de brosser quelques portraits de personnalités. Au mois de décembre 2014 le projet était ficelé. Le 7 Janvier 2015, Wolinski tombait sous les balles lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. José Fort a écrit. Seul.

Nous vous attendons donc nombreux avec vos amis.

Fraternellement Viviane BIANCARELLI

 

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Calendrier :

  • 6 et 7 octobre : préparation active de la réunion publique de la fin après-midi
  • 7 octobre 18 h: BASTELICACCIA (Mairie) .
  • 8 octobre : AG DES MILITANTS à 18 H pour VALIDATION DE LA LISTE et organisation du vote des adhérents de la section d'Ajaccio le 8 octobre après validation et le 9 octobre de 10h à 17h , préparation du déplacement à Furiani, le 10 octobre.
  • 10 octobre, à 18 H: Présentation de la liste du PCF/FDG à FURIANI, Salle des fêtes Saint-Sauveur, route du village. Départ groupé RDV Collectif parking gare de Mezzane à 14heures
  • 12 octobre : à 16 h UCCIANI (sortie de l'école, visite rapide à la mairie) à 17 h 30 : Réunion publique à BOCOGNANO (Mairie)
  • 13 octobre : à 16 h TIUCCIA (sortie de l'école) à 17h 30 : Réunion publique à VICO (Mairie)
  • 15 octobre :à 11 h : Diffusion de tracts au centre St Jean et de La Poste à 12 h - 14 h : repas au restaurant d'entreprise (160 postiers y déjeunent tous les jours) à Après-midi, PROPOSITION (à préciser...) d'une visite du quartier Trottel avec Dumé BUCCHINI à 17 h 30 : Réunion publique à l'école du Parc Berthault
  • 16 octobre : à 16 h : Réunion publique à COTI CHIAVARI (Mairie) à 18 h : Réunion publique à SERRA DI FERRO (Mairie)
  • 17 octobre : Réunion publique à GHISONI
  • 22 octobre : à 10 h 30 : Réunion publique à AFA à 12-14 h : visite et diffusion de tracts à Mezzana-Baléone, repas à Mezzana à 14 h 30 : Réunion publique à SARROLA à 8 h : Réunion publique à l'école des JARDINS DE L'EMPEREUR
  • 27 octobre : Réunion publique à l'école des CANNES
  • 5 novembre : Réunion publique à l'école de PIETRALBA
  • Les réunions dans les quatre écoles d'Ajaccio seront préparées par affichage, diffusion, porte à porte, et mails

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